Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Baouît

Baouît
باويط
Le monastère de Saint Apollô au nord d’Assiout (fin du IVᵉ s)
baouit
lien DOI doi10.34816/ifao.de5c-9a16
lien IdRef IdRef050373641
Missions Ifao depuis1901
carte et chronologie des sites étudiés par l’Ifao

Fouilles du monastère de Baouît – Moyenne ÉgypteOpération de terrain 17126

Responsables(s)

Gisèle Hadji-Minaglou (IFAO)
• Florence Calament (Musée du Louvre)

Partenaires

Musée du Louvre

Cofinancements

Musée du Louvre

Dates des travaux

mars - avril

Participants
Gisèle Hadji-Minaglouarchéologue-architecteIfao
Ebeid Hamed Mahmoudconservateur restaurateurIfao
Ihab Mohammed IbrahimphotographeIfao
Florence Calamentépigraphistemusée du Louvre
Roberta Cortopassispécialiste des tissusmusée du Louvre
Cédric Meuricespécialiste de la sculpturemusée du Louvre
Delphine DixneufcéramologueCNRS LA3M Aix
Paul Bailetarchéo-anthropologueLaboratoire d’Anthropologie de Draguignan
Héléna Rochardspécialiste des peinturesEPHE
Alice CétoutdessinatriceInrap
Bruno Szkotnickirestaurateur (Paris)
Alanna Troconis-Nobletarchitecte (Grasse)
Isabelle Marthotpapyrologueuniversité de Bâle
Eleni EfthymiouarchéologueMinistère de la culture de Grèce
Alexandra KonstantinidoucéramologueMinistère de la culture de Grèce
Anna Południkiewiczcéramologueuniversité de Varsovie
Abdullah Ali HarbrestaurateurMoTA/SCA
Sayed Awad MohamedarchéologueMoTA/Inspectorat du Fayoum/SCA
L’église nord, vue de l’est. © Ifao/Louvre/J.-L. Bovot (cliché Ifao nu_2005_04891).
L’église principale, vue de l’est. © Ifao/Louvre/I. Mohamed Ibrahim (cliché Ifao nu_2018_07186).
Salle 7 du bâtiment 1 : décor de la voûte, naissance nord. © Ifao/Louvre/G. Poncet.
Secteur nord : le bâtiment 1, vu de l’ouest. © Ifao/Louvre/G. Poncet (cliché Ifao nu_2009_06409).
Église principale : l’angle sud-ouest du narthex. © Ifao/Louvre/I. Mohamed Ibrahim (cliché Ifao nu_2017_06778).
Les archanges Michel et Gabriel. © Ifao/Louvre/G. Poncet (cliché Ifao nu_2009_06186).
 
 

C’est Jean Clédat qui découvre le site, alors que, pensionnaire à l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao), il travaille au relevé des tombes de Meïr. Au début de 1901, il mène une prospection de ce qui doit être pour lui un monastère, qu’il identifiera par la suite à celui d’Apa Apollô. À la fin de cette même année, il entreprend une fouille officielle de l’Institut, aidé d’Émile Chassinat et de Charles Palanque. Les découvertes les plus considérables ont lieu dans les premiers mois de l’année 1902 : plus d’une trentaine d’ermitages, cellules de moines et oratoires, décorés de peintures, que J. Clédat nomme « chapelles », et deux églises, dites sud et nord, sont mis au jour. De 1903 à 1905, J. Clédat poursuit ses recherches sur le site en se concentrant sur l’étude des peintures, dont il exécute des copies à l’aquarelle, révélant ainsi au monde scientifique un nouvel art copte. Après quelques années d’interruption, les fouilles sont reprises en 1913 par Jean Maspero, qui découvre d’autres espaces, notamment une salle commune, et relève un grand nombre d’inscriptions. Le site est de nouveau abandonné jusqu’à ce qu’en 1976, puis 1984 et 1985, l’Organisation des Antiquités égyptiennes (OAE) intervienne, mettant au jour un ermitage et de nouvelles peintures murales. Les recherches sur le terrain reprennent en 2002, sous l’égide de l’Ifao et du musée du Louvre. L’église nord et l’église sud sont localisées dans la partie centrale du kôm.

