Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Murailles du Caire

flèche chronologique de 969 à 1801 env.

Nom du site: Muraille du Caire أسوار القاهرة – Darassa دراسة – Bâb al-Tawfiq باب التوفيق – Burg al-Zafar برج الظفر

Responsable: (archéologue, AKU).

Collaborations: Archéologues: Maia Matkowski (INRAP); Jacub Ordutowski; Gwenael Herviaux (archéologue, INRAP); Rihāb Saïdi (univ. du Caire); Ahmed El-Shoky (univ. ‘Ayn Shams); Architectes: Pierre Blanchard; Pierre Tourvieille; Céramologue: Julie Monchamp (Paris IV-Sorbonne); Épigraphistes: Johannes den Heijer (univ. Louvain); Historiens: Ayman Fouad Sayyid (Ifao); Ossama Talaat (univ. du Caire et d’Aden); Numismate: Frédéric Bauden (univ. de Liège); Restaurateur: Hassan el-Amir (Ifao); Younis Ragab (Ifao); Anthropologue: Philippe Blanchard (INRAP); Topographe: Olivier Onezime (Ifao); Autres spécialistes: Maria Mossakowska-Gaubert (étude du verre, Ifao); Julie Marchand (doctorante, univ. Poitiers, petits objets

Institutions partenaires:

Dates du chantier: novembre-décembre.

Depuis l’an 2000, l’Ifao et la Fondation Aga Khan développent un programme d’étude des murailles du Caire médiéval, notamment par des fouilles archéologiques localisées sur quatre sites: le Parking Darassa, Bâb al-Tawfiq, Burg al-Zafar et Bâb al-Nasr. L’objectif principal de nos recherches est d’établir une histoire des fortifications du Caire, principalement des enceintes fatimides (969-1092) et des murailles ayyoubides (1171-1208). Pourtant en travaillant sur les enceintes urbaines, l’équipe s’est retrouvée face à un enjeu plus grand: redécouvrir le passé oublié du Caire, al-Qahira, «la victorieuse». Les fouilles archéologiques ont révélé un cimetière du XVᵉ siècle, ainsi que des habitats dont les plus anciens niveaux remontent à la fin du Xᵉ siècle. C’est pourquoi la mission originalement dévolue à l’architecture militaire a maintenant une vocation plus large qui va de l’anthropologie funéraire à l’architecture domestique, en passant par l’étude de l’aménagement des voiries et la compréhension de la fabrique urbaine sur une durée de près de 1000 ans (http://caire.hypotheses.org/le-caire-medieval-une-etude-urbaine).

Historique des fouilles

Le Site du Parking Darassa

Site du Parking Darassa
Site du Parking Darassa

En septembre 2001, grâce à la Fondation Aga Khan, la mission française a pris en charge une fouille de sauvetage sur un espace intra-muros jouxtant l’enceinte, à savoir le Parking Darassa ou Triangle archéologique (http://caire.hypotheses.org/le-parking-darassa). Cette zone a livré d’intéressants vestiges de la vie quotidienne au Caire, depuis les Fatimides jusqu’aux Mamelouks. Outre la découverte et l’étude de nouveaux tronçons de murailles fatimide (1087-1092) et ayyoubide (1174-1178), des éléments de l’histoire urbaine du Caire ont été mis au jour, tels un mausolée fatimide de la fin du Xᵉ siècle, des habitats mamelouks et des ateliers d’artisans du XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, ainsi qu’un cimetière du XIVᵉ et XVᵉ siècle.

La fouille a permis d’exhumer une tour quadrangulaire construite en briques crues carrées de grande taille et situé à près de 8 mètres derrière la muraille de Saladin. Cette structure est antérieure à la construction de la muraille de 1174-1178. Un mur en brique crue part de cette tour et file droit vers Bâb al-Tawfîq au nord. Les fondations de cette tour en brique crue recoupent une structure fatimide, dont la partie nord s’ouvrait sur une cour avec une fontaine dont les canalisations délimitaient un petit jardin. Ces installations fatimides rappellent celles trouvées sur le site de Fostât-Istabl Antar, des mausolées datés entre 980 et 1020. D’après sa position dans la ville fatimide, en dehors de l’enceinte de Gawhar, le bâtiment découvert pourrait être une villa funéraire, comme à Istabl ‘Antar. Le site a fait l’objet de travaux de conservation et d’aménagement par la Fondation Aga Khan et un parc archéologique a été ouvert au début de l’année 2013.

