Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Désert Oriental - époque ptolemaïque

Désert oriental, époque ptolémaïque
الصحراء الشرقية في عصر البطالمة
Fortins et mines ptolémaïques du désert oriental
desert-oriental-ptolemaique
VariantesSamut Nord, Bir Samut, Abbad - ساموت الشمالية وبئر ساموت وعباد
lien DOI doi10.34816/ifao.46cc-6cb7
Missions Ifao depuis2013
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Stathmoi et metalla. Exploiter et traverser le désert Oriental à l’époque ptolémaïqueOpération de terrain 17152

Responsables(s)

Thomas Faucher (CNRS, UMR 5060, IRAMAT-CEB)
Bérangere Redon (CNRS, UMR 5189 HiSoMA MOM)

Partenaires

CNRS (HiSoMA, IRAMAT-CEB)
Université Lumière Lyon 2
MAEDI

Cofinancements

MAEDI
CNRS
ERC

Dates des travaux

janvier - février

Participants
Thomas Fauchernumismate archéologueUMR 5060 IRAMAT CNRS IRAMAT-CEB
Bérangère Redonarchéologue historienneCNRS HiSoMA-MOM
Charlène BouchaudarchéobotanisteMuseum d’Histoire Naturelle (Paris)
Axelle Brémontarchéologue doctoranteuniversité Paris-Sorbonne
Adam Bülow-Jacobsenpapyrologue photographe ancien professeuruniversité de Copenhague
Vue générale du campement et du fort de Bi’r Samut. © Ifao/G. Pollin.
Bains logés dans le bastion nord-est du fort de Bi’r Samut. © MAFDO/J.-P. Brun.
Fortin d’Abbad, vu du nord. © MAFDO/T. Faucher.
Ostracon en grec provenant d’Abbad. © MAFDO/A. Bülow-Jacobsen.
Creusement du filon de quartz aurifère à Samut-nord. © MAFDO/T. Faucher.
Moulins à broyer le minerai de quartz sur le site de Samut-nord. © Ifao/G. Pollin.
 
 

La Mission archéologique française du désert oriental (MAFDO) a été créée en 1994 par Hélène Cuvigny. Pendant une vingtaine d’années, elle a exploré les fortins d’époque romaine qui gardaient les deux pistes caravanières traversant la région, depuis la vallée du Nil jusqu’aux ports de Myos Hormos et Bérénice, sur la mer Rouge. Ces fouilles permettaient d’éclairer deux aspects de la présence romaine dans la région : d’une part l’exploitation des carrières, d’autre part l’aménagement et la surveillance des deux grandes pistes caravanières.

À partir de 2013, avec une direction renouvelée et une équipe renforcée par l’arrivée de nouveaux chercheurs spécialistes des terrains et/ou du matériel nouvellement rencontrés, la mission a débuté une nouvelle étape dans ses recherches, en choisissant de s’intéresser désormais à l’occupation du désert oriental à l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.). Les Lagides, arrivés au pouvoir à la suite de la conquête de l’Égypte par Alexandre, ont alors montré un grand intérêt pour l’exploitation des mines d’or de la région. C’est aussi une période marquée par la fondation de ports sur la mer Rouge, qui ont nécessité de développer des infrastructures (routes, fortins, stations) pour faciliter les circulations dans le désert.

La mission a donc exploré, entre 2013 et 2016, le district minier de Samut. Elle a fouillé la mine d’or de Samut Nord et le fort de Bi’r Samut, tous deux datés de l’époque ptolémaïque et localisés sur l’ancienne route menant d’Edfou au port de Bérénice. Lors des campagnes 2017 et 2018, l’équipe a fouillé un deuxième fortin ptolémaïque, localisé sur la même route, pour compléter les données, cruciales mais isolées, tirées de l’exploration du fort de Bi’r Samut : le fortin d’Abbad. En 2020, les sites de Ghozza et Deir el-Atrash sont également fouillés.

Les mines d’or de Samut Nord

Le district de Samut comporte des vestiges qui s’étalent du Nouvel Empire (dernier quart du IIe millénaire av. J.-C.) à l’époque médiévale (VIIIe-Xe s.). Samut Nord abrite le site principal de l’exploitation du minerai d’or dans le district au tout début de l’époque ptolémaïque. Autour du filon duquel était extrait le précieux minerai, s’organisaient les activités de concassage et de broyage du quartz, qui ont laissé des vestiges imposants, notamment sous la forme de deux moulins de plus de 10 m de diamètre chacun.

