Tabbet al-Guech (Saqqâra-sud)
Nom du site : Tabbet al-Guech طبة الجيش
Responsable : Vassil Dobrev (égyptologue, archéologue, IFAO).
Collaborations :
- Archéologues : Laurent Bavay (ULB), Quentin Vandevelde (ULB).
- Egyptologues, épigraphistes : Bernard Mathieu (University of Montpellier 3), Vassil Dobrev (IFAO), Yannis Gourdon (IFAO).
- Architectes : Pieter Collet, Daniel Parent (AFAN), Giulia Agrosi.
- Topographes : Damien Laisney (IFAO), Mohamed Gaber (IFAO).
- Céramologues : Laurent Bavay (ULB), Teodozja Rzeuska (Academy of Science, Warsaw), Mariola Orzechowska, Catherine Defernez, Anja Stoll.
- Anthropologues et spécialistes rayon X : Roxie Walker (Institute for Bioarchaeology, San Francisco), Salima Ikram (AUC), Roger Lichtenberg, Amira Chahin (Qasr El-Ayni University), Iwona Kozieradska (doctorante, Pologne-G.-B.), Annie Perraud (doctorante, France), Samia el-Merghani (CSA).
- Dessinateurs : Khaled Zaza (IFAO), Laïla Menassa (IFAO).
- Photographes : Jean-François Gout (IFAO), Sandro Vanini, Alain Lecler (IFAO), Mohammed Ibrahim (IFAO), Ehab Mohamed (IFAO).
- Documentaliste : Sabrina Mameche (ULB).
- Restaurateur : Abeid Mahmoud (IFAO).
- Géophysiciens (CNRS, Paris VI) : Christian Chamerlynck, Roger Guerin, Fayçal Rejiba.
- Géologues : Suzanne Reynaud (CNRS), Henri de la Boisse (CNRS), Farid Makroum (University of Mansoura).
Institution partenaire : CSA.
Dates du chantier : mi-septembre à fin décembre.
Le site de Tabbet al-Guech (abréviation = Tb) occupe, sur 1 km2, la partie nord de Saqqâra-Sud ; il peut être divisé en quatre quarts : Tb NE, Tb SE, Tb NW et Tb SW. La mission de l’IFAO est, depuis 2000, sur Tb NW, portion du site dont la surface s’étale sur 15 ha (la zone actuellement fouillée représente 1/4 d’hectare).
Problématique
La découverte de nombreuses pyramides de reines autour de la pyramide de Pépy I (1987-2007) a ouvert de nouveaux horizons pour les recherches historiques de la VIe dynastie. Toutefois, l’histoire memphite de cette dynastie bute actuellement sur un point précis : l’absence totale de pyramides de la moitié des pharaons attestés par les listes royales. La plus connue de ces listes, et certainement la plus fiable, est la Liste Royale d’Abydos (XIXe dynastie) qui mentionne les noms de huit pharaons à l’endroit où l’on s’attend à trouver les souverains de la VIe dynastie : Téti, Ouserkarê, Méryrê (Pépy I), Mérenrê I, Néferkarê (Pépy II), Mérenrê II, Nétjerkarê et Menkarê. Si les complexes pyramidaux de Téti, Pépy I, Mérenrê I et Pépy II ont été identifiés en 1880-1881, ceux des quatre autres pharaons restent inconnus à ce jour.
L’objectif principal des fouilles à Tabbet al-Guech est d’apporter une preuve archéologique de l’existence du complexe funéraire d’au moins un de ces rois manquants, complexe funéraire qui serait l’élément architectural central d’une nécropole remontant à la VIe dynastie.
Historique des fouilles
Le choix du site de Tabbet al-Guech – et plus particulièrement de son quart nord-ouest –, a été déterminé par plusieurs raisons. Il y a d’une part la position géographique très favorable, entre les pyramides de Djoser et Ounas au nord et celles de Pépy Ier et Mérenrê Ier au sud, ce qui constitue un lieu probable pour l’établissement d’un monument royal. Un second argument qui a poussé à se diriger vers ce site est son emprise de 15 ha, surface suffisamment grande pour accueillir une pyramide royale et son temple funéraire (environ 2 ha), mais aussi l’indispensable nécropole des particuliers dont les tombes sont généralement placées autour du tombeau du pharaon.
Les dernières campagnes de fouilles (2000-2007) ont démontré que sur le site se trouve une nécropole de la VIe dynastie, nécropole qui n’avait pas encore été repérée jusqu’à présent. La découverte de cette nécropole de l’Ancien Empire a été accompagnée par celle d’une nécropole de la Basse Époque.