Murailles du Caire
Murailles du Caire

Site de Bâb al-Tawfîq

En 2004 et 2005, des fouilles ont été engagées sur le site de Bâb al-Tawfiq "Porte de la réussite" qui se trouve de l’autre côté de la rue d’al-Azhar, à quelques dizaines de mètres au nord du parking Darassa.

Bâb al-Tawfiq est la seule entrée orientale connue de l’enceinte fatimide (http://caire.hypotheses.org/bab-al-tawfiq). Appelée aussi Bâb al-Barqiyya, cette porte est datée par une inscription en marbre blanc, d’une longueur de 3 mètres et d’une hauteur de 40 centimètres, insérée au sommet de l’arc principal. Elle indique que la porte fut construite sous le règne du calife al-Mustansir (1036-1094) et que les travaux ont été dirigés par son vizir Badr al-Gamâlî en 1090. Bâb al-Tawfiq est contemporaine des trois autres portes monumentales du Caire, Bâb al-Futûh, Bâb al-Nasr et Bâb Zuweyla, construites entre 1087 et 1092.

La fouille à l’entrée de la porte a révélé la présence d’un glacis fait de blocs pharaoniques en réemploi. Des textes mentionnent le même type de dallage devant Bâb Zuweyla. De chaque côté de la porte, au sud et au nord, de grosses briques crues carrées constituent les vestiges de tours quadrangulaires encadrant l’entrée. Du côté sud, cette enceinte en briques crues est parfaitement chaînée à l’appareil en pierre et possède la même semelle de fondation que le dallage : elle en est donc à coup sûr contemporaine.

Site de Burg al-Zafar
Site de Burg al-Zafar

Site de Burg al-Zafar

Depuis février 2007, les fouilles portent sur l’angle nord-est du Caire fatimide; ce secteur regroupe des éléments architecturaux très importants pour la compréhension de la chronologie des enceintes de la ville (http://caire.hypotheses.org/burg-al-zafar).

L’angle de la muraille est protégé par une tour maîtresse circulaire, la tour du triomphe ou Burg al-Zafar. Ce monument est proche par son style architectural des murailles fatimides nord, de Bâb al-Nasr à Bâb al-Futûh. L’intégration de Burg al-Zafar dans le tracé de la muraille de Saladin a incité de nombreux chercheurs à la considérer comme ayyoubide. Néanmoins, un certain nombre d’indices architecturaux, stratigraphiques et topographiques permettent d’affirmer qu'elle remonte à l’extrême fin de la période fatimide, au moment où Saladin était le vizir des derniers fatimides (1169-1171). Toujours sur le même site, une aire de fouille a été ouverte au revers de la porte ayyoubide de Bâb al-Gedid, «la porte neuve». Datée de 1174-1178, cette porte correspond à la grande entrée nord-est de la cité. Les fouilles ont permis également d’exhumer plus de 70 mètres de courtines et de tours fatimides. Il s’agit là encore de l’enceinte en briques crues de Badr al-Gamali, située au revers de la muraille de Saladin. Enfin, le secteur derrière Bâb al-Gedid a révélé de nombreuses traces d’habitations mameloukes associées à un très riche mobilier archéologique, comprenant beaucoup de vestiges en matériaux périssables (bois, papier, textiles, cuir et vannerie). http://caire.hypotheses.org/cultures-materielles-xe-xve-siecles

En 2011, un énigmatique mur en pisé parallèle à l’enceinte en briques crues de Badr al-Gamali et antérieur à cette dernière a été mis au jour. Il pourrait correspondre à la première fortification du Caire : l’enceinte de Gawhar al-Siqilli. Le mur serait alors daté de 969-971. Si cette hypothèse est validée, elle soulève plus de questions que de réponses. En effet, le mur en pisé est situé au-devant de l’enceinte de Badr al-Gamali et derrière la muraille de Saladin, précisément entre les deux enceintes, celle de la fin du XIe siècle et celle de la fin du XIIe siècle. Dès lors comment expliquer que Badr al-Gamali ait choisi de construire son mur intra-muros, derrière celui de Gawhar ? Cette découverte archéologique perturberait fortement les idées reçues que l’on avait sur la première enceinte fatimide, notamment sur sa localisation. Cependant, cette enceinte est très mal connue, même par les textes.

