Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Douch


flèche chronologique de -5000 à -2500 et de -475 à 2000 env.

Nom du site: Douch دوش.

Noms anciens: Kesh (égyptien), Kysis (grec).

Responsable: Michel Wuttmann† (archéologue, resp. du laboratoire de restauration et de C14, IFAO).

Collaborations: François Briois (préhistorien, EHESS); Michel Chauveau (égyptologue, EPHE); Tiphaine Dachy (préhistorienne); Arnault Gigante (archéologue); Thierry Gonon (archéologue, Chronoterre); Joséphine Lesur (archéo-zoologue; MNHN); Sylvie Marchand (céramologue, IFAO); Béatrix Midant-Reynes (préhistorienne, IFAO); Marie-Dominique Nenna (HiSoMA); Claire Newton (archéo-botaniste); Ihab M. Ibrahim (photographe, IFAO).

Institution partenaire : CSA.

Dates du chantier : mi-octobre à mi-janvier.

Ayn-Manâwir: le temple et l'agglomération d'époque perse (470-370 av. J.-C.). À l'arrière plan: maison romaine. Vue vers le nord-ouest.
Ayn-Manâwir: le temple et l'agglomération d'époque perse (470-370 av. J.-C.). À l'arrière plan: maison romaine. Vue vers le nord-ouest.

Douch est le nom d'un petit village du sud de l'oasis de Kharga, à proximité duquel s'élève un tell archéologique signalé de loin par les restes imposants de deux temples, l'un en brique crue et l'autre en pierre, et d'un grand bâtiment quadrangulaire appelé localement «al-Qasr». L'agglomération a été occupée de l'époque perse à l'époque romaine

Les travaux initiés par S.Sauneron en 1976 sur le tell de Douch ont porté essentiellement sur l’exploration du temple en pierre, de l’agglomération et des nécropoles d’époque romaine. À partir de 1994, ils ont été orientés vers l'étude de la petite communauté agricole qui s'est installée sur les flancs de la colline voisine, 'Ayn-Manâwir. Il est apparu rapidement que l'histoire de ces communautés agricoles ne pouvait s'écrire qu'en considérant un territoire et un cadre chronologique plus large: les hameaux et les villages ont connu de fréquents abandons et déplacements à l'intérieur du bassin de Baris (environ 1500 km²). Ce phénomène a permis la conservation de vestiges exceptionnels du paysage antique: champs, jardins, palmeraies, réseaux d'irrigation et même pistes et sentiers.

Par ailleurs, l'étude d'un ensemble épipaléolithique (fouille du site ML1) à 'Ayn Manâwir a ouvert la voie à l'exploration, à une échelle beaucoup plus large, de l'activité humaine dans cette région pendant tout l'Holocène.

En 2001 a débuté une prospection systématique d'une partie importante de l'oasis de Kharga (environ 7000 km²). À ce jour, environ 1500 km2 ont été explorés, des confins sud jusqu'au nord de la ville de Baris. L'objectif est de construire une carte archéologique diachronique qui illustre les moyens techniques mis en œuvre par les habitants pour maîtriser la collecte de l’eau depuis la transition aride du néolithique final jusqu’aux projets nassériens.

Tell Douch

Le trésor de Douch - couronne en or - Le Caire, Musée égyptien, JE 98535.
Le trésor de Douch - couronne en or - Le Caire, Musée égyptien, JE 98535.

À la suite du dégagement et des fouilles dans le temple en pierre et ses avant-cours, dans l’enceinte fortifiée et dans l’agglomération qui l’entoure, plusieurs campagnes d’étude et de restauration ont permis la publication de ces travaux et l’anastylose de la porte de Trajan. Ce projet a permis d’établir la chronologie relative des structures monumentales et d’explorer l’agglomération du Bas Empire romain. C’est au cours de ces fouilles qu’a été mis au jour, caché dans une jarre, l’ensemble connu sous le nom de «trésor de Douch». Les nécropoles romaines situées au nord et à l’est du tell ont fait l’objet de fouilles étendues et ont constitué le premier volume de la publication du site. L’étude épigraphique et architecturale du temple en pierre, daté du 1ᵉʳ s. de notre ère, est en cours de publication. Des vestiges d’occupations antérieures à ces monuments ont été reconnus: campements prédynastiques, habitat du Vᵉ s. et fermes des IVᵉ et IIIᵉ siècles avant notre ère.




