Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

*Tôd


flèche chronologique de -2650 à 390 env.

Le Palladium thébain - carte schématique
Le Palladium thébain

Nom du site : Tôd طود

Noms anciens : Ḏrty, Tuphium

Responsable : Christophe Thiers (égyptologue, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III).

Collaborations : Lilian Postel (égyptologue, HiSoMA, CNRS-Univ Lyon 2), J.-Fr. Gout (photographe, IFAO), Hassan el Amir (restaurateur, IFAO), Sophie Duberson (restauratrice).

Partenariats : CSA, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III.

Dates du chantier : les missions de terrain sont achevées.

Implanté à une vingtaine de kilomètres au Sud de Louqsor, le site de Tôd a fait l’objet de fouilles archéologiques intenses dès 1934, sous les auspices de l’Ifao, puis du Musée du Louvre. Cette collaboration a conduit à plusieurs volumes et articles consacrés à l’histoire du site, dont les attestations royales s’étendent d’Ouserkaf (Ve dynastie) à Antonin le Pieux (138-161). Pour autant, les principaux états du temple de Montou couvrent les XIe et XIIe dynasties et l’époque ptolémaïque et romaine.

Historique des fouilles

Tôd, vue générale
Tôd, vue générale

Dans le prolongement des travaux de l’Ifao entrepris à Médamoud, Fernand Bisson de la Roque décida d’ouvrir un chantier à Tôd en 1933 ; il publia les résultats des campagnes de 1934-1946 et reprit les travaux sur le site après la seconde guerre mondiale jusqu’en 1950. Sous la responsabilité de Christiane Desroches Noblecourt, le Musée du Louvre rouvrit le chantier entre 1979 et 1991, tâche qui fut poursuivie par Bernadette Letellier et Geneviève Pierrat.

Les premiers relevés des textes du temple ptolémaïque et romain ont été effectués par Étienne Drioton, Georges Posener, Jacques Vandier durant les campagnes de fouilles de 1934 à 1936. En 1974, Serge Sauneron confia l’édition à Jean-Claude Grenier, un premier fascicule parut en 1980. Christophe Thiers reprit en 1998 l’étude épigraphique. Après trois campagnes de terrain, il livra pour publication le second fascicule (paru en 2003), clôturant ainsi l’édition du temple proprement dit. À partir de 2002, le travail épigraphique a concerné les centaines de blocs épars présents sur le site, dont la plupart ont ont été découverts lors des fouilles de F. Bisson de la Roque. C’est à partir du registre de l’archéologue et d’un premier inventaire réalisé par l’équipe du Musée du Louvre que le catalogage des blocs ptolémaïques et romains a pu se faire. À partir de 2003, Lilian Postel a pris en charge l’étude des blocs des temples du Moyen Empire à la XVIIe dynastie. La dernière campagne de terrain a été effectuée en janvier 2007.

Découverte du “Trésor de Tôd“
Découverte du « Trésor de Tôd »

À l’exception du pilier d’Ouserkaf (qui ne mentionne ni Tôd ni Montou) et de fragments de reliefs qui seraient antérieurs à la XIe dynastie, le premier temple dont on a retrouvé des vestiges est celui fondé vers 2050 av. n. ère par Nebhépetrê Montouhotep II. Des travaux ont été poursuivis sous le règne de Séânkhkarê Montouhotep III. Aux rares témoignages de Séhotepibrê Amenemhat Ier, succède un nouveau temple, bâti par Sésostris Ier, dont ne subsiste que la paroi de façade et de nombreux fragments épars, ainsi que des éléments de montants de porte en granite. Sur la façade de ce temple, Sésostris Ier fit graver une longue inscription livrant un discours du roi suivi d’un éloge prononcé par ses courtisans, et un passage faisant allusion aux troubles engendrés par la mort d’Amenemhat Ier. Les successeurs de Sésostris Ier n’apportèrent que de rares ajouts au monument. Pourtant, probablement sous le règne d’Amenemhat II, les prêtres de Tôd enfouirent dans les fondations du temple de Montou quatre coffres de cuivre inscrits au nom de ce roi, dans lesquels ils disposèrent des coupelles d’argent pliées, des barres et des anneaux-lingots d’argent réunis en chaînes, une coupelle et des lingots d’or et du lapis-lazuli brut ou manufacturé ainsi que des sceaux-cylindres mésopotamiens ; l’analyse de cet ensemble tend à lui accorder une origine égéenne ou syro-anatolienne (coupelles) et proche-orientale ; l’argent vient quant à lui de Grèce du Nord et d’Anatolie.


Fragment de paroi de Séânkhkarê Montouhotep III, calcaire, XIe dyn.
Fragment de paroi de Séânkhkarê Montouhotep III, calcaire, XIe dyn.

