Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Désert Oriental - époque ptolemaïque

Désert oriental, époque ptolémaïque
الصحراء الشرقية في عصر البطالمة
Fortins et mines ptolémaïques du désert oriental
desert-oriental-ptolemaique
VariantesSamut Nord, Bir Samut, Abbad - ساموت الشمالية وبئر ساموت وعباد
lien DOI doi10.34816/ifao.46cc-6cb7
Missions Ifao depuis2013
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Stathmoi et metalla. Exploiter et traverser le désert Oriental à l’époque ptolémaïqueOpération de terrain 17152

Responsable(s)

lien IdRef Thomas Faucher (CEAlex)
lien IdRef Bérangère Redon (CNRS, UMR 5189 HiSoMA MOM)

Partenaires

lien IdRef 🔗 Institut français d’archéologie orientale (IFAO)
lien IdRef 🔗 Histoire et sources des mondes antiques (HiSoMA, CNRS, UMR 5189)
lien IdRef 🔗 Institut de recherche sur les archéomatériaux - Centre de recherches Ernest Babelon (IRAMAT-CEB, UMR 5060)
lien IdRef 🔗 Université Lumière Lyon 2
🔗 The University of North Carolina at Chapel Hill (UNC)

Cofinancements

Dates des travaux

janvier - février

Rapports de fouilles dans le BAEFE

2020 : 10.4000/baefe.2714
2019 : 10.4000/baefe.1087

Participants en 2021

lien IdRef Thomas Faucherarchéologue numismate, chargé de rechercheCEAlex
lien IdRef Bérangère Redonhistorienne archéologue, chargé de rechercheCNRS, UMR 5189 HiSoMA MOM
lien IdRef Charlene BouchaudarchéobotanisteMuseum d’Histoire Naturelle (Paris)
lien IdRef Adam Bülow-Jacobsenhelléniste
lien IdRef Dominique Cardonspécialiste des textiles, directeur de recherche
lien IdRef Marie-Pierre ChaufraypapyrologueCNR-Ausonius
lien IdRef Maël Crépygéographe géomorphologue, membre scientifiqueIFAO
lien IdRef Hélène CuvignypapyrologueCNRS IRHT
lien IdRef Jennifer Gates-FostercéramologueUniversity of North Carolina, Chapel Hill
Isabelle GoncalveségyptologueUniversité de Lyon
Mariola HepaarchéologueUniversité de Cologne
lien IdRef Damien LaisneytopographeMOM
lien IdRef Joachim Le Bominarchéologue, doctorantHiSoMA UMR 5189
lien IdRef Martine LeguillouxarchéozoologueCentre archéologique du Var
lien IdRef Julie MarchandcéramologueHiSoMA-MOM UMR 5189
lien IdRef Gaël PollinphotographeIFAO
lien IdRef Alexandre Rabotarchéologue géomaticienUniversité Lumière Lyon 2 HiSoMA-MOM ASI
Markos VaxevanopoulosgéologueENS Lyon
lien IdRef Noémi Villarsdata managerCNRS- HISOMA
Vue générale du campement et du fort de Bi’r Samut.
General view of the camp and fort at the Bi’r Samut site.
منظر عام لمخيم البعثة وحصن بئر ساموت.
© Ifao/G. Pollin.
Bains logés dans le bastion nord-est du fort de Bi’r Samut.
Bath hosted in the north-east bastion of the Bi’r Samut Fort.
الحمامات الموجودة في الحصن شمال شرق حصن بئر ساموت.
© MAFDO/J.-P. Brun.
Fortin d’Abbad, vu du nord.
Abbad Fort, from the north.
حصن عباد، منظر من الشمال.
© MAFDO/T. Faucher.
Ostracon en grec provenant d’Abbad.
Greek ostracon from Abbad.
شقفة يونانية من عباد.
© MAFDO/A. Bülow-Jacobsen.
Creusement du filon de quartz aurifère à Samut-nord.

