Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

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AnIsl052_art_11.pdf (0.5 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
16 p.
gratuit - free of charge
L’errance sacrée de ˁAbdallāh ibn Salām

Les sources musulmanes se sont intéressées à la conversion à l’islam de ˁAbdallāh ibn Salām, rabbin de Médine. Cependant, sa biographie reste limitée, et la majorité des sources s’articulent essentiellement autour de sa vie médinoise. En effet, aucun des ouvrages étudiés ne fait référence à son mausolée égyptien, si ce n’est une modeste publication en arabe mentionnant le mausolée de ˁAbdallāh ibn Salām, dans un village éponyme du delta du Nil. Cette figure émergeante du premier islam y fait toujours l’objet d’une vénération de la part de la population locale. Se pose ici la question du cheminement de la mémoire de ce premier juif converti à l’islam à Médine, en 622, après sa rencontre avec le Prophète Muḥammad, et de son errance sacrée qui mena sa mémoire cultuelle jusqu’à Timay al‑Amdīd.

Muslim sources focused on the conversion of the Rabbi of Medina, ˁAbdallāh ibn Salām to Islam. However, his biography remains limited and majority of sources revolve mainly around his life in Medina. Indeed, none of the books studied refer to his mausoleum in Egypt, apart from a modest Arabic publication mentioning ˁAbdallāh ibn Salām mausoleum in an eponymous village of the Nile Delta where this emerging figure, in early Islam, is venerated by the local population. This raises the question of the memory journey, from Medina to Timay al‑Amdīd, of the first Jewish converted to Islam in 622, after his meeting with the Prophet Muḥammad.


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AnIsl052_art_10.pdf (0.7 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
28 p.
gratuit - free of charge
La fidélité à la tradition. Chant et édition d’un panégyrique copte de Haute Égypte dédié à saint Théodore

Cet article étudie trois variations d’un panégyrique dédié à saint Théodore l’Oriental, un saint vénéré en Égypte par les chrétiens coptes orthodoxes égyptiens, principalement en Haute Égypte : une version manuscrite transmise à la fin de l’époque ottomane, une version imprimée dans l’entre-deux-guerres et un enregistrement contemporain. Après avoir mis en évidence les caractères du moyen arabe de la version manuscrite et évoqué la genèse du texte, nous étudions comment et pourquoi l’entreprise éditoriale est une réinvention et une bifurcation de la tradition. Quant à l’oralité, elle apparaîtra autant dans la récitation comme performance singulière, que dans la trame même des textes comme modèle imaginé et trace de performances antérieures.

This article deals with three variations of a panegyric dedicated to Saint Theodore the Oriental, a saint venerated by the Egyptian orthodox Coptic Christians, especially in Upper Egypt: A manuscript version preserved in the late Ottoman period, a printed version from the inter-war period and a contemporary record. We will shed light upon the Middle Arabic used in the manuscript version, and discussed the genesis of the text, we will focus on the editorial process as a reinvention and a bifurcation inside the textual tradition. With respect to orality, it will manifest itself in the recitation as a unique performance, as well as in the weft of the texts as a fantasized model and a trace of the older performances.


  • Renaud Soler (lien IdRef : 182996042)
    Doctorant, Sorbonne Université
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AnIsl052_art_09.pdf (0.9 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
44 p.
gratuit - free of charge
Aux origines du topos d’Anbā Wannas al‑Aqṣurī et des enjeux identitaires de la communauté chrétienne de Louxor au début du xxe siècle. Regards croisés entre l’« hagiotopographie » et la « pratique du mythe » de Lambros Couloubaritsis

L’émergence d’une tradition hagiographique relatant la vie, les qualités spirituelles et ­l’exécution du néo‑martyr Anbā Wannas al‑Aqṣurī manifeste autant une problématique ­relative aux enjeux identitaires de la communauté chrétienne de Louxor du début du xxe siècle, qu’un moyen utilisé par le guide de cette communauté, l’évêque Anbā Marquṣ, pour ­légitimer la fondation d’un lieu saint. Cette nouvelle topographie sacrée (l’espace) et la tradition qui lui sert de fondement (le mythe) sont respectivement considérées à la lumière de deux ­approches : ­l’« ­hagiotographie » et ce que Lambros Couloubaritsis nomme la « pratique du mythe ». La ­première vise à dégager les raisons historiques et sociologiques qui expliquent pourquoi, au terme d’un processus de ­déchristianisation de l’espace urbain (Sossie Andézian parle de « rupture »), il y a nécessité de créer une nouvelle figure sainte et de fonder un nouveau topos (S. Andézian parle de « ­distinction »). La seconde, nous permet d’analyser en profondeur le mythe (la tradition ­hagiographique), de dégager les mécanismes cognitifs constitutifs de son architectonique, et enfin les raisons qui expliquent son émergence.