L’époque perse: temple et habitat à 'Ayn-Manâwir

La colonisation de la partie sud de l’oasis au début du Vᵉ siècle avant notre ère se traduit par la construction de petites agglomérations sur les flancs de toutes les collines. Ainsi, à 'Ayn-Manâwir, deux groupes de maisons flanquent, au nord et au sud, un temple en brique crue. La fouille du temple nous a permis de suivre son agrandissement progressif par adjonction de cours et d’espaces latéraux. C’est le temple qui abrite les silos de stockage du grain. Un bâtiment accolé à son flanc sud abrite le «bureau» du prêtre-scribe-notaire, rédacteur des contrats conclus entre les membres de la communauté agricole. Le mobilier abandonné vers 370 av. J.-C. dans la chapelle nord du temple montre l’importance du culte osirien dans un monument dédié officiellement à la triade thébaine, comme le démontrent les vestiges de décors peints qui encadraient l’accès au sanctuaire.

ʿAyn-Manâwir : mobilier du temple (470-370 av. J.-C.): la statuaire en bronze.
ʿAyn-Manâwir : mobilier du temple (470-370 av. J.-C.): la statuaire en bronze.

Les maisons, au nombre d’une dizaine, s’agrandissent par agglutination de dépendances, appentis et cours jusqu’à occuper tout l’espace résiduel disponible. Un écoulement d’eau accidentel, éventuelle conséquence d’une pluie exceptionnelle, détruit une partie des maisons vers la fin du règne de Darius II. La reconstruction est l’occasion d’agrandir les demeures, de bâtir des maisons au plan orthogonal, avec des murs plus épais. L’abandon semble rapide, sans phase de déclin, vers le premier quart du IVᵉ siècle, soit à peine plus d’un siècle après l’installation.

Étude des systèmes hydrauliques

'Ayn-Manâwir: la qanât 5 après restauration des regards et du débouché de la galerie drainante dans le fossé à ciel ouvert. Vue vers le sud.
'Ayn-Manâwir: la qanât 5 après restauration des regards et du débouché de la galerie drainante dans le fossé à ciel ouvert. Vue vers le sud.

Le sud de la dépression qui abrite l’oasis de Kharga est traversé par trois alignements parallèles de collines, orientés est-ouest: le gebel Bayyân, vestige d’un mouvement tectonique qui a affecté tout le continent africain; les tells ʿAyn-Ziyâda, Douch et ʿAyn-Manâwir en constituent la ligne septentrionale. Les strates gréseuses de ces collines qui se sont chargées d’eau pendant les épisodes climatiques humides ont formé des réservoirs naturels dominant de vastes étendues cultivables. Ces réserves ont été abondamment exploitées, jusqu’à leur épuisement. C’est à ʿAyn-Manâwir que nous avons choisi d’étudier les dispositifs de collecte et de distribution d’eau. Le plus remarquable d’entre eux est la qanât, galerie drainante creusée à flanc de colline et équipée de regards à intervalles réguliers, Elle est prolongée par une conduite posée dans un fossé qui aboutit dans un bassin. De là, l’eau est distribuée à ses divers ayants droit qui irriguent jardins, palmeraies et champs. Vingt-deux qanâts ont été reconnues à ʿAyn-Manâwir, près d’une centaine sur l’ensemble des collines. Nous avons privilégié la fouille des fossés à ciel ouvert, des bassins et des parties terminales des réseaux, car c’est là que l’on peut étudier et dater les transformations qu’ils ont subies. Deux galeries ont été dégagées et leurs regards restaurés. La plupart de ces ouvrages ont été creusés au cours du 1ᵉʳ quart du Vᵉ siècle avant notre ère, pendant la première domination perse en Égypte, prolongés et approfondis pendant les deux premiers siècles de notre ère et finalement abandonnés au début du IIIᵉ siècle.

S’il est vraisemblable que la technique de la qanât ait son origine dans le plateau iranien et qu’elle ait été diffusée par la conquête achéménide, il reste que les ouvrages de ʿAyn-Manâwir sont les seuls qui aient pu être effectivement datés de cette période.

L’examen physique des galeries, conduits, bassins, jardins et champs ainsi que l’étude des macro-restes végétaux viennent illustrer et éclairer les nombreuses mentions relevées dans les contrats rédigés en démotique sur les ostraca mis au jour dans l’habitat et les annexes du temple.

La carte archéologique de l'oasis de Kharga

L’exceptionnelle conservation des vestiges des aménagements agricoles antiques a encouragé à bâtir une carte archéologique de l’oasis. Cette entreprise présentait un caractère d’urgence du fait de la multiplication des travaux d’aménagement et des menaces de tous ordres.