© MAFDO/T. Faucher.
Moulins à broyer le minerai de quartz sur le site de Samut-nord.
Mills for quartz ore grinding at the Samut North site.
مطاحن سحق خام الكوارتز في موقع ساموت الشمالية.
© Ifao/G. Pollin.
 
 

La Mission archéologique française du désert oriental (MAFDO) a été créée en 1994 par Hélène Cuvigny. Pendant une vingtaine d’années, elle a exploré les fortins d’époque romaine qui gardaient les deux pistes caravanières traversant la région, depuis la vallée du Nil jusqu’aux ports de Myos Hormos et Bérénice, sur la mer Rouge. Ces fouilles permettaient d’éclairer deux aspects de la présence romaine dans la région : d’une part l’exploitation des carrières, d’autre part l’aménagement et la surveillance des deux grandes pistes caravanières.

À partir de 2013, avec une direction renouvelée et une équipe renforcée par l’arrivée de nouveaux chercheurs spécialistes des terrains et/ou du matériel nouvellement rencontrés, la mission a débuté une nouvelle étape dans ses recherches, en choisissant de s’intéresser désormais à l’occupation du désert oriental à l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.). Les Lagides, arrivés au pouvoir à la suite de la conquête de l’Égypte par Alexandre, ont alors montré un grand intérêt pour l’exploitation des mines d’or de la région. C’est aussi une période marquée par la fondation de ports sur la mer Rouge, qui ont nécessité de développer des infrastructures (routes, fortins, stations) pour faciliter les circulations dans le désert.

La mission a donc exploré, entre 2013 et 2016, le district minier de Samut. Elle a fouillé la mine d’or de Samut Nord et le fort de Bi’r Samut, tous deux datés de l’époque ptolémaïque et localisés sur l’ancienne route menant d’Edfou au port de Bérénice. Lors des campagnes 2017 et 2018, l’équipe a fouillé un deuxième fortin ptolémaïque, localisé sur la même route, pour compléter les données, cruciales mais isolées, tirées de l’exploration du fort de Bi’r Samut : le fortin d’Abbad. En 2020, les sites de Ghozza et Deir el-Atrash sont également fouillés.

Les mines d’or de Samut Nord

Le district de Samut comporte des vestiges qui s’étalent du Nouvel Empire (dernier quart du IIe millénaire av. J.-C.) à l’époque médiévale (VIIIe-Xe s.). Samut Nord abrite le site principal de l’exploitation du minerai d’or dans le district au tout début de l’époque ptolémaïque. Autour du filon duquel était extrait le précieux minerai, s’organisaient les activités de concassage et de broyage du quartz, qui ont laissé des vestiges imposants, notamment sous la forme de deux moulins de plus de 10 m de diamètre chacun.

L’habitat de la troupe et des mineurs (des prisonniers de guerre et des condamnés d’après un récit d’Agatharchide de Cnide) a également été mis au jour ainsi que des constructions plus ou moins complexes dédiées aux différentes activités de transformation du minerai en or.

Le fort de Bi’r Samut

À Bi’r Samut, une première occupation, visiblement liée au travail de l’or, a pu être décelée, qui remonte vraisemblablement au début du IIIe s. av. J.-C. Après cette phase d’occupation et un premier épisode d’abandon, à une date qui n’est pas encore assurée, vers le milieu du IIIe s. av. J.-C., le fort de Bi’r Samut est construit. Il s’agit du plus vaste fort ptolémaïque du désert oriental. Le fort est occupé durant plusieurs décennies. Il est possible de dater assez précisément son abandon puisque toutes les pièces ou presque présentent des niveaux d’abandon très bien préservés, composés d’objets laissés en place et jonchant les sols, qui attestent que le fort a été évacué de manière soudaine, peut-être violente, en tout cas définitive, au début de la Grande Révolte de Thébaïde, vers 206 av. J.-C.