L’habitat de la troupe et des mineurs (des prisonniers de guerre et des condamnés d’après un récit d’Agatharchide de Cnide) a également été mis au jour ainsi que des constructions plus ou moins complexes dédiées aux différentes activités de transformation du minerai en or.

Le fort de Bi’r Samut

À Bi’r Samut, une première occupation, visiblement liée au travail de l’or, a pu être décelée, qui remonte vraisemblablement au début du IIIe s. av. J.-C. Après cette phase d’occupation et un premier épisode d’abandon, à une date qui n’est pas encore assurée, vers le milieu du IIIe s. av. J.-C., le fort de Bi’r Samut est construit. Il s’agit du plus vaste fort ptolémaïque du désert oriental. Le fort est occupé durant plusieurs décennies. Il est possible de dater assez précisément son abandon puisque toutes les pièces ou presque présentent des niveaux d’abandon très bien préservés, composés d’objets laissés en place et jonchant les sols, qui attestent que le fort a été évacué de manière soudaine, peut-être violente, en tout cas définitive, au début de la Grande Révolte de Thébaïde, vers 206 av. J.-C.

Ces opérations tirent notamment parti d’une source historique qui a généralement disparu ailleurs qu’en Égypte : la documentation papyrologique, dont la conservation est favorisée par les conditions géographiques et climatiques de ce pays. C’est des dépotoirs que provient une partie importante de la documentation papyrologique du désert oriental, sous forme non pas de papyrus, mais de tessons inscrits, les ostraca. Le papyrus, support noble, était sans aucun doute employé par les bureaucrates des postes du désert oriental, mais il était réservé à la rédaction de documents importants qui sont retournés dans la vallée du Nil pour y être archivés. Ce que nous trouvons dans les détritus antiques, ce sont des textes de la vie quotidienne, à caractère souvent privé, d’intérêt éphémère, vite écrits, vite jetés. Exhumés en grand nombre, dans plusieurs sites ayant chacun son profil propre, ces ostraca grecs et démotiques constituent un corpus vivant, qui ne cesse de s’enrichir et de se compléter, dont les données se croisent et s’éclairent de site à site.

Le fortin d’Abbad

Lors des campagnes 2017 et 2018, nous avons fouillé un deuxième fortin ptolémaïque, localisé sur la même route, pour compléter les données tirées de l’exploration du fort de Bi’r Samut. Notre choix s’est porté sur le fortin d’Abbad, situé à 22 km d’Edfou.

Si le fortin s’est avéré plus pauvre en ostraca que celui de Bi’r Samut, un lot de textes s’est révélé particulièrement intéressant : il s’agit de bons de distribution d’eau à une expédition conduite par le stratège Lichas, parti vers l’Afrique pour chasser des éléphants. Le rôle prééminent du fortin d’Abbad au cours du IIIe s. av. J.-C. dans la logistique de la route d’Edfou à Bérénice est confirmé par les données acquises à l’intérieur du fort et dans son environnement immédiat. Les fouilles ont également permis de mettre en évidence du matériel du Nouvel Empire, comme des blocs inscrits ainsi qu’un nombre important de perles. Cela montre clairement l’importance du site à la sortie de la vallée et à l’entrée du désert, comme point de passage obligé pour quiconque voulait se rendre dans le désert.

Thomas Faucher (CNRS, UMR 5060) et Bérangère Redon (CNRS, UMR 5189)

أسَّست هيلين كوڤينيي البَعْثَةَ الأثريَّةَ الفرنسيَّةَ العاملةَ في الصحراء الشرقيَّة (Mafdo) عام 1994. وعلى مدى عشرين عامًا، ركَّزت البَعْثَةُ جهودها في استكشاف الحصون الرومانيَّة التي كانت تقوم على حراسة طريقَيّْ سير القوافل، اللذين يقطعان تلك المنطقةَ من وادي النيل وحتى ميناءَيّْ ميوس هورموس وبيرنيس، على ساحل البحر الأحمر. وكشفت الحفائر عن جانبيْن من جوانبِ التواجدِ الرُّومانيّ بالمنطقة، أولُها ارتبط باستغلالِ المحاجر، وثانيها بإدارة ومراقبة مساري القوافلٍ من جهةٍ أخرى.