Dès 2003, les efforts portent sur l’église nord, qui est complètement dégagée en 2005 sous la direction de Dominique Bénazeth. L’édifice mesure 20,10 x 12,20 m et son espace intérieur est divisé en deux parties inégales. À l’est, le sanctuaire est subdivisé en deux espaces séparés par une barrière en bois s’appuyant contre deux piliers cruciformes : dans la moitié est, l’emplacement de l’autel est indiqué par des bases de colonne, tandis que dans la moitié ouest, on reconnaît un khurus. La présence d’un khurus indique que l’édifice est postérieur au milieu du VIIe s. Ce khurus s’ouvre sur trois nefs. Les colonnes séparant les nefs, au nombre de quatre au total, sont alignées sur les colonnes du khurus et les piliers cruciformes du sanctuaire. Les murs de l’église sont en briques cuites et en briques crues et son pavement est fait de dalles de calcaire. Le décor architectural de l’église nord se composait d’éléments en pierre et d’éléments en bois sculpté et peint. Les murs de l’édifice, mais aussi les colonnes et piliers étaient décorés de peintures, dont certaines sont encore visibles. Les graffiti retrouvés dans l’église indiquent qu’elle était dédiée à l’archange Michel.

Parallèlement, l’équipe travaille dans la partie nord du kôm, à proximité des structures fouillées par J. Maspero et par l’OAE, où elle met progressivement au jour une construction à usage d’habitation datée de la première moitié du VIIe s. Cet ensemble, fouillé par Marie-Hélène Rutschowscaya et Ramez Wadie Boutros, compte plusieurs pièces disposées autour d’une cour. Sur le côté ouest, quatre pièces, non communicantes, s’ouvrent sur la cour : la plus au sud contrôle l’accès au bâtiment. Sur le côté nord, deux pièces encadrent un couloir menant à une cuisine. Sur le côté est se trouve un ensemble de cinq salles voûtées. Les murs et la voûte de la plus grande d’entre elles (salle 7) sont décorés de peintures murales. Sur le côté nord de la pièce, les peintures de la voûte, dont le sommet s’est effondré, représentent les épisodes de la naissance du Christ. Sur son côté sud, la voûte montre une série de personnages parmi lesquels on reconnaît deux des fondateurs du monastère de Baouît et neuf prophètes. La naissance de la voûte est marquée par une frise géométrique au nord et une frise de méandres alternant avec des oiseaux au sud, tandis qu’au sommet figuraient des paons. Les murs nord, sud et ouest sont décorés d’un réseau de losanges abritant chacun un élément végétal. Le mur est, dont seule la partie inférieure est conservée, comporte trois niches. Le décor de la plus grande, située au milieu du mur, a été retrouvé dans les gravats : il représente le Christ entouré de séraphins et des symboles des quatre évangélistes. Deux consoles en bois peint représentant les archanges Michel et Gabriel étaient à l’origine encastrées de part et d’autre de la niche.

À partir de 2008, Gisèle Hadji-Minaglou et son équipe lancent la fouille d’une nouvelle construction dans le secteur des églises. Cette construction avait été repérée dès 2005 au sud de l’église sud, grâce à la prospection magnétique ; son plan basilical, ses dimensions et sa situation au centre du kôm en font l’église principale du monastère. Construite à la fin du VIe ou au début du VIIe s., c’est une basilique à trois nefs de dimensions générales 21 x 40 m. Le sanctuaire est divisé en trois sections, le bêma et deux pièces latérales ; les nefs comptaient à l’origine deux séries de huit colonnes et aboutissaient à un narthex. Son plan a été modifié à plusieurs reprises : une grande partie du mur sud a été reconstruite avec des remplois et certaines colonnes des nefs ont été englobées dans des piliers ; un khurus a été ajouté au milieu du viie s. Les murs de l’église sont construits en briques cuites avec un parement extérieur en blocs de calcaire. Les blocs sont laissés nus et le parement intérieur en briques est enduit à la chaux. Les murs de l’église étaient à l’origine couverts de peintures. Quelques-unes sont conservées sur le mur nord et dans les niches du narthex. À en juger par le grand nombre de fragments d’épistyles, de frises, de chapiteaux et de jambages trouvés dans le sable qui recouvrait l’édifice, le décor architectural sculpté, tant en bois qu’en pierre, devait être riche et varié.

