Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

TT33

Tombe de Padiaménopé (TT 33)
المقبرة ٣٣
Le vaste complexe funéraire de Padiamenopé
tt33
lien DOI doi10.34816/ifao.e071-dcbf
lien IdRef IdRef144330555
Missions Ifao depuis2004
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

La nécropole thébaine au VIIe s. av. J.-C.: la tombe du prêtre Padiaménopé (TT 33, fin XXVe-début XXVIe dynastie): mission épigraphiqueOpération de terrain 17146

Responsable(s)

lien IdRef Silvia Einaudi (UMR 8546 (Paris) et UMR 7044 CNRS (Strasbourg))
lien IdRef Isabelle Régen (Université Paul Valéry Montpellier 3 - UMR 5140)
lien IdRef Claude Traunecker (Université de Strasbourg, UMR 7044)

Partenaires

lien IdRef 🔗 Institut français d’archéologie orientale (IFAO)
lien IdRef 🔗 Université Paul Valéry

Cofinancements

🔗 Fonds Khéops pour l’archéologie
🔗 Archéologie et histoire de la Méditerranée et de l’Egypte ancienne (LabEx ARCHIMEDE)
lien IdRef 🔗 Université Paul Valéry

Dates des travaux

octobre - novembre

Rapports de fouilles dans le BAEFE

2019 : 10.4000/baefe.1162

➣ Site(s) de la mission

https://www.asm.cnrs.fr/les-fouilles/tombe-de-padiamenope-tt-33-egypte/511-tombe-de-padiamenope-tt-33-egypte

Participants en 2021

lien IdRef Silvia Einaudiépigraphiste, membre associéeUMR 8546 (Paris) et UMR 7044 CNRS (Strasbourg)
lien IdRef Isabelle RégenégyptologueUniversité Paul Valéry Montpellier 3 - UMR 5140
lien IdRef Claude Trauneckerégyptologue, professeur des universités émériteUniversité de Strasbourg, UMR 7044
Younis AhmedrestaurateurIFAO
Lucie Antoinerestaurateur
lien IdRef François BoyerrestaurateurC2RMF
lien IdRef Philippe Brombletgéologue conservation
lien IdRef Sophie Dubersonrestauratricemusée du Louvre
lien IdRef Christian DupuisgéologueUniversité de Mons (Belgique)
Salma El-Shaerépigraphiste, stagiaire
Islam EzzatrestaurateurIFAO
Naglaa Ezzeldeenépigraphiste, stagiaire
David Franckphotographe
lien IdRef Christine Galloiségyptologue, présidenteéditions kheops
Nick HeydenrestaurateurKärcher
Emilie Hubertphotographe radiologue
lien IdRef Joëlle Le Rouxconservatrice restauratricemusée du Louvre
lien IdRef Anne Liegeyconservatrice restauratricemusée du Louvre
lien IdRef Bernard Mathieuégyptologue, maître de conférences HDRUniversité Paul Valéry Montpellier 3, UMR 5140 Archéologie des sociétés méditerranéennes
Gérard MeneroudadministrateurFonds Khéops pour l’Archéologie
lien IdRef Simone NannucciarchéologueUniversité de Strasbourg Archimède UMR 7044
lien IdRef Olivier Onézimetopographe
lien IdRef Gaël PollinphotographeIFAO
lien IdRef Anita Quilesarchéomètre, responsable du Pôle ArchéométrieIFAO
Abd el-Monem Samahépigraphiste, stagiaire
Sherouk ShehadaArchéologue, égyptologue, EtudianteHelwan University
lien IdRef Heloïse Smetsépigraphiste, doctorantuniversité de Strasbourg
Bruno Szkotnickirestaurateur
Moewes ThorstenrestaurateurKärcher
lien IdRef Stéphanie TouronrestaurateurC2RMF
Jean-Pierre Tshibangugéologue, ingénieur
Jean-Marc ValletrestaurateurCICRP
lien IdRef Daniel WerningépigraphisteBerlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften
Plan de la tombe TT 33. Dessin de C. Traunecker d’après les relevés de D. Eigner.