Site de Bâb al-Nasr

Depuis 2012, les recherches ont porté sur les murailles entre Bab al-Nasr, la rue d’al-Utuf et la mosquée al-Bakri. Des vestiges exhumés entre 2006 et 2007 par l’Association de protection du Caire fatimide, le ministère du logement et la société privée Aswan, risquaient d’être détruits par des promoteurs alors qu’ils n’avaient jamais été étudiés.

Ce site comprend plusieurs enceintes non datées et trois réseaux défensifs. En remontant dans le temps, nous pouvons distinguer d’abord, l’enceinte de Saladin, plus récente que la tour de Burg al-Zafar (datée de 1169-1171), mais qui possède des caractéristiques atypiques et archaïques datant vraisemblablement de 1171-1173. Cette portion de muraille est antérieure à l’enceinte orientale de Saladin, de Bab al-Gedid jusqu’à Burg al-Mahruq (1173/74 – 1177-78). Puis, l’enceinte de Badr al-Gamali et la porte de Bab al-Nasr qui sont datées de 1087. Cette enceinte part de Bab al-Nasr vers le sud, fait un brutal coude vers l’estn et semble obturer une porte plus ancienne. L’enceinte de Badr al-Gamali passe alors d’un gros appareil en pierre calcaire à un petit appareil en briques crues. Cette enceinte vient s’adosser contre une autre plus ancienne et dont elle double l’épaisseur. Cette fortification est constituée de tours quadrangulaires très rapprochées l’une de l’autre, d’un petit parement, de colonnes en boutisses formant un motif géométrique, et d’une seule tour semi-circulaire. Cette dernière semble être associée à une entrée qui aurait été recoupée et obturée par la muraille de Badr al-Gamali. Nos observations permettent d’expliquer pourquoi la muraille de Badr al-Gamali part vers le sud, depuis Bab al-Nasr. Creswell avait déjà évoqué cette hypothèse et bien compris que les ingénieurs du célèbre Vizir avaient voulu connecter leur fortification à un tracé préexistant. Notre hypothèse actuelle est que le correspondrait à l’enceinte de Gawhar et daterait de 969-971.

Les résultats de la fouille auront une grande importance pour la compréhension du Caire fatimide et de ses limites. Si les hypothèses sont confirmées, cela voudrait dire que la mosquée d’al-Hakim a été construite à cheval sur l’enceinte de Gawhar. La partie nord-est de cette dernière a dû être recouverte par la mosquée. Enfin, nous continuerons à travailler sur l’enceinte en pisé découverte à Burg al-Zafar afin de déterminer s’il pourrait s’agir de la continuité de l’enceinte de Gawhar. Cette zone apparaît vraiment comme prometteuse et permettra de répondre à de nombreuses questions, tant sur l’histoire des murailles que sur l’histoire de la ville du Caire.

Perspectives

Activités de terrain:

  • Poursuite des recherches archéologiques dans le Caire fatimide, sur les murailles nord, de Burg al-Zafar jusqu’à Bab al-Nasr.
  • Poursuite des fouilles archéologiques intra-muros sur les niveaux d’habitats ottomans, mamluks et fatimides.
  • Étude du matériel archéologique et publications.

Programmes scientifiques

  • Étude de l’architecture militaire du Caire entre le XIᵉ et le XIIᵉ siècle.
  • Étude des niveaux d’habitat datés du XIIIᵉ à la fin du XVᵉ siècle.
  • Étude du mobilier archéologique du Xᵉ à la fin du XVIIIᵉ siècle.

Ouvrage en préparation

  • St. Pradines et M. Matkowski (dir.), Darassa. Archéologie urbaine dans le Caire des Mamlouks (Ifao-AKTC).
  • J. Monchamp, Les céramiques médiévales des murailles du Caire, (Ifao).
  • St. Pradines, Les murailles médiévales du Caire, (Ifao).

