Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Ermant

flèche chronologique de -2065 à 390 env.

Nom du site: Ermant أرمنت

Noms anciens: Jwnw, Jwnw Šmʿ, Jwnw Mnṯw, Hermonthis.

Responsable: Christophe Thiers (égyptologue, CNRS USR 3172-CFEETK).

Collaborations: Sébastien Biston-Moulin (égyptologue, CNRS USR 3172-CFEETK); Pierre Zignani (architecte, CNRS USR 3172-CFEETK); Lilian Postel (égyptologue, univ. Lumière-Lyon 2, CNRS - HiSoMA, UMR 5189); Youri Volokhine (égyptologue, Univ. Genève); Catherine Defernez (archéologue, céramologue, univ. Paris IV-Sorbonne, CNRS UMR 8167); Romain David (céramologue, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III); Hassan el Amir (restaurateur, Ifao); Olivier Onézime (topographe, Ifao).

Institutions partenaires:

Dates du chantier: Novembre

Le Palladium thébain
Le Palladium thébain

Avec Médamoud, Karnak-Nord et Tôd, le sanctuaire d’Ermant-Hermonthis en Haute-Égypte, l’antique Héliopolis du Sud, constituait la plus ancestrale des pierres d’angle du « Palladium thébain », ce rempart théorique élaboré par les théologiens pour protéger la Ville d’Amon-Rê. Si les temples de la cité de Montou ont été largement détruits, les ruines subsistantes apportent pourtant un lot d’informations des plus originales. Dans le sillage des travaux épigraphiques entrepris à Tôd, une première mission épigraphique a donc été conduite en 2002. Il s’agit désormais de tenter d’appréhender de façon globale les données éparses livrées par ce site.

Historique des fouilles

Ermant - Vue générale de la plateforme de fondation
Ermant - Vue générale de la plateforme de fondation

Les premières investigations archéologiques à Ermant ont été menées sous les auspices de l’Egypt Exploration Society par R. Mond et O.H. Myers dans les années 1930-1940, au Bucheum d’une part et sur le site du temple majeur de Montou-Rê d’autre part. À l’arrière du pylône du Nouvel Empire, ils mirent partiellement au jour une vaste plateforme de fondation du temple ptolémaïque, résultat de l’épierrement massif du temple conduit dès le Vᵉ siècle. Les travaux furent ponctuellement poursuivis par le CSA dans les années 1980 et 1990, faisant en particulier apparaître un ensemble de cryptes. Sous les auspices de l’Ifao, en 2002 et 2003, deux courtes campagnes épigraphiques permirent à Chr. Thiers et Y. Volokhine de copier et publier les textes de ces cryptes datées de Ptolémée XII Néos Dionysos (80-51). Ce n’est qu’à partir de 2004-2005 que les travaux à Ermant se sont développés pour tenter d’appréhender globalement l’ensemble des vestiges disséminés dans la ville. Associé à un programme mené au sein de l’UMR 5140 de l’Université de Montpellier III, le projet vise désormais à développer une analyse architecturale, topographique et épigraphique des ruines du temple principal du dieu Montou.

En effet, si le pylône du Nouvel Empire a été conservé par les bâtisseurs ptolémaïques, il n’en fut pas de même des temples du Moyen Empire et de Nouvel Empire (Thoutmosis III en particulier) ; ceux-ci ont été systématiquement démantelés et remployés dans les fondations ptolémaïques. Ainsi, l’inventaire des vestiges concerne les blocs épars ptolémaïques mais également les blocs du Moyen Empire (L. Postel) et du Nouvel Empire, que les nettoyages ainsi qu’un premier sondage d’évaluation ont pu mettre en évidence. Les blocs sont catalogués, photographiés et dessinés à l’éch. 1:1 sur film plastique.L’analyse architecturale est fondée sur un relevé pierre à pierre (éch. 1:50) et l’observation minutieuse des procédés de construction mis en œuvre par les bâtisseurs égyptiens. Malgré l’état de destruction du temple, ce travail permet de préciser la nature du monument et d’esquisser un plan des parties hautes aujourd’hui disparues.

Ermant - Bloc du Moyen Empire.
Ermant - Bloc du Moyen Empire.
Ermant - Bloc du Nouvel Empire remployés.
Ermant - Bloc du Nouvel Empire remployés.

Ce premier plan est intégré dans un relevé topographique du site (enceinte moderne) qui à terme doit conduire à une cartographie de l’ensemble des vestiges disséminés dans la ville d’Ermant. On signalera en particulier la porte romaine de Bab el-Maganîn, datée d’Antonin le Pieux (138-161) et des blocs remployés dans un mur bordant la mosquée El-Amri. D’autres murs de ce type sont connus dans la ville et sont à l’origine du nom d’Ermant el-Heyt.Enfin, étroitement associées à ce programme scientifique, des mesures de consolidation et de restauration des monuments sont prises ; elles privilégient notamment les blocs épars, fragilisés par les remontées de la nappe phréatique et les sels. Un projet de plus grande envergure concerne le remontage de la porte d’Antonin le Pieux.