Gisèle Hadji-Minaglou (Ifao)

ﭼـان كليدا هو مكتشف هذا الموقع عندما كان باحثًا مقيماً بالمعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة حيث عمل على الرفع الأثريّ لمقابر مير. وفي بداية عام 1901، قام بعمليَّاتِ قياسِ مسحٍ لما كان يعتقد أنه أحد الأديرة، حدده فيما بعد بأنه دير الأنبا أپوللو. وفي نهاية العام ذاته، بدأ كليدا عملية تنقيب رسميَّة للمعهد الفرنسيّ للآثار، بمساعدة إميل شاسينا وشارل پالانك. وجاءت الاكتشافات الأكثر أهميَّةً في الشهور الأولى من عام 1902: أكثر من ثلاثين صومعة، قلايات للرهبان، وخواريس مُزيَّنة بلوحاتٍ أسماها كليدا «كنائس صغيرة». كما كُشِفَ عن كنيستين إحداهما جنوبيَّة والأخرى شماليَّة. وفي الفترة ما بين 1903 إلى 1905، استكمل كليدا أبحاثه في الموقع مُركِّزًا جهودَه على دراسةِ الرسوم التي نفَّذَ منها نُسخًا بالألوان المائيَّة، كاشفًا بذلك للأوساط العلميَّة عن فنٍّ قِبْطيٍّ جديد. وبعد عدة سنوات من التوقُّف، استكمل ﭼـان ماسپيرو، في 1913، أعمال التنقيب مكتشفًا أماكن أخرى؛ وعلى وجه الخصوص إحدى القاعات المشتركة وقام برفعِ عددِ كبيرٍ من النقوش. ثمَّ هُجِرَ الموقعِ مرةً أخرى حتى تدخَّلت الهيئةُ المصريَّةُ للآثار في 1976، ثم 1984 و1985 لتكتشفَ صومعةً، ولوحاتٍ جداريَّةً جديدة. ثم استُؤنِف البحثُ من جديد في 2002، تحت رعاية المعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة ومتحف اللوڨر؛ حيث تم تحديد موقع الكنيستيْن الشرقيَّة والغربيَّة في الجزء الأوسط من الكوم.

وبدايةً من 2003، توجهت الجهود للكنيسة الشماليَّة، التي تمَّ إظهارها بشكلٍ كاملٍ عام 2005، تحت إدارة دومينيك بينازيت. وتبلغ مساحة المبنى 20,10 × 12,20 م، ومساحتُه الداخليَّة مقسمةٌ إلى جزءَين غير متساويَيْن. ومن ناحية الشرق، الهيكلُ مقسَّمٌ إلى جزءين بحاجزٍ من الخشب مرتكزٍ على عموديّ إرتكاز على شكل صُلبان: في النصف الشرقيّ مكان الهيكل مشار إليه بقواعد أعمدة، في حين أن في الجزء الغربي يمكننا التعرُّف على «خورس». ووجود خورس يشيرُ إلى أن المبنى يعود إلى ما بعد القرن السابع. وهذا الخورس ينفتحُ على ثلاثةِ أَصْحَان، والأعمدةُ التي تفصل بين الأصحان، ومجموعها أربعة، تصطفُّ بمحاذاةِ أعمدة الخورس وأعمدة الإرتكاز المُتخِذَّة شكل الصليب بالهيكل. وقد بُنيت جدرانُ الكنيسةِ من الطوب الأحمر والطوب اللَّبِن، بينما الأرضيَّة من البلاط الجيريّ. أما الزخارفُ المعماريَّةُ للكنيسةِ الشماليَّة، فهي تتكونُ من عناصر من الحجر وعناصر من الخشب المحفور، والمُلوَّن. وجدرانُ الصرح، وكذلك الأعمدة وأعمدة الإرتكاز كانت مزخرفةً بالرسومِ التي لا يزالُ بعضُها ظاهرًا، وتشيرُ الكتاباتُ المنقوشةُ بالكنيسة إلى أنها كانت مُكرَّسةً للمَلاك ميخائيل. 