L'équipe de l'Ifao a pour objectif de prospecter environ 5000 km², de l'extrémité sud de la dépression jusqu'au nord de la ville moderne de Kharga. Les observations de terrain sont confrontées aux précieuses données des cartes à l’échelle 1/10 000 réalisées vers 1930. Une couverture complète de l’oasis en images satellitaires géo-référencées acquise avec le soutien d’une subvention du CNES sert de fond au SIG (système d'information géographique) qui réunit toutes ces données et en autorise l’analyse spatiale.

À l’issue de la campagne de l’automne 2011, près de trois cents sites ont été reconnus dans les quelque 2000 km² prospectés. Des ateliers de taille ou des concentrations d’outillage sur les terrasses du piémont émergent du «bruit de fond» paléolithique qui caractérise la plaine. Les ensembles épipaléolithiques reconnus sont proches des sources artésiennes. L’aridification est déjà perceptible: tous les vestiges néolithiques, constitués en sites d’habitat au moins semi-permanents ou encore en groupes de «Steinplätze» (feux de camp occasionnels tapissés de galets) sont entourés de sources artésiennes. Les vestiges des camps des voyageurs de l'époque prédynastique et de l’Ancien Empire s'observent sur les pentes des collines: présence de poches cendreuses et de rubéfactions dans les dépôts éoliens d’argilites plaqués par le vent sur la surface humide autour des sources. Puis, le bassin sud de l’oasis semble inhabité pendant les 2000 ans qui séparent la fin de l'Ancien Empire et le Vᵉ siècle av. J.-C. Grâce à la maîtrise de la nouvelle technique de la galerie drainante, ou qanât,la région est habitée et cultivée à partir de 480 avant notre ère Les qanât sont réparties autour des pentes des différentes collines et sont entretenues pendant plus de quatre siècles avant qu’un nouvel élan colonisateur, au début de l’époque romaine, conduise à l’extension maximale des réseaux et à la mise en culture des plaines grâce au creusement de nombreux puits et à l’établissement de longs aqueducs qui conduisent l’eau à tous les terrains potentiellement cultivables. L’examen du terrain combiné à l'analyse des photos satellitaires autorise à produire une restitution exhaustive de l’aménagement de toute la plaine au sud de Douch (environ 200 km²) à cette époque.

La surexploitation de l’eau conduit à l’abandon des fermes avant le IVᵉ siècle ap. J.-C. Seul Douch, centre administratif, subsiste à l’est. L’activité agricole est alors regroupée dans un nombre plus réduit de domaines mitoyens de plus grande taille, situés aux franges ouest et nord de l’oasis. Une grande partie de leur organisation nous échappe car ils sont recouverts aujourd’hui par le vaste champ de dunes qui clôt l’oasis à l’ouest et par les exploitations modernes au nord. Un net déclin s’amorce à la fin du Vᵉ siècle, une activité résiduelle se poursuit cependant, sans jamais s’interrompre jusqu’à l’arrivée de nouveaux moyens techniques au XXᵉ siècle et surtout, jusqu’à une nouvelle rupture, celle de la «Nouvelle Vallée» nassérienne, vers 1960.

L’occupation préhistorique

Le site KS043 (néolithique final). Foyers et cuvettes tapissées d'argile. Habitat saisonnier en cours de fouille (novembre 2007).
Le site KS043 (néolithique final). Foyers et cuvettes tapissées d'argile. Habitat saisonnier en cours de fouille (novembre 2007).

Les données relatives à l’occupation préhistorique reposent, d’une part sur des prospections de surface, d’autre part sur l’analyse plus approfondie de sites apparus comme significatifs, qui ont fait l’objet d’une fouille.

L’occupation de ces espaces écologiquement fragiles est étroitement liée à l’évolution des conditions climatiques qui ont prévalu dans le Sahara oriental au cours des temps pléistocène et holocène, et révèle des stratégies différentes d’accès à l’eau par des populations qui, de chasseurs-cueilleurs, vont progressivement devenir pastorales.