Formation: Continuation de la coopération et de la formation scientifiques sur le chantier école des murailles du Caire, réalisées en collaboration avec le MSA, l’université de Ain Shams et l’université du Caire.

Bibliographie sélective

  • St.Pradines, «Les murailles de Creswell. Approche historiographique des fortifications du Caire», Mishkah 5, Egyptian Journal of Islamic Archaeology, 2012-2013.
  • St.Pradines, «Les murailles du Caire, de Saladin à Napoléon», dans Comptes rendus de l’Académie, CRAI 2012-II, Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, Paris, Dec. 2013, p. 1027-1063.
  • St.Pradines, «The Fortifications of Cairo: The wall of Gawhar, Egypt, Mission Report 2012»,, dans Nyame Akuma, n°79, University of Alberta, June 2013, p. 4-12.
  • St.Pradines, «Les fortifications fatimides, Xᵉ- XIIᵉ siècle (Ifriqiyya, Misr et Bilâd al-Šam)», Historiographie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval (xe-xve siècle). Actes du colloque de Damas, 2010, Le Caire - Damas (co-édition Ifao-Ifpo, sous presse)
  • St. Pradines, «Saladin, le bâtisseur», Histoire Antique & Médiévale 25, 2010, p. 50-57.
  • St. Pradines, «À la découverte du Caire médiéval: une métropole arabe hors normes», Histoire et Images médiévales, nº 35, 2010, p. 56-65.
  • St. Pradines et alii, «Excavations of the Archæological Triangle. 10 years of Archaeological excavations in Fatimid Cairo (2000 to 2009)», Mishkah 4, Le Caire, 2009, p. 177-219.
  • J. Den Heijer, St. Pradines , «Bâb al-Tawfîq: une porte du Caire fatimide oubliée par l’histoire», Le Muséon 121, 2008, p. 143-170.
  • St. Pradines et O. Talaat, «Les fortifications fatimides du Caire: Bâb al-Tawfiq et l’enceinte en briques crues de Badr al-Gamâlî», AnIsl 41, 2007.
  • St. Pradines, « Bâb el-Tawfiq », dans 25 ans de découvertes archéologiques sur les chantiers de l’Ifao. 1981-2006. Catalogue d’exposition au Musée égyptien, Le Caire, 9 septembre - 13 octobre 2007, BiGen 31 Le Caire, 2007, p. 22-27.
  • St. Pradines, «Les murailles du Caire : des califes fatimides aux sultans mamelouks», Archéologia 418, 2005, p. 60-73.
  • M. Barrucand et St. Pradines, « La muraille de Saladin, Le Caire », dans Archéologies. 20 ans de recherches françaises dans le monde, Paris, 2004, p. 364–366.
  • St. Pradines, «Note préliminaire sur un atelier de pipes ottomanes à l’est du Caire», CCE 7, 2004, p. 281-291.
  • St. Pradines, «La muraille de Saladin au Caire», L’Archéologue 64, 2003, p. 30-31.
  • St. Pradines, B. Michaudel, J. Monchamp, «La muraille ayyoubide du Caire: les fouilles archéologiques de Bab el Barqiyya à Bab el Mahrouq», AnIsl 36, 2002, p. 287-337.
  • St. Pradines, «L’enceinte urbaine du Caire ayyoubide: résultats préliminaires de la mission 2000», Archéologie islamique 11, 2001, p. 195-200.

The Cairo Wall

Site name: The Cairo Wall أسوار القاهرة – Darassa دراسة – Bab al-Tawfiq باب التوفيق – Burg al-Zafar برج الظفر – Bab al-Nasr

Supervisor: (archaeologist, AKU).

Collaborators: Archaeologists: Maia Matkowski (INRAP); Jacub Ordutowski; Gwenael Herviaux (archaeologist, INRAP); Rihāb Saïdi (Univ. of Cairo); Ahmed El-Shoky (Univ. of Ain Shams); Architects: Pierre Blanchard; Pierre Tourvieille; Ceramologist: Julie Monchamp (Paris IV-Sorbonne); Epigraphist: Johannes den Heijer (univ. Louvain); Historians: Ayman Fouad Sayyid (Ifao); Ossama Talaat (Univ. of Cairo and of Aden); Numismatist: Frédéric Bauden (univ. de Liège); Restorer: Hassan el-Amir (Ifao); Younis Ragab (Ifao); Anthropologists: Philippe Blanchard (INRAP); Topographer: Olivier Onezime (Ifao); Other specialists: Maria Mossakowska-Gaubert (glass, Ifao); Julie Marchand (PhD student, Univ. Poitiers, small objects).

