Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

TT33

Tombe de Padiaménopé (TT 33)
المقبرة ٣٣
Le vaste complexe funéraire de Padiamenopé
tt33
lien DOI doi10.34816/ifao.e071-dcbf
lien IdRef IdRef144330555
Missions Ifao depuis2004
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

La nécropole thébaine au VIIe s. av. J.-C.: la tombe du prêtre Padiaménopé (TT 33, fin XXVe-début XXVIe dynastie): mission épigraphiqueOpération de terrain 17146

Responsables(s)

• Claude Traunecker (Université de Strasbourg, UMR 7044)
• Isabelle Régen (Université Paul Valéry Montpellier 3 - UMR 5140)
• Silvia Einaudi (EPHE, Ve section, Paris; Université de Strasbourg UMR 7044)

Partenaires

Université de Strasbourg
Université de Montpellier

Cofinancements

Fonds Khéops pour l’archéologie
Université de Strasbourg, équipe « Territoires et Empires d’Orient » (TEO), UMR 7044 Cnrs
Université Paul Valéry – Montpellier 3, UMR 5140 CNRS (Archéologie des Sociétés Méditerranéennes)
Université de Heidelberg (projet « Neuedition des Mundöffnungsritual »)
Université Humboldt de Berlin (Exzellenzcluster Topoi)

Dates des travaux

octobre - novembre

Participants
Laurent Bavaydirecteur de l'IfaoIfao
François BoyerrestaurateurC2RMF
Frédéric Colinarchéologue/égyptologueuniversité de Strasbourg UMR 7044 Archimède
Antonio Canteleépigraphisteuniversité de Berlin
Sophie Dubersonrestauratricemusée du Louvre
Christian Dupuisgéologueuniversité de Mons (Belgique)
Silvia Einaudiépigraphiste chercheuse associéeuniversité de Strasbourg et EPHE EA 4519
Barbara Engelmann-von CarnapépigraphisteUniversität Heidelberg
Joëlle Le Rouxconservatrice restauratricemusée du Louvre
Anne Liegeyconservatrice restauratricemusée du Louvre
Bernard Mathieuépigraphiste maître de conférencesuniversité de Montpellier 3 ASMMTC UMR 5140
Simone Nannucciarchéologueuniversité de Strasbourg Archimède UMR 7044
Olivier OnézimetopographeIfao
Gaël PollinphotographeIfao
Isabelle Régenépigraphisteuniversité de Montpellier
Heloïse Smetsépigraphisteuniversité de Strasbourg
Claude Trauneckerépigraphisteuniversité de Strasbourg
Stéphanie Touron restaurateurC2RMF
Daniel WerningépigraphisteHumboldt-Universität zu Berlin
Plan de la tombe TT 33. Dessin de C. Traunecker d’après les relevés de D. Eigner. © C. Traunecker.
La deuxième cour de la tombe TT 33. © C. Traunecker.
Padiaménopé. Tombe TT 33, porte XIII-1, paroi sud. © P. Maître.
Vignette du chapitre 62 du Livre des Morts. Salle I. © L. Schmitt.
Chapelle no 1, paroi sud du cénotaphe (salle XIII.s.). © L. Schmitt.
Tête de la déesse Nout, angle nord-est, face est du cénotaphe (salle XIII.e.). © P. Maître.
 
 

En 1743, un voyageur anglais, Richard Pococke, publie la description et le plan d’une « grotte souterraine (sic) de Thèbes », qu’il a visitée en 1737. Ainsi, notre actuelle tombe de Padiamenopé fut l’une des premières à apparaître dans la littérature occidentale dans ses proportions. Le voyageur anglais, dérouté par son ampleur exceptionnelle, pensait qu’il s’agissait du palais souterrain des rois de Thèbes pour se protéger du vent et de la chaleur. Nous retrouvons également le prêtre-lecteur comme ambassadeur de la civilisation égyptienne en Occident dès la Renaissance : le texte de sa statue-cube actuellement au Louvre a été le premier texte hiéroglyphique reproduit correctement et mis à disposition des occidentaux curieux. Ce fait, bien que mineur, prend un relief particulier quand on sait que l’obsession de Padiamenopé a été, comme il le déclare dans sa tombe, de transmettre « à ceux qui sont nés et ceux qui viendront à naître » le savoir intellectuel de l’ancienne Égypte.