Les travaux de terrain du programme sur la préhistoire se sont concentrés sur la période Holocène, qui compte de nombreux sites de plein air fréquemment associés à des sources artésiennes maintenant fossilisées ou à d’anciennes lagunes (playa). Le site de ML1, mais également d’autres établissements parfois de grande taille, ont permis de caractériser l’épisode épipaléolithique dont la forte composante microlithique est comparable aux faciès contemporains de la transition 8ᵉ-7ᵉ millénaire du Sahara oriental et de la vallée du Nil (Elkab). D’autres faciès, dont la chronologie absolue demande parfois à être mieux calée, correspondent à des industries à petites flèches sur lamelles (pointes d’El Harif, pointes d’Ounan) en lien avec des camps de chasse dont la localisation semble privilégier les bords de playa. C’est dans le courant du 7ᵉ millénaire qu’on trouve les premières attestations de céramique imprimée. Les données relatives au 6ᵉ millénaire restent encore très fragmentaires mais c’est à cette période qu’apparaît, dans le bassin de Kharga, l’usage de la technique bifaciale. La pleine expression du Néolithique n’est pas identifiée avant le 5ᵉ millénaire qui correspond à une période où l’aridification du milieu se généralise à l’échelle du Sahara oriental. Les occupations se concentrent autour des sources artésiennes et deux sites stratifiés, KS043 et KS052, ont révélé tous les aspects liés à la mobilité, aux nouveaux modes de subsistance et aux conditions paléo-environnementales. Les nombreux restes matériels exhumés ont en même temps permis de définir les composantes culturelles qui se rattachent à un vaste complexe du Néolithique tardif à fortes influences nubiennes.

Les périodes du Prédynastique et de l’Ancien Empire ont laissé leurs marques sous la forme de concentrations de céramiques et d’un mobilier lithique particulier, inconnu dans la vallée du Nil. Un élément récurrent est constitué par les «Clayton rings», ces disques et récipients tronconiques d’argile cuite qui semblent accompagner le cheminement des voyageurs et dont le rôle demeure obscur.

Perpectives

1- Sur le terrain:

  • Poursuite de la prospection systématique et diachronique de l'oasis (progression vers le Nord, révisions, intégration de données révélées par le déplacement du couvert sableux et par les pillages, intégration des fouilles préventives du CSA). Réalisation de plans topographiques de certains sites.
  • Sondages, fouilles préhistoriques.
  • Sondages, fouilles préhistoriques.
  • Sondages, nettoyages et fouilles ciblées sur certains aménagements types dans les domaines agricoles des époques historiques, choisis dans le catalogue des sites prospectés.

2- Dans la maison de fouilles à Douch:

  • Travaux documentaires (photographie, dessin, etc).
  • Travaux collectifs de préparation de publications.
  • Mise en forme des rapports de fouille du CSA pour leur intégration dans les données de la prospection et leur publication
  • Missions d'étude du mobilier archéologique.
  • Table(s)-ronde(s) entre archéologues des différentes missions opérant à Kharga sur des thèmes communs.

3- En laboratoire, au Caire:

  • datations.
  • études archéobotaniques, sédimentologiques.
  • études céramologiques (matériau).

Bibliographie sélective

  • Comptes rendus annuels dans les « Rapports du directeur » publiés chaque année dans le BIFAO.

Monographies sur le site et sa documentation

  • F. Briois, B. Midant-Reynes, M. Wuttmann, Le gisement épipaléolithique de ML1 à 'Ayn-Manâwir, FIFAO 58, 2008

Sélection d'articles

  • M. Chauveau, «Les archives démotiques du temple de Ayn Manâwir», ARTA 2011.002, p.1-19, arta@achemenet.com, ISSN2110-6118.
  • B. Midant-Reynes, F. Briois, «Un site pré-badarien dans l'oasis de Kharga (Égypte): KS043» dans «Collectif, De Méditerranée et d'ailleurs… Mélanges offerts à Jean Guilaine». Archives d'Écologie Préhistorique, Toulouse, 2009, p. 533-546.
  • M. Wuttmann, «Les qanâts de 'Ayn-Manâwir (oasis de Kharga, Égypte)», dans «Irrigation et drainage dans l'Antiquité, qanâts et canalisations souterraines en Iran, en Égypte et en Grèce, séminaire tenu au Collège de France sous la direction de Pierre Briant». Thotm éditions, Paris, 2001, p. 109-136.
  • M. Chauveau, «Les qanâts dans les ostraca de Manâwir», dans «Irrigation et drainage dans l'Antiquité, qanâts et canalisations souterraines en Iran, en Égypte et en Grèce, séminaire tenu au Collège de France sous la direction de Pierre Briant». Thotm éditions, Paris, 2001, p. 137-142.

Dush

Site name: Dush دوش.

Ancient names: Kesh (Egyptian), Kysis (Greek).

Supervisor: Michel Wuttmann† (archaeologist, supervisor of the IFAO restoration and C14 dating lab ).

