Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Ermant

Ermant
أرمنت
Le temple de Montou-Rê et son évolution sur trois millénaires
ermant
Noms anciensJwnw, Jwnw Šmʿ, Jwnw Mnṯw, Hermonthis
lien DOI doi10.34816/ifao.8e5d-40bf
lien IdRef IdRef236151495
Missions Ifao depuis2002
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Mission archéologique et épigraphique des temples d’ErmantOpération de terrain 17149

Responsables(s)

• Christophe Thiers (CNRS)

Partenaires

CNRS UMR 5140-univ. Montpellier 3/Labex Archimede
CNRS UMR 5060-IRAMAT
CNRS UMR 5189-HiSoMA univ. Lyon 2

Cofinancements

Labex Archimede IA- ANR-11-LABX-0032-01
CNRS UMR 5140-université Paul Valéry Montpellier 3
CNRS UMR 5189-HiSoMA univ. Lyon 2

Dates des travaux

septembre - décembre

➣ Site de la mission

https://www.asm.cnrs.fr/les-fouilles/ermant/330-ermant

Participants
Sébastien Biston-MoulinégyptologueCNRS UMR 5140-ASM
Pierre Zignaniarchitecte-archéologueIRAMAT UMR 5060
Lilian Postelégyptologueuniversité Lumière-Lyon 2/HiSoMA UMR 5189
Émilie Saubestrephotographe
Charlotte Wolfftopographe - prestataireIfao
Lucie Antoinerestauratrice
Yasmine Bourhimarchéologue
Hassan El-AmirrestaurateurIfao
Sylvie MarchandcéramologueIfao
Ayman HusseindessinateurIfao
Olivier OnézimetopographeIfao
Mohamed GabertopographeIfao
Vue générale du site d’Ermant. © C. Thiers.
Façade du « pronaos » en cours de fouille. © C. Thiers.
Assises de fondation du naos ptolémaïque, arrière du temple. © C. Thiers.
Déplacement de blocs dans la zone centrale du temple. © C. Thiers.
Dépôt lapidaire mis au jour dans la fondation du « pronaos ». © J. Maucor.
Statues royales et privées après restauration. © J. Maucor.
 
 

Les premières investigations archéologiques à Ermant ont été menées sous les auspices de l’Egypt Exploration Society par Robert Mond et Oliver Humphrys Myers dans les années 1930-1940, au Buchéum d’une part (catacombes des taureaux sacrés) et sur le site du temple majeur de Montou-Rê d’autre part. À l’arrière du pylône du Nouvel Empire, ils fouillèrent un village copte et mirent partiellement au jour une vaste plateforme de fondation du temple ptolémaïque, résultat de l’épierrement massif de l’édifice conduit dès le ve s. Les travaux furent ponctuellement poursuivis par le Conseil suprême des antiquités (CSA) dans les années 1980 et 1990, faisant en particulier apparaître un ensemble de cryptes. Sous les auspices de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (Ifao), en 2002 et 2003, deux courtes campagnes menées par Christophe Thiers et Youri Volokhine permirent de copier et de publier les textes de ces cryptes datées de Ptolémée XII Néos Dionysos (80-51 av. J.-C.). Ce n’est qu’à partir de 2004-2005 que les travaux se sont développés pour tenter d’appréhender dans leur globalité les vestiges disséminés dans la ville et proposer une analyse architecturale, topographique et épigraphique des ruines du temple principal du dieu Montou. Parallèlement étaient initiés l’inventaire des blocs disséminés sur le site et un programme de restauration et de conservation des vestiges.

Principaux résultats

La principale originalité de la partie ptolémaïque (naos) du temple d’Ermant est qu’elle présente un niveau de circulation souterrain, dont les espaces (salles, cryptes, couloir mystérieux et caissons de fondation) et les murs principaux permettent d’appréhender l’agencement des salles du temple. Suite à la réalisation d’un plan topographique général, il s’est donc agi d’entreprendre l’analyse de la plateforme de fondation de l’édifice ptolémaïque et romain. Un long processus d’évacuation des débris a conduit à la réalisation d’un premier plan du temple par Pierre Zignani et à son analyse dans le cadre plus général de la construction des derniers grands temples de Haute Égypte. Le plan ainsi que les rapports de proportions sont ainsi étonnamment similaires à ceux du temple de Dendara.

La fouille des niveaux de destruction et d’épierrement a également conduit à la découverte de nombreux blocs inscrits et éléments statuaires royaux et privés remployés dans les fondations. Ainsi, nombre de pierres appartenant aux temples du Moyen Empire (étude menée par Lilian Postel) ont été mises au jour ; elles datent principalement d’Amenemhat Ier et constituent le plus important ensemble lapidaire au nom de ce souverain. De nombreux blocs apportent un éclairage sur les développements architecturaux et théologiques du site à la fin de la XVIIe dynastie (stèle au nom de Kamosis) et au Nouvel Empire (étude par Sébastien Biston-Moulin) : monuments de Thoutmosis III et d’Hatchepsout (martelée), texte annalistique, piliers osiriaques de Thoutmosis III et de Séthi II, statuaire privée de la fin de l’époque amarnienne-début de l’époque ramesside, programme de restauration du pylône Nouvel Empire sous Ramsès Ier. En outre, plusieurs blocs aux noms d’empereurs romains (Auguste, Néron, Vespasien, Hadrien) ont été mis au jour.

Les niveaux archéologiques atteints au fond des fosses de fondations respectives du naos et du « pronaos » ont révélé la présence de structures en briques crues et de foyers, largement entamés lors de la mise en place des premières assises de fondation. Les ensembles céramiques datent cette occupation de l’Ancien Empire (IVe-VIe dynasties). En bordure du temple, des niveaux du Moyen Empire ont également été repérés.

À l’extérieur de l’emprise moderne du site, les travaux concernent la porte d’Antonin le Pieux (« Bab el-Maganîn ») et les nombreux blocs gisant à proximité, de même que l’étude archivistique du mammisi aux noms de Césarion et Cléopâtre VII détruit en 1860-1861.

Perspectives

L’étude d’un site sur la longue durée, de l’Ancien Empire à la période romano-byzantine, c’est-à-dire sur près de trois millénaires, constitue une formidable opportunité pour saisir les évolutions topographiques, architecturales et théologiques d’un temple égyptien majeur de la région thébaine. Les résultats extrêmement stimulants obtenus ces dernières années conduisent à envisager la poursuite du programme Ermant, dont les objectifs se déclinent ainsi :

– la poursuite des fouilles apportera une meilleure connaissance de l’histoire d’un temple majeur de Haute Égypte et du territoire qui l’a accueilli ; les analyses architecturales, épigraphiques et céramologiques produiront des données essentielles sur l’évolution du site ;

– les ensembles épigraphiques déjà réunis et ceux qui ne manqueront pas d’être révélés par la poursuite des fouilles assureront la production et l’édition de sources hiéroglyphiques inédites (à verser aux études sur l’histoire et les théologies thébaines, la prosopographie, etc.) ;

– le projet d’étude du site d’Ermant est volontairement inscrit dans une dimension géographique, au niveau local mais également au niveau régional, en lien avec les sites voisins de la région thébaine, en particulier Tôd, Karnak et Médamoud, trois autres sites majeurs consacrés au dieu Montou-Rê ;

– enfin, les recherches épigraphiques et archéologiques sont intimement associées à la préservation et à la mise en valeur du site ; le programme de restauration des blocs épars et des structures en place sera poursuivi, l’accent pouvant être porté sur des projets ponctuels d’anastylose d’ensembles lapidaires.

Christophe Thiers (CNRS, UMR 5140)

أُجريت الحفائِر الأثريَّة الأولى في أرْمَنْت تحت رعاية جمعية استكشاف مصر بمعرفة روبرت موند وأوليڨر همفريز مايرز في أعوام ١٩٣٠-١٩٤٠، أولًا في بوخيوم (مدافن الثيران المُقدَّسة)، ثم في موقع المعبد الرئيس لمونتو-رَعْ. وفي الجزء الخلفيّ من الصَّرح الذي يعود للدولة الحديثة، قام الأثريَّان بالتنقيب في قرية قِبْطيَّة وكشفا جزئيًّا عن أرضيَّةٍ واسعةٍ لأساس المعبد البطلميّ؛ كنتيجة لعمليَّة إزالة الأحجار الهائلة للبناء، والتي تمَّت بِدءًا من القرن الخامس. تابَع المجلس الأعلى للآثار أعمال البحث خلال ثمانينيَّات وتسعينيَّات القرن الماضي؛ مما كشف بصفةٍ خاصَّةٍ عن مجموعة من السراديب. وفي عامَيّْ ٢٠٠٢ و٢٠٠٣، تحت رعاية المعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة، ومن خلال بعثتين قصيرتين بقيادة كريستوف تيير ويوري ﭬولوكين، تم نَسْخ ونَشْر نصوص هذه السراديب المُؤرَّخة من عصر بطليموس الثاني عشر، نيوس ديونيسوس (٨٠-٥١ ق. م.). غير أنه بِدءًا من ٢٠٠٤-٢٠٠٥، تطوَّرت الأعمالُ في محاولةٍ لمعاينةِ وفهمِ مُجمَل الآثارِ المنتشرةِ في المدينة، واقتراح تحليلٍ معمارىّ وطوبوغرافىّ وإبيجرافي لبقايا المعبد الرئيس للإله مونتو. وبالتزامن مع هذه الأعمال، تم البِدْءُ في جردِ الكُتَلِ المتناثرةِ المنتشرةِ في الموقعِ مع برنامجِ ترميمٍ وحفظٍ للبقايا الأثريَّة.

النتائج الرئيسة

السمة الفريدة الأساسيَّة للجزء البطلميّ («ناووس») من معبد أرمنت هو أنه يقدم مستوًى من المرور أسفل الأرض؛ حيث تسمح مساحاته (القاعات، السراديب، المَمَرّ السِّرِّيّ وتجاويف الأساس) والجدران الرئيسة بمعاينة وفهم تنظيم قاعات المعبد. فبعد رسم خريطة طُبُوغرافيَّة عامًّة، كان لزامًا الاضطلاع بتحليل الأرضيَّة الواسعة الخاصَّة بأساس المبنى البطلميّ والرومانيّ. وقد قادت عملية طويلة من إزالة الأنقاض إلى وضعِ خريطة أوليَّة للمعبد بمعرفة پيير زينياني، وتحليل المعبد في السياق العام لبناء آخرِ المعابدِ الكبرى في مصر السفلى. وهكذا تشابهت الخريطة ونِسَب الأبعاد بشكلٍ مذهلٍ مع خريطة ونسبِ أبعادِ معبدِ دَنْدَرَة.

كما أسفر التنقيب في مستويات الهدم وعملية إزالة الأحجار عن اكتشاف العديد من الكُتَل المنقوشة، وعناصر تماثيل مَلَكيَّة وخاصة أُعيد استخدامها في الأساسات. وهكذا، تم اكتشافُ عددٍ من الأحجار التي تخصُّ معابد الدولة الوسطى (ليليان پوستيل)؛ يرجع تاريخها أساسًا إلى أمنمحات الأول وتُشكِّل أهمَّ مجموعةٍ حجريَّةٍ باسم هذا الملك. تُسلِّط الكثيرُ من الكُتَل الضوءَ على التطوُّرات المعماريَّة واللاهوتيَّة للموقع في نهاية الأسرة السابعة عشرة (لوحة باسم كامُس) وكذلك في عصر الدولة الحديثة (سباستيان بيستون-مولان)، ألا وهي آثار لتحتمس الثالث ولحتشبسوت، وأعمدة أوزيريَّة لتحتمس الثالث ولـ «سيتى الثاني»، وتماثيل خاصَّة من نهاية فترة العَمَارِنَة-بداية الرَّعَامِسَة، وبرنامج ترميم الصَّرح الذي ينتمي للدولة الحديثة تحت حكم رمسيس الأول. كما تم اكتشاف الكثير من الكتل التي تحملُ أسماءَ الأباطرةِ الرومان الذين لم يكن قد أُشير إليهم حتى الآن في الموقع (أغسطس، نيرون، ﭬيسپاسيان، هادريان).

أتاح لنا الإظهار الجُزْئيّ لنطاقِ «مُقدِّمة المعبد» والناووس، ملاحظةَ المستوياتِ الأثريَّة التي تمَّ بلوغُها أثناء نَقْب حُفَر الأساس لكُلٍّ من الكيانيْن المعماريَّيْن. كشفت هذه المستوياتُ عن وجودِ هياكلَ من الطوبِ اللَّبِن ومساكن، تمَّ البِدْءُ فيها إلى حَدٍّ كبير مع وضع قواعد الأساس الأولى. وتُؤرِّخ مجموعاتُ الخَزَفْ هذا الإشغال لعصر الدولة القديمة (الأسرتان الخامسة والسادسة).

أما خارج النطاق الحديث للموقع، تركَّزت الأعمالُ أيضًا على بوَّابة أنطونيوس پيوس («باب المجانين») وعلى الكثير من الكتل المتناثرة المُلقَاة على مقربة منها، بالإضافة إلى الدراسة الوثائقيَّة الخاصة ببيت الولادة الذي يحمل اسمَيّْ قيصرون وكليوپاترا السابعة والذي تهدَّم في ١٨٦٠-١٨٦1.

الآفاق

دراسةُ موقعٍ ما على المدى الطويل، من الدولة القديمة إلى الفترة الرومانيَّة-البيزنطيَّة، أى ما يقرب من ثلاثة آلاف سنة، هي فرصة عظيمة لفهم التطورات الطبوغرافيَّة والمعماريَّة واللاهوتيَّة لمعبدٍ مصريٍّ رئيسٍ في منطقة طِيبَة. وقد دفعتنا النتائج المُحفِّزة للغاية التي توصلنا إليها في السنوات الأخيرة إلى النظر في مواصلة برنامج أرمنت، والذي يمكن إيجاز أهدافه فيما يلي:

– استمرارُ الحفائِر، والتي سوف تتيحُ معرفةً أفضلَ لتاريخِ معبدٍ رئيسٍ في مصر السفلى والإقليم الذي قام باستقباله؛ كما ستقدمُ التحليلاتُ المعماريَّة والإبيجرافيَّة والخَزَفيَّة (رومان ديڤيد وسيلڤي مارشان) بياناتٍ أساسيَّةً عن تطور الموقع؛

– المجموعات الإبيجرافيَّة التي تمَّ تجميعُها بالفعل وتلك التي لن نتأخر في الكشف عنها من خلال استمرار الحفائِر، سوف تضمن إنتاجَ ونشرَ المصادرِ الهيروغليفيَّةِ غير المعروفة (لدفع الدراسات الخاصَّة بالتاريخ واللاهوت الطِّيبِيّ، إلخ)؛

– مشروعُ دراسةِ موقع أرمنت مُدرَجٌ في نطاقٍ جغرافيّ، ليس فقط على المستوى المحليّ ولكن أيضًا على المستوى الإقليميّ لاتصاله بالمواقع المجاورة لمنطقة طِيبَة؛ وعلى الأخصِّ طود والكرنك ومَدَامُود، وهي ثلاثةُ مواقع رئيسة أخرى مُخصَّصة للإله مونتو رع؛

– أخيرًا، ترتبطُ الأبحاثُ الإبيجرافيَّة والأثريَّة ارتباطًا وثيقًا بالحفاظ على الموقع وتطويره؛ سوف يستمر برنامج ترميم الكتل المتناثرة والهياكل القائمة، مع التركيز على مشروعات دقيقة لإعادة تركيب مجموعات صقل الأحجار.

كريستوف تيير (المركز الوطنيّ للبحث العلمي، UMR 5140)

Bibliographie