Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Hatnoub

Hatnoub
حتنوب
Une carrière d’albâtre calcite en Moyenne Égypte
hatnoub
lien DOI doi10.34816/ifao.9148-43e3
lien IdRef IdRef231171528
Missions Ifao depuis2012
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Les carrières de travertin égyptien de HatnoubOpération de terrain 17134

Responsables(s)

Yannis Gourdon (CNRS, UMR 5189 HiSoMA)
• Roland Enmarch (Université de Liverpool)

Partenaires

Université Lumière Lyon 2
Université de Liverpool
Université de Louvain-Dayr al Bersha Project
Musée des Beaux Arts de Lyon
Musée Garstang de Liverpool
Neues Museum de Berlin

Cofinancements

Université de Liverpool
Egypt Exploration Society
Fonds Khéops pour l’archéologie

Dates des travaux

septembre - octobre

➣ Site de la mission

http://fondskheopsarcheologie.fr/missions-recherche-archeologique-hatnoub.php

Participants
Yannis Gourdonegyptologueuniversité de Liverpool MOM Lyon-2 Ifao
Roland Enmarchégyptologue maître de conférenceuniversité de Liverpool
Hannah Pethenégyptologue membre honoraireuniversité de Liverpool
Liz JonestopographeUniversity College of London
Dominique Faroutégyptologue - enseignantÉcole du Louvre et Institut Khéops (Paris)
Olivier Lavignetailleur de pierre archéologue des maçonneries antiques prestataireIfao
Thomas SagoryarchéologueMinistère de la culture et de la communication (Paris)
Benoît Touchardphotographeindépendant (Paris)
Andrea Pillonégyptologue membre scientifiqueIfao
Hélène Bouillonégyptologue conservateur du patrimoine (Paris)
Sépideh Qahéri-PaquetteégyptologueCollège de France
Jean-Jacques Delannoygéomorphologue - professeuruniversité Savoie-Mont-Blanc (Le Bourget du Lac)
Vue aérienne de la carrière P. © Ifao/T. Sagory.
Vue du cirque de la carrière P. © Ifao/Y. Gourdon.
Scène du transport du colosse de Djéhoutyhotep. © P.E. Newberry, El Bersheh. I. The Tomb of Tehuti-Hetep: with Plan and Measurements of the Tomb, ASE 3, Londres, 1895, pl. XV.
Une des nouvelles inscriptions de la carrière P, après traitement à l’aide du logiciel DStretch. © Ifao/B. Touchard.
Vue du système de halage des blocs de la carrière P. © Ifao/Y. Gourdon.
Reconstitution théorique du halage dans la carrière P. © Ifao/O. Lavigne.
 
 

Hatnoub, un site prestigieux dans la documentation pharaonique

Utilisé, dès l’époque prédynastique, dans la production artisanale comme dans l’architecture, l’albâtre calcite a très tôt été associé à la région de Hatnoub. Parmi les milliers de vases en pierre trouvés dans les galeries souterraines de la pyramide à degrés de Djéser, plus d’une centaine réalisée en albâtre porte des inscriptions mentionnant Hatnoub, ce qui indique que ce site fut exploité au plus tard au début de la IIIe dynastie.

Avant la découverte de la carrière P et de ses inscriptions, l’autobiographie d’Ouni – un très haut fonctionnaire de la VIe dynastie – était la plus ancienne source relatant une expédition conduite à Hatnoub, sous le règne de Mérenrê Ier. Ce texte, qui présente Hatnoub comme la région d’extraction de l’albâtre, ne fournit aucune indication quant à la localisation exacte de ce site. C’est grâce à la célèbre représentation du transport du colosse en albâtre et au texte qui l’accompagne dans la tombe du gouverneur Djéhoutyhotep à Deir el-Bercheh que l’on put, pour la première fois, établir un lien entre Hatnoub et le nome de la Hase. Ce récit d’expédition laissait entendre que les carrières se situaient dans la région de l’antique Hermopolis, capitale du nome de la Hase.

Cette hypothèse fut vérifiée le 22 décembre 1891, date à laquelle la carrière P de Hatnoub et ses inscriptions rupestres furent découvertes par l’égyptologue Percy Newberry et son jeune dessinateur Howard Carter, à 18 km au sud-est de l’ancienne Tell el-Amarna.