Partner institutions:

Campaign dates: November-December.

Since 2000, the IFAO and the Aga Khan Foundation have developed a programme to study the walls of medieval Cairo, particularly through archaeological excavations on four sites: the Darassa car park, Bab al-Tawfiq, Burg al-Zafar and Bab al-Nasr. The main objective of our research is to establish a history of Cairo's fortifications, principally the Fatimid walls (969-1092) and the Ayyubid walls (1171-1208). However, while working on the urban walls, the team found itself confronted by a greater challenge: the discovery of the forgotten past of Caior, Al-Qahira, "The Victorious". The archaeological digs revealed a cemetery of the 15th century as well as housing, the oldest level of which reaches back to the end of the 190th century. Thus, a mission originally dedicated to military architecture now has a wider field of vision taking in funerary anthropology, domestic architecture, the development of street networks and an understanding of the urban fabric over almost 1000 years. (http://caire.hypotheses.org/le-caire-medieval-une-etude-urbaine).

History of the excavations

The Darassa car park site

The Darassa car park site
The Darassa car park site

In September 2001, thanks to the Aga Khan Foundation, the French mission took on a salvage excavation on an intra-muros site adjacent to the wall known as the Darassa car park or archaeological triangle (http://caire.hypotheses.org/le-parking-darassa). This zone held interesting vestiges of the daily life of Cairo from the Fatimids until the Mamlukes. Aside from the discovery and study of new sections of the Fatimid (1087-1092) and Ayyubid (1174-1178) walls, other elements of the urban history of Cairo were revealed, including a Fatimid mausoleum from the end of the 10th century, Mamluke housing and workshops from the 13th and 14th centuries, and a cemetery of the 14th and 15th centuries.

The excavation unearthed a quadrangular tour built of large square mud bricks that was located almost 8 metres behind Saladin's wall. This structure is earlier than the construction of the defensive wall of 1174-1178. A mud brick wall runs from this tower directly towards Bab al-Tawfiq to the north. The foundations of this tower cut through a Fatimid structure, the northern part of which opened onto a courtyard with a fountain whose piping marked out the limits of a small garden. These Fatimid installations recall those that have been found on the Fustat-Istabl Antar site, and the mausoleums dating to between 980 and 1020. According to its position in the Fatimid town, outside the wall of Gawhar, the building might be a funerary villa, as at Istabl Antar. Preservation and redevelopment work was carried out on the site by the Aga Khan Foundation and an archaeological park was opened at the beginning of 2013.

The walls of Cairo
The walls of Cairo

The Bab al-Tawfîq site

In 2004 and 2005 excavations were opened on the site of Bab al-Tawfiq, "the Gate of Success" that sits on the other side of Al-Azhar Street, a few dozen metres to the north of the Darassa car park.

Bab al-Tawfiq is the only known eastern entrance in the Fatimid wall (http://caire.hypotheses.org/bab-al-tawfiq). This gateway, also called Bab al-Barqiyya, is dated by an inscription on a white marble plaque some 3 metres long and 40 cm high that is inserted above the main arch. It tells that the gateway was built under the reign of the Caliph al-Mustansir (1036-1094) and that the work was overseen by his vizier, Badr al-Gamali, in 1090. Bab al-Tawfiq is contemporary with the three other monumental gates of Cairo, Bab al-Futuh, Bab al-Nasr and Bab Zuweyla, all built between 1087 and 1092.

The excavation at the entrance to the gateway revealed the presence of a glacis made of re-used Pharaonic blocks. Texts mention the same sort of slabs in front of Bab Zuweyla. On each side of the gate, to south and north, large square mid bricks marked the remains of quadrangular tours that framed the entrance. On the south side, this raw brick wall is perfectly bonded into the stone masonry and is set upon the same footing as the slabs. Thus, it is certain to be contemporary. sûr contemporaine.