Ces opérations tirent notamment parti d’une source historique qui a généralement disparu ailleurs qu’en Égypte : la documentation papyrologique, dont la conservation est favorisée par les conditions géographiques et climatiques de ce pays. C’est des dépotoirs que provient une partie importante de la documentation papyrologique du désert oriental, sous forme non pas de papyrus, mais de tessons inscrits, les ostraca. Le papyrus, support noble, était sans aucun doute employé par les bureaucrates des postes du désert oriental, mais il était réservé à la rédaction de documents importants qui sont retournés dans la vallée du Nil pour y être archivés. Ce que nous trouvons dans les détritus antiques, ce sont des textes de la vie quotidienne, à caractère souvent privé, d’intérêt éphémère, vite écrits, vite jetés. Exhumés en grand nombre, dans plusieurs sites ayant chacun son profil propre, ces ostraca grecs et démotiques constituent un corpus vivant, qui ne cesse de s’enrichir et de se compléter, dont les données se croisent et s’éclairent de site à site.

Le fortin d’Abbad

Lors des campagnes 2017 et 2018, nous avons fouillé un deuxième fortin ptolémaïque, localisé sur la même route, pour compléter les données tirées de l’exploration du fort de Bi’r Samut. Notre choix s’est porté sur le fortin d’Abbad, situé à 22 km d’Edfou.

Si le fortin s’est avéré plus pauvre en ostraca que celui de Bi’r Samut, un lot de textes s’est révélé particulièrement intéressant : il s’agit de bons de distribution d’eau à une expédition conduite par le stratège Lichas, parti vers l’Afrique pour chasser des éléphants. Le rôle prééminent du fortin d’Abbad au cours du IIIe s. av. J.-C. dans la logistique de la route d’Edfou à Bérénice est confirmé par les données acquises à l’intérieur du fort et dans son environnement immédiat. Les fouilles ont également permis de mettre en évidence du matériel du Nouvel Empire, comme des blocs inscrits ainsi qu’un nombre important de perles. Cela montre clairement l’importance du site à la sortie de la vallée et à l’entrée du désert, comme point de passage obligé pour quiconque voulait se rendre dans le désert.

Thomas Faucher (CNRS, UMR 5060) et Bérangère Redon (CNRS, UMR 5189)

The Mission archéologique française du désert oriental (MAFDO) was created in 1994 by Hélène Cuvigny. For about twenty years it explored the Roman forts which guarded the two caravan routes crossing the region, from the Nile to the Red Sea ports of Myos Hormos and Berenike. These excavations have enabled us to highlight two aspects of the Roman presence in the region: on one hand the exploitation of quarries; on the other, the management and surveillance of two great caravan routes.

From 2013, with renewed focus and a team strengthened by the arrival of new researchers specialising in landscape and/or the material items recently uncovered, the mission began a new stage in its research. From that time it chose to centre its attention on the Eastern Desert during the Ptolemaic period (332-30 BC). The Ptolemaic Dynasty, who gained power after the conquest of Alexander, showed considerable interest in the exploitation of gold mines in the region. It was also a period marked by the establishment of ports at the Red Sea, which led to the development of infrastructure (routes, forts, stations) to facilitate movement in the desert.

Between 2013 and 2016, the mission therefore explored the mining district of Samut. It excavated the gold mine of Samut North and the fort of Bi’r Samut, both of which date to the Ptolemaic period and are located on the ancient route leading from Edfu to the port of Berenike. During the 2017 and 2018 seasons the team excavated a second Ptolemaic fort, at Abbad, which was situated on the same route, to augment the crucial but unparalleled data gathered from the exploration of the fort at Bi’r Samut. 

The gold mines of Samut North

The district of Samut includes remains which date from the New Kingdom (last quarter of the 2nd millennium BC) to the Medieval period (8th-10th centuries AD). Samut North is the main site in the district where, from the very beginning of the Ptolemaic period, gold was mined. Around the vein from which the precious metal was extracted, activities relating to the crushing and grinding of quartz took place, which left imposing remains, notably in the form of two quartz mills with a diameter of more than 10 m each.