Sous le nom de « la Grande Syringe », la tombe connue actuellement comme la TT 33 est, au xixe s., le monument le plus admiré et craint de la nécropole. Son plan compliqué, ses puits, dont un qui coupe un passage (couloir XII), ont engendré de multiples légendes de disparition de visiteurs, d’attaque de chauve-souris, etc. Les savants de la Description de l’Égypte en ont fait un relevé architectural complet. Jean-François Champollion a pu, l’été 1829, identifier le personnage qu’il appelle « l’hiérogrammate et prophète Pétaménôph » et l’a placé approximativement dans la chronologie égyptienne. C’est également J.-F. Champollion qui identifia la porte de granite du « petit » temple de Médinet Habou comme un monument du même personnage. Pendant tout le xixe s., la mystérieuse « Grande Syringe » avec ses 22 salles et couloirs, son développement linéaire de 322 m, ses 2 622 m2 de surface décorée, ses 4 niveaux descendant à 21 m sous la surface du désert, le tout dans une enceinte de 9 504 m2, n’a cessé d’intriguer les chercheurs. Pourtant, en cette période de dégagement de monuments et d’exploration de sites, nul ne s’aventura à explorer, dégager les salles, copier les textes de la « Grande Syringe ». La tâche était immense et les conditions extrêmes. Les parois, ravagées par des tremblements de terre, couvertes de la suie des torches des visiteurs et souillées par les émanations produites par l’incendie des débris organiques qui encombraient les premières salles, habitats et étables des occupants modernes de la nécropole, n’étaient guère engageantes. De surcroît, ce labyrinthe souterrain servait d’habitat à des dizaines de milliers de chauves-souris. Ces animaux, habituellement inoffensifs, étaient par leur nombre, un facteur de danger pour les égyptologues du xixe s., leur vol en meute éteignant les luminaires des savants et surtout par la pollution atmosphérique insoutenable engendrée par l’accumulation de leurs déjections. Pourtant, le peu que l’on savait du contenu épigraphique de la tombe du « Pétaménôph » de J.-F. Champollion était très attirant et exceptionnellement riche. On avait l’impression que toute la littérature funéraire canonique du viie s. av. J.-C. était affichée sur ces parois martyrisées par le temps et les hommes. Ce fait n’échappa pas à un savant prussien, élève de Karl Richard Lepsius et de Heinrich F. Karl Brugsch, grand chasseur de textes nouveaux et difficiles, Johannes Dümichen. C’est vers 1869 qu’il conçut le projet d’explorer et publier ce monument exceptionnel. En 1872, il crée la chaire d’égyptologie de Strasbourg et en 1884 et 1885, il publie les deux premiers volumes de son édition de la tombe. Dans un article poignant, il décrit l’extrême difficulté de travailler au milieu des chauves-souris dans une atmosphère très lourdement chargée en ammoniac et autres composés organiques volatils. Ces deux volumes contiennent environ 15 % du matériel épigraphique de la tombe. Mais dix ans après ce début, épuisé, J. Dümichen décède à Strasbourg. Son élève et successeur, Wilhelm Spiegelberg, publie un troisième volume posthume avec quelques planches complémentaires. Gaston Maspero, conscient de l’importance du monument, décide de porter un coup fatal à l’engeance des chauves-souris en faisant murer la tombe après la salle III. En effet, les chauves-souris périrent mais les égyptologues ne profitèrent guère de cette extermination. Le service des Antiquités d’Égypte utilisa les trois premières salles comme lieu de stockage des objets trouvés dans les fouilles voisines rendant inaccessibles de ce fait les 19 salles suivantes. Il y eut quelques courtes incursions en 1936 (Friedrich Wilhelm von Bissing), 1942, 1943, 1944 (Alexandre Piankoff), 1951 (Charles Francis Nims). La dernière ouverture eut lieu en 1976 quand, en quelques jours, Dieter Eigner aidé de Josef Dörner réalisa un excellent relevé architectural. Mais la très grande majorité des textes restait toujours inconnue et inaccessible.

En 2003, Bernard Mathieu, directeur de l’Ifao, et Claude Traunecker, lointain successeur de J. Dümichen à la chaire de Strasbourg, proposèrent d’aider le ministère des Antiquités au catalogage et au transfert des quelque 2 000 objets entassés dans les trois premières salles de la TT 33. Comme source de première importance pour l’étude de l’Amdouat et du Livre des Portes, la tombe était également incluse dans le programme de recherche d’Isabelle Régen, alors pensionnaire à l’Ifao (2003-2007). En décembre 2005, le mur de G. Maspero fut définitivement abattu. Depuis cette date, une équipe internationale d’égyptologues et de spécialistes de la restauration travaillent à l’exploration, l’édition et la compréhension de ce monument hors du commun. Depuis deux ans, le fond Khéops pour l’archéologie (Paris) soutient une série d’opérations visant à l’étude des procédés de restauration, mais aussi aux conditions de travail dans la tombe et à l’assainissement de son atmosphère qui s’est révélé dangereuse pour la santé de chercheurs.