Perspectives

Analyse, étude globale et publication des vestiges antiques de la ville d’Ermant associant l’architecture, la topographie, l’épigraphie et l’archéologie. Ces divers aspects de la recherche sont ainsi explicitement inscrits dans une dimension géographique permettant une analyse de l’ensemble des données de terrain et assurant une meilleure gestion des zones archéologiques les plus menacées.

Bibliographie

  • M. Betro, Armant dal I Periodo Intermedio alla fine del Nuovo Regno. Prosopografia, BSE 1, Pise, 2001.
  • R. David, «Ermant aux époques byzantines et arabes (IVᵉ-VIIIᵉ s.). L’apport de la céramique», BCE 23, 2012. (à paraître)
  • A. Farid, «New Ptolemaic Blocks from Rub’-el-Maganin-Armant», MDAIK 35, 1979, p. 59-74.
  • A. Farid, «A Preliminary Report on the Clearance of the Temple of Monthu and Re’it-Taui at Armant. Season July-August 1980», OrAnt 22, 1983, p. 67-72.
  • A. Farid, «Two New Kingdom Statues from Armant», MDAIK 39, 1983, p. 59-69.
  • A.H. Gardiner, «Blocks from the temple of Tuthmosis III at Armant», dans E. Breccia (éd.), Studia in Memoria di Ippolito Rosellini nel primo centenario della morte (4 giugno 1843-4 giugno 1943) 2, Pise, 1955, p. 91-98.
  • Mond, O.H. Myers, The Bucheum, MEES 41, Londres, 1934, 3 vol.
  • Mond, O.H. Myers, Temples of Armant. A Preliminary Survey, MEES 43, Londres, 1940, 2 vol.
  • Chr. Thiers, «Missions épigraphiques de l’Ifao dans les villes méridionales du Palladium thébain», dans J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Actes du neuvième congrès international des égyptologues, 6-12 septembre 2004 Grenoble, OLA 150, Louvain, 2007, p. 1807-1816.
  • Chr. Thiers, «Introduction et initiation à l’écriture ptolémaïque et lecture de textes», AnEPHE Vᵉ section 115 (2006-2007), 2008, p. 93-95.
  • Chr. Thiers, «Fragments de lions-gargouilles d’Ermant», dans Chr. Thiers (éd.), Documents de Théologies Thébaines Tardives (D3T 1), CENiM 3, Montpellier, 2009, p. 147-165.
  • Chr. Thiers, «Le ciel septentrional ghr.t et le ciel méridional gb.t», ENiM 2, 2009, p. 53-58.
  • Chr. Thiers, Y. Volokhine, Ermant I. Les cryptes du temple ptolémaïque. Étude épigraphique, MIFAO 124, Le Caire, 2005.
  • Y. Volokhine, P. Sanchez, P. Schubert, «Une dédicace grecque de l’époque impériale tardive trouvée à Hermonthis (Ermant, Haute Égypte)», ZPE 174, 2010, p. 127-132.

Liens internet

Ermant

Site name: Ermant أرمنت

Ancient names: Jwnw, Jwnw Šmʿ, Jwnw Mnṯw, Hermonthis.

Supervisor: Christophe Thiers (egyptologist, CNRS USR 3172-CFEETK).

Collaborators: Sébastien Biston-Moulin (egyptologist, CNRS USR 3172-CFEETK); Pierre Zignani (architect, CNRS USR 3172-CFEETK); Lilian Postel (egyptologist, Univ. Lumière-Lyon 2, CNRS - HiSoMA, UMR 5189); Youri Volokhine (egyptologist, Univ. Genève); Catherine Defernez (archaeologist, ceramologist, univ. Paris IV-Sorbonne, CNRS UMR 8167); Romain David (ceramologist, UMR 5140, CNRS-Univ. Montpellier III); Hassan el Amir (restorer Ifao); Olivier Onézime (topographer, Ifao).

Partner institutions:

Campaign dates: November

The Theban Palladium
The Theban Palladium

Along with Medamud, Karnak-Nord and Tôd, the sanctuary of Armant-Hermonthis in Upper Egypt, the ancient Heliopolis of the South, stood as the fourth and most primordial of the cornerstones of the "Theban Palladium", that theoretical rampart erected by the theologians to protect the Town of Amon-Re. While the temples of the city of Montu have largely been destroyed, the remaining ruins nevertheless hold plenty of novel information. Following on from the epigraphic studies of Tod, an initial epigraphic mission was undertaken in 2002. Now the task is to work towards a global understanding of the scattered information provided by this site.

History of the excavation

Armant - general view of the foundation platform
Armant - general view of the foundation platform

The first archaeological investigations of Armant were led by R. Mond and O.H. Myers in the 1930s and 40s under the auspices of the Egypt Exploration Society. They were concentrated on the Bucheum and on the site of the large temple of Montu-Re, and partially unearthed, to the back of the New Kingdom pylon, a vast foundation platform of the Ptolemaic temple that was the result of the large scale quarrying of the temple that had happened from the 5th century onwards. Work was then periodically undertaken by the SCA throughout the 1980s and 90s, and most notably revealed an ensemble of crypts. In 2002 and 2003, the IFAO mounted two short epigraphic campaigns that led to C. Thiers and Y. Volokhine copying and publishing the texts from these crypts that were dated to Ptolemy XII Neo Dionysos (80-51). It was only in 2004-2005 that the work at Armant was extended to attempt a global view of all the remains spread across the town. In association with a programme led by the research unit UMR 5140 of the University of Montpellier III, the project now aims to develop an architectural, topographic and epigraphic analysis of the ruins of the principal temple of the god Montu.