Collaborators: François Briois (prehistoria, EHESS); Michel Chauveau (egyptologist, EPHE); Tiphaine Dachy (prehistorian); Arnault Gigante (archaeologist); Thierry Gonon (archaeologist, Chronoterre); Joséphine Lesur (archaeo-zoologist, MNHN); Sylvie Marchand (ceramologist, IFAO); Béatrix Midant-Reynes (prehistorian, IFAO); Marie-Dominique Nenna (HiSoMA); Claire Newton (archaeo-botanist); Ihab M. Ibrahim (photographer, IFAO).

Partner institution: SCA.

Campaign dates: mid-October to mid-January.

Ain Manawir: the temple and built-up area from the Persian period (470-370 BC.). In the background, a Roman house. View towards the north-west.
Ain Manawir: the temple and built-up area from the Persian period (470-370 BC.). In the background, a Roman house. View towards the north-west.

Dush is the name of a small village to the south of Kharga oasis, near which stands an archaeological tel. It is noticeable from afar because of the impressive remains of two temples, one of raw brick and the other of stone, and of a large quadrangular building known locally as “al-qasr”. The area was occupied from the Persian until the Roman period.

The work begun in 1976 by S. Sauneron on the tel of Dush was essentially concentrated upon the exploration of the stone temple, the built-up area and the Roman era cemeteries. From 1994, there has been a shift towards the study of the small agricultural community that settled on the flanks of the neighbouring hill, Ain Manawir. It became quickly clear that the history of these agricultural communities could only be written by looking at a larger territory and chronological framework. The hamlets and villages had experienced frequent periods of abandon and displacement within the Baris basin (roughly 1500 km2). This phenomenon has led to the preservation of exceptional traces of the ancient landscape: fields, gardens, palm groves, irrigation networks and even trails and paths.

Moreover, the study of an epipaleolithic ensemble (excavation of site ML1) at Ain Manawir has opened up the possibility of exploring on a much larger scale human activity in this region throughout all of the Holocene.

In 2001, the systematic prospecting of a large part of Kharga oasis (7000 km2 approx.) was begun. To date, roughly 1500 km2 have been explored, from the southern edge to north of the town of Baris. The intention is to draw up a diachronic archaeological map that illustrates the technical means employed by the inhabitants in order to master the collection of water from the arid transition of the Final Neolithic up to the projects of the Nasser years.

Tel Dush

The treasure of Dush: a golden crown. Cairo, The Egyptian Museum, JE 98535.
The treasure of Dush: a golden crown. Cairo, The Egyptian Museum, JE 98535.

Following clearing and excavations in the stone temple and its forecourts, in the fortified wall and in the surrounding built-up area, several campaigns of study and restoration have led to the publication of these endeavours and to the anastylosis of Trajan’s gate. This project has allowed us to establish the relative chronology of the monumental structures and to explore the built-up area of the Late Roman Empire. It was during these excavations that the ensemble known as the Treasure of Dush was discovered hidden in a jar. The Roman cemeteries situated to the north and east of the tel underwent extensive excavation and were the subject of the first volume published about the site. The epigraphical and architectural studies of the stone temple, dated to the 1st century AD, are being prepared for publication. Traces of earlier occupation of these monuments have been recognised: predynastic encampments, housing of the 5th, and farms of the 6th and 3rd centuries BC.





The Persian era: temple and housing at Ain Manawir

At the beginning of the 5th century BC, the southern part of the oasis was colonised. Small built-up areas appeared on the sides of all the hills. At Ain Manawir, two groups of houses flanked a raw brick temple to north and south. The excavation of the temple has revealed its progressive enlargement through the addition of courtyards and lateral spaces. The temple held grain storage silos. A building attached to its southern side held the “office” of a priest/scribe/notary, a writer of contracts drawn up between the members of the agricultural community. The abandoned archaeological material from around 370 BC in the north chapel of the temple shows the importance of the Osiris cult in this monument. Traces of painted decoration that frame the entrance to the sanctuary demonstrate that it was officially dedicated to the Theban triad.

Ain Manawir: material from the temple (470-370 BC): bronze statuary.
Ain Manawir: material from the temple (470-370 BC): bronze statuary.

The houses, numbering about ten, spread out through the addition of out-houses, sheds and courtyards to fill all the remaining available space. An accidental flow of water, probably the result of an exceptional rainstorm, destroyed some of the houses towards the end of Darius II’s reign. Reconstruction saw an enlargement of the residences and the building of houses on an orthogonal plan with thicker walls. Abandonment seems to have happened quickly, without a phase of decline, towards the first quarter of the 4th century, barely more than a century after settlement.

The hydraulic systems

Ain Manawir: qanat 5 after restoration of the inspection holes and of the tunnel outlet that drains into the open ditch. View to the south.
Ain Manawir: qanat 5 after restoration of the