Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Coptos

Coptos
قُفط
Pôle urbain et religieux et port fluvial de Haute-Égypte
coptos
VariantesQuft
Noms anciensGbtyw, Koptos
lien DOI doi10.34816/ifao.a5ae-33b4
lien IdRef IdRef196983835
Missions Ifao depuis2006
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Coptos, la ville et ses monuments. Fouilles et valorisation du siteOpération de terrain 17143

Responsables(s)

• Laure Pantalacci (Université Lumière - Lyon 2, UMR 5189 HiSoMA)

Partenaires

MoA
UMR 5189 HiSoMA (Université Lyon 2-Cnrs)
Museo Egizio, Turin
UMR 7298 LA3M (Université d'Aix-en-Provence)
Fonds Khéops pour l’archéologie

Cofinancements

Fonds Khéops pour l’archéologie

Dates des travaux

février - mars

➣ Site de la mission

https://www.hisoma.mom.fr/recherche-et-activites/coptos

Participants
Laure Pantalacciprofesseur émériteuniversité Lumière Lyon 2/HiSoMA
Cédric GobeilMuseo Egizio (Turin)
Delphine DixneufcéramologueCNRS LA3M Aix
Samuel LouvionarchitecteDPLG (Nantes)
Clémens Thienponttailleur de pierre indépendant
Vanessa Desclauxuniversité Lumière Lyon 2/HiSoMA et BNF
Georges SoukiassianCEAlex
Anne-Charlotte YbardSAVL
Vincent ChollierégyptologueHiSoMA
Ebeid Hamed Mahmoudconservateur restaurateurIfao
Ihab Mohammed IbrahimphotographeIfao
Ayman HusseindessinateurIfao
Panorama de la partie nord du site, vue sud-nord. © Mission Coptos/C. Gobeil.
Anastylose d’une porte monumentale romaine, au sud-est du temple de Min et Isis (2016). © Mission Coptos/Ifao.
Les deux portes monumentales restaurées. © Mission Coptos/Ifao.
La colonnade romaine fondée sur le mur nord du téménos ptolémaïque. © Mission Coptos/C. Gobeil.
Mammisi de Ptolémée IV en cours de fouilles : à gauche, le dallage du naos ; au fond, architraves et linteau. © Mission Coptos/Ifao.
Secteur ouest : baptistère et structures tardo-antiques ruinés, construits en remplois ptolémaïques et romains. © Mission Coptos/C. Gobeil.
 
 

Riche en monuments de toutes les époques, le site était déjà largement pillé et ravagé par les fouilleurs clandestins, puis par les sebakhin, quand y sont arrivés les premiers archéologues. Malgré son énorme potentiel archéologique, et la préservation de l’agglomération antique sur une surface de 1,5 ha, les recherches scientifiques ont été rares à Coptos. En 1893-1894, William M. Flinders Petrie y a mené une longue campagne centrée sur le temple de Min et Isis. Fondé à la fin de la période Nagada, développé continuellement de l’Ancien au Nouvel Empire, ce monument, le noyau de la ville pharaonique, a été encore agrandi sous les Ptolémées, puis de nouveau remanié aux premiers temps de la conquête romaine. En 1910-1911, Adolphe Reinach, associé d’abord à Raymond Weill, puis à l’architecte Adrien Martinaud, explora d’autres sanctuaires du Ier millénaire au sud du temple principal, dans le secteur appelé Netjery-chemâ. Dans la partie ouest de la ville, des édifices tardo-antiques construits en pierres de réemploi furent signalés. Ainsi une meilleure connaissance de la topographie urbaine se mit en place. Des centaines d’objets furent rapportés par A. Reinach à Lyon, pour le musée créé par Émile Guimet. Ensuite l’exploration du site a été poursuivie ponctuellement (entre autres par Dows Dunham en 1923 et George Andrew Reisner, en 1924). Au sud de la ville a été découverte la tombe du vizir Chémaï (VIIIe dynastie ; Labib Habachi en 1956, Rabi’ Hamdan en 1979-1981 et Gregory Gilbert, en 2000-2002). En pratiquant plusieurs sondages en périphérie du grand temple, une équipe égypto-américaine (Sharon C. Herbert, Andrea M. Berlin et l’université d’Assiout, en 1987-1992) a construit un corpus céramologique de la ville sur la longue durée.