وبدءًا من عام 2013، وتزامنًا مع تجديد إدارتها وتعزيز فريقها بفضل انضمام باحثين جُدُد متخصصين في العمل الميدانى و/أو المواد الأثريَّة المكتشفة حديثًا، بدأت البَعْثَة خطوةً جديدةً في أبحاثها حيث اختارت الاهتمامَ بإشغال الصحراء الشرقية في عصر البطالمة (332-30 ق. م.). وقد أوْلَى البطالمة، الذين تولَّوْا الحكم بعد غزو الإسكندر الأكبر لمصر، اهتمامًا كبيرًا لاستغلال مناجم الذهب بالمنطقة. كما شهد هذا العصر إنشاء عدة موانئ على ساحل البحر الأحمر؛ الأمر الذي تطلَّب تطوير البُنَى التَّحْتيَّة من طُرقٍ وحصونٍ ومحطاتٍ لتيسير التنقُّل في الصحراء.

وعليه، أجرت البَعْثَةُ، في الفترة ما بين عامَيّْ 2013 و2016، عمليات تنقيب في قطاع مناجم ساموت وقامت بتنقيب ساموت الشمالية وبئر ساموت، ويرجع كلاهما إلى العصر البطلميّ ويقعان على الطريق القديم المُؤدِّي من إدفو إلى ميناء برنيس. وخلال بعثات عامَيّْ 2017 و2018، أجرت البَعْثَة عمليات تنقيب في حصنٍ بطلميٍّ ثانٍ يقعُ على الطريق نفسه؛ من أجل استكمال المعطيات الفارقة، ولكن التي كانت لا تزال عناصرُ منفصلة، والتي أمكن استخلاصُها من الاستكشافات التي أُجريَت في حصن بئر ساموت؛ أي حصن عبَّاد.

مناجم ذهب ساموت الشمالية

تضمُّ منطقة ساموت بقايا أثريَّةً تغطي الفترةَ الممتدَّةَ من عصر الدولة الحديثة (الرُّبْع الأخير من الألفيَّة الثانية قبل الميلاد) وحتى القرون الوسطى (من القرن الثامن وحتى القرن العاشر الميلاديّ). ومنطقة ساموت الشمالية تضمُّ الموقعَ الرئيسَ لاستغلالِ معدن الذهب في بدايات عصر البطالمة. إذ كانت تُقامُ جميعُ الأعمال المتعلقة بتفتيت وطحن معدن الكوارتز في المنطقة المحيطة بالمنجم الذي يُستخرَج من عروق المعدن النفيس؛ مما خلَّف بقايا أثريَّةً ضخمة؛ أبرزها طاحونتان يزيد قُطْرُ كُلٍّ منهما على عشرة أمتار.

كما كشفت البَعْثَةُ الأثريَّةُ عن مساكن الجنود وعمَّال المناجم (أسْرَى حرب، ومسجونين بحسب رواية عالِم الجغرافيا أجاتاركيدس، مواطن كنيدوس)؛ وكذلك كُشِف عن مبانٍ معقدةٍ إلى حدٍ ما، كانت مُخصَّصةً لمختلفِ العملياتِ اللازمةِ لتحويل المعدنِ المُستخرَج إلى ذهب.

حِصْنُ بئر ساموت

كشفت البَعْثَةُ عن فترةِ إشغالٍ أولى في منطقة بئر ساموت تعودُ إلى بدايةِ القرنِ الثالث ق. م. ومن الواضح أنها كانت مرتبطةً بعمليَّاتِ تعدينِ الذهب. وبعد فترةٍ من الهجر، شهدت المنطقةُ تشييدَ حِصْنِ بئر ساموت، تقريبًا في منتصف القرن الثالث ق. م.، في تاريخٍ لم يتأكَّد بعد. ويُعدُّ هذا الحصنُ أضخمَ قلعةٍ شيَّدها البطالمة في الصحراء الشرقيَّة؛ حيث ظل مستخدمًا لعدة عقود. ويمكننا تحديدُ تاريخِ الهَجْرِ بشكلٍ شبه دقيق؛ حيث أن جميع الغُرَف أو معظمها تحتوي على شواهد أثريَّة، لا تزالُ في حالةِ حفظٍ جيِّدة، وهي بشكلٍ خاصٍّ قطعٌ تُركت في المكان، متناثرةً على الأرض؛ الأمر الذي يبرهن على أن القلعة أُخليَت بشكلٍ مفاجئٍ وقد يكون عنيفًا. وعلى أيَّة حال، فقد كان هذا الإخلاء نهائيًّا، وذلك في بدايةِ اندلاعِ ثورةِ طِيبَةَ الكبرى نحو 206 ق. م.