The Burg al-Zafar site
The Burg al-Zafar site

The Burg al-Zafar siter

Since February 2007, excavations have concentrated on the north-east corner of Fatimid Cairo. This sector holds very architectural elements that are important for understanding the chronology of the town's defensive walls (http://caire.hypotheses.org/burg-al-zafar).

he corner of the wall is protected by a circular keep, the tower of triumph or Burg al-Zafar. This monument is close in architectural style to the north Fatimid walls, from Bab al-Nasr to Bab al-Futuh. The integration of Burg al-Zafar into the run of Saladin's wall has prompted many researchers to consider it as Ayyubid. Nevertheless, a certain number of architectural, stratigraphic and topographic clues confirm that it dates to the very end of the Fatimid period, when Saladin was vizier to the last of the Fatimids (1169-1171). On the same site, a dig was opened to the back of the Ayyubid gate of Bab al-Gedid, "New Gate". Dated to 1174-1178, this was the great north-eastern entry to the city. Excavations have revealed more than 70 metres of Fatimid curtain walls and towers. This is once again the mud brick wall of Badr al-Gamali, situated behind Saladin's wall. And lastly, the sector behind Bab al-Gedid has revealed numerous traces of Mamluke housing with a wealth of associated archaeological material including lots of remains of perishable stuff such as wood, paper, textiles, leather and basketwork. http://caire.hypotheses.org/cultures-materielles-xe-xve-siecles

In 2011, a puzzling rammed earth wall, parallel to the mud brick wall of Badr al-Gamali and earlier in date, was uncovered. It might correspond to the first fortifications of Cairo, the wall of Gawhar al-Siqilli. The wall would then date to 969-971. If this hypothesis is valid, it raises more questions than answers. In fact, the rammed earth wall is located in front of the wall of Badr al-Gamali and behind Saladin's wall, precisely between that of the end of the 11th century and that of the end of the 12th century. So, how does one explain that Badr al-Gamali chose to construct his wall intra-muros, behind Gawhar's? This archaeological discovery should seriously upset the accepted notions regarding the first Fatimid defensive wall, especially as regards its location. Meanwhile, this wall is very poorly known, even from the texts.

The Bab al-Nasr site

Since 2012, investigations have been directed at the walls between Bab al-Nasr, Al-Utuf Street and Al-Bakri mosque. Vestiges unearthed between 2006 and 2007 by the Association for the Protection of Fatimid Cairo, the Ministry of Housing and the private company Aswan were at risk of being destroyed by developers without ever having been studied.

This site holds several undated defensive walls and three networks of fortifications. Going back in time, we can distinguish firstly Saladin's wall, more recent than the tower of Burg al-Zafar (dated from 1169-1171), but showing atypical and archaic features dating most likely from 1171-1173. This portion of the wall is earlier than the eastern wall of Saladin, from Bab al-Gedid up to Burg al-Mahruq (1173/74-1177/78). Then there is the wall of Badr al-Gamali and the gate of Bab al-Nasr, which are dated to 1087. This wall runs south from Bab al-Nasr and makes a sharp turn to the east and appears to block an older gateway. The wall then shifts from being of large limestone masonry to that of small mud brick. This wall ends standing against an older one and thus doubles in thickness. This fortification is made up of quadrangular towers set very close together of small stone cladding and columns as headers creating a geometric motif. There is also one semi-circular tower, which seems to be connected to an entrance that would have been blocked the Badr al-Gamali wall. Our observations have helped to explain why the wall of Badr al-Gamali heads to the south from Bab al-Nasr. Creswell has already proposed this hypothesis and it is to be understood hat the engineers of the famous vizier would want to link their fortification with a pre-existing line. Our present hypothesis is that IT corresponds to the wall of Gawhar and would date to 969-971.

The excavation results will be of great importance in the understanding of Fatimid Cairo and its limits. If the hypotheses are confirmed, it would mean that the Al-Hakim mosque was built straddling the wall of Gawhar. The north-eastern part of this latter must have been covered by the mosque. And finally, we shall continue to work on the rammed earth wall discovered at Burg al-Zafar in order to determine if it might be the continuation of the wall of Gawhar. This zone appears to be very promising and might provide answers to many questions regarding both the history of the wall and the history of Cairo itself.