Claude Traunecker (université de Strasbourg)

في عام 1743، نشر الرحَّالة الإنجليزى ريتشارد پوكوك وصفًا وخريطةً لـ «مغارة تحت الأرض بمدينة طيبة»، والتي زارها عام 1737. وهكذا، أصبحت مقبرة پـادي آمون أوپت التي لدينا حاليًّا إحدى أولى المقابر التي ورد ذكرها في الأدب الغربيّ. وكان الرحَّالة الإنجليزى الذي التبس عليه الأمر بسبب الضخامة الاستثنائية للمقبرة، يعتقد أنها قصر تحت الأرض لملوكِ طِيبَة يحتمون به من الرِّيح والحَرّ. كما عثرنا على الكاهن المُرتِّل، كسفيرٍ للحضارة المصريَّة في الغرب منذ عصر النهضة: إذ إن نصوص تمثاله المُكعَّب المحفوظ حاليًّا في مُتْحَف اللوڤـر، كانت أول نص هيروغليفيّ نُسِخ بشكل صحيح، ووضع في متناول المهتمين من بلاد الغرب. إن هذا الأمر، على الرغم من أهميَّته الثانوية، فإنه يكتسب قيمة خاصةً عندما نعلم أن الفكرة التي كانت تسيطر على پـادي آمون أوپت كانت، كما أعلنها في مقبرته، تتمثلُ في نقل المعرفة الفكريَّة لمصر القديمة «إلى مَنْ وُلِدوا والذين سيُولدون».

