Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Tell el-Herr

Tell el-Herr
تلّ الحِير
Un poste-frontière d’époque perse au Nord-Sinaï
tell-el-herr
lien DOI doi10.34816/ifao.02cf-768a
lien IdRef IdRef055306985
Missions Ifao depuis1986
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Mission archéologique franco-égyptienne de Tell-el-HerrOpération de terrain 19117

Responsables(s)

• Catherine Defernez (CNRS, UMR 8167 (Orient et Méditerranée), équipe « Mondes pharaon)
• Nathalie Favry (Sorbonne Université - Lettres – UMR 8167 – équipe “Mondes Pharao)

Partenaires

Ministère français des Affaires étrangères et du développement international (MEAE), Mission Archéologique Franco-Égyptienne de Tell el-Herr.
CNRS, UMR 8167 – Orient et Méditerranée, équipe « Mondes Pharaoniques ».
Sorbonne Université-Faculté des Lettres – Centre de recherches égyptologiques de la Sorbonne.
Ministère des Antiquités d’Égypte (Ministry of Antiquities).

Cofinancements

Ministère français des Affaires étrangères et du développement international (MEAE).
CNRS, UMR 8167 – Orient et Méditerranée, équipe « Mondes Pharaoniques ».
Sorbonne Université-Faculté des Lettres – Centre de recherches égyptologiques de la Sorbonne.

Dates des travaux

septembre - décembre

Participants
Catherine Defernezcéramologueuniversité Paris Sorbonne CNRS UMR 8167 Equipe « Mondes Pharaoniques »
Nathalie FavrySorbonne Université – UMR 8167 équipe « Mondes Pharaoniques »
Dominique ValbelleégyptologueSorbonne Université UMR 8167
Pascale Balletuniversité Paris Nanterre UMR 7041 ArScAn
É. Rottéuniversité Paris 10/Nanterre
Giorgio Nogaraarchéologue contractuel
Severine MarchiarchéologueUMR 8167 Équipe « Mondes Pharaoniques »
Louis ChaixMuseum de Genève
Damien Agut-LabordèreégyptologueCNRS UMR 7041/ArScAn – Archéologies et Sciences de l’Antiquité
Marie-Dominique Nennadirectrice du CEAlexCEAlex
Jean-Yves Carrez-Maratrayuniversité Paris 13
Sylvie MarchandcéramologueIfao
Fl. Pirouuniversité Charles-De-Gaulle Lille 3
Aline Banaszakcéramologueuniversité Charles-De-Gaulle Lille 3
S. Abd el-AleemInspectorat Nord-Sinaï – Ministère des Antiquités d’Égypte
W. El-NagarInspectorat Louqsor – Ministère des Antiquités d’Égypte
Vue aérienne du tell – campagne de printemps 2010. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr/J.-F. Gout.
Restitution du complexe palatial de Tell el-Herr. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr/G. Nogara.
Construction hypogée de la première moitié du ve s. av. J.-C., angle nord-est du tell. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr.
Cavalier perse en terre cuite. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr/J.-F. Gout.
Complexe amphorique du milieu du ve s. av. J.-C. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr.
Plan axonométrique de Tell Abyad (proposition de restitution) [dessin : N. Favry]. © Mission franco-égyptienne de Tell el-Herr.
 
 

C’est dans le cadre du North Sinai Agricultural Development Project (NSADP), mis en œuvre en 1986, en faveur du développement de terres agricoles et irrigables dans la région, et la construction du canal de la paix (El-Salam canal) – reliant la ville actuelle d’El-Arish au delta du Nil – que la mission franco-égyptienne, sous la coresponsabilité de Dominique Valbelle et du Dr. Mohamed Abd el-Maksoud, a débuté ses activités sur le site de Tell el-Herr puis, plus extensivement, en 1992, dans la basse région pélusiaque, sous l’égide de l’Unesco et du ministère des Antiquités égyptiennes (projet archéologique de sauvetage du Nord-Sinaï). Favorisée par une position géographique privilégiée, à proximité du littoral méditerranéen, de la branche pélusiaque et de la route terrestre reliant l’Égypte à la Palestine (les « Chemins d’Horus »), la région accueillit, dès les débuts de son histoire, un réseau de fortins destiné à protéger la frontière la plus orientale du Delta des incursions venues de l’Est. Une succession de postes-frontières s’est ainsi développée progressivement le long du cordon littoral, en bordure des lagunes saumâtres formées lors de la transgression flandrienne, à proximité de l’actuelle ville de Qantara (Tell Héboua et Tell el-Borg, notamment), dans un premier temps, puis, plus à l’est, non loin de l’antique cité de Péluse, dans un second temps. Au cours du Ier millénaire, s’établirent donc successivement les garnisons de Tell el-Ghaba, de Kédoua/T. 21 et de Tell el-Herr.

Situé à 35 km à l’est du canal de Suez, à proximité du village actuel de Gilbana, le site de Tell el-Herr est avant tout un poste-frontière (Migdol/Magdolum), édifié au cours de la première moitié du ve s. av. J.-C., sous la XXVIIe dynastie achéménide. Les investigations conduites sur le site, dès les débuts du NSADP, en 1986, par la mission franco-égyptienne, ont révélé plusieurs forteresses successives, associées à des quartiers d’habitations et des bâtiments imposants, édifiés en briques crues, au cours des ve et ive s. av. J.-C.

La première enceinte, à redans, formant un quadrilatère d’environ 140 m de côté, probablement mise en œuvre au début du ve s. av. J.-C., fut partiellement dégagée sur son pourtour oriental, lors des premières campagnes de fouilles, tout comme les unités d’habitation, sanctuaires de plan atypique (niches axiales et autel central) et vastes complexes de stockage contemporains (dont des celliers pouvant contenir des dizaines d’amphores à vin et à huile), mis au jour dans les secteurs particulièrement éprouvés par les destructions des occupations militaires récentes. Entièrement bâtie en briques cylindriques, la seconde forteresse, agrandie (200 m de côté), qui lui succéda dans les dernières décades du ve s. av. J.-C. et qui connut plusieurs réfections au ive s. av. J.-C., abrita plusieurs îlots d’habitations accessibles par un réseau régulier de rues, des espaces cultuels ainsi que d’imposants bâtiments sur plateforme cellulaire, de nature religieuse ou administrative. Dans son angle nord-ouest, un édifice de type palatial aux caractéristiques architecturales atypiques, proche-orientales, introduit par une cour à portiques desservant une longue salle d’apparat et ses annexes, ainsi qu’une série de magasins, fut aménagé.

En 2010, juste avant l’arrêt momentané des travaux sur le terrain, le dégagement et l’étude de l’entrée principale de la forteresse perse, à l’est du tell, ont conduit à la découverte d’une construction hypogée de forme circulaire, en brique crue, abritée par une coupole et accessible par une longue rampe d’escaliers de 5 m de haut. Contemporain de la fondation de la forteresse dans le deuxième quart du ve s. av. J.-C., cet édifice évoquant fortement les tholoï de type macédonien a, semble-t-il, été pillé lors de la construction de la seconde enceinte qui le scellait partiellement.

Outre des vestiges de l’époque perse, une nécropole, un bain et une vaste agglomération, datés de l’époque ptolémaïque, couvrant une quinzaine d’hectares en contrebas du tell, puis un fortin romain du Bas-Empire, sur le haut du tell, ont été mis au jour.

De par sa position stratégique, en connexion des réseaux maritimes et fluviaux sis à proximité, le site de Tell el-Herr a, semble-t-il, assumé dès sa fondation une double vocation, militaire et économique. La documentation abondante collectée, à l’issue des dégagements de divers secteurs du tell, suggère des activités économiques et commerciales denses entre la basse région pélusiaque et les centres majeurs du bassin méditerranéen oriental. La variété des artefacts (bijoux, amulettes, lithique, coroplathie, armes, etc.) et des productions céramiques témoigne de la richesse de la culture matérielle de ce site (grecque, phénicienne, perse, égyptienne, chypriote).

En raison de la situation d’insécurité qui prévaut dans le nord du Sinaï depuis 2011, les interventions sur le terrain sont momentanément interrompues. La mission concentre donc ses efforts sur la préparation des publications d’une phase importante de l’histoire du site, relative aux niveaux de la fin du ve et du ive s. av. J.-C. Elle a pour objectif, depuis l’automne 2016, de poursuivre l’étude du mobilier archéologique, aujourd’hui conservé dans les magasins des Antiquités égyptiennes de la ville actuelle de Sân el-Hagar.

Dans le cadre des activités de la mission, une coopération soutenue avec l’inspectorat du Nord-Sinaï (MoA), opérant sur les sites de Tell Héboua I, Tell Héboua II et Tell el-Farama, est toujours assurée. Cette collaboration s’est récemment manifestée, en marge de l’inauguration du doublement du canal de Suez, par l’organisation commune de trois expositions et d’un ouvrage.

Catherine Defernez (CNRS, UMR 8167)

في إطار مشروع شمال سيناء للتنمية الزِّراعيَّة، والذي بدأ تنفيذه في عام ١٩٨٦ بهدفِ تطويرِ الأراضي الزراعيَّةِ والصالحةِ للرَّيّ في المنطقة، وشقِّ ترعةِ السلام - لربطِ مدينة العريش الحاليَّة بدلتا النيل - بدأت البَعْثَةُ الفرنسيَّة-المصريَّة، تحت المسئوليَّةِ المشتركةِ لكُلٍّ من دومينيك ﭬﺎلبيل ود. محمد عبدالمقصود، أنشطتَها في موقعِ تَلِّ الحِير، ثم على نطاقٍ أوسع، في عام ١٩٩٢، في المنطقةِ السُّفلَى من بيلوز (الفَرَما حاليًّا)، تحت رعايةِ مُنظَّمةِ اليونسكو ووزارةِ الآثارِ المصريَّة (المشروع الأثريَ لإنقاذ شمال سيناء). وبفضلِ موقعِ هذه المنطقةِ الجغرافيّ المُتميِّز، ووقوعِها على مقربةٍ من ساحلِ البحرِ المتوسط، من الفرعِ البيلوزي، ومن الطريق البرِّيّ الذي يربط مصر بفلسطين («طريق حورس»)، استقبلت المنطقةُ، منذ بدايةِ تاريخها، شبكةً من التحصيناتِ المُخصَّصةِ لحمايةِ أقصى الحدودِ الشرقية للدلتا من الغاراتِ القادمةِ من الشرق. وتطوَّرت، في هذا السياق، سلسلةُ من المراكز الحُدوديَّة تدريجيًّا على طولِ اللسانِ الساحليّ، عند حافَةِ البُحيراتِ المالحةِ التي تشكّلت إبَّانَ فترةِ الطغيانِ الفلاندريّ، بالقربِ من مدينةِ القنطرةِ الحاليَّة (تل حبوة، وتل البرج على وجه الخصوص)، ذلك في مرحلةٍ أولى، ثم في مرحلةٍ ثانيةٍ شرقًا، بالقربِ من مدينة بيلوز القديمة. وعلى مدارِ الألفيَّةِ الأولى، أُقيمت تِباعًا حامياتُ تلِّ الغابة، وكدوة/ت ٢١ وتل الحِير.

يقعُ موقعُ تلِّ الحِير على بُعد ٣٥ كيلومترًا، شرقَ قناةِ السويس، بالقربِ من قريةِ جلبانة الحاليَّة، وهو قبل كُلِّ شيء، مركزٌ حدوديٌّ (مجدول/ماجدولوم)، بُنِيَ خلالَ النصفِ الأولِ من القرنِ الخامسِ قبل الميلاد، في عهدِ الأسرة السابعة والعشرين الأخمينيَّة. كشفت المُسُوحاتُ التي أُجرتها البَعْثةُ الفرنسيَّة-المصريَّة في الموقع، منذ بدايةِ مشروعِ شمال سيناء للتنمية الزراعيَّة عام ١٩٨٦، عن الكثير من الحُصُون المتتالية، المرتبطةِ بأحياء سكنيَّةٍ ومبانٍ ضخمة، بُنيت من الطوب اللَّبِن، خلال القرنين الخامس والرابع ق. م.

السورُ الأولُ ذو حَيْدٍ [بروز في سورِ حصن]، له شكلٌ رباعيٌّ، حيثُ يبلغُ قياسُ كُلِّ جانبٍ قرابة ١٤٠ مترًا، ربما بُنِيَ في أوائلِ القرنِ الخامسِ قبل الميلاد. وقد تم إظهاره جُزئيًّا في محيطهِ الشرقيّ أثناءَ بعثاتِ التنقيبِ الأولى. كذلك، تم إظهار الوحداتُ السكنيَّة، والأماكن المُقدَّسة ذات التخطيط غير النَّمطيّ (كَوَّات مِحْوريَّة ومَذْبَح مركزيّ)، ومُجمَّعات معاصرة واسعة مُخصَّصة للتخزين (بما في ذلك بيوت المُؤَن التي قد تحتوي على العشرات من أمفورات الخمر والزيت)، والتي كُشِفَ عنها في المناطقِ المتأثرةِ بشكلٍ خاصٍّ بتدميرات الاحتلال العسكرىّ الأخير. بُنِيَ الحصنُ الثاني بالكاملِ من الطوبِ الأسطوانيّ، تمَّ توسيعه (٢٠٠ متر من كل جانب). حلَّ هذا الحصنُ الثاني محلَّ الحصنِ الأولِ في العقودِ الأخيرةِ من القرن الخامس قبل الميلاد، وشهد الكثيرَ من الإصلاحاتِ خلالَ القرن الرابع قبل الميلاد؛ حيث كان يضمُّ عدَّةَ مجموعاتٍ من المساكنِ التي يمكنُ الوصولُ إليها عن طريقِ شبكةٍ منتظمةٍ من الشوارع، والأماكن الشعائريَّة؛ وكذلك مبانيَ ضخمةً مُقامةً على مِنصَّةٍ خلويَّةٍ ذاتِ طابَعٍ دينيّ أو إداريَ. وفي الركنِ الشماليّ الغربيّ، تمَّ تجهيزُ بناءٍ على طرازٍ فخمٍ بمميَّزاتٍ معماريَّةٍ غير نمطيَّة، ذي علاقةِ بالشرقِ الأدنى، يسبقه فناءُ بأروقةٍ يخدمُ قاعةَ احتفالاتٍ طويلةً وملحقاتها؛ وكذلك سلسلةٌ من المخازن.

في عام ٢٠١٠، قُبَيل التوقُّف المؤقَّت للعمل الميدانيّ، أسفر الكشف عن ودراسةُ المدخل الرئيس للحصن الفارسيّ، شرق التَّلِّ، عن اكتشافِ بناءٍ جوفيٍّ بشكلٍ دائريٍّ من الطوب اللَّبِن مُحاطًا بقُبَّة، ويمكن الوصولُ إليه من خلال دَرَجٍ طويلٍ مُنحدر، بارتفاع ٥ أمتار. هذا البناءُ معاصرٌ لتأسيس الحصنِ خلال الرُّبْع الثاني من القرن الخامس قبل الميلاد، ويشير بقوَّةٍ إلى اﻟـ « ثولوس» [مقبرة على شكل خليَّة نحل] من الطِّراز المقدونيّ، ويبدو أنه نُهِبَ أثناء بناء السور الثاني الذي كان يُغلقُه جزئيًّا.

بالإضافة إلى بقايا الحقبة الفارسيَّة، فقد تمَّ الكشفُ عن جبَّانة، وحمَّام، وتَجمُّعات سكانيَّة كبيرة، تؤرِّخ للعصر البطلميّ، وتغطي خمسةَ عشرَ هكتارًا أسفل التل، ثم حصنٍ رومانيٍّ صغيرٍ على قمَّة التل يرجعُ إلى المرحلة الأخيرة للإمبراطوريَّةِ الرومانيَّة.

وبسبب موقعه الاستراﺘﻴﭼﻰّ، متصلًّا بالشبكاتِ البَحْريَّة والنَّهْريَّة القريبة الكائنة، يبدو أن موقعَ تَلِّ الحِير قد تولَّى منذ تأسيسه مَهمَّةً ذات بُعدين: عسكرىّ واقتصادىّ. تشيرُ الوثائقُ الوفيرةُ التي جٌمعت، بعد الانتهاء من كشف مناطق مختلفة من التل، إلى أنشطةٍ اقتصاديَّةٍ وتجاريَّةٍ كثيفةٍ بين المنطقة البيلوزيَّة السُّفلَى والمراكز الرَّئيسةِ لحوضِ شرق البحر المتوسط. يشهدُ تنوُّعُ مجموعةِ القطعِ الأثريَّة (مجوهرات، وتمائم، وحجريَّات، وطين محروق، وأسلحة، إلخ) والمنتجات الخَزَفيَّة، على ثراء الثقافة الماديَّة لهذا الموقع (يونانيَّة، فينيقيَّة، فارسيَّة، مصريَّة، قبرصيَّة).

وبسبب الأوضاعِ غير الآمنة في شمال سيناء منذ عام ٢٠١١، توقَّفت الأنشطةُ الميدانيَّة بصورةٍ مؤقَّتة. وتُركِّز البَعْثةُ جهودَها على نشر مرحلةٍ مُهمَّةٍ من تاريخِ الموقع، متصلة بنهاية القرنين الخامس والرابع قبل الميلاد. ومنذُ خريفِ ٢٠١٦، تهدفُ البعثةُ إلى مواصلةِ دراسةِ المنقولات الأثريَّة، المحفوظةِ الآن في مخازنِ الآثارِ المصريَّةِ لمدينةِ صان الحجر الحاليَّة.

وفي إطارِ أنشطةِ البعثةِ، هناك دائمًا تعاونٌ مع تفتيشِ آثارِ شمالِ سيناءَ العاملِ في مواقعِ تَلِّ حَبْوَة الأول، تَلِّ حَبْوَة الثاني، وتل الفَرَما. وقد تجسَّدت هذه المشاركةُ مؤخَّرًا من خلالِ تنظيمٍ لثلاثةِ معارضَ مًشترَكة وإعدادِ مطبوعات على هامشِ افتتاحِ قناةِ السُّويْسِ الجديدة.

كاترين ديفرنيز (المركزُ الوطنيُّ للبحث العلميّ، UMR 8167)

Bibliographie