Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Tell el-Samara

Tell el-Samara
تلّ السمارة
Un village du Delta au Ve millénaire av. J.-C.
tell-el-samara
lien DOI doi10.34816/ifao.8659-ef4c
Missions Ifao depuis2015
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Fouilles du site préhistorique de Tell el-Samara (Delta oriental)Opération de terrain 17116

Responsable(s)

lien IdRef Frédéric Guyot (TRACES (UMR 5608))
Mohamed Ahmed Abdel-Azim (Ministère du tourisme et des antiquités)

Partenaires

lien IdRef 🔗 Institut français d’archéologie orientale (IFAO)
lien IdRef 🔗 Museum national d’histoire naturelle (MNHN)
lien IdRef 🔗 Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES, CNRS, UMR 5608)
lien IdRef 🔗 Ministère du Tourisme et des Antiquités (MoTA)

Cofinancements

lien IdRef 🔗 Museum national d’histoire naturelle (MNHN)

Dates des travaux

février - mars

Rapports de fouilles dans le BAEFE

2019 : 10.4000/baefe.1200

Participants en 2021

lien IdRef Frédéric GuyotarchéologueTRACES (UMR 5608)
Mohamed Ahmed Abdel-AzimArchéologue, FonctionnaireMinistère du tourisme et des antiquités
lien IdRef Charlene BouchaudarchéobotanisteMuseum d’Histoire Naturelle (Paris)
Lucie CoudertZooarchéologue, Post-doctoranteTRACES, UMR 5608 / Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)
lien IdRef Christiane Hochstrasser-PetitDessinatriceIndependante
lien IdRef Joséphine Lesurarchéozoologue, maître de conférencesMNHN
Nehal Mahmoud MohamedArchéologue, FonctionnaireMinistère du tourisme et des antiquités
lien IdRef Béatrix Midant-Reynesarchéologue protohistorienne, directeur de recherche émériteCNRS, UMR 5608 TRACES
Raafat MohamedGardien de chantier, RaïsIFAO
Radwa MohamedArchéologue, égyptologue, EtudianteAin Shams University
Sherouk ShehadaArchéologue, égyptologue, EtudianteHelwan University
Yehia ZidanArchéologue, Chargé de coursFayoum University
Vue générale du site en direction de l’ouest (mars 2019).
General view of the site towards the west (March 2019).
منظر عام للموقع باتجاه الغرب.
© F. Guyot.
L’équipe du raïs Rafat Mohamed dégageant les sols d’occupation du Ve millénaire av. J.-C. dans le secteur 1a (mars 2019).
The team of rais Rafat Mohamed clearing the occupation layers from the 5th millennium in area 1a (March 2019).
فريق الريس رأفت محمد يقوم بإظهار أراض الإشغالات من الألفية الخامسة ق.م. في القطاع 1a.
© F. Guyot.
Dr. Mohamed Abdel Azim, co-directeur de la mission, supervisant la fouille d’une fosse néolithique dans le secteur 1a (mars 2019).
Co-director of the mission Dr. Mohamed Abdel Azim supervising the excavation of a Neolithic pit in area 1a (March 2019).
الدكتور محمد عبد العظيم، المدير المشارك للبعثة، يُشرف على أعمال الحفائِر لحفرة من العصر الحجري الحديث في القطاع 1a.
© F. Guyot.
Mobilier archéologique de l’époque néolithique (vers 4300-4100 av. J.-C.) découvert dans le secteur 1a.
Archaeological material from the Neolithic period (c.4300–4100 BC) uncovered in area 1a. Objects presented at different scales.
منقولات أثرية من العصر الحجري الحديث (حوالي 4300-4100 ق.م.) المكتشفة في القطاع 1a.
© F. Guyot.
Plan général du tell et des secteurs fouillés.
Map of the tell and excavated areas.
خريطة عامة للتل والقطاعات التي تم التنقيب بها.
© F. Guyot.
Niveaux d'occupation de la période néolithique (niveau 1) à la IIe dynastie (niveau 4b).
Occupation levels from the Neolithic period (Level 1) to the late Early Dynastic Period (Level 4b).
مستويات الاشغال من العصر الحجري الحديث (المستوى 1) إلى أواخر عصر الأسرات المُبكر (المستوى 4ب).
© F. Guyot.
 