ترتكز تلك العملياتُ بشكلٍ خاصٍّ على مصدرٍ تاريخيٍّ اختفى تقريبًا فلم يعُدْ موجودًا سوى في مصر: يتمثلُ هذا المصدرُ في توثيق البرديَّات التي لا تزالُ محفوظةً حتى الآن بفضل الظروف الجغرافيَّة والمُناخيَّة لهذا البلد. وقد عُثر على العدد الأكبر من الوثائق البرديَّة للصحراء الشرقيَّة في مستودعاتِ، وتتمثَّلُ في شقفاتٍ (أوستراكا) تحمل نقوشًا، لا في أوراق برديّ. أما البرديُّ الذي كان يُعدُّ مادةً راقية، فلا شك أن موظفي الدولة في نقاط التمركُز بالصحراء الشرقية كانوا يستخدمونه، ولكن كان يقتصر ذلك على الوثائق المُهمَّة التي تُرسل بعد ذلك إلى وادي النيل لإدراجها في المحفوظات. وما عثرت البَعْثَةُ عليه في الركام الأثريّ هي نصوصٌ تخصُّ الحياةَ اليومية يتسمُ أكثرُها بالخصوصيَّة تتعلقُ بأمورٍ عابرةٍ؛ أى ما يُكتب على عَجَلٍ ويتمُّ التخلص منه بسرعة. والعدد الهائل من الشقفات اليونانيَّة والدِّيمُوطيقيَّة التي أُخرجت من مواقع مختلفة لكُلِّ منها طبيعةٌ خاصة، وهي تمثلُ مجموعةً حيَّةً من الوثائق التي تزيد ثراءً وتتكامل يومًا بعد يومٍ حيث تتقاطع المعطياتُ وتزداد وضوحًا من موقع لآخر.

حِصْنُ عبَّاد

أجرت البَعْثَة خلال حملتَيّْ عامَيّْ 2017 و2018 أعمال تنقيبية في حصنٍ ثانٍ يعود إلى العصر البطلميّ ويقع على الطريق نفسه، وذلك بهدف استكمال المعلومات الفارقة التي توصَّلنا إليها أثناء استكشاف بئر ساموت. ووقع اختيارُنا على موقع حصن عبَّاد، الذي يبعدُ مسافة 22 كيلومترًا عن مدينة إدفو.

وإذا كانت أعمالُ البَعْثَةِ قد كشفت عن فقر الموقع بالنسبة إلى قلَّة أعداد الشقفات مقارنةً ببئر ساموت، فإن المعطيات التي جُمعت من داخل الحصن ومحيطه المباشر الحالي، قد كشفت عن الدَّوْرِ المحوريّ الذي كان يلعبُه في فترة نشاطه خلال القرن الثالث ق. م.؛ كما ساعدت الحفائِرُ على العثور على موادَّ تعود إلى الدولة الحديثة. فعلى سبيل المثال، عُثِر على كُتلٍ تحملُ نقوشًا وعدد كبير من الخرزات. مما يُثبت بجلاءٍ أهميَّةَ هذا الموقع الأثريّ الذي يقعُ عند مَصبِّ الوادي ومدخل الصحراء الشرقية، ممثلًا نقطةَ مرورٍ إجباريَّةً لكُلِّ من أراد الوصولَ إلى الصحراء الشرقيَّة.

توما فوشيه (المركزُ الوطنيُّ للبحث العلميّ - UMR 5060)

وبيرانجير رودون (المركز الوطنيّ للبحث العلميّ - UMR 5189)

Bibliographie