The emergence of a hagiographic tradition relating the life, the spiritual qualities and the execution of the neo‑martyr Anbā Wannas al‑Aqṣurī expresses as much a problematic concerning the identity issues of the Christian community of Luxor at the beginning of the 20th century, as a means used by the guide of this community, Bishop Anbā Marquṣ, to legitimize the foundation of a holy place. This new sacred topography (the space) and the tradition that serves as its foundation (the myth) are respectively considered in the light of two approaches : the « hagiotopography » and what Lambros Couloubaritsis calls « the practice of myth ». The first aims to identify the historical and sociological reasons why, at the end of a process of dechristianization of the urban space (Sossie Andézian speaks about « rupture »), there is a need to create a new holy figure and to establish a new topos (S. Andézian speaks about « distinction »). The second allows us to analyze in depth the myth (the hagiographic tradition), to identify the cognitive mechanisms that make up its architectonic, and finally the reasons that explain its emergence.


  • Emmanuel Serdiuk (lien IdRef : 243129408)
    Doctorant, Université libre de Bruxelles
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AnIsl052_art_08.pdf (0.5 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
26 p.
gratuit - free of charge
Le miracle du Muqaṭṭam à travers les siècles. Origines et réinventions d’une légende copte

Le miracle du déplacement du Muqaṭṭam circule au sein de la communauté copte depuis un millier d’années. Aujourd’hui encore, il est souvent évoqué par les fidèles de l’Église copte comme un exemple de victoire de la foi chrétienne contre l’islam. Ce récit, même s’il possède des traits structurels fixes, a pourtant connu d’importantes variantes au fil des siècles, au départ de sa première attestation dans le corpus copto-arabe de l’Histoire des Patriarches ­d’Alexandrie. De manière générale, il a surtout vu se développer ses aspects apologétiques, finissant par ­inclure la conversion au christianisme du calife al‑Muʿizz, qui fonda la ville du Caire à la fin du xe s. Au  xxe s., cette affirmation fit l’objet de débats virulents dans la presse. À partir des ­années 1970, un jeune prêcheur redonna une nouvelle jeunesse à ce récit en ­entreprenant de ­fonder un énorme lieu de culte au Muqaṭṭam, commémorant le miracle. Fruit d’une ­collaboration entre un historien de l’époque contemporaine et de deux philologues, cet article entend proposer une approche décloisonnée, où l’histoire des textes dialogue avec l’analyse des pratiques contemporaines. Cette recherche montre que, si de nombreuses traditions ont d’anciennes racines, elles n’en sont pas moins toujours réinventées en fonction des contextes successifs au sein desquels elles s’inscrivent.

The miracle tale of the Moving Muqaṭṭam mountain has been circulating among the Coptic community for a thousand years. Nowadays, members of the Coptic Church still refers to it as an example of victory of the Christian faith over Islam. This narrative, even if it bears some fixed structural features, went through numerous variations throughout times. On the basis of its first attestation in the Coptic‑Arabic text of the History of the Patriachs of Alexandria, it was later further developped, mainly under an apologetic angle. Finally, it included the episode of the Caliph al‑Muʿizz—founder of Cairo in the 10th century—converting to christianity. In the 20th century, this was subject to considerable debate in the press. From the 1970’s onwards, a young preacher revigorated the famous narrative by founding a huge place of worship at the Muqaṭṭam, commemorating the miracle. This paper, which is the result of a collective work by a historian and two philologists, intends to offer a collaborative approach, where the history of texts is combined with the analysis of contemporary practices. This research shows that, even if numerous traditions have very old roots, they are always reinveted, depending on successive contexts in which they take place.