 

Présentation générale

Les travaux archéologiques sur le tell ont été initiés par le ministère égyptien des Antiquités (MoA), entre 1998 et 2002, sous la direction du Dr. Salem el-Boghdadi qui y a découvert une vaste nécropole des deux premières dynasties. Depuis décembre 2015, les fouilles sont conduites par une mission franco-égyptienne (Institut français d’archéologie orientale/MoA), dont l’objectif est de retracer l’apparition puis l’essor de l’économie agricole dans le delta du Nil qu’accompagne l’émergence des premiers villages égyptiens. Tell el-Samara est à cet égard un site de première importance, car il s’agit d’un des rares villages du Ve millénaire av. J.-C. connus à ce jour. Seuls trois autres établissements de cette période ont été mis au jour dans le delta du Nil, deux autres dans le Fayoum, auxquels s’ajoutent quelques hameaux dispersés dans la région de Badari en Haute Égypte.

À cette époque, l’Égypte telle que nous la connaissons aujourd’hui n’existait pas encore. Dans la vallée du Nil, le Delta et les déserts, différents groupes de populations, ayant chacun leur culture propre, entretenaient des modes de vie adaptés aux contraintes de leur environnement qui pouvait être tantôt aride, tantôt lacustre et luxuriant. Les paysages humides du Delta offraient d’abondantes ressources naturelles et les populations qui l’occupaient il y a plus de 7 000 ans ne connaissaient ni l’agriculture ni l’élevage, n’habitaient pas encore dans des villages et n’utilisaient pas de poterie. Ils vivaient de la chasse et de la récolte des plantes sauvages en se déplaçant de manière saisonnière au gré des ressources disponibles. Ce n’est qu’au début du Ve millénaire av. J.-C. que ces petites communautés éparses commencèrent peu à peu à changer leur mode de vie sous l’impulsion d’un nouveau modèle économique venu du Levant que l’on désigne généralement par le terme « d’économie de production néolithique ». Des céréales, des légumineuses et du bétail, qui tous furent domestiqués trois millénaires plus tôt dans la partie nord du Croissant fertile, furent introduits dans le delta du Nil par l’intermédiaire des communautés sédentaires du Levant Sud. Les groupes de chasseurs-collecteurs du Delta commencèrent ainsi à intégrer ces nouvelles sources de nourriture à leurs stratégies de subsistance, d’abord comme complément aux ressources naturelles, puis comme composante essentielle de leur diète. Ce faisant, ils se transformèrent peu à peu en agriculteurs et en éleveurs, renonçant progressivement à leur mobilité pour s’établir dans des villages d’où ils pouvaient cultiver leurs champs et protéger les récoltes stockées dans des silos creusés dans le sol. Ce passage d’une économie de ponction à une économie de production qui caractérise la période néolithique fut un processus long qui s’est déroulé tout au long du Ve millénaire av. J.-C. Ce n’est qu’aux alentours de 4300-4100 av. J.-C. que l’on peut considérer que la plupart des communautés du Delta étaient sédentaires et dépendaient en grande partie des produits de l’agriculture et de l’élevage pour leur subsistance.

Les principaux résultats fournis par l’étude pluridisciplinaire des vestiges néolithiques