En complément des fouilles, les travaux épigraphiques et architecturaux de Claude Traunecker au Netjery-chemâ ont permis de mieux comprendre le déroulement de rituels coptites d’époque hellénistique et romaine. L’étude du temple d’el-Qal’a (L. Pantalacci et C. Traunecker, en 1982-2000), petit monument périphérique construit vers la fin du Ier s. av. J.-C. à 1,5 km au nord de Coptos, a aussi enrichi la connaissance des pratiques cultuelles de cette époque.

En 2000, le musée des Beaux-Arts de Lyon, qui abrite aujourd’hui la collection d’objets rapportés de Coptos par A. Reinach, organisait une grande exposition et un colloque international qui ont permis de faire la somme des connaissances sur le site.

Dès 2002, avec l’appui de l’Ifao, la mission archéologique française de Coptos, sous l’égide de l’université Lumière Lyon 2 et de l’équipe HiSoMA (UMR 5189), a repris l’exploration du site. Le musée des Beaux-Arts de Lyon, l’université Marc-Bloch Strasbourg 2, ainsi que l’ENSAIS de Strasbourg ont apporté leur concours aux premières campagnes.

Après deux saisons de survey et l’établissement d’un plan topographique du site, des sondages profonds ont été pratiqués à l’emplacement supposé de l’angle sud-est du téménos du grand temple. Ils ont livré une vingtaine de blocs de calcaire coquillier appartenant aux encadrements de trois portes monumentales. La corniche de linteau de la plus imposante de ces portes était inscrite au nom du célèbre Parthénios fils de Pamin, prostatès d’Isis, et datée du règne de Néron, an 9 (soit 63 apr. J.-C.) ; elle est dédiée à Isis, « la Grande Déesse ». Une inscription secondaire, sur l’un des montants, nomme l’empereur Antonin, confirmant ainsi que cette porte orientale était encore en usage au milieu du iie s. apr. J.-C. Cette fouille a permis de comprendre l’évolution de l’enceinte du téménos hellénistique de Min et Isis, rasée par les Romains au ier s. apr. J.-C pour y établir des colonnades. Celles-ci sont partiellement conservées sur les murs nord et est du téménos.

En 2011 a débuté la fouille d’un dallage de grès conservé au nord-ouest du grand temple. Ce dallage s’est avéré être celui du sanctuaire d’un mammisi, connu jusqu’ici seulement par une mention textuelle. Construit par Ptolémée IV, le mammisi a été détruit à la fin du ive-début du ve s. apr. J.-C. Les murs de l’édifice étaient gravés de scènes originales en lien avec la naissance du dieu enfant royal, Harpocrate, fils d’Isis. Leur décor a été réduit en fragments de très petite taille, dont environ 2 000 ont été jusqu’ici mis au jour. Une minutieuse fouille stratigraphique, et l’étude des architraves relativement bien conservées, a permis de comprendre en partie la disposition architecturale du petit édifice, dont la fouille se poursuit.

Au fil des siècles, la ville de Coptos s’est développée vers l’ouest du centre ancien, pour suivre le déplacement du cours du Nil et garder sa proximité avec le fleuve. À l’époque byzantine, le secteur monumental – dont il reste les ruines d’un imposant baptistère – s’est implanté à l’ouest de la ville enclose, en réutilisant les matériaux de temples païens. Le catalogage systématique des blocs hellénistiques et romains isolés ou intégrés dans les constructions tardo-antiques de ce secteur donne une idée de plus en plus précise de monuments entièrement démantelés. On a ainsi pu identifier un temple d’Isis et Harpocrate construit (?) et décoré sous Ptolémée IX Sôter II. Une grande porte presque entière de ce monument a déjà pu être reconstituée virtuellement. Le plan de l’édifice se complète progressivement, par l’étude des blocs épars ou intégrés à des constructions d’époque chrétienne. Au fil des saisons, le démontage de ces bâtiments tardifs ruinés permet d’avancer l’étude du temple ptolémaïque.