  • Gaëtan du Roy (lien IdRef : 243113676)
    Chargé de cours invité, Université Saint-Louis (Bruxelles)
  • Manhal Makhoul (lien IdRef : 243113692)
    Maître de langues, Institut des Langues Vivantes, Université catholique de Louvain
  • Perrine Pilette (lien IdRef : 243113706)
    Post-doctorante Marie Sklodowska-Curie, Sorbonne Université
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AnIsl052_art_07.pdf (0.6 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
34 p.
gratuit - free of charge
Une revue catholique d’Égypte à l’époque nassérienne. Ḥaqlunā, revue de l’Association de la Jeunesse catholique d’Égypte (1949‑1970)

Après une brève présentation des revues et journaux catholiques égyptiens du xxe siècle qui peuvent servir de sources, l’article est consacré à la plus remarquable et la plus originale de ces revues, Ḥaqlunā (1949‑1970). Elle fut lancée par l’avocat Pierre Cassab (Buṭrus Kassāb, 1913‑1986) pour servir à l’Association de la Jeunesse catholique d’Égypte, fondée en 1947. Donnant des nouvelles de l’Église catholique dans le monde, Ḥaqlunā militait pour le nécessaire rôle des laïcs dans des associations et dans l’Église. Source précieuse pour la diffusion et la réception du Concile Vatican II (1962‑1965) en Égypte, la revue – d’abord animée par des « Syriens d’Égypte » de rite grec-catholique, comme Pierre Cassab, ou maronite, comme Michel Farah (Mīšīl Faraḥ) – est particulièrement attentive à la vie des Églises orientales et à l’affirmation des coptes-catholiques comme Église nationale d’Égypte. Vis‑à‑vis des coptes‑orthodoxes, Ḥaqlunā, dans un esprit œcuménique, applaudit le Renouveau entamé sous Cyrille VI. Quant à l’islam, tout en soutenant fidèlement les orientations conciliaires manifestées dans Nostra Aetate, Ḥaqlunā rend allusivement compte des inquiétudes des catholiques égyptiens face à l’islamisation de l’État nassérien. La question féminine enfin, d’abord quasi‑absente, prend de l’importance dans les années 1960.

After a brief presentation of Egyptian Catholic journals and newspapers of the twentieth century that can serve as sources, this article presents the most remarkable and most original of them: Ḥaqlunā (1949‑1970). It was initiated by the lawyer Pierre Cassab (Buṭrus Kassāb, 1913‑1986) to serve the Association of Catholic Youth of Egypt, founded in 1947. Giving news of the Catholic Church in the world, Ḥaqlunā was heralding the necessary role of the laity in the associations and in the Church. Valuable source for the reception of the Second Vatican Council (1962‑1965) in Egypt, the review was first animated by “Syrians of Egypt” of Greek-Catholic rite, like Pierre Cassab, or Maronite, like Michel Farah (Mīšīl Faraḥ). It is particularly attentive to the life of the Eastern Churches and the affirmation of Coptic Catholics as the National Church of Egypt. Towards the Coptic Orthodox, Ḥaqlunā, in an ecumenical spirit, supports the Renewal begun under Cyril VI. As for Islam, while faithfully supporting the conciliar orientations manifested in Nostra Aetate, Ḥaqlunā alludes to the concerns of Egyptian Catholics in the face of the Islamization of the Nasserian state. The feminine question finally, initially almost absent, becomes important in the 1960s.


  • Catherine Mayeur-Jaouen (lien IdRef : 03438197X)
    Professeure, Sorbonne-Université
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AnIsl052_art_06.pdf (1.1 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
30 p.
gratuit - free of charge
Le mécénat artistique en Égypte. Nouvelle approche de l’icône ottomane

Dans une société égyptienne ottomane très cosmopolite, un individu est défini par son statut social et son métier, puis par ses convictions religieuses. L’élite copte du xviiie siècle, suivant un usage aussi bien chrétien que musulman, met à profit l’essor économique de la province pour redistribuer une partie des fortunes acquises au profit de l’Église et de leurs coreligionnaires.