En raison du nombre limité de sites connus pour cette période, il est encore difficile de retracer l’essor des premières agglomérations villageoises et l’émergence d’une société différenciée au cours du millénaire qui a précédé l’apparition de la royauté vers 3000 av. J.-C. C’est toute l’importance d’un site comme Tell el-Samara qui offre une rare opportunité de mieux appréhender ce phénomène. L’archéologie des périodes préhistoriques a ceci de particulier qu’elle se consacre à l’étude de vestiges bien plus ténus et fragmentaires que les grandes réalisations architecturales des époques ultérieures. Il n’y a ni temple ni palais à Tell el-Samara, pas même le moindre mur en pierre. Les modestes habitations en clayonnage des premiers occupants du site ont disparu depuis fort longtemps et il ne reste de leur village que des fosses creusées dans le sable, quelques foyers, des ustensiles de la vie quotidienne brisés pour la plupart, ou encore des ossements d’animaux et quelques graines qui témoignent de leur alimentation. Il faut un travail lent et méticuleux lors du dégagement des structures et de l’enregistrement du mobilier archéologique pour collecter et faire parler ces fragiles témoignages d’une époque si reculée. 

Ce travail a notamment permis d’établir que le mobilier céramique de la période néolithique se composait pour l’essentiel de formes simples et utilitaires. Les poteries étaient destinées aux tâches quotidiennes de conservation, de cuisson et de consommation des aliments. En Basse Égypte, les premières céramiques sont apparues il y a quelque 7 000 ans et ont été retrouvées dans les mêmes contextes que les plus anciennes attestations de céréales et de légumineuses. Il est donc probable que l’usage de la poterie dans cette région ait été introduit depuis le Levant Sud en même temps que l’agriculture. C’est dans le delta du Nil que cette dernière est pour la première fois pratiquée en Égypte. Elle se diffusera ensuite vers le sud, d’abord dans le Fayoum puis en Haute Égypte en remontant la vallée du Nil. Les agriculteurs néolithiques cultivaient surtout du blé amidonnier (Triticum turgidum ssp. dicoccon), de l’orge à six rangs (Hordeum vulgare ssp. vulgare), des lentilles (Lens culinaris) et des pois (Pisum sativum). Outre les graines retrouvées dans les silos, la culture des céréales est documentée par des lames de faucille en silex. Trois ou quatre de ces lames étaient fixées en rang dans un manche en bois courbe pour créer un outil de moisson très efficace. Un de leur côté est denticulé pour mieux couper les tiges des céréales et cette action répétée a laissé sur leur surface un lustre caractéristique du moissonnage. Les graines étaient ensuite broyées sur de petites meules en pierre avant d’être consommées. Quelques pointes de projectiles sont sans doute à relier à des activités de chasse ou de pêche qui perdurent malgré l’importance croissante de l’élevage. 

Le riche environnement lacustre du Delta restait une source de nourriture importante pour les populations néolithiques même après qu’elles se furent établies en tant que éleveurs-agriculteurs. Les mollusques du Nil ou les poissons tel que le poisson-chat (Claridae) étaient encore consommés en abondance. Parmi les animaux domestiques, qui comme les céréales étaient originaires du Levant, le porc (Sus domesticus) occupait une place prépondérante. Cet animal qui fournissait beaucoup de viande était en effet très bien adapté à l’environnement humide du Delta et au mode de vie sédentaire des populations. Le bœuf (Bos taurus) était également beaucoup consommé. Bien que son origine soit encore débattue pour d’autres régions d’Égypte, il a probablement été introduit en même temps que le porc dans le delta du Nil. Le mouton (Ovis aries) et la chèvre (Capra hircus) sont beaucoup moins représentés. Introduits en Égypte un millénaire avant le porc, le mouton et la chèvre sont bien plus fréquents dans les milieux davantage arides car ils ont moins besoin d’eau et de pâturages que ce dernier.

À partir du milieu du Ve millénaire av. J.-C., le Néolithique agricole qui a pris forme dans le delta du Nil s’est diffusé dans toute la vallée du Nil. Au terme de ce processus que l’on peut situer au début du IVe millénaire av. J.-C. pratiquement toutes les communautés de Basse comme de Haute Égypte étaient devenues des agriculteurs-pasteurs sédentaires. Le développement de cette économie agricole rythmée par les crues du Nil, qui restera longtemps au fondement même de la culture pharaonique, a permis l’essor des grands centres régionaux. Elle a aussi ouvert la voie à une hiérarchisation croissante de la société qui aboutira en un millénaire à l’avènement de la Ire dynastie, lorsqu’un souverain originaire du sud parviendra à unir sous sa domination les différents potentats de Haute et de Basse Égypte.
Frédéric Guyot (UMR 5608 TRACES-PRBM)