Laure Pantalacci (université Lyon 2, UMR 5189)

كان الموقعُ غنيًّا بالآثار من جميع العصور، ولكن عندما وصل أول علماء الآثار كان قد تم نهبُه وتخريبُه بالفعل على يدِ المُنقبين غير الشرعيِّين، ثم من قِبل السبَّاخين. وقد ظلت البحوث العلميَّة نادرةً في قِفْط على الرغم من إمكاناتها الأثريَّة الهائلة، والاحتفاظ بالتكتُّل السُّكانيّ القديم على مساحة ١,٥ هكتار. في الفترة ما بين ١٨٩٣-١٨٩٤، قام وليام م. فليندرز پتري ببعثةٍ طويلةٍ تركَّزت على معبد مين وإيزيس. تأسَّس هذا الأثر، وهو نواةُ المدينةِ الفِرْعَونيَّة، في نهاية فترة النَّقَادة. وقد تم تطويره باستمرار من عهد الدولة القديمة حتى الدولة الحديثة؛ وكذلك في عهد البطالمة، ثم أُعيد تجهيزه في المراحل الأولى للغزو الرومانيّ. في عام ١٩١٠-١٩١١، اكتشف أدولف ريناخ، الذي شارَك أولًا ريمون ويل، ثم المعماريّ أدريان مارتينو، مقاصير أخرى من الألفيَّة الأولى جنوب المعبد الرئيس، في القطاع المُسمَّى نتچيري-شيما. تمَّت الإشارةُ في الجزء الغربيّ من المدينة لبنايات من العصر القديم المتأخر، مَبنيَّةٍ من الحجارة المُعاد استخدامُها. هكذا تم التعرُّف بشكلٍ أفضلَ على الطبوغرافيا الحضرية للمكان. وقد نقل أ. ريناخ المئاتِ من القطع إلى ليون، لصالح المُتْحَف الذي أنشأه إميل جيميه. ثم استمر استكشاف الموقع بالبحث والتحقيق (على يَدِ داوس دونهام في عام ١٩٢٣ وﭼورچ أ. رايزنر في عام ١٩٢٤ من بين آخرين). جنوب المدينة، تم اكتشافُ مقبرةِ الوزير شماي (من الأسرة الثامنة؛ لبيب حبشي في ١٩٥٦، ربيع حمدان في ١٩٧٩-١٩٨١ وجريجوري جيلبرت في ٢٠٠٠-٢٠٠٢). وقام فريقٌ مصريٌّ-أمريكىٌّ بوضعِ مُدوَّنَةٍ خاصَّةٍ لتاريخ الخَزَفْ بالمدينة، على الأمَدِ الطويل، من خلال إجراء الكثير من المجسَّات في محيط المعبد الكبير (شارون هربرت، أندريا م. برلين وجامعة أسيوط ما بين ١٩٨٧-٢٠٠٢).

بالإضافة إلى الحفائِر، أتاحت دراسةُ الكتاباتِ والعمارة التي قام بها كلود ترونيكر في نتچيري-شيما، فهمَ مسارِ الطقوسِ القِبْطيَّة بشكلٍ أفضلَ في الفترةِ الهِلِّينستيَّة والرومانيَّة. أما دراسةُ معبدِ القلعةِ (لور پنتالاتشي وكلود ترونيكر، فيما بين الأعوام 1982-2000)، هذا الأثر الصغير الذي تم بناؤه في أطرافِ المدينةِ قُرْبِ نهايةِ القرنِ الأوَّلِ ق. م. على مسافة ١,5 كم شمال قِفْط، فقد أَثْرَت أيضًا معرفتَنا بالممارساتِ الشعائريةِ في ذلك الوقت.

في عام ٢٠٠٠، نظم مُتْحَف الفنون الجميلة في ليون، الذي يضمُّ الآنَ مجموعةً من القِطَع التي أحضرها أ. ريناخ من قِفْط، معرضًا كبيرًا وندوةً دوليَّةً أتاحا تجميع المعلومات عن الموقع.

بدءًا من عام ٢٠٠٢، وبدعمٍ من المعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة، استأنفت البَعْثَةُ الأثريَّةُ الفرنسيَّةُ في قِفْط استكشافَ الموقع، تحت رعاية جامعة لوميير ليون ٢ وفريق HiSoMA-تاريخ ومصادر العوالم القديمة (5189 UMR). وقد قدَّم مُتْحَفُ الفنونِ الجميلةِ في ليون وجامعةُ مارك بلوخ ستراسبورج ٢، بالإضافةِ إلى المعهدِ الوطنيِّ للعلومِ التطبيقيَّةِ بستراسبورج دعمَهم للبعثات الأولى.