Qu’ils soient fonctionnaires ou administrateurs, ils participent, à leur manière, à la ­renaissance artistique qui marque l’histoire de la peinture de dévotion au Caire. Par un partage de goûts communs, ils font preuve d’une conscience de groupe dans une communauté qui émerge à peine à cette époque. Ils ont toujours pris un soin particulier à ce que leurs noms soient indiqués sur les panneaux, au plus près des saintes images, à la recherche de l’intercession pour accéder au Paradis. Prolifiques mécènes, les nombreux travaux se succèdent et célèbrent leurs noms. C’est en confrontant cette nouvelle approche des chrétiens d’Égypte aux récits historiques et aux sources textuelles qu’il devient possible de redécouvrir sous un nouveau jour cette production. Les icônes portant ces dédicaces, souvent inédites, deviennent des témoignages éclairants de la construction communautaire copte.

In a very cosmopolitan Egyptian Ottoman society, an individual is defined by his social status and profession, and then by his religious beliefs. The Coptic elite of the 18th century, following both Christian and Muslim usage, takes advantage of the province’s important economic development to redistribute the acquired wealth for the benefit of the Church and their coreligionists.

Officials or administrators, they participate, in their own way, in the artistic renaissance that marks the history of devotional painting in Cairo. By sharing common tastes, they show a consciousness group in a community that is just emerging at that time. They have always taken special care to have their names on the paintings, closer to the holy images, in search of intercession to Paradise. Prolific patrons, the works follow one another and celebrate their names. By confronting this new approach of Egyptian Christians with historical narratives and textual sources, it becomes possible to rediscover this production in a new light. The icons bearing these dedications, often unpublished, become enlightening testimonies of the Coptic community’s construction.


  • Julien Auber de Lapierre (lien IdRef : 225371723)
    Julien Auber de Lapierre est historien de l’art, chargé de cours à l’École du Louvre. Ancien élève de l’École du Louvre, sa thèse de doctorat, préparée à l’EPHE, porte sur le renouveau de l’iconographie chrétienne dans l’Égypte ottomane à travers l’étude du peintre d’icônes Yuhanna al-Armani. En charge de l’examen scientifique des objets en bois du Musée copte du Caire depuis 2009, il est également membre de la mission archéologique de Fustat auprès de l’Ifao pour l’étude du matériel en bois.
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AnIsl052_art_05.pdf (0.5 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
22 p.
gratuit - free of charge
Qirāʾa fī tarikat baṭriyark qibṭī min al-qarn al-sābiʿ ʿašr

This article is an attempt to place the history of the Copts into a broader context, that of Ottoman history and shows that Coptic history is closely linked to Egyptian history. Based on two sharia court cases, we can explain not only the period of transformation in Coptic history but also the history of Egypt at the end of the 16th century, which completed at the middle of 17th century. On the other hand, the article shows how the sources of the courts can be supplemented with Coptic sources, and that to better understand the 17th century, it would be necessary to use both of these sources. The two court cases studied here are only comprehensible when Coptic sources are taken into consideration.

المقالة محاولة لوضع تاريخ القبط داخل السياق الأوسع للتاريخ العثماني، وإظهار الارتباط الوثيق بين تاريخ القبط وتاريخ مصر. واعتمدت المقالة على وثيقتين صادرتنين عن المحكمة الشرعية بالقاهرة، وشرحت هذين النصين في إطار مرحلة من التحولات الهامة التي شهدتها الطائفة القبطية، انعكاسًا للتحولات الرئيسية التي حدثت في مصر في نهايات القرن السادس عشر، واكتملت في منتصف القرن السابع عشر. من ناحية أخرى تبين هذه المقالة كيفية المزج بين المصادر القبطية والمصادر الأخرى لتقديم قراءة أكثر وضوحًا للقرن السابع عشر، وضرورة استخدام أنواع مختلفة من المصادر لاستكمال هذه الصورة. وبينت المقالة أن وثيقتي المحكمة الشرعية يمكن فهمهما بصورة أدق من خلال المصادر القبطية.