Frédéric Guyot (UMR 5608 TRACES-PRBM)

Archaeological work on the tell was initiated by the Egyptian Minister of Antiquities between 1998 and 2002, under the direction of Dr. Salem el-Boghdadi. This first fieldwork revealed an extensive cemetery dating to the first two dynasties. Since December 2015, excavations have been conducted by a Franco-Egyptian mission (the French Institute for Oriental Archaeology (IFAO)/Ministry of Tourism and Antiquity (MoTA)) whose aim is to trace the onset and the later development of the farming economy that went along with the emergence of the first Egyptian villages. In this regard, Tell el-Samara is a salient site, for it is one of the few villages dating to the 5th millennium so far known. Only three other sites of this period have been uncovered in the Nile Delta, two others in the Fayum, and some hamlets scattered in the surroundings of Badari in Upper Egypt. 

At that time, the Egypt we know today did not yet exist. In the Nile Valley, the Delta and the deserts, different groups of people, each with their own culture, maintained various ways of life adapted to the constraints of their environment. The moist conditions of the Nile Delta offered abundant natural resources and the populations who occupied the area more than 7 000 years ago did not practice agriculture nor animal husbandry, and did not use pottery. They lived by hunting and gathering wild plants while moving seasonally to follow available resources. It was not until the beginning of the 5th millennium BC that these small and sparse communities began to adopt a new lifestyle under the impetus of the Neolithic economy spreading from the Levantine corridor. Cereals, pulses, and domestic animals, which had all been domesticated three millennia earlier in the northern part of the Fertile Crescent, were introduced into the Nile Delta through the mediation of south Levantine communities. The groups of hunter-gatherers in the Nile Delta thus started to integrate these domestic food staples into their subsistence strategies. At first the latter only complemented the wild resources, but after a few centuries they became an essential component of their diet. As they progressively adopted agriculture and herding, the Nile Delta’s populations settled in permanent villages in which they could cultivate fields and protect the crops by storing them in silos dug into the ground. The transition to food-producing economy was a protracted process that lasted throughout the 5th millennium BC. It was only at the end of this period that one may regard the majority of communities in the Nile Delta as being sedentary and depending for the most part on agricultural products and animal husbandry for their subsistence.

Principal results from the multi-disciplinary analysis of the Neolithic remains

Due to the limited number of 5th and 4th millennia BC sites known to date, it is still difficult to fully grasp how the early settlements grew in extent and how a hierarchical society emerged before the advent of a monarchy about 3000 BC. The archaeology of Prehistoric periods is somewhat different than the archaeology of Pharaonic and Classical ones in that it focuses on the study of much more fragmentary remains. There is no temple or palace at Tell el-Samara, not even a wall of stone. The simple dwellings made of wattle-and-daub of the Nile Delta’s first sedentary communities have long since disappeared and the only things left of their villages amount to no more than pits and trenches dug into the sand, some daily life items usually broken, and burned animal bones or charred cereal grains indicative of their diet. It is therefore a slow and meticulous task when unearthing structures and documenting archaeological items to collect the brittle evidences from such a distant past and make them speak.

This work notably revealed that the potteries from the Neolithic period were essentially simple and utilitarian vessels. Pots and bowls were made for the daily tasks of storage, cooking and food consumption. In Lower Egypt the earliest evidence of pottery was discovered in 7 000 years old contexts, together with the first documented instances of cereals and pulses. It is thus likely that the use of pottery was introduced in this region from the Southern Levant at the same time as agriculture. Cereal farming was originally practiced in the Nile Delta before spreading southwards along the Nile Valley, first to the Fayum, then to Upper Egypt. The Neolithic farmers cultivated in particular emmer wheat (Triticum turgidum ss. Diciccon), six-row barley (Hordeum vulgare ssp. vulgare), lentils (Lens culinaris) and peas (Pisum sativum). Besides the grain found in silos, cereal cultivation is witnessed by flint sickle blades. Three or four of such blades were set in a row into a curved wood shaft to create a very effective harvesting tool. One of their sides was serrated to cut cereal stems more efficiently, and when this action was repeated, it has left a gloss on their surface typical from harvesting activity. The cereal grains were then processed on small grindstones before being cooked. Some projectile points refer to hunting and fishing activities that persisted despite the growing economic importance of animal husbandry.