بعد موسمَيْن من المسح ورسم خريطة طبوغرافيَّة للموقع، تم فتح مجسَّاتٍ عميقةٍ في الموقع المُفترَض عند الركن الجنوبيّ الشرقيّ من الجناح المُقدَّس للمعبد الكبير. وهو ما أسفر عن قَرَابَة عشرين كتلةً من الحَجَر الجيريّ الكِلْسِيّ تنتمي إلى إطاراتِ ثلاثةِ أبوابٍ ضخمة. كان مُدوَّنًا على إفريزِ عتبةِ أكثرِ هذه البوَّاباتِ ضخامةً اسمُ الشهيرِ پارتينيوس، ابن پامين، «پروستاتس» أو حامي إيزيس، والعتبة مُؤرَّخةٌ من عهد نيرون، السنة التاسعة (أي ٦٣ ق. م.)؛ وكانت مُخصَّصةً «للإلهة العظيمة» إيزيس. كما يوجد نقشٌ ثانويٌّ على إحدى الدعامات يذكر الإمبراطور أنطونيوس، مُؤكِّدًا بالتالي أن هذا البابَ الشرقيَّ كان لا يزال قيدَ الاستخدام في منتصف القرن الثاني الميلاديّ. أسهمت هذه الحفائِرُ في فهم تطوُّر سور الجَنَاح المُقدَّس الهلِّينِسْتي لـ «مين وإيزيس»، والذي دمَّره الرومان في القرن الأوَّل الميلاديّ لتشييد الأعمدة، وهذه الأخيرة محفوظة جزئيًّا في الجدران الشماليَّة والشرقيَّة ﻟلجناح المُقدَّس.

في عام ٢٠١١، بدأ التنقيب في أرضيَّة محفوظة من الحجر الرمليّ شمال غرب المعبد الكبير. وقد اتَّضح أن هذه الأرضيَّة تخصُّ مقصورةَ بيتِ الولادة، ولم تكن معروفةً إلَّا فقط من خلال ذِكْر نصيِّ. وقد تهدَّم بيت الولادة الذي بناه بطليموس الرابع فيما بين أواخر القرن الرابع وأوائل القرن الخامس الميلاديّ. كانت جدرانُ المبنى منقوشةً بمشاهد أصليَّةٍ تخصُّ ميلادَ الإله الطفل الملكيّ، حربوقراط، ابن إيزيس. وقد تقلَّصت زخرفتُها إلى أجزاء صغيرة جدًّا، تم اكتشاف قُرَابَة ٢٠٠٠ قطعةٍ منها حتى الآن. أتاحَ التنقيبُ الدقيقُ للطبقةِ الأرضيَّة، ودراسةُ عوارضِ الأعمدةِ المحفوظةِ بشكلٍ جيِّدٍ نسبيًّا، إمكانيَّة فهمِ جزءٍ من التصميم المعماريّ للمبنى الصغير، ولا تزالُ أعمال التنقيب مُستمرَّة.

وعلى مَرِّ القرون، تطوَّرت مدينة قِفْط جهة غرب المركز القديم، لتتبع تغيُّر مجرَى النيل والحفاظ على قربها من النهر. خلال الحقبة البيزنطيَّة، تمركزت المِنْطقَةُ الأثريَّةُ والتي لا تزالُ تحتفظ ببقايا مَعْمُوديَّة ضخمة، غرب المدينة المُحاطَة بسور، وذلك بإعادة استخدام مواد المعابد الوَثَنيَّة. أما عمليةُ التصنيف المنهجيّ للكُتَل الهلِّينستيَّة والرومانيَّة المنفردة أو المُدمجَة في إنشاءاتٍ من العصر القديم المُتأخِّر لهذا القطاع، فمن شأنها تقديمُ فكرةٍ أكثرَ دقةً عن الآثار المُفكَّكة بالكامل. وهكذا استطعنا تحديدَ معبدٍ لإيزيس وحربوقراط الذي تم بناؤه (؟) والمزخرف إبَّان حكم بطليموس التاسع سوتر الثاني. وقد تمَّ بالفعل إعادةُ بناءِ بابٍ كبيرٍ بالكامل تقريبًا لهذا الأثر. ويكتملُ تصميمُ البناء تدريجيًّا من خلال دراسة الكُتَل المتناثرة أو التي تم دمجُها مع إنشاءاتٍ من العصرِ المسيحيّ. ومع مرور المواسم، فإن تفكيك هذه المباني المُتأخِّرة المُتهدِّمة يجعلُ من الممكن المُضِىّ قُدُمًا في دراسة المعبد البطلميّ.

لور پانتالاتشي (جامعة لوميير ليون ٢، UMR 5189)

Bibliographie