إن تلك المقبرة التي عُرفت تحت اسم «المقبرة الملكيَّة الكبرى»، والمُسمَّاة حاليًّا «المقبرة الطيبية 33»، كانت خلال القرن التاسع عشر المقبرة الأكثر إثارةً للإعجاب والمخاوف في الجبَّانة؛ حيث أثار تصميمها المُعقَّد، وآبارُها التي تقطع إحداها ممرًّا بالمقبرة (الممر 12)، أساطير عدةً حول اختفاء الزوَّار وهجوم الخفافيش...، إلخ. وقام العلماء الذين وضعوا كتاب وصف مصر برفعٍ كامل لعمارة المقبرة. كما تمكَّن ﭼـان فرانسوا شامپوليون، في صيف عام 1829، من تحديد شخصية صاحب المقبرة التي أطلق عليها «كاتب المعبد والرسول Pétaménôph»، وقام بتأريخها بشكلٍ تقريبيٍّ في التسلسل الزمنيَ للتاريخ المصريّ. كما قام ﭼـان فرانسوا شامپوليون بتحديد باب الجرانيت بالمعبد «الصغير» بمدينة هابو على أنه أثر يخصُّ الشخصية نفسها. وطوال القرن التاسع عشر، لم تكفَّ تلك «المقبرة الملكيَّة الكبرى» الغامضة عن إثارة دهشة العلماء بقاعاتها الاثنتين والعشرين، وممرَّاتها، وامتدادها الطولي على مساحة 322 مترًا ومساحتها المزخرفة بالكامل والتي تبلغ ٢٫٦٢٢ م٢، ومستوياتها الأربع التي تمتد تحت رمال الصحراء لمسافة ٢١ م، كل ذلك داخل حرم تبلغ مساحته ٩٥٠٤ م٢. ولكن خلال تلك الفترة من إظهار المعالم الأثرية واستكشاف المواقع، لم يغامر أحدٌ باستكشاف أو إظهار القاعات ونقل نصوص «المقبرة الملكيَّة الكبرى»؛ فقد كانت المهمة ضخمةً والظروف شديدة القسوة. فجدرانُ المقبرة كانت قد أُتلفت بفعل الزلازل وأصبحت مغطاةً بالسواد الناتج عن المشاعل التي كان يستخدمها الزوار، ومتسخة بسبب حرق الفضلات العضويَّة التي كانت تملأ الغرف الأولى بالمقبرة حيث استخدمها شاغلو الجبَّانة في العصر الحديث كمسكن وحظائر. علاوة على ذلك، كانت تلك المتاهة الواقعة تحت الأرض موطنًا لملايين الخفافيش. وكان تواجد هذه الحيوانات غير الضارة بطبعها بهذه الأعداد الكبيرة يشكِّلُ مصدرَ خطرٍ لعلماء المصريَّات خلال القرن التاسع عشر، فقد كان طيرانُها في أسراب يطفئُ مصابيحهم، بالإضافة إلى التلوث الهوائيّ غير المحتمل المُتولِّد عن تراكم فضلاتها. إلَّا أن المعلومات القليلة التي كانت لدينا عن محتوى النقوش الجداريَّة بمقبرة Pétaménôph بفضل ﭼـان فرانسوا شامپوليون، كانت جاذبةً وثريَّةً على نحوٍ استثنائي. لقد كان لدينا الانطباع أن الأدب الجنائزيّ الأصليّ خلال القرن السابع ق. م.، كان معروضًا على تلك الجدران التي نال منها الزمان والإنسان. ولكن هذا الأمر لم يُفوِّت على عالمٍ من أصلٍ بروسيٍّ يُدعَى يوهانس دوميشان، وهو تلميذ كارل ريكهارد ليپسيوس، وهينيريش فرانسوا كارل بروجش، صائد النصوص الجديدة والصعبة. ففي عام 1869 تقريبًا، وضع هذا العالِم مشروعًا للاستكشاف والنشر عن هذا الأثر الاستثنائيّ. وقام في عام 1872 بتأسيس (كرسيّ علم المصريَّات) في جامعة ستراسبورج، ونشر أول مجلدين من إصداراته عن المقبرة عاميّ 1884 و1885. وفي مقالٍ مؤثر، وصف يوهانس دوميشان الصعوبة البالغة للعمل في وسط خفافيش، وفي هواء مُتشبِّع بالأمونيا ومُركَّبات عضوية أخرى متطايرة. ويشتمل المجلدان على قرابة 15% من محتوى النقوش الجداريَّة بالمقبرة. ولكن بعد مرور عشر سنوات من تلك البداية، تُوفِّيَ يوهانس دوميشان مُنهكًا في مدينة ستراسبورج. ثم نشر تلميذه وخليفته ڤيلهلم شپيجلبرج مُجلَّدًا له بعد وفاته، وألحق به بعض اللوحات التكميليَّة. وقرر جـاستون ماسپيرو الذي كان يدرك أهمية هذا المَعْلَم الأثريّ أن يوجه ضربةً قاضيةً إلى مجموعات الخفافيش، ببناءِ حائطٍ بالمقبرة بعد القاعة الثالثة. وبالفعل قُضيَ على الخفافيش ولكن لم يَستفِدْ علماء المصريَّات من تلك الإبادة. فقد قامت وزارة الآثار باستخدام القاعات الثلاث الأولى كمخزنٍ للقطَع التي يتم العثور عليها خلال عمليات التنقيب في المواقع المجاورة؛ الأمر الذي أدى إلى تعذُّر الوصول إلى التسع عشرة قاعةً التالية. لكن تم دخول المقبرة بشكلٍ عابرٍ ولمُدَد قصيرة عدة مرات في عام 1936(فريدريش ڤيلهلم فون بيسينج)، وأعوام 1942، 1943، 1944 (ألكسندر پيانكوف) وعام 1951 (شارل فرانسيس نمس). ويرجع تاريخ فتح المقبرة للمرة الأخيرة إلى عام 1976، عندما تمكن ديتر آيجنر، بمساعدة يوزيف دورنر من إجراء رفع رائع لعمارة المقبرة خلالَ بضعةِ أيام. ولكن ظلت الغالبيَّة العظمى من النصوص غير معروفة ويتعذَّر الوصول إليها.

وفي عام 2003، اقترح كُلٌّ من برنار ماتيو، مدير المركز الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة، وكلود ترونيكر - أحد خلفاء يوهانس دوميشان، في شغل كرسيّ جامعة ستراسبورج - مساعدةَ وزارة الآثار في فَهْرسَة ونقل ما يقرب من 2000 قطعة كانت مُكدَّسة في الغرف الثلاث الأولى بالمقبرة الطِّيبيَّة 33؛ حيث أنها مصدرٌ بالغُ الأهميَّة لدراسة كتاب الإمي دُوَات وكتاب الأبواب؛ فقد تمَّ إدراجُها في برنامج البحوث التي تجُريها إيزابيل ريچان، التي كانت عضوًا علميًّا بالمعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة (2003-2007). وفي ديسمبر عام 2005، هُدِم الحائطُ الذي بناه جـاستون ماسپيرو نهائيًّا. ومنذ هذا التاريخ يقوم فريقٌ دوليٌّ من علماء المصريَّات والمتخصصين بالترميم باستكشاف وفهم هذا المَعْلَم الأثريّ الاستثنائيّ ونشره.

كلود ترونيكر (جامعة ستراسبورج)

Bibliographie