© C. Traunecker.
La deuxième cour de la tombe TT 33.
The second courtyard of Tomb TT 33.
الفناء الثاني للمقبرة الطِّيبية 33.
© C. Traunecker.
Padiaménopé. Tombe TT 33, porte XIII-1, paroi sud.
Padiamenope. Tomb TT 33, Gate XIII-1, south wall.
پادي آمون أوپت. المقبرة الطِّيبية 33، الباب XIII-1، الجدار الجنوبي.
© P. Maître.
Vignette du chapitre 62 du Livre des Morts. Salle I.
Vignette from Chapter 62 of the Book of the Dead. Room I.
صورة مصغرة للفصل 62 من كتاب الموتى. القاعة الأولى.
© L. Schmitt.
Chapelle no 1, paroi sud du cénotaphe (salle XIII.s.).
Chapel no. 1, south wall of the cenotaph (Room XIII.s).
أحد الكوات في الجدار الجنوبي من القبر الأجوف (القاعة الثالثة عشر).
© L. Schmitt.
Tête de la déesse Nout, angle nord-est, face est du cénotaphe (salle XIII.e.).
Head of the goddess Nut, north-east corner and east side of the cenotaph (Room XIII.e).
رأس الإلهة نوت، الزاوية الشمالية الشرقية من القبر الأجوف، الواجهه الشرقية
© P. Maître.
 
 

En 1743, un voyageur anglais, Richard Pococke, publie la description et le plan d’une « grotte souterraine (sic) de Thèbes », qu’il a visitée en 1737. Ainsi, notre actuelle tombe de Padiamenopé fut l’une des premières à apparaître dans la littérature occidentale dans ses proportions. Le voyageur anglais, dérouté par son ampleur exceptionnelle, pensait qu’il s’agissait du palais souterrain des rois de Thèbes pour se protéger du vent et de la chaleur. Nous retrouvons également le prêtre-lecteur comme ambassadeur de la civilisation égyptienne en Occident dès la Renaissance : le texte de sa statue-cube actuellement au Louvre a été le premier texte hiéroglyphique reproduit correctement et mis à disposition des occidentaux curieux. Ce fait, bien que mineur, prend un relief particulier quand on sait que l’obsession de Padiamenopé a été, comme il le déclare dans sa tombe, de transmettre « à ceux qui sont nés et ceux qui viendront à naître » le savoir intellectuel de l’ancienne Égypte.

Sous le nom de « la Grande Syringe », la tombe connue actuellement comme la TT 33 est, au XIXe s., le monument le plus admiré et craint de la nécropole. Son plan compliqué, ses puits, dont un qui coupe un passage (couloir XII), ont engendré de multiples légendes de disparition de visiteurs, d’attaque de chauve-souris, etc. Les savants de la Description de l’Égypte en ont fait un relevé architectural complet. Jean-François Champollion a pu, l’été 1829, identifier le personnage qu’il appelle « l’hiérogrammate et prophète Pétaménôph » et l’a placé approximativement dans la chronologie égyptienne. C’est également J.-F. Champollion qui identifia la porte de granite du « petit » temple de Médinet Habou comme un monument du même personnage. Pendant tout le XIX s., la mystérieuse « Grande Syringe » avec ses 22 salles et couloirs, son développement linéaire de 322 m, ses 2 622 m2 de surface décorée, ses 4 niveaux descendant à 21 m sous la surface du désert, le tout dans une enceinte de 9 504 m2, n’a cessé d’intriguer les chercheurs. Pourtant, en cette période de dégagement de monuments et d’exploration de sites, nul ne s’aventura à explorer, dégager les salles, copier les textes de la « Grande Syringe ». La tâche était immense et les conditions extrêmes. Les parois, ravagées par des tremblements de terre, couvertes de la suie des torches des visiteurs et souillées par les émanations produites par l’incendie des débris organiques qui encombraient les premières salles, habitats et étables des occupants modernes de la nécropole, n’étaient guère engageantes. De surcroît, ce labyrinthe souterrain servait d’habitat à des dizaines de milliers de chauves-souris. Ces animaux, habituellement inoffensifs, étaient par leur nombre, un facteur de danger pour les égyptologues du XIXe s., leur vol en meute éteignant les luminaires des savants et surtout par la pollution atmosphérique insoutenable engendrée par l’accumulation de leurs déjections. Pourtant, le peu que l’on savait du contenu épigraphique de la tombe du « Pétaménôph » de J.-F. Champollion était très attirant et exceptionnellement riche. On avait l’impression que toute la littérature funéraire canonique du VIIe s. av. J.-C. était affichée sur ces parois martyrisées par le temps et les hommes. Ce fait n’échappa pas à un savant prussien, élève de Karl Richard Lepsius et de Heinrich F. Karl Brugsch, grand chasseur de textes nouveaux et difficiles, Johannes Dümichen. C’est vers 1869 qu’il conçut le projet d’explorer et publier ce monument exceptionnel. En 1872, il crée la chaire d’égyptologie de Strasbourg et en 1884 et 1885, il publie les deux premiers volumes de son édition de la tombe. Dans un article poignant, il décrit l’extrême difficulté de travailler au milieu des chauves-souris dans une atmosphère très lourdement chargée en ammoniac et autres composés organiques volatils. Ces deux volumes contiennent environ 15 % du matériel épigraphique de la tombe. Mais dix ans après ce début, épuisé, J. Dümichen décède à Strasbourg. Son élève et successeur, Wilhelm Spiegelberg, publie un troisième volume posthume avec quelques planches complémentaires. Gaston Maspero, conscient de l’importance du monument, décide de porter un coup fatal à l’engeance des chauves-souris en faisant murer la tombe après la salle III. En effet, les chauves-souris périrent mais les égyptologues ne profitèrent guère de cette extermination. Le service des Antiquités d’Égypte utilisa les trois premières salles comme lieu de stockage des objets trouvés dans les fouilles voisines rendant inaccessibles de ce fait les 19 salles suivantes. Il y eut quelques courtes incursions en 1936 (Friedrich Wilhelm von Bissing), 1942, 1943, 1944 (Alexandre Piankoff), 1951 (Charles Francis Nims). La dernière ouverture eut lieu en 1976 quand, en quelques jours, Dieter Eigner aidé de Josef Dörner réalisa un excellent relevé architectural. Mais la très grande majorité des textes restait toujours inconnue et inaccessible.