Les travaux épigraphiques et archéologiques à Hatnoub

Dès 1894, Marcus Blackden et George Fraser publièrent 32 de ces inscriptions. Mais c’est véritablement le travail réalisé par Georg Möller à l’été 1907 qui révéla la richesse épigraphique et historique de ce site qui comptait alors 61 inscriptions rupestres et stèles. Celles-ci furent publiées, après sa mort prématurée, par Ruldolph Anthes en 1928.

Il fallut attendre une soixantaine d’années pour que l’on s’intéresse à nouveau à Hatnoub. Entre 1985 et 1994, Ian Shaw (University of Liverpool) a mené les premiers travaux archéologiques dans la région ; il a ainsi prospecté et documenté les nombreuses structures environnant la carrière P.

Fondée en 2012 et codirigée par Yannis Gourdon (Ifao) et Roland Enmarch (University of Liverpool), la mission épigraphique et topographique de Hatnoub visait en premier lieu à republier ces textes selon les normes épigraphiques en vigueur. Après 7 saisons dans la carrière P et sur le plateau de Hatnoub, cette mission est aujourd’hui un chantier archéologique à part entière, qui a déjà donné des résultats remarquables. En plus d’apporter des corrections et des ajouts substantiels aux textes déjà connus, nous avons considérablement augmenté le nombre d’inscriptions, qui est passé de 61 à 160. Nos fouilles ont également mis au jour des niveaux d’ateliers du Nouvel Empire, et nous avons découvert un système de halage de blocs exceptionnel comprenant notamment une rampe ascendante inclinée en certains endroits jusqu’à 22 % et qui pourrait être un jalon décisif pour comprendre la construction des grandes pyramides de Giza.

La carrière P de Hatnoub et ses inscriptions

La carrière P est au cœur d’un vaste réseau de voies antiques, de sentiers, et de pistes reliant à la fois les carrières entre elles et les carrières au Nil, le lieu d’embarquement des blocs d’albâtre pour des destinations variées. Près d’un millier de structures jalonnent ces voies et les abords de la carrière P. Ces installations très diverses vont du simple marquage topographique par des cairns à des abris semi-circulaires, des ateliers de taille de la pierre jusqu’à des structures cultuelles et des bâtiments administratifs.

La carrière P se présente sous l’aspect d’une gigantesque excavation à ciel ouvert, remplie de débris. Une descenderie, longue d’une centaine de mètres et large de 6 à 9 m, s’ouvre sur un cirque ovoïde d’environ 75 m sur 45 m et profond d’une vingtaine de mètres. Ce cirque constitue la partie principale de la carrière d’où l’albâtre était extrait durant l’Antiquité.

Réparties en différents secteurs de la carrière, les inscriptions présentent une grande variété, tant dans leur réalisation que dans leur contenu. Elles sont soit incisées, gravées et/ou peintes à l’encre rouge, inscrites en hiératique ou en hiéroglyphes, principalement sur les parois de la carrière et plus rarement sur des stèles commémoratives. Leur datation s’étend de l’Ancien au Nouvel Empire, avec un pic situé entre les VIe et XIe dynasties. Leur contenu va de la simple représentation anonyme d’un personnage, à des panneaux affichant le protocole d’un roi, aux récits développés d’expéditions en passant par des autobiographies idéalisées d’un individu.

Grâce à de nouvelles techniques de relevés permettant de distinguer des détails invisibles à l’œil nu, comme la Reflectance Transformation Imaging (RTI) ou le plugin DStretch développé par Jon Harman, nous avons apporté des corrections et des compléments notables à la quasi-totalité des 61 textes déjà connus et découvert plus d’une centaine de nouvelles inscriptions royales ou privées.

Parallèlement à ces actions, nous menons une vaste campagne de relevés photogrammétriques de la carrière P et de photographies en très haute définition de chacune de ses gravures et inscriptions, qui permettront de produire des relevés épigraphiques de qualité. À terme, l’ensemble de ces données seront intégrées dans des modèles généraux en trois dimensions, à l’échelle de la carrière et du plateau tout entier.

Yannis Gourdon

حَتْنُوب مُوقعٌ مُهمٌّ يوثِّق للعصرِ الفِرْعَونيّ 

ارتبط المرمرُ كالسيت المستخدمُ منذ عصرِ ما قبلِ الأُسْراتِ في المنتجاتِ الحِرَفيِّةِ كما في العمارة - منذ القِدَم - بمنطقة حَتْنُوب، ومن بين آلافِ الأواني الحجريَّةِ التي عُثر عليها في سراديبِ هرمِ زُوسِر المٌدَّرج، ما يفوق المائةَ إناء من المرمر تحملُ نقوشًا تُشيرُ إلى حَتْنُوب؛ مما يعنى أن الموقعَ بدأ استغلالُه منذ بدايةِ الأسرةِ الثالثةِ على أقصى تقدير. 