The settlement for the military and the miners (who were prisoners of war and convicts, according to Agatharchides of Cnidus) has also been revealed as well structures, more or less complex, which were devoted to the different activities relating to the processing of gold

The fort of Bi’r Samut

At Bi’r Samut the first occupation detected, which was clearly linked to the working of gold, undoubtedly took place at the beginning of the 3rd century BC. After this phase of occupation and a first period of abandonment at a date which is as yet uncertain, the fort of Bi’r Samut was constructed towards the middle of the 3rd century BC. It is the most enormous Ptolemaic fort of the Eastern Desert. The fort was occupied for several decades. It is possible to date its abandonment quite precisely since all, or nearly all, of the rooms, show very well-preserved levels of abandonment. Objects were left strewn over the ground, which demonstrates that the fort was suddenly, perhaps violently, in any case definitively, evacuated at the beginning of the Great Theban Revolt about 206 BC.

These activities took particular note of a historical source which has generally disappeared (other than in Egypt): papyrological documentation, whose preservation has been fostered by the geographic and climatic conditions of this country. Dumps provide a significant part of the papyrological documentation of the Eastern Desert, not in the form of papyri but of inscribed sherds, i.e. ostraca. Papyrus, the well-to-do writing material was, without doubt, used by officials in the Eastern Desert outposts, but it was reserved for writing the most important documents which were then taken back to the Nile Valley to be archived. What we have found in the ancient detritus are texts regarding daily life, often private in nature, of ephemeral interest, quickly written, quickly thrown away. Recovered in great numbers, at several site each has its own particular characteristics. These Greek and Demotic ostraca comprise a living corpus which continues to be enriched and expanded, whose data co-relate and inform each about the other.

The Abbad fort

During the 2017 and 2018 seasons, we excavated a second Ptolemaic fort, situated on the same route, to enhance data gathered during investigations at the Bi’r Samut fort. Our choice fell on the fort of Abbad, 22 km from Edfu.

If the fort proved poorer in ostraca than at Bi’r Samut, yet an assortment of particularly interesting texts was revealed: labels for the distribution of water to an expedition led by the stratege Lichas, who left for Africa to hunt for elephants. The preeminent logistical role of the Abbad fort on the route from Edfu to Berenike during the course of the 3rd century BC is confirmed by data acquired within the fort and its immediate surroundings. Excavations enabled us to unearth material w to the New Kingdom, such as inscribed blocks as well as a significant number of beads. They clearly showed the importance of the site at the departure location of the valley and the entryway to the desert, as a point where those who wanted to access the desert were obliged to pass.

Thomas Faucher (CNRS, UMR 5060) and Bérangère Redon (CNRS, UMR 5189)

أسَّست هيلين كوڤينيي البَعْثَةَ الأثريَّةَ الفرنسيَّةَ العاملةَ في الصحراء الشرقيَّة (Mafdo) عام 1994. وعلى مدى عشرين عامًا، ركَّزت البَعْثَةُ جهودها في استكشاف الحصون الرومانيَّة التي كانت تقوم على حراسة طريقَيّْ سير القوافل، اللذين يقطعان تلك المنطقةَ من وادي النيل وحتى ميناءَيّْ ميوس هورموس وبيرنيس، على ساحل البحر الأحمر. وكشفت الحفائر عن جانبيْن من جوانبِ التواجدِ الرُّومانيّ بالمنطقة، أولُها ارتبط باستغلالِ المحاجر، وثانيها بإدارة ومراقبة مساري القوافلٍ من جهةٍ أخرى.