La mission a concentré ses efforts dans l’angle sud-est du site. La zone actuellement fouillée est un carré de 50x50 m, ce qui représente le quart d’un hectare, une superficie infime par rapport à la surface totale de la nécropole qui s’étale sur 15 ha. Même s’il s’agit d’un espace assez limité, l’occupation y est très dense.
Tombes de l’époque de l’Ancien Empire.
Cinq murs d’enceinte en briques crues, dont la taille varie de 4x8 m à 7x10 m (ht. max. de 3 m), protègent des cours à ciel ouvert taillées dans la montagne, où se trouve l’accès aux chapelles des tombes ; de nombreux puits funéraires sont placés soit dans les cours, soit à l’intérieur des chapelles. Ce type d’architecture funéraire, un groupement de tombes protégées par un mur d’enceinte, est appelé par les Égyptiens per-djet (maison d’éternité). Trois des cinq maisons d’éternité actuellement identifiées sont en cours de dégagement et de restauration ; il s’agit de celles de Khnoumhotep, de Pépyânkh et de Khoui. Les travaux dans le per-djet de Khnoumhotep sont les plus avancés : la cour donne accès à cinq chapelles, dont celle – réutilisée – de Haounéfer, connue par ses magnifiques reliefs polychromes, et celle de Khnoumhotep, où douze statuettes en calcaire à son image ont été trouvées.
Seul un tiers des trente-trois puits découverts a été fouillé. Dans le per-djet de Pépyânkh, qui est postérieur à celui de Khnoumhotep, le seul espace dégagé est la cour, où au moins cinq puits ont été identifiés. Les quatre chapelles de cette maison d’éternité n’ont pas encore été fouillées. Chronologiquement parlant, le per-djet de Khoui, découvert en février 2006, semble être le plus ancien. Au moins trois chapelles et déjà 15 puits appartiennent à cet ensemble ; au milieu de la cour, à presque un mètre au-dessus du sol d’origine, se trouve le mastaba-maison intact de Khnoumredioui, datable de la Première Période intermédiaire.
Tombes de la Basse Époque.
La mission archéologique a pu mettre au jour la tombe d’un grand personnage, probablement celle de Patchaouef(em)aouineith, propriétaire de deux magnifiques oushebtis de la XXVIe dynastie qui ont été découverts près de la chapelle-temple de la tombe.
La fouille de la nécropole tardive a permis de mettre au jour une trentaine de petits mastabas en briques crues, très souvent intacts et dont la taille varie de 1,5x2 m à 2x4 m (ht. max. = 0,30 m), ainsi qu’une cinquantaine d’enterrements placés dans le sable (les corps momifiés ou non peuvent être déposés dans des sarcophages constitués d’éléments de calcaire réutilisés, dans des cercueils en bois ou en poterie, dans des nattes végétales, ou alors directement dans le sable).
Perspectives
Les travaux de dégagement de la totalité des puits dans le per-djet de Khnoumhotep achevés, il restera à faire la fouille et la restauration des maisons d’éternité de Pépyânkh et de Khoui avec leurs nombreux puits funéraires et chapelles. La fouille du mastaba-maison de Khnoumredioui sera essentielle pour mieux comprendre l’occupation de la Première Période intermédiaire, une époque encore mal connue à Saqqâra-Sud. Le dégagement du puits saïte demandera la mise en œuvre d’importants moyens. Si un tiers de la trentaine de petits mastabas de la Basse Époque a été fouillé, la fouille complète du mastaba M15 s’avérera probablement intéressante puisque cette structure a d’ores et déjà produit une découverte exceptionnelle : celle d’une stèle funéraire en calcaire d’une femme et gravée d’une inscription de six lignes en araméen.
Bibliographie sélective
- V. Dobrev, « A New Necropolis from the Old Kingdom at South Saqqara », dans M. Bárta (éd.), The Old Kingdom Art and Archaeology. Proceedings of the Conference held in Prague, May 31 - June 4, 2004, Prague, 2006, p. 127-131, pl. III-IV.
- V. Dobrev, « Old Kingdom Tombs at Tabbet al-Guesh (South Saqqara) », dans Proceedings of the Symposium Abusir and Saqqara in the Year 2005 (June 27 - 30, 2005) , Prague, sous presse.
Liens web
- Mission archéologique française de Saqqâra
- Fouilles de l'Institut tchèque d’égyptologie à Abousir
- Fouilles de l'Australian Centre for Egyptology (N. Kanawati)
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