وقبل اكتشافِ المَحْجَرِ P ونقوشِه، كانت السيرةُ الذاتيَّةُ لـ «أوني» وهو موظفٌ كبيرٌ من عصر الأسرةِ السادسة، تُعدُّ أقدم المصادر التي وصفت تنظيمَ إحدى الحملاتِ إلى حَتْنُوب في عصرِ مرن-رع الأول. ويتحدثُ النصُّ عن حَتْنُوب باعتبارها منطقةَ استخراجِ المرمر؛ لكنه لا يعطي أيَّة تفاصيلَ عن موقعها الدقيق. لكن بفضلِ الجداريَّةِ الشهيرةِ لمنظر كيفيَّةِ نقلِ التمثالِ الكبير والنَّصِّ المصاحبِ له، والموجودة في مقبرةِ الحاكمِ جحوتي حتب، بدَيْر البَرْشا، استطعنا للمرةِ الأولى الربطَ بين حَتْنُوب والإقليمِ الخامس عشر. وكان نصُّ وصفِ الحملةِ يُشيرُ إلى أن المحاجرَ كانت تقعُ في منطقةِ هِرمُوپُوليس القديمة (الأشمونين)، عاصمة الإقليم الخامس عشر. تأكَّدت هذه الفرضيَّةُ في 22 ديسمبر عام 1891، وهو التاريخُ الذي اُكتُشف فيه المَحْجَرُ P في حَتْنُوب ونقوشُه الحجرَّية، على يدِ عالمِ المصريَّات پيرسي نيوبيري، ومساعدِه الرسَّامِ الشابِّ هوارد كارتر، على بُعد 18 كيلومترًا، جنوبَ شرقِ تَلِّ العَمَارِنَة القديمة. 

الدراساتُ الإبيجرافيَّة والأثَرِيَّة في حَتْنُوب 

منذ عام 1894، نشر كُلٌّ من ماركوس بلاكدن وﭼورﭺ فريزر 32 من بين هذه النقوش، ولكن في الواقع كانت أعمالُ ﭼورﭺ مولر، في صيف 1907، هي التي كشفت عن الثراءِ الإبيجرافّي والتاريخيَّ لهذا الموقع الذي يحتوي على 61 نقشًا صخريًّا ولوحةً حجريَّة، والتي نشرها رودولف أنتس عام 1928 بعد وفاة مولر في سِنٍّ صغيرة.

وكان علينا الانتظارُ ٠٦ عامًا حتى يبدأ الاهتمامُ بحَتْنُوب من جديد. ففيما بين عامَيّْ ٥٨٩١ و٤٩٩١، أجرى إيان شو، من جامعة ليڨرپول، أولَ الأعمالِ الأثَرِيَّةِ في المنطقة حيث قام باستكشافِ وتسجيلِ الهياكلِ الكثيرةِ المحيطة بالمَحْجَر P. 

أمَّا البعثةُ المختصةُ بدراسةِ كتاباتِ وطُبُوغرافيا حَتْنُوب، والتي تأسَّست عام ٢١٠٢ تحت قيادة كُلٍّ من يانيس جوردون (المعهد الفرنسيَ للآثار الشرقيَّة)، ورولان إنمارش (جامعة ليڨرپول)، فكانت تستهدفُ في المقام الأول إعادةَ نشرِ هذه النصوص طبقًا للقواعدِ الإبيجرافيَّة المُتَّبعة. 

وبعد 7 بعثات في المَحْجَر P، أضحتِ البَعْثةُ ساحةَ عملٍ أثريٍّ متكاملة قدمت بالفعل نتائجَ مُهمًّة. علاوةً على أنها تمكَّنتْ من تصحيحِ وإدخالِ إضافاتٍ جوهريَّةٍ على النُّقُوشِ المعروفة، اكتشفت عددًا كبيرًا آخر منها؛ ليقفزَ عددُ النقوشِ المُكتشفَة من ١٦ إلى ٠٦١ نَقْشًا.

كما أسفرت الأعمالُ التنقيبيَّة للبعثةِ عن الكشفِ عن مستويات من الورشِ تعودُ للدولةِ الحديثة. كما اكتشفنا تقنيَّةً فريدةً لسحبِ الكُتل الحجريَّة، أهم ما تتضمَّنه هو طريق صاعد تصل درجةُ المَيْل فيه في بعض الأماكِن إلى نسبة 22%. وقد يمثلُ هذا الاكتشافُ خطوةً حاسمةً لفهمِ كيفيةِ بناءِ أهرام الجيزة.