  • Maǧdī Ǧirǧis (lien IdRef : 128557834)
    Faculté des Lettres, Université de Kafr al-Sheikh
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AnIsl052_art_04.pdf (0.8 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
26 p.
gratuit - free of charge
Le christianisme oriental au sud du Sinaï vu au prisme des graffiti arabo-chrétiens (IXe-XIe siècle)

Cet article s’inscrit dans le domaine de la graffitologie et livre l’étude d’un corpus ­encore largement méconnu. Répertoriés entre 2001 et 2005 par la mission japonaise au Sinaï (Dir. M. Kawatoko), les graffiti arabes chrétiens présents en grand nombre dans le sud de la péninsule n’avaient, cependant, jamais livré leurs contenus. L’étude des sources du point de vue des formulaires, de l’onomastique et de la paléographie ainsi que la contextualisation historique et épigraphique apportent un éclairage sur l’histoire du christianisme oriental dans la région. L’exploitation des données permet en outre d’esquisser le profil de ces pèlerins chrétiens convergeant vers le Mont Sinaï et informe sur la fréquentation des routes aux époques abbassides et fatimides.

This article is inscribed in the field of graffitology and it presents the study of a corpus which still largely unknown. Collected by the Japanese mission in Sinai (Dir. M. Kawatoko) between 2001 and 2005, the Christian Arab graffiti present in large numbers in the south of the peninsula, had never delivered their contents. The study of these sources, from the point of view of forms, onomastics and paleography, as well as historical and epigraphic contextualization, shed a light on the history of Eastern Christianity in the region. The exploitation of the data makes it possible to outline the profile of these Christian pilgrims converging on Mount Sinai and informs about the frequentation of the roads at the Abbasid and Fatimid times.


  • Anna Lagaron (lien IdRef : 24311365X)
    Doctorante, Université Aix-Marseille, Iremam
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AnIsl052_art_03.pdf (0.8 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
36 p.
gratuit - free of charge
L’Église melkite au IXe siècle à travers le conflit entre David de Damas et Siméon d’Antioche. Apports d’un dossier documentaire inédit

Cet article présente un dossier inédit de documents concernant les chrétiens de Damas à la fin du ixe siècle. Conservés au moyen de leur copie dans deux manuscrits tous deux datables approximativement du xe-xie siècle, ces neuf documents rédigés en arabe ont été produits à l’occasion d’un conflit au sein de l’Église melkite de Syrie en 277/890‑891. Il ressort de l’analyse que David, évêque métropolitain de Damas, a lui-même réuni ces documents à charge contre son adversaire Siméon, patriarche d’Antioche. La plainte de David de Damas aux deux autres patriarches, Élie de Jérusalem et Michel ­d’Alexandrie, contre Siméon d’Antioche, est éditée et traduite en français en annexe de l’article.

La plainte de l’évêque, les réponses et avis juridiques émis par les deux patriarches, la lettre des habitants d’Antioche (ahl Anṭākiya) et, enfin, un jugement antérieur du patriarche Théodose d’Antioche, apportent de précieuses informations sur la hiérarchie ecclésiastique melkite contemporaine et donnent un aperçu du fonctionnement de la justice ecclésiastique et de l’utilisation du droit canonique. Le conflit implique aussi des laïcs chrétiens et musulmans de Damas, autour de l’administration des revenus et des propriétés de l’Église, dont une boulangerie (furn al‑kanīsa). Le pouvoir toulounide figure en arrière-plan d’un conflit essentiellement géré par les autorités ecclésiastiques de l’espace syro‑égyptien.

This paper presents an unpublished dossier of documents related to the Christians of Damascus in the late 9th century. Preserved through their copy in two manuscripts ­datable to the 10th or 11th century, these nine documents written in Arabic were issued on the ­occasion of a conflict that happened among the Melkite Church in Syria in 277/890‑891. The ­documents prove to have been gathered by David the metropolitan bishop of Damascus, against his adversary Simeon the patriarch of Antioch. The complaint of David of Damascus against Simeon of Antioch, addressed to the two other patriarchs, Elias of Jerusalem and Michael of Alexandria, is edited and translated into French as an appendix to this article.

The complaint of the bishop, the answers and legal opinions expressed by the two patriarchs, along with the letter of the people of Antioch (ahl Anṭākiya) and an earlier sentence of the patriarch Theodosius of Antioch, shed light on the Melkite ecclesiastical hierarchy of the time and give new insights into how the ecclesiastical justice was working and the canon law was used. The conflict also implies Christian and Muslim laymen of Damascus about the administration of the Church income and properties, among which a bakery (furn al-kanīsa). The Tulunid power remains in the background of a conflict which is mainly handled by the ecclesiastical authorities of the Syro‑Egyptian area.