En 2003, Bernard Mathieu, directeur de l’Ifao, et Claude Traunecker, lointain successeur de J. Dümichen à la chaire de Strasbourg, proposèrent d’aider le ministère des Antiquités au catalogage et au transfert des quelque 2 000 objets entassés dans les trois premières salles de la TT 33. Comme source de première importance pour l’étude de l’Amdouat et du Livre des Portes, la tombe était également incluse dans le programme de recherche d’Isabelle Régen, alors pensionnaire à l’Ifao (2003-2007). En décembre 2005, le mur de G. Maspero fut définitivement abattu. Depuis cette date, une équipe internationale d’égyptologues et de spécialistes de la restauration travaillent à l’exploration, l’édition et la compréhension de ce monument hors du commun. Depuis deux ans, le fond Khéops pour l’archéologie (Paris) soutient une série d’opérations visant à l’étude des procédés de restauration, mais aussi aux conditions de travail dans la tombe et à l’assainissement de son atmosphère qui s’est révélé dangereuse pour la santé de chercheurs.

Claude Traunecker (université de Strasbourg)

In 1743 an English traveller, Richard Pococke, published a description and plan of a “subterraneous grotto at Thebes” which he had visited in 1737. Thus, our present-day tomb of Padiamenope was one of the first to appear in western literature. The English traveller, mislead by its exceptional size, thought it was the subterranean palace of Theban kings which protected them from wind and heat. Similarly, we discovered that this lector-priest had been, since the time of the Renaissance, an ambassador of Egyptian civilization in the West. The text on his statue-cube, now in the Louvre, was the first hieroglyphic text reproduced correctly and made available to curious Westerners. This fact while minor, takes on particular meaning when one becomes aware of Padiamenope’s obsession, which he had declared in his tomb, to transmit the intellectual knowledge of ancient Egypt “to those who are born and those yet to be born”.

In the 19th century the tomb, then given the name “the Great Syringe” (while today it is known as TT 33), was the most admired and feared monument in the necropolis. Its complicated plan and its pits, one of which cuts through a passageway (Corridor XII), have given rise to multiples legends about visitors disappearing, attacks by bats and so on… Scholars of the Description de l’Égypte produced a complete architectural record of it. In the summer of 1829 Jean-François Champollion was able to identify him as “l’hiérogrammate et prophète Pétaménôph” and locating him approximately in Egyptian chronology. It was also J.-F. Champollion who identified the granite gateway in the “small” temple of Medinet Habu as a monument belonging to this same individual. 