Future perspectives

On-site activities:

  • Continuance of archaeological research in Fatimid Cairo, on the northern walls, from Burg al-Zafar to Bab al-Nasr.
  • Continuance of archaeological excavations intra-muros on the Ottoman, Mamluke and Fatimid housing levels.
  • Studies of the archaeological materiel and eventual publication.

 

Scientific programmes

  • Study of the military architecture of Cairo between the 11th and 12th centuries.
  • Study of the housing levels dated from the 13th to the end of the 15th century.
  • Study of the archaeological materiel of the 10th to 18th century.

Works in preparation

  • St. Pradines et M. Matkowski (dir.), Darassa. Archéologie urbaine dans le Caire des Mamlouks (Ifao-AKTC).
  • J. Monchamp, Les céramiques médiévales des murailles du Caire, (Ifao).
  • St. Pradines, Les murailles médiévales du Caire, (Ifao).

Training: Continuation of cooperation and training in the Walls of Cairo excavation school in collaboration with the MSA and the universities of Ain Shams and of Cairo.

Selected bibliography

  • St.Pradines, «Les murailles de Creswell. Approche historiographique des fortifications du Caire», Mishkah 5, Egyptian Journal of Islamic Archaeology, 2012-2013.
  • St.Pradines, «Les murailles du Caire, de Saladin à Napoléon», dans Comptes rendus de l’Académie, CRAI 2012-II, Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, Paris, Dec. 2013, p. 1027-1063.
  • St.Pradines, «The Fortifications of Cairo: The wall of Gawhar, Egypt, Mission Report 2012»,, dans Nyame Akuma, n°79, University of Alberta, June 2013, p. 4-12.
  • St.Pradines, «Les fortifications fatimides, Xᵉ- XIIᵉ siècle (Ifriqiyya, Misr et Bilâd al-Šam)», Historiographie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval (xe-xve siècle). Actes du colloque de Damas, 2010, Le Caire - Damas (co-édition Ifao-Ifpo, sous presse)
  • St. Pradines, «Saladin, le bâtisseur», Histoire Antique & Médiévale 25, 2010, p. 50-57.
  • St. Pradines, «À la découverte du Caire médiéval: une métropole arabe hors normes», Histoire et Images médiévales, nº 35, 2010, p. 56-65.
  • St. Pradines et alii, «Excavations of the Archæological Triangle. 10 years of Archaeological excavations in Fatimid Cairo (2000 to 2009)», Mishkah 4, Le Caire, 2009, p. 177-219.
  • J. Den Heijer, St. Pradines , «Bâb al-Tawfîq: une porte du Caire fatimide oubliée par l’histoire», Le Muséon 121, 2008, p. 143-170.
  • St. Pradines et O. Talaat, «Les fortifications fatimides du Caire: Bâb al-Tawfiq et l’enceinte en briques crues de Badr al-Gamâlî», AnIsl 41, 2007.
  • St. Pradines, «Bâb el-Tawfiq», dans 25 ans de découvertes archéologiques sur les chantiers de l’Ifao. 1981-2006. Catalogue d’exposition au Musée égyptien, Le Caire, 9 septembre - 13 octobre 2007, BiGen 31 Le Caire, 2007, p. 22-27.
  • St. Pradines, «Les murailles du Caire: des califes fatimides aux sultans mamelouks», Archéologia 418, 2005, p. 60-73.
  • M. Barrucand et St. Pradines, «La muraille de Saladin, Le Caire», dans Archéologies. 20 ans de recherches françaises dans le monde, Paris, 2004, p. 364–366.
  • St. Pradines, «Note préliminaire sur un atelier de pipes ottomanes à l’est du Caire», CCE 7, 2004, p. 281-291.
  • St. Pradines, «La muraille de Saladin au Caire», L’Archéologue 64, 2003, p. 30-31.
  • St. Pradines, B. Michaudel, J. Monchamp, «La muraille ayyoubide du Caire: les fouilles archéologiques de Bab el Barqiyya à Bab el Mahrouq», AnIsl 36, 2002, p. 287-337.
  • St. Pradines, «L’enceinte urbaine du Caire ayyoubide: résultats préliminaires de la mission 2000», Archéologie islamique 11, 2001, p. 195-200.