  • Mathilde Boudier (lien IdRef : 243113641)
    Doctorante, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
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AnIsl052_art_02.pdf (0.8 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2018 IFAO
34 p.
gratuit - free of charge
Les ʿammē « en Ǧazīra et en Occident ». Genèse et fixation d’un ethnonyme standardisé pour les tribus arabes chrétiennes. Les Tanūkōyē, Ṭūʿōyē, ʿAqūlōyē à l’âge marwanide

Lorsque la littérature syro‑occidentale désigne des Arabes chrétiens (ṭayyōyē krisṭyōnē), elle emploie souvent une expression ternaire à l’ordre variable : « les Tanūkōyē, ʿAqūlōyē et Ṭūʿōyē ». Ces populations (ʿammē) ont joué un rôle important lors de la IIe guerre civile (60‑72/680-692) au sein de l’Église syro‑orthodoxe alors que celle-ci commence à envisager l’altérité musulmane. C’est à ce moment qu’un évêché homonyme est attesté, notamment sous l’autorité de Georges (m. 105/724), un des principaux intellectuels de son temps. Ces peuples semblent avoir ­résidé en « Occident » (le ǧund de Qinnasrīn en formation) et dans la partie post-romaine de la Haute-Mésopotamie (la Ǧazīra) à l’époque omeyyade. Si les Tanūḫ (Tanūkōyē) sont bien identifiés comme une collectivité irakienne partiellement installée en Syrie du Nord, la période de cette migration, traditionnellement placée à l’époque proto‑byzantine, reste indéterminée. Les deux autres termes sont plus obscurs : les ʿAqūlōyē se rapportent aux habitants du ressort d’al‑Kūfa, l’expression étant presque assurément post-hégirienne, tandis que les Ṭūʿōyē correspondraient à d’ancien groupes de la même région. Nous faisons l’hypothèse que le déplacement de ces ʿammē irakiens désignés par cet ethnonyme ternaire standardisé (qui ne sont pas des tribus au sens du nasab arabe) vers l’espace syrien découle d’une politique de transferts sous le califat de Muʿāwiya (m. 60/680). C’est sans doute dans ce contexte qu’ils auraient été affiliés à la nomenclature épiscopale miaphysite, à une époque où il était possible de participer au mouvement des croyants tout en s’intégrant à l’Église d’Antioche.

When Western Syriac literature designates the Christian Arabs (ṭayyōyē krisṭyōnē), it is ­often through a ternary expression, the « Tanūkōyē, ʿAqūlōyē and Ṭūʿōyē », in variable order. These people (ʿammē) played a very significant role during the second civil war (60‑72/680-692) within the Syriac Orthodox Church, as it is starting to consider the Muslim alterity. At this ­specific time, a homonym bishopric is attested, especially under Georges’ authority (d. 105/724), one of the main intellectuals of this time. These populations seem to have lived in « the Occident » (then forming the ǧund of Qinnasrīn) and in the post-Roman Upper Mesopotamia (the Ǧazīra) during the Umayyad period. The Tanūḫ (Tanūkōyē) are defined as an Iraqi community partially settled in northern Syria, but the period of this migration, traditionally dated to the proto-Byzantine era, is still indeterminate. The two other words are less clear: the ʿAqūlōyē are related to the people of al‑Kūfa (the expression is almost certainly post‑Hiǧra) while the Ṭūʿōyē would correspond to ancient groups from the same area. Our hypothesis is that the moving of these Iraqi ʿammē, designated by this ternary standardized ethnonym (they are not tribes in the sense of arabic nasab) to the Syrian space results from a transfer policy under Muʿāwiya (d. 60/680). It is most likely in this context that they might have been affiliated to the episcopal miaphysit nomenclature, at a time where it was possible to participate in the Believers’ movement while including one’s self in the Antiochene Church.


  • Simon Pierre (lien IdRef : 243113625)
    Doctorant, Sorbonne Université
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