Throughout the 19th century the mysterious “Great Syringe” with its 22 rooms and corridors, its linear layout of 322 m, its 2 622 m2 of decorated surface, its 4 levels descending to 21 m below the desert surface, and all within an enclosure of 9 504 m2, has not ceased to intrigue researchers. However, in this period when monuments were being cleared and sites investigated, nothing was more daring than to explore, clear rooms and copy texts in the “Great Syringe”. The task was immense and the conditions extreme. The walls, damaged by earthquakes, were covered by the soot of visitors’ torches and stained by fumes produced during the burning of organic debris which clogged the first rooms, in addition to the dwellings and stables of modern occupants of the necropolis, was scarcely an attractive prospect. Moreover, its subterranean labyrinth served as the home of tens of thousands of bats. These animals, usually inoffensive, were, by their very large number, a danger for Egyptologists of the 19th century, a flying cloud of them extinguishing scholars’ lights and the accumulation of their droppings producing an unbearable atmospheric pollution. 

However, the little that was known about the epigraphic contents of the tomb of the “Pétaménôph” of J.-F. Champollion was very interesting and exceptionally rich. One had the impression that all the canonic funerary literature of the 7th century BC were displayed on its walls, though they had suffered over time and at the hands of man. This fact did not escape a Prussian scholar, Johannes Dümichen, a great hunter of new and difficult texts who had been educated by Karl Richard Lepsius and Heinrich F. Karl Brugsch. It was in 1869 that he conceived the project of investigating and publishing this exceptional monument. In 1872 he created the Strasbourg Chair of Egyptology and in 1884 and 1885 he published the first two volumes of his edition of the tomb. In a poignant article he describes the extreme level of difficulty of working amongst bats in an atmosphere which was heavily permeated with ammonia and other volatile organic compounds. These two volumes contain about 15 % of the epigraphic material within the tomb. But ten years after beginning, exhausted, J. Dümichen died at Strasbourg. His pupil and successor, Wilhelm Spiegelberg, published a third, posthumous, volume with some additional plates. Gaston Maspero, conscious of the importance of this monument, decided to apply a fatal blow to the bat population by walling up the tomb after Room III. Indeed, the bats perished but Egyptologists scarcely benefited from this extermination. The Antiquities Service of Egypt used the first three room as a place to store objects found in neighbouring excavations, thus rendering the subsequent 19 rooms inaccessible. Several brief incursions into the tomb were made in 1936 by Friedrich Wilhelm von Bissing, in 1942, 1943 and 1944 by Alexandre Piankoff and in 1951 by Charles Francis Nims. The last opening took place in 1976 when, for several days, Dieter Eigner, assisted by Josef Dörner, carried out an excellent architectural recording. But the vast majority of texts remained unknown and inaccessible.

In 2003 Bernard Mathieu, Director of the IFAO, and C. Traunecker, Dümichen’s successor to the Strasbourg Chair, offered to assist the Egyptian Supreme Council of Antiquities in cataloguing and transferring the approximately 2 000 objects which occupied the first three rooms of TT 33. In December 2005, the Maspero wall was demolished and since then an international team of egyptologists and restoration specialists have been working to explore, publish and understand this tomb. The study of the Book of the Amduat and the Book of Gates has been entrusted by Isabelle Régen; the numerous chapters of the Book of the Dead are being studied by Silvia Einaudi, the Pyramids Texts are studied by B. Mathieu, the Book of Caverns is being published by Daniel A. Werning and the Book of the Opening of the Mouth by Barbara Engelman-von Carnap. C. Traunecker is in charge of the doorstexts, the cenotaphe, rooms XIV XV XVI and the awakeking of Osiris (room XIX). Since 2017, the Kheops Fund for Archaeology has supported operations aimed at studying the conservation and enhancement of this extraordinary monument.

