Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Ermant


flèche chronologique de -2065 à 390 env.


Nom du site : Ermant أرمنت

Noms anciens : Jwnw, Jwnw Šmʿ, Jwnw Mnṯw, Hermonthis.

Responsable : Christophe Thiers (égyptologue, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III)

Collaborations : Pierre Zignani (architecte, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III), Lilian Postel (égyptologue, HiSoMA), Youri Volokhine (égyptologue, Univ. Genève), Catherine Defernez (archéologue, céramologue, UMR 8152 CNRS/Paris Sorbonne/Collège de France), Hassan el Amir (restaurateur, Ifao), Damien Laisney (topographe, Ifao).

Institutions partenaires : CSA, UMR 5140 (CNRS-Univ. Montpellier III)

Le Palladium thébain - carte schématique
Le Palladium thébain

Dates du chantier : Novembre


Avec Médamoud, Karnak-Nord et Tôd, le sanctuaire d’Ermant-Hermonthis en Haute-Égypte, l’antique Héliopolis du Sud, constituait la plus ancestrale des pierres d’angle du « Palladium thébain », ce rempart théorique élaboré par les théologiens pour protéger la Ville d’Amon-Rê. Si les temples de la cité de Montou ont été largement détruits, les ruines subsistantes apportent pourtant un lot d’informations des plus originales. Dans le sillage des travaux épigraphiques entrepris à Tôd, une première mission épigraphique a donc été conduite en 2002. Il s’agit désormais de tenter d’appréhender de façon globale les données éparses livrées par ce site.

Historique des fouilles

Ermant - Vue générale de la plateforme de fondation
Ermant - Vue générale de la plateforme de fondation

Les premières investigations archéologiques à Ermant ont été menées sous les auspices de l’Egypt Exploration Society par R. Mond et O.H. Myers dans les années 1930-1940, au Bucheum d’une part et sur le site du temple majeur de Montou-Rê d’autre part. À l’arrière du pylône du Nouvel Empire, ils mirent partiellement au jour une vaste plateforme de fondation du temple ptolémaïque, résultat de l’épierrement massif du temple conduit dès le Ve siècle. Les travaux furent ponctuellement poursuivis par le CSA dans les années 1980 et 1990, faisant en particulier apparaître un ensemble de cryptes. Sous les auspices de l’Ifao, en 2002 et 2003, deux courtes campagnes épigraphiques permirent à Chr. Thiers et Y. Volokhine de copier et publier les textes de ces cryptes datées de Ptolémée XII Néos Dionysos (80-51). Ce n’est qu’à partir de 2004-2005 que les travaux à Ermant se sont développés pour tenter d’appréhender globalement l’ensemble des vestiges disséminés dans la ville. Associé à un programme mené au sein de l’UMR 5140 de l’Université de Montpellier III, le projet vise désormais à développer une analyse architecturale, topographique et épigraphique des ruines du temple principal du dieu Montou.

En effet, si le pylône du Nouvel Empire a été conservé par les bâtisseurs ptolémaïques, il n’en fut pas de même des temples du Moyen Empire et de Nouvel Empire (Thoutmosis III en particulier) ; ceux-ci ont été systématiquement démantelés et remployés dans les fondations ptolémaïques. Ainsi, l’inventaire des vestiges concerne les blocs épars ptolémaïques mais également les blocs du Moyen Empire (L. Postel) et du Nouvel Empire, que les nettoyages ainsi qu’un premier sondage d’évaluation ont pu mettre en évidence. Les blocs sont catalogués, photographiés et dessinés à l’éch. 1:1 sur film plastique.L’analyse architecturale est fondée sur un relevé pierre à pierre (éch. 1:50) et l’observation minutieuse des procédés de construction mis en œuvre par les bâtisseurs égyptiens. Malgré l’état de destruction du temple, ce travail permet de préciser la nature du monument et d’esquisser un plan des parties hautes aujourd’hui disparues.

Ermant - Blocs du Moyen Empire remployé
Ermant - Bloc du Nouvel Empire remployé
Ermant - Blocs du Moyen Empire (à gauche) et du Nouvel Empire remployés


Ce premier plan est intégré dans un relevé topographique du site (enceinte moderne) qui à terme doit conduire à une cartographie de l’ensemble des vestiges disséminés dans la ville d’Ermant. On signalera en particulier la porte romaine de Bab el-Maganîn, datée d’Antonin le Pieux (138-161) et des blocs remployés dans un mur bordant la mosquée El-Amri. D’autres murs de ce type sont connus dans la ville et sont à l’origine du nom d’Ermant el-Heyt.Enfin, étroitement associées à ce programme scientifique, des mesures de consolidation et de restauration des monuments sont prises ; elles privilégient notamment les blocs épars, fragilisés par les remontées de la nappe phréatique et les sels. Un projet de plus grande envergure concerne le remontage de la porte d’Antonin le Pieux.

Perspectives

Analyse, étude globale et publication des vestiges antiques de la ville d’Ermant associant l’architecture, la topographie, l’épigraphie et l’archéologie. Ces divers aspects de la recherche sont ainsi explicitement inscrits dans une dimension géographique permettant une analyse de l’ensemble des données de terrain et assurant une meilleure gestion des zones archéologiques les plus menacées.

Bibliographie

  • M. Betro, Armant dal I Periodo Intermedio alla fine del Nuovo Regno. Prosopografia, BSE 1, Pise, 2001.
  • A. Farid, « New Ptolemaic Blocks from Rub’-el-Maganin-Armant », MDAIK 35, 1979, p. 59-74.
  • A. Farid, « A Preliminary Report on the Clearance of the Temple of Monthu and Re’it-Taui at Armant. Season July-August 1980 », OrAnt 22, 1983, p. 67-72.
  • A. Farid, « Two New Kingdom Statues from Armant », MDAIK 39, 1983, p. 59-69.
  • A.H. Gardiner, « Blocks from the temple of Tuthmosis III at Armant », dans E. Breccia (éd.), Studia in Memoria di Ippolito Rosellini nel primo centenario della morte (4 giugno 1843-4 giugno 1943) 2, Pise, 1955, p. 91-98.
  • Mond, O.H. Myers, The Bucheum, MEES 41, Londres, 1934, 3 vol.
  • Mond, O.H. Myers, Temples of Armant. A Preliminary Survey, MEES 43, Londres, 1940, 2 vol.
  • Chr. Thiers, « Missions épigraphiques de l’Ifao dans les villes méridionales du Palladium thébain », dans J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Actes du neuvième congrès international des égyptologues, 6-12 septembre 2004 Grenoble, OLA 150, Louvain, 2007, p. 1807-1816.
  • Chr. Thiers, Y. Volokhine, Ermant I. Les cryptes du temple ptolémaïque. Étude épigraphique, MIFAO 124, Le Caire, 2005.

Liens internet


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