وبدءًا من عام 2013، وتزامنًا مع تجديد إدارتها وتعزيز فريقها بفضل انضمام باحثين جُدُد متخصصين في العمل الميدانى و/أو المواد الأثريَّة المكتشفة حديثًا، بدأت البَعْثَة خطوةً جديدةً في أبحاثها حيث اختارت الاهتمامَ بإشغال الصحراء الشرقية في عصر البطالمة (332-30 ق. م.). وقد أوْلَى البطالمة، الذين تولَّوْا الحكم بعد غزو الإسكندر الأكبر لمصر، اهتمامًا كبيرًا لاستغلال مناجم الذهب بالمنطقة. كما شهد هذا العصر إنشاء عدة موانئ على ساحل البحر الأحمر؛ الأمر الذي تطلَّب تطوير البُنَى التَّحْتيَّة من طُرقٍ وحصونٍ ومحطاتٍ لتيسير التنقُّل في الصحراء.

وعليه، أجرت البَعْثَةُ، في الفترة ما بين عامَيّْ 2013 و2016، عمليات تنقيب في قطاع مناجم ساموت وقامت بتنقيب ساموت الشمالية وبئر ساموت، ويرجع كلاهما إلى العصر البطلميّ ويقعان على الطريق القديم المُؤدِّي من إدفو إلى ميناء برنيس. وخلال بعثات عامَيّْ 2017 و2018، أجرت البَعْثَة عمليات تنقيب في حصنٍ بطلميٍّ ثانٍ يقعُ على الطريق نفسه؛ من أجل استكمال المعطيات الفارقة، ولكن التي كانت لا تزال عناصرُ منفصلة، والتي أمكن استخلاصُها من الاستكشافات التي أُجريَت في حصن بئر ساموت؛ أي حصن عبَّاد.

مناجم ذهب ساموت الشمالية

تضمُّ منطقة ساموت بقايا أثريَّةً تغطي الفترةَ الممتدَّةَ من عصر الدولة الحديثة (الرُّبْع الأخير من الألفيَّة الثانية قبل الميلاد) وحتى القرون الوسطى (من القرن الثامن وحتى القرن العاشر الميلاديّ). ومنطقة ساموت الشمالية تضمُّ الموقعَ الرئيسَ لاستغلالِ معدن الذهب في بدايات عصر البطالمة. إذ كانت تُقامُ جميعُ الأعمال المتعلقة بتفتيت وطحن معدن الكوارتز في المنطقة المحيطة بالمنجم الذي يُستخرَج من عروق المعدن النفيس؛ مما خلَّف بقايا أثريَّةً ضخمة؛ أبرزها طاحونتان يزيد قُطْرُ كُلٍّ منهما على عشرة أمتار.

كما كشفت البَعْثَةُ الأثريَّةُ عن مساكن الجنود وعمَّال المناجم (أسْرَى حرب، ومسجونين بحسب رواية عالِم الجغرافيا أجاتاركيدس، مواطن كنيدوس)؛ وكذلك كُشِف عن مبانٍ معقدةٍ إلى حدٍ ما، كانت مُخصَّصةً لمختلفِ العملياتِ اللازمةِ لتحويل المعدنِ المُستخرَج إلى ذهب.

حِصْنُ بئر ساموت

كشفت البَعْثَةُ عن فترةِ إشغالٍ أولى في منطقة بئر ساموت تعودُ إلى بدايةِ القرنِ الثالث ق. م. ومن الواضح أنها كانت مرتبطةً بعمليَّاتِ تعدينِ الذهب. وبعد فترةٍ من الهجر، شهدت المنطقةُ تشييدَ حِصْنِ بئر ساموت، تقريبًا في منتصف القرن الثالث ق. م.، في تاريخٍ لم يتأكَّد بعد. ويُعدُّ هذا الحصنُ أضخمَ قلعةٍ شيَّدها البطالمة في الصحراء الشرقيَّة؛ حيث ظل مستخدمًا لعدة عقود. ويمكننا تحديدُ تاريخِ الهَجْرِ بشكلٍ شبه دقيق؛ حيث أن جميع الغُرَف أو معظمها تحتوي على شواهد أثريَّة، لا تزالُ في حالةِ حفظٍ جيِّدة، وهي بشكلٍ خاصٍّ قطعٌ تُركت في المكان، متناثرةً على الأرض؛ الأمر الذي يبرهن على أن القلعة أُخليَت بشكلٍ مفاجئٍ وقد يكون عنيفًا. وعلى أيَّة حال، فقد كان هذا الإخلاء نهائيًّا، وذلك في بدايةِ اندلاعِ ثورةِ طِيبَةَ الكبرى نحو 206 ق. م.