Claude Traunecker (University of Strasbourg)

في عام 1743، نشر الرحَّالة الإنجليزى ريتشارد پوكوك وصفًا وخريطةً لـ «مغارة تحت الأرض بمدينة طيبة»، والتي زارها عام 1737. وهكذا، أصبحت مقبرة پـادي آمون أوپت التي لدينا حاليًّا إحدى أولى المقابر التي ورد ذكرها في الأدب الغربيّ. وكان الرحَّالة الإنجليزى الذي التبس عليه الأمر بسبب الضخامة الاستثنائية للمقبرة، يعتقد أنها قصر تحت الأرض لملوكِ طِيبَة يحتمون به من الرِّيح والحَرّ. كما عثرنا على الكاهن المُرتِّل، كسفيرٍ للحضارة المصريَّة في الغرب منذ عصر النهضة: إذ إن نصوص تمثاله المُكعَّب المحفوظ حاليًّا في مُتْحَف اللوڤـر، كانت أول نص هيروغليفيّ نُسِخ بشكل صحيح، ووضع في متناول المهتمين من بلاد الغرب. إن هذا الأمر، على الرغم من أهميَّته الثانوية، فإنه يكتسب قيمة خاصةً عندما نعلم أن الفكرة التي كانت تسيطر على پـادي آمون أوپت كانت، كما أعلنها في مقبرته، تتمثلُ في نقل المعرفة الفكريَّة لمصر القديمة «إلى مَنْ وُلِدوا والذين سيُولدون».

إن تلك المقبرة التي عُرفت تحت اسم «المقبرة الملكيَّة الكبرى»، والمُسمَّاة حاليًّا «المقبرة الطيبية 33»، كانت خلال القرن التاسع عشر المقبرة الأكثر إثارةً للإعجاب والمخاوف في الجبَّانة؛ حيث أثار تصميمها المُعقَّد، وآبارُها التي تقطع إحداها ممرًّا بالمقبرة (الممر 12)، أساطير عدةً حول اختفاء الزوَّار وهجوم الخفافيش...، إلخ. وقام العلماء الذين وضعوا كتاب وصف مصر برفعٍ كامل لعمارة المقبرة. كما تمكَّن ﭼـان فرانسوا شامپوليون، في صيف عام 1829، من تحديد شخصية صاحب المقبرة التي أطلق عليها «كاتب المعبد والرسول Pétaménôph»، وقام بتأريخها بشكلٍ تقريبيٍّ في التسلسل الزمنيَ للتاريخ المصريّ. كما قام ﭼـان فرانسوا شامپوليون بتحديد باب الجرانيت بالمعبد «الصغير» بمدينة هابو على أنه أثر يخصُّ الشخصية نفسها. وطوال القرن التاسع عشر، لم تكفَّ تلك «المقبرة الملكيَّة الكبرى» الغامضة عن إثارة دهشة العلماء بقاعاتها الاثنتين والعشرين، وممرَّاتها، وامتدادها الطولي على مساحة 322 مترًا ومساحتها المزخرفة بالكامل والتي تبلغ ٢٫٦٢٢ م٢، ومستوياتها الأربع التي تمتد تحت رمال الصحراء لمسافة ٢١ م، كل ذلك داخل حرم تبلغ مساحته ٩٥٠٤ م٢. ولكن خلال تلك الفترة من إظهار المعالم الأثرية واستكشاف المواقع، لم يغامر أحدٌ باستكشاف أو إظهار القاعات ونقل نصوص «المقبرة الملكيَّة الكبرى»؛ فقد كانت المهمة ضخمةً والظروف شديدة القسوة. فجدرانُ المقبرة كانت قد أُتلفت بفعل الزلازل وأصبحت مغطاةً بالسواد الناتج عن المشاعل التي كان يستخدمها الزوار، ومتسخة بسبب حرق الفضلات العضويَّة التي كانت تملأ الغرف الأولى بالمقبرة حيث استخدمها شاغلو الجبَّانة في العصر الحديث كمسكن وحظائر. علاوة على ذلك، كانت تلك المتاهة الواقعة تحت الأرض موطنًا لملايين الخفافيش. وكان تواجد هذه الحيوانات غير الضارة بطبعها بهذه الأعداد الكبيرة يشكِّلُ مصدرَ خطرٍ لعلماء المصريَّات خلال القرن التاسع عشر، فقد كان طيرانُها في أسراب يطفئُ مصابيحهم، بالإضافة إلى التلوث الهوائيّ غير المحتمل المُتولِّد عن تراكم فضلاتها. إلَّا أن المعلومات القليلة التي كانت لدينا عن محتوى النقوش الجداريَّة بمقبرة Pétaménôph بفضل ﭼـان فرانسوا شامپوليون، كانت جاذبةً وثريَّةً على نحوٍ استثنائي. لقد كان لدينا الانطباع أن الأدب الجنائزيّ الأصليّ خلال القرن السابع ق. م.