The rich lacustrine environment of the Nile Delta remained an important source of subsistence for Neolithic populations even after they had settled as farmers and herders. Nile molluscs and fish such as the cat-fish (Claridae) were consumed in vast quantities. Among domestic animals, the pig (Sus domesticus) was predominant. This animal, which provided much meat, was well suited to the humid environment of the Nile Delta and to a sedentary lifestyle. Cattle (Bos taurus) was herded as well. Although the origin of cattle is still debated for other regions in Egypt, it was probably introduced into the Nile Delta from the southern Levant, together with the pig or slightly earlier. Sheep (Ovis aries) and goat (Capra hircus) are much less in evidence. Introduced into Egypt a thousand years before the pig, sheep and goat are more commonly found in more arid environments as they require less water and pasture. 

From the middle of the 5th millennium BC, the Neolithic farming economy that developped in the Nile Delta spread throughout the Nile Valley. At the end of this process of cultural diffusion, somewhere at the turn of the 5th and 4th millennia BC, almost all the communities in Lower and Upper Egypt were sedentary herders and farmers. The development these farming economy and lifestyle, punctuated by the rhythm of the Nile floods, would long remain at the very basis of the Pharaonic civilization. It would allow the growth of extensive regional centers and would pave the way to increasing hierarchy within society. Evidences from settlement and funerary contexts witness the evolution of a society that became increasingly differentiated during the last third of the 4th millennium BC, until the advent of the 1st Dynasty when a ruler originating from the South subdued under his rule the various local potentats of Upper and Lower Egypt.

Frédéric Guyot (UMR 5608 TRACES-PRBM)

في ديسمبر 2015، بدأ فريقٌ فرنسيٌّ-مصريٌّ مشترك من المعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة، ووزارة الآثار، أعمال التنقيب في موقع تل السمارة. وكان هدف البعثة هو التوصُّل إلى فهم أفضل لكيفية ظهور الاقتصاد الزراعي، وتطوُّره في منطقة الدلتا؛ وكذلك تتبُّع ظهور أوائل القرى المصرية. بدأت الأعمال الأثريَّة في الموقع في الفترة ما بين عامَيْ 1998 و2002، على يد الدكتور سالم البغدادي الذي اكتشف جبَّانَة ضخمة تعود إلى عهد الأسرتين الأولى والثانية. أما البعثة الحالية، فاختارت التركيز على الإشغال الأكثر قِدَمًا الذي شهده الموقع؛ حيث أن تل السمارة هو إحدى القرى النادرة المعروفة حتى يومنا هذا من تلك الفترة. ومن الألفيَّة الخامسة ق. م.، لم يُكتشف إلا ثلاثة مواقع أخرى فقط في دلتا النيل، وموقعان في الفيوم وكذلك بعض النجوع الواقعة في منطقة البداري بمصر العليا. 