While the New Kingdom pylon was preserved by the builders of the Ptolemaic period, the same cannot be said for the temples of the Middle and New Kingdoms, especially that of Thutmosis. These were systematically dismantled and the material re-used in the Ptolemaic foundations. Thus, the inventory of remains concerns the scattered Ptolemaic blocks as well as Middle Kingdom and New Kingdom blocks, as was made evident after cleaning and an initial exploratory sounding. The blocks are catalogued, photographed and drawn in actual size on plastic film. The architectural analysis is based on a stone by stone survey (1:50 scale) and meticulous scrutiny of the construction procedures employed by the Egyptian builders. Despite the state of destruction of the temple, this work allows for a precise vision of the monument and the sketching of a plan of the upper parts that have now disappeared.

Armant - blocks from the Middle Kingdom.
Armant - blocks from the Middle Kingdom.
Ermant - Armant - re-used blocks from New Kingdom.
Ermant - Armant - re-used blocks from New Kingdom.

This first plan has been integrated into the topographic survey of the site (modern walls), which will eventually lead to a mapping of the entirety of the remains spread throughout the town of Armant. One should point out, in particular, the Roman gate of Bab el-Maganin, dated to Antoninus Pius (138-161) and the re-used blocks in the wall that borders El-Amri mosque. Other such walls are known elsewhere in the town and are the origin of the name Armant el-Hait. Lastly and very closely linked to this scientific project, consolidation and restoration measures are being undertaken, especially on the scattered blocks that have been rendered fragile by the rising water table and salts. An even greater project involves the reassembling of the Antoninus Pius gate.

Future perspectives

We envisage the analysis, overall study and publication of the ancient remains of the town of Armant, tying in architecture, topography, epigraphy and archaeology. These different aspects of research are thus explicitly placed within a geographic dimension that will lead to an analysis of the ensemble of data from the site and ensure a better management of the most threatened archaeological zones.

Bibliography

  • M. Betro, Armant dal I Periodo Intermedio alla fine del Nuovo Regno. Prosopografia, BSE 1, Pise, 2001.
  • R. David, «Ermant aux époques byzantines et arabes (IVᵉ-VIIIᵉ s.). L’apport de la céramique», BCE 23, 2012. (à paraître)
  • A. Farid, «New Ptolemaic Blocks from Rub’-el-Maganin-Armant», MDAIK 35, 1979, p. 59-74.
  • A. Farid, «A Preliminary Report on the Clearance of the Temple of Monthu and Re’it-Taui at Armant. Season July-August 1980», OrAnt 22, 1983, p. 67-72.
  • A. Farid, «Two New Kingdom Statues from Armant», MDAIK 39, 1983, p. 59-69.
  • A.H. Gardiner, «Blocks from the temple of Tuthmosis III at Armant», dans E. Breccia (éd.), Studia in Memoria di Ippolito Rosellini nel primo centenario della morte (4 giugno 1843-4 giugno 1943) 2, Pise, 1955, p. 91-98.
  • Mond, O.H. Myers, The Bucheum, MEES 41, Londres, 1934, 3 vol.
  • Mond, O.H. Myers, Temples of Armant. A Preliminary Survey, MEES 43, Londres, 1940, 2 vol.
  • Chr. Thiers, «Missions épigraphiques de l’Ifao dans les villes méridionales du Palladium thébain», in J.-Cl. Goyon, Chr. Cardin (éd.), Actes du neuvième congrès international des égyptologues, 6-12 septembre 2004 Grenoble, OLA 150, Louvain, 2007, p. 1807-1816.
  • Chr. Thiers, «Introduction et initiation à l’écriture ptolémaïque et lecture de textes», AnEPHE Vᵉ section 115 (2006-2007), 2008, p. 93-95.
  • Chr. Thiers, «Fragments de lions-gargouilles d’Ermant», in Chr. Thiers (éd.), Documents de Théologies Thébaines Tardives (D3T 1), CENiM 3, Montpellier, 2009, p. 147-165.
  • Chr. Thiers, «Le ciel septentrional ghr.t et le ciel méridional gb.t», ENiM 2, 2009, p. 53-58.
  • Chr. Thiers, Y. Volokhine, Ermant I. Les cryptes du temple ptolémaïque. Étude épigraphique, MIFAO 124, Le Caire, 2005.
  • Y. Volokhine, P. Sanchez, P. Schubert, «Une dédicace grecque de l’époque impériale tardive trouvée à Hermonthis (Ermant, Haute Égypte)», ZPE 174, 2010, p. 127-132.

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