المَحْجَر P في حَتْنُوب ونُقُوشُه 

يقعُ المَحْجَرُ P في قلبِ شبكةٍ واسعةٍ من الطرق القديمة، والدروبِ، والمساراتِ التي تربطُ المحاجرَ فيما بينها، وتربطُها في الوقتِ ذاتهِ بالنيلِ حيث يتمُّ تحميلُ كُتلُ المرمر، وإرسالُها إلى وجهاتٍ مختلفة. وهناك ما يقربُ من ألف مبنًى على طولِ هذه المساراتِ والمناطقِ المحيطةِ بالمَحْجَر P. تتنوعُ هذه المنشآتُ ما بين علاماتٍ طُبُوغرافيَّةٍ بسيطة، وهُرَيْماتِ، ومغاراتِ نصف دائريَّة، وورشِ تقطيعِ حجارة، وأماكن عبادة، ومبانٍ إداريَّة.

والمَحْجَرُ P على شكلِ تجويف عميق ضخمٍ مكشوف، كان مليئًا بالرَّدِيم، به منحدر بطولِ ما يقربُ من المائة متر وعرضٍ يتراوحُ ما بين 6 و9 أمتار، يقودُ إلى مُدرَّجٍ بَيْضويّ (75 م × 45 م)، يُقدرُ عُمقُه بقرابة ٠٢ مترًا. وهو يمثلُ الجزءَ الرئيسَ من المَحْجَرِ الذي كان يُستخرج منه المرمر في العصورِ القديمة.

والنقوشُ الموزعةُ في مختلفِ قطاعاتِ المَحْجَر تمثلُ تنوعًا كبيرًا، سواء في طريقةِ تنفيذها أم محتواها فهي إما محفورةٌ أو منحوتةٌ و/أو مرسومةٌ بالحبر الأحمر، ومكتوبةٌ بالكتابة الهيراطيقيَّة أو الهيروغليفيَّة. وهي موجودةٌ بشكلٍ أساسٍ على جدرانِ المَحْجَر، وبعددٍ أقل كثيرًا على لوحاتٍ تذكاريَّة. وبالنسبة إلى تأريخها، فهي تمتدُّ من الدولةِ القديمةِ إلى الدولةِ الحديثة، والعددُ الأكبر منها يعودُ إلى الفترةِ ما بين الأسرتين السادسة والحاديةَ عشرةَ. أما مضمونُها فيتراوحُ بين التمثيلِ البسيطِ لشخصيَّةٍ غير معلومة، إلى لوحاتٍ تحوي القواعدَ الخاصَّةَ (بروتوكول) بأحدِ الملوك، إلى الرواياتِ المُفصّلةِ للحملاتِ مُرورًا بالسِّيَرِ الذاتيَّةِ التي تُمجِّدُ أحدَ الأشخاص.

بفضل التِقْنيَّاتِ الجديدةِ للمسحِ الأثريّ التي تسمحُ بالتمييزِ بين التفاصيلِ غير المرئيَّةِ بالعينِ المُجرَّدة، مثل تقنيَّةِ التصوير (Reflectance Transformation Imaging (RTI، أو برنامج الدَّعم DStretch  الذي طوَّره ﭼـون هارمان، أدخلنا تصحيحات، وقمنا باستكمالِ أجزاء مُهمَّةٍ على مجملِ النصوصِ الـ ١٦ المعروفةِ سَلفًا، واكتشفنا أكثرَ من ٠٠١ من النقوشِ المَلَكيَّةِ أو الخاصَّة. 

جنبًا إلى جنبٍ مع هذه الأعمال، نقومُ ببعثةٍ واسعةٍ للمسحِ التصويريّ للمَحْجَرِ P، والتصويرِ عالي الجودةِ لكُلِّ منحوتةٍ أو نَقْش، وهو ما يسمحُ بإجراءِ عمليَّاتِ رفعٍ للكتاباتِ بجودةٍ عالية. وفي نهايةِ المطافِ، سوف نُدرِجُ مجملَ هذه البياناتِ في نماذجَ عامَّةٍ ثلاثيَّةِ الأبعاد، بالقياساتِ الحقيقيَّةِ للمَحْجَر، وكاملِ الهضبة. 

يانيس جوردون

Bibliographie