وأوضحت تلك الحفائِر أن الأراضي المصريَّة الحاليَّة شَغَلَتْها قديمًا مجموعاتٌ مختلفةٌ من السكان كانوا لا يزالون كثيري التنقل، لكُلٍّ منهم ثقافةٌ ونمطُ حياةٍ خاصٌّ به يتوافق مع البيئة المحيطة. وحتى الألفيَّة الخامسة ق. م. تقريبًا، كان سكان الدلتا لا يعرفون الزراعة، ولا تربية الماشية، ولا صناعة الفخَّار. فقد كانوا يعتمدون في حياتهم على أنشطة الصيد، واستغلال النباتات البرية، مُتنقلين بصورة موسميَّة على حسب الموارد المتاحة. إلا أنه في بداية الألفيَّة الخامسة ق. م.، شهد اقتصاد تلك المجتمعات تغيرًا تدريجيا في نمط حياتهم. إذ تم جلب الحبوب، والبقوليَّات، والحيوانات الداجنة إلى الدلتا من الهلال الخصيب وذلك عن طريق جماعات متمركزة جنوب بلاد الشام. وأدخلت المجتمعات المحلية هذه الموارد الغذائيَّة في استراتيـﭼياتهم المَعِيشيَّة بالتدريج، فتحولوا شيئًا فشيئًا إلى مُزارعين ومُربِّي ماشية، ليبدءُوا بالاستقرار في بعض القرى حيث تم تجهيز الصوامع لتخزين المحاصيل، مُتخلِّين بذلك عن نمط الترحال. هذا التحول من اقتصاد الاستهلاك إلى اقتصاد الإنتاج الذي يميز تلك الفترة التي يُطلق عليها اسم (العصر الحَجَريّ الحديث)، هو عمليَّة استمرت طوال الألفيَّة الخامسة ق. م. وعلى الرغم من أن تَلَّ السَّمارة لم يمدَّنا حتى الآن بأيَّة معلومات حول المرحلة الأوَّليَّة لهذه العملية، فإن الموقع يتمتع بأهميَّةٍ كبرى فيما يتعلق بتوثيق تطوُّر أولى القرى التي نشأت في فجر عصر ما قبل الأُسْرَات؛ وكذلك المكانة المتزايدة الأهمية التي كانت تحتلها المنتجات الزراعيَّة والحيوانيَّة في النظام الغذائي للسكان. وتكشف البقايا الأثريَّة بالموقع عن كيفيَّة تطوُّر حياة الاستقرار والزراعة المرتبطة بموسم الفيضان، والتي ساعدت على قيام الأسرة الأولى بعد ما يقرب من 1000 عام من هذا التاريخ، والتي ستظلُّ أساس الثقافة الفرعونيَّة. 

النتائج الرئيسة للدراسة مُتعدِّدة التخصُّصات التي أُجْريَت على بقايا العصر الحَجَريّ 

يتميز علم آثار عصور ما قبل التاريخ بأنه يُولِي اهتمامًا أكبر لدراسة البقايا الأثريَّة المتناهية الصِّغَر والمُتجزِّئة منها، أكثر من ذلك الذي يُولِيه للآثار المعماريَّة الضخمة المُشيَّدة في العصور اللاحقة. ففي تل السمارة، لا توجد أية معابد، أو قصور، أو حتى حائط صغير من الحجر. فالمساكن المتواضعة للسكان الأوائل المبنيَّة من الأغصان، اختفت منذ زمنٍ بعيدٍ ولم يبقَ من القرية سوى حُفر في الرمال، وبعض المواقد، وأوانٍ للاستخدامات اليوميَّة معظمها مُهشَّم؛ وكذلك عظام حيوانات، والقليل جدًّا من أنواع بذور تشهد على أنواع الأغذية التي كانوا يتناولونها قديمًا. ويستلزم موقع تل السمارة عملًا متأنِّيًا ودقيقًا سواء خلال عملية إظهار البقايا الأثريَّة، أم تسجيل الوثائق بهدف جمع واستخلاص المعلومات من تلك البقايا الضعيفة التي تعود إلى هذا الزمن السحيق. 

هذا، ويتضح أن الاثاث المصنوع من الخَزَفْ في العصر الحجري كان يتكون بشكلٍ أساسٍ من تصميمات بسيطة ونَفعيَّة. فكانت الأواني الفخارية تُصنع للأغراض اليومية من حفظ، وطهي، وتناول الطعام. ففي مصر السفلى، ظهر الخَزَفْ للمرة الأولى منذ 7000 سنة، في السياق الأثريّ نفسه الذي ظهرت فيه الحبوب والبقوليَّات. فمن المُرجَّح إذن أن استخدام الفخار قد تم جلبه من جنوب بلاد الشام، في الوقت نفسه الذي أُدْخِلت فيه الزراعة. 