، كان معروضًا على تلك الجدران التي نال منها الزمان والإنسان. ولكن هذا الأمر لم يُفوِّت على عالمٍ من أصلٍ بروسيٍّ يُدعَى يوهانس دوميشان، وهو تلميذ كارل ريكهارد ليپسيوس، وهينيريش فرانسوا كارل بروجش، صائد النصوص الجديدة والصعبة. ففي عام 1869 تقريبًا، وضع هذا العالِم مشروعًا للاستكشاف والنشر عن هذا الأثر الاستثنائيّ. وقام في عام 1872 بتأسيس (كرسيّ علم المصريَّات) في جامعة ستراسبورج، ونشر أول مجلدين من إصداراته عن المقبرة عاميّ 1884 و1885. وفي مقالٍ مؤثر، وصف يوهانس دوميشان الصعوبة البالغة للعمل في وسط خفافيش، وفي هواء مُتشبِّع بالأمونيا ومُركَّبات عضوية أخرى متطايرة. ويشتمل المجلدان على قرابة 15% من محتوى النقوش الجداريَّة بالمقبرة. ولكن بعد مرور عشر سنوات من تلك البداية، تُوفِّيَ يوهانس دوميشان مُنهكًا في مدينة ستراسبورج. ثم نشر تلميذه وخليفته ڤيلهلم شپيجلبرج مُجلَّدًا له بعد وفاته، وألحق به بعض اللوحات التكميليَّة. وقرر جـاستون ماسپيرو الذي كان يدرك أهمية هذا المَعْلَم الأثريّ أن يوجه ضربةً قاضيةً إلى مجموعات الخفافيش، ببناءِ حائطٍ بالمقبرة بعد القاعة الثالثة. وبالفعل قُضيَ على الخفافيش ولكن لم يَستفِدْ علماء المصريَّات من تلك الإبادة. فقد قامت وزارة الآثار باستخدام القاعات الثلاث الأولى كمخزنٍ للقطَع التي يتم العثور عليها خلال عمليات التنقيب في المواقع المجاورة؛ الأمر الذي أدى إلى تعذُّر الوصول إلى التسع عشرة قاعةً التالية. لكن تم دخول المقبرة بشكلٍ عابرٍ ولمُدَد قصيرة عدة مرات في عام 1936(فريدريش ڤيلهلم فون بيسينج)، وأعوام 1942، 1943، 1944 (ألكسندر پيانكوف) وعام 1951 (شارل فرانسيس نمس). ويرجع تاريخ فتح المقبرة للمرة الأخيرة إلى عام 1976، عندما تمكن ديتر آيجنر، بمساعدة يوزيف دورنر من إجراء رفع رائع لعمارة المقبرة خلالَ بضعةِ أيام. ولكن ظلت الغالبيَّة العظمى من النصوص غير معروفة ويتعذَّر الوصول إليها.

وفي عام 2003، اقترح كُلٌّ من برنار ماتيو، مدير المركز الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة، وكلود ترونيكر - أحد خلفاء يوهانس دوميشان، في شغل كرسيّ جامعة ستراسبورج - مساعدةَ وزارة الآثار في فَهْرسَة ونقل ما يقرب من 2000 قطعة كانت مُكدَّسة في الغرف الثلاث الأولى بالمقبرة الطِّيبيَّة 33؛ حيث أنها مصدرٌ بالغُ الأهميَّة لدراسة كتاب الإمي دُوَات وكتاب الأبواب؛ فقد تمَّ إدراجُها في برنامج البحوث التي تجُريها إيزابيل ريچان، التي كانت عضوًا علميًّا بالمعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة (2003-2007). وفي ديسمبر عام 2005، هُدِم الحائطُ الذي بناه جـاستون ماسپيرو نهائيًّا. ومنذ هذا التاريخ يقوم فريقٌ دوليٌّ من علماء المصريَّات والمتخصصين بالترميم باستكشاف وفهم هذا المَعْلَم الأثريّ الاستثنائيّ ونشره.

كلود ترونيكر (جامعة ستراسبورج)

Bibliographie