ترتكز تلك العملياتُ بشكلٍ خاصٍّ على مصدرٍ تاريخيٍّ اختفى تقريبًا فلم يعُدْ موجودًا سوى في مصر: يتمثلُ هذا المصدرُ في توثيق البرديَّات التي لا تزالُ محفوظةً حتى الآن بفضل الظروف الجغرافيَّة والمُناخيَّة لهذا البلد. وقد عُثر على العدد الأكبر من الوثائق البرديَّة للصحراء الشرقيَّة في مستودعاتِ، وتتمثَّلُ في شقفاتٍ (أوستراكا) تحمل نقوشًا، لا في أوراق برديّ. أما البرديُّ الذي كان يُعدُّ مادةً راقية، فلا شك أن موظفي الدولة في نقاط التمركُز بالصحراء الشرقية كانوا يستخدمونه، ولكن كان يقتصر ذلك على الوثائق المُهمَّة التي تُرسل بعد ذلك إلى وادي النيل لإدراجها في المحفوظات. وما عثرت البَعْثَةُ عليه في الركام الأثريّ هي نصوصٌ تخصُّ الحياةَ اليومية يتسمُ أكثرُها بالخصوصيَّة تتعلقُ بأمورٍ عابرةٍ؛ أى ما يُكتب على عَجَلٍ ويتمُّ التخلص منه بسرعة. والعدد الهائل من الشقفات اليونانيَّة والدِّيمُوطيقيَّة التي أُخرجت من مواقع مختلفة لكُلِّ منها طبيعةٌ خاصة، وهي تمثلُ مجموعةً حيَّةً من الوثائق التي تزيد ثراءً وتتكامل يومًا بعد يومٍ حيث تتقاطع المعطياتُ وتزداد وضوحًا من موقع لآخر.

حِصْنُ عبَّاد

أجرت البَعْثَة خلال حملتَيّْ عامَيّْ 2017 و2018 أعمال تنقيبية في حصنٍ ثانٍ يعود إلى العصر البطلميّ ويقع على الطريق نفسه، وذلك بهدف استكمال المعلومات الفارقة التي توصَّلنا إليها أثناء استكشاف بئر ساموت. ووقع اختيارُنا على موقع حصن عبَّاد، الذي يبعدُ مسافة 22 كيلومترًا عن مدينة إدفو.

وإذا كانت أعمالُ البَعْثَةِ قد كشفت عن فقر الموقع بالنسبة إلى قلَّة أعداد الشقفات مقارنةً ببئر ساموت، فإن المعطيات التي جُمعت من داخل الحصن ومحيطه المباشر الحالي، قد كشفت عن الدَّوْرِ المحوريّ الذي كان يلعبُه في فترة نشاطه خلال القرن الثالث ق. م.؛ كما ساعدت الحفائِرُ على العثور على موادَّ تعود إلى الدولة الحديثة. فعلى سبيل المثال، عُثِر على كُتلٍ تحملُ نقوشًا وعدد كبير من الخرزات. مما يُثبت بجلاءٍ أهميَّةَ هذا الموقع الأثريّ الذي يقعُ عند مَصبِّ الوادي ومدخل الصحراء الشرقية، ممثلًا نقطةَ مرورٍ إجباريَّةً لكُلِّ من أراد الوصولَ إلى الصحراء الشرقيَّة.

توما فوشيه (المركزُ الوطنيُّ للبحث العلميّ - UMR 5060)

وبيرانجير رودون (المركز الوطنيّ للبحث العلميّ - UMR 5189)

Bibliographie