Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

*Sinaï holocène


flèche chronologique de -6000 à -2000 env.

Noms des sites concernés : Abu Zurub أبو زروب, Ayn Shalalla عين شلالة, Ouadi Umm el-Girdan وادى أم الجردان, Umm Ergam أم أرجام

Responsable : François Paris (préhistorien, UMR 6636, CNRS/univ. Provence/univ. Grenoble/Ministère Culture/IRD).

Collaborations : Damien Laisney (topographe, IFAO), Michel Wuttmann (archéologue, resp. du laboratoire de restauration et de C14, IFAO), Sylvie Marchand (céramologue, IFAO), Jean-François Saliège (géochimiste, UMR LOCEAN, CNRS/Univ. Pierre et Marie Curie), Marc Souris (informaticien, IRD), Hala Barakat (archéobotaniste, Université du CaireCULTNAT), Francis Berteaux (hydrogéologue), Franck Derrien (Géographe, Chercheur associé au Cedej de Khartoum, CEDEJ), Sami Abdel Malek (archéologie médiéviste, CSA), Jean-François Richard (géographe, IRD).

Institutions partenaires : CSA, UMR 6636, IRD.

Dates du chantier : les missions de terrain sont achevées.

Problématique

Ces recherches participent à l’étude de l’histoire du peuplement du Nord de l’Afrique pour la période allant d’environ 6000 à 2000 av. J.-C.

Dans ce cadre, nous nous intéressons plus précisément à l’arrivée et à la diffusion du peuplement libyco-berbère dont une des manifestations, dans le Sahara central, est l’apparition de nouvelles architectures funéraires.

Le programme mené en Égypte se propose donc d’étendre nos investigations en étudiant la diffusion de ces architectures dans les zones désertiques égyptiennes.

Nos recherches s’organisent selon deux axes principaux :

  • le développement du peuplement libyco-berbère et ses relations avec le monde soudanais ;
  • les relations entre ces mouvements de population et les variations de l’environnement.

Nous avons pour cela proposé trois programmes de terrain :

  • Programme Siwa (désert Occidental), pour vérifier la diffusion de ce peuplement par la côte méditerranéenne.
    Ce programme est arrêté car nous n’avons trouvé aucune architecture funéraire lors des prospections menées dans cette région entre 1994 et 1998.
  • Programme Wadi Allaqi (désert Oriental), pour vérifier la diffusion de ce peuplement par le sud.
    Programme actuellement suspendu pour des raisons de sécurité militaire ; les résultats obtenus lors des missions menées entre 1995 et 2001 sont pourtant très intéressants.
  • Programme Sinaï, afin de contrôler l’hypothèse d’une origine levantine au peuplement berbère.
    Ce programme commencé en 1995 se poursuit actuellement.

Parmi les hypothèses sur l’origine du peuplement berbère la plus couramment admise est celle d’une origine orientale ou levantine. Ce mouvement daterait d’il y a 10-12000 ans.

Le Sinaï est donc le passage obligé pour des migrations venant de ces régions.

Structure de pierres sèches
Structure de pierres sèches

Notre objectif est de voir si nous retrouvons dans le Sinaï des architectures funéraires que l’on pourrait comparer à celle du nord de l’Afrique et qui prouveraient que les mouvements de population entre le Levant et l’Afrique existaient à la période étudiée, vers 5000 ans avant J.-C. La zone étudiée intéresse la majeure partie du Sinaï centrale et concerne un territoire de 9500 km² comprenant principalement le badyet el-Tih et les Gebel Bodyha et Egma.

Notre programme s’articule en deux parties, l’inventaire archéologique et les fouilles des sites principaux.

Projet Sinaï Holocène - aire de l’étude
Projet Sinaï Holocène - - zone d’étude.

L’inventaire, bilan actuel

L’inventaire, commencé depuis 2000, est traité selon un système d’information géographique. Toutes les données sont donc géoréférencées pour une interprétation spatiale, dont le but est de comprendre l’évolution de l’occupation humaine de cette région en rapport avec les ressources naturelles et les conditions climatiques. La base de données contient actuellement :

  • 736 sites dont 439 sites archéologiques ;
  • 12 nécropoles relevées dont 10 de plus de 100 monuments ;
  • 3120 structures archéologiques géoréférencées.

La phase actuelle de notre travail consiste à contrôler et décrire tous ces sites afin d’avoir une base de données homogène.

Les fouilles

Cinq nécropoles ont été particulièrement étudiées :

  • Ayn Yerqa (1995 et 2002), 325 structures dont 25 ont été fouillées ;
  • Abu Zurub (1996), 330 structures, 8 fouillées ;
  • Ayn Shalalla (1997), 102 structures, 16 fouillées ;
  • Ouadi Umm el-Girdan (2001 et 2004), 354 structures, 26 fouillées ;
  • Umm Ergam (2004), 545 structures, 12 fouillées.

Les sépultures se sont généralement révélées vides, sans mobilier funéraire. Lorsque nous en avons trouvé, les restes osseux sont en très mauvais état et ne permettent aucune interprétation. Nous espérons cependant pouvoir les dater par le radiocarbone et ainsi obtenir une chronologie absolue des principales architectures funéraires du Sinaï.

Un site d’habitat remarquable, Ayn Fogeya, petite agglomération de l’Âge du Bronze ancien, a été étudié entre 1998 et 2000 ; plusieurs maisons ont été fouillées ; le matériel archéologique est en cours d’étude.