كانت الدلتا هي المنطقة الأولى في مصر التي عرفت الزراعة. ثم انتشرت بعد ذلك في المناطق الجنوبية: أولًا في الفيوم، ثم في وادي النيل باتجاه الجنوب ومصر العليا. كان المزارعون في العصر الحجريّ يزرعون بشكل خاص القمح النشويّ، والشَّعِير سُداسيّ الصف، والعَدَس، والبازلَّاء. بالإضافة إلى البذور التي عُثر عليها في صوامع التخزين، تأكدت زراعة الحبوب بعد العثور على شفرات مناجل مصنوعة من الظَّرَان. من بين هذه الشفرات، كانت أربعة أو ثلاثة منها مُثبتَّة على خط مستقيم في مقبض خشبى مُنحنٍ لاستخدامها كأداة فعَّالة لجني المحاصيل. أحد جانبيها مُسنَّنٌ لتسهيل قطع سيقان الحبوب. وقد ترك تكرار هذه العملية بريقًا مميزًا على سطح الشفرات. ثم كان يتم طحن الحبوب بواسطة رَحًى حجرية قبل استخدامها. كما عُثِر على العديد من رءُوس الرِّماح المرتبطة بلا شك بأنشطة الصيد البَرِّيّ، أو صيد الأسماك. وهو النشاط الذي استمر بالرغم من الأهميَّة المتزايدة لتربية الماشية. كما تم العثور على شفرات متعددة الاستخدامات، كانت تُستخدم في تحويل الموارد الدَّاجنة أو الموارد البرية. 

وكانت بيئة بحيرات الدلتا الغنيَّة تمثل مصدرًا مهمًّا لغذاء الشعوب في العصر الحجري. فكانت الرَّخويَّات النيليَّة أو الأسماك مثل سمك السِّلور تُستهلك بكثرة آنذاك. ومن بين الحيوانات الدَّاجنة التي اسُتقدمت من بلاد الشام مع الحبوب، كانت الخنازير هي الأكثر عددًا بالدلتا. فقد كان هذا الحيوان الذي يمثل مصدرًا غنيًّا للحوم يتأقلم بشكلٍ جيد مع البيئة الرطبة ونمط حياة السكان المُستقرّ في تلك المنطقة. يأتي بعد ذلك البقر الذي لا يزال مصدره موضوعًا للنقاش في مناطق أخرى في مصر، غير أنه من المُرجَّح وصوله إلى الدلتا في الوقت نفسه مع الخنزير. أما الأغنام والماعز، فهي الأقل تمثيلًا في الدلتا، على الرغم من أنها اُستُقِدمت إلى مصر قبل ألف سنة من الحيوانات الأخرى فإنها تتواجد أكثر في المناطق الجافة حيث تحتاج إلى كميَّاتٍ أقل من الماء ومساحاتٍ أقل من المراعي، على عكس الخنازير والأبقار. 

وبدءًا من منتصف الألفيَّة الخامسة ق. م.، أخذ العصر الحجري الزراعي الذي ظهر في الدلتا بالانتشار في كامل الوادي بحيث أصبحت بالفعل مجتمعاتُ مصر السُّفلَى والعليا كافةً على حَدٍّ سواء، بدايةً من الألفيَّة الرابعة، مجتمعاتِ مزارعين ورُعاةٍ مُستقرِّين. وأصبح الطريق مفتوحًا أمام تنمية المراكز الإقليميَّة الكبرى وظهورِ مجتمعٍ تتَّضحُ معالمُه بصورةٍ متسارعةٍ ومنفتحة. ولكن كان لا بُدَّ من مرور ألف سنة أخرى؛ كي يأتى مَلِكٌ يستطيع توحيد شمال وجنوب البلاد تحت حُكمه. 

فريديريك جيو (UMR 5608 TRACES-PRBM)

Bibliographie