بالتوازيّ، يعملُ الفريقُ في الجزء الشماليّ من الكوم بالقرب من الهياكلِ التي نقَّب بها ﭼـان ماسپيرو والهيئةُ المصريَّةُ للآثار؛ حيث تقومُ تدريجيًّا باكتشافِ بنايةٍ سكنيَّةٍ تؤرِّخ للنصف الأوَّل من القرن السابع. وهذه المجموعةُ التي قام بالتنقيب بها كلٌّ من ماري هيلين روتشوڨسكايا ورامز وديع بطرس، تحوي عدةَ غُرفٍ تنتظمُ حول فناء. على الجانب الغربي، 4 غرف غير متصلة تفتحُ على الفناء، والغرفة التي تقع في أقصى الجنوب منها تتحكمُ في مدخل المبنى. على الجانب الشمالي، غرفتان تحدَّان ممرًا يقود إلى مطبخ؛ وفي الجانب الشرقي توجدُ مجموعةٌ من خمسِ قاعاتٍ ذاتِ قباب. جدرانُ وقُبَّة أكبر هذه القاعات (القاعة رقم 7) مُزيَّنةٌ برسومٍ جداريَّة؛ وعلى الجانب الشماليّ من الغرفة رسومُ القُبَّة التي انهارت قمَّتُها، وتمثل مشاهد ميلاد المسيح؛ وعلى الجانب الجنوبيّ تُظِهرُ القبةُ سلسلةً من الشخصيَّات، نتعرَّفُ من بينهم على اثنين من مُؤسِّسي دير باويط، وتسعة رسل. ومنبتُ القبَّةِ يحدده إفريزٌ ذو أشكالٍ هندسيَّة شمالًا، وإفريز من التعرُّجات بالتبادلِ مع طيورٍ جنوبًا، في حين أنه في القمة توجد رسومُ طواويس. أما الجدرانُ الشماليَّة والجنوبيَّة والغربيَّة، فهي مُزيَّنةٌ بشبكةٍ من المُعيَّنات يحوى كلٌّ منها رسمًا لنبات. الجدارُ الشرقيّ، والذي لم يتبقَّ منه سوى الجزء السفلي، فهو يحوي ثلاث كَوَّات، أكبرُها وهي في الوسط، عُثِر عليها في الرُّكام، وهي مزينة برسمِ المسيحِ يحيطُه السِّيرافيم، ورموزٌ لكتاب الأناجيل الأربعة. بالإضافة إلى ذلك، هناك كتفان من الخشب المُلوَّن تمثلان رؤساءَ الملائكةِ ميخائيل وغبرائيل، كانتا في الأصل مثبتتان على جانبَى الكَوَّة. 

ومنذ عام 2008، بدأت چيزال حاﭼـى-ميناجلو وفريقُ العمل، التنقيبَ في مبنًى جديدٍ في قطاع الكنائس. وقد تم تحديد مكان هذه البناية منذ 2005، جنوب الكنيسة الجنوبيَّة بواسطةِ المَسْحِ المغناطيسيّ. تصميمُها الكنسيُّ، وأبعادُها، وموقعُها في وسط الكوم تجعل منها الكنيسة الرئيسة للدير، وقد بُنيت في نهاية القرن السادس أو بداية القرن السابع، وهي كاتدرائيَّة ذاتُ أصحانٍ ثلاثة، قياساتُها العامة 21 × 40 م، والهيكلُ مقسَّمٌ إلى ثلاثةِ قطاعات: البيما، وقاعتين جانبيتين. أما الأصحنُ، فكانت تضمُّ في الأصل مجموعتين من ثمانيةِ أعمدة تؤدِّى إلى مجازِ الكنيسة. وقد تمَّ تعديلُ تخطيطها عدَّة مرات: فأُعيد بناء جزء كبير من الجدار الجنوبيّ بأجزاءٍ أُعيد استخدامُها، ودخلت بعضُ أعمدةِ الأصحنِ ضمنَ تكوين أعمدة الركائز، وأُضيف خورس في القرن السابع الميلاديّ. جدرانُ الكنيسةِ مبنيَّةٌ من الطوب الأحمر ومكسوَّةٌ بكتل من الحجر الجيريّ تُركت عاريةً. أما التكسية الداخلية، فهي من الطوب المُغطَّى ببطانة من الجير. وجدرانُ الكنيسة كانت مُغطَّاةً في الأصل بالرسوم بعضُها محفوظ على الحائط الشماليّ وفي كَوَّاتِ الرُّوَاق. والعددُ الكبيرُ من قطَع التيجانِ والأفاريز والدعائم التي عُثر عليها في الرمال التي كانت تُغطِّى الصَّرْحَ تُنذرُ بأن الزخرفةَ المعماريَّةَ المنحوتة، سواء في الخشب أم الحجر، لا بُدَّ أنها كانت ثَرِيَّةً ومُتنوِّعة. 

چيزال حاﭼـي-ميناجلو (المعهد الفرنسيّ للآثار الشرقيَّة)

Bibliographie