Sous le règne de Thoutmosis III, une chapelle reposoir fut installée devant le temple, sur la bordure nord de l’axe du dromos. Ce monument fit l’objet d’une attention particulière par les souverains ramessides, comme l’attestent les différentes dédicaces de restauration.

C’est contre le temple de calcaire de Sésostris Ier, et vraisemblablement en y adjoignant des modifications internes, que les bâtisseurs ptolémaïques édifièrent deux vestibules en grès, dont la décoration porte les noms de Ptolémée VIII Évergète II (145-116), Ptolémée X Alexandre Ier (107-88), Ptolémée XII Néos Dionysos Aulète (80-51) et Cléopâtre VII (51-30) ; après une longue interruption, la décoration fut reprise sous Antonin le Pieux (138-161), notamment pour ce qui concerne les parois extérieures. Les reliefs accordent une large place à Montou, maître des lieux, et à sa compagne, Rattaouy, à laquelle est consacrée la salle dite des déesses. Cette salle donnait accès à une série de cryptes portant les représentations de près de 120 statues et objets cultuels, dont une évocation du naos d’or de Sésostris Ier. Signalons que deux pylônes miniatures inscrits aux noms de Ptolémée IV Philopator (221-205) furent installés à la base intérieure de la rampe du quai-tribune, relié au temple par un dromos.

Sur l’emplacement du temple de Sésostris Ier, la communauté chrétienne de Tôd implanta une église et réutilisa massivement les pierres du temple de Montou.

Perspectives

Publication des ensembles lapidaires ayant appartenu aux temples du Moyen Empire à la XVIIe dynastie et de l’époque ptolémaïque et romaine, d’après les fac-similés réalisés à l’éch. 1:1 sur films plastiques.

Bibliographie

  • Adam J.-P., Pierrat-Bonnefois G., « La chapelle de Thoutmosis III à Tôd », Karnak 11, 2003, p. 65-132.
  • Benazeth D., Tôd. Les objets de métal, San Antonio, 1991.
  • Bisson de la Roque F., Tôd (1934 à 1936), FIFAO 17, Le Caire, 1937.
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  • Desroches Noblecourt Chr., « Les nouvelles fouilles de Tôd », BSFE 93, 1982, p. 5-20.
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  • —, « Ptolémée Évergète II et Cléopâtre II d’après les textes de Tôd », dans N. Bonacasa, A. di Vista (éd.), Alessandria e il mondo ellenistico-romano. Studi in onore di Achille Adriani 1, StudMat Instituto di archeologica, Università di Palermo 4, Rome, 1983, p. 32-37.
  • Pierrat G., « Essai de classification de la céramique de Tôd, de la fin du VIIe siècle au début du XIIIe siècle apr. J.-C. », CCE 2, 1991, p. 145-204.
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  • Pierrat G., en collaboration avec M. Étienne et S. Guichard, « Fouilles récentes du Musée du Louvre à Tôd », dans Atti del sesto congresso internazionale di egittologia 2, Turin, 1992, p. 505-511.
  • Pierrat G., Étienne M., Leconte D., Barbotin Chr., avec la collaboration de J.-P. Adam et S. Guichard, « Fouilles du Musée du Louvre à Tôd, 1988-1991 », Karnak 10, 1995, p. 405-502.
  • Pierrat G., Lecuyot G., « Corpus de la céramique de Tôd. Fouilles 1980-1983 et 1990 », CCE 7, 2004, p. 145-209.
  • Postel L., « Fragments inédits du Moyen Empire à Tôd (mission épigraphique de l’Ifao) », dans J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Actes du IXe Congrès international des égyptologues, Grenoble, 6-13 septembre 2004, OLA 150, Louvain, 2007, p. 1539-1550.
  • Rutschowscaya M.-H., « Fouilles du musée du Louvre à Tôd (Haute-Égypte). Structures et matériel », dans W. Godlewski (éd.), Coptic Studies. Acts of the Third International Congress of Coptic Studies, Warsaw, 20-25 August 1984, Varsovie, 1990, p. 383-391.
  • Thiers Chr., Tôd. Les inscriptions du temple ptolémaïque et romain II-III. Textes et scènes nos 173-329, FIFAO 18.2, Le Caire, 2003.
  • —, « Fragments de théologie thébaine. La bibliothèque du temple de Tôd », BIFAO 104, 2004, p. 553-572.
  • —, « Missions épigraphiques de l’Ifao dans les villes méridionales du Palladium thébain », dans J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Actes du IXe Congrès international des égyptologues, Grenoble 6-13 septembre 2004, OLA 150, Louvain, 2007, p. 1807-1816.

Bibliographie détaillée : Voir lien web externe ci-dessous.

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