Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

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AnIsl047_art_08.pdf (0.63 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 47
2013 IFAO
21 p.
gratuit - free of charge
Choisir sa famille. Waqf et transmission patrimoniale en Égypte au XVe siècle

Repenser la famille comme objet d’histoire sociale suppose d’en reconsidérer la définition en fonction du contexte et de la documentation. On a choisi ici de prendre à témoin de l’histoire de la famille les actes de waqf établis par les « gens de l’État » dans l’Égypte du xve siècle, émirs mamelouks mais aussi administrateurs civils. Le fondateur d’un waqf pouvait en effet désigner librement les bénéficiaires du revenu excédentaire de sa fondation, une fois acquittées ses pieuses dépenses. Or, ces ayants droit étaient très souvent choisis au sein de la descendance du fondateur, selon un ordre de transmission et des règles de partage qui se retrouvent à l’identique ou presque d’un acte de waqf à l’autre. L’étude de ce formulaire type révèle une « famille choisie » fort différente de la « famille légale » telle que la définissent les règles du droit islamique en matière successorale. L’écart le plus manifeste réside dans la stricte égalité des droits des femmes et des hommes sur le revenu qui leur est transmis par l’intermédiaire du waqf. Mais la souplesse de la procédure permet aussi au fondateur d’ajuster ses dispositions à sa situation familiale du moment, faisant ainsi de l’acte de waqf, par delà le caractère stéréotypé du document, une véritable archive de l’intime.

Mots-clés : Mamelouks – šarīʿa – waqf – héritage – patrimoine – femmes – intime.

In order to rethink the family as a topic in social history, one assumes that its definition should be re-examined in accordance with context and sources. Here family is considered through the reading of waqf deeds related to the pious foundations established in 15th-century Egypt by Mamluk officers and civil servants. A founder was entitled to freely designate the rightholders of the surplus income of his waqf that may remain after the payment of its pious expenses. Indeed these recipients were often chosen among the founder’s descent according to a way of transmission and to sharing rules that were almost identical in Cairene waqf deeds. The analysis of this current form reveals that the “chosen family” was in this context very different from the “legal family” as defined by the Islamic law of inheritance. The most striking difference lays in the full equality of rights of male and female descendants to the waqf’s surplus income. The softness of the waqf procedure allowed also the founder to adjust the provisions of his waqf to his family’s circumstances. How stereotyped they are, Cairene waqf deeds are also in some way an archive of intimacy.

Keywords: Mamluks – šarīʿa – waqf – inheritance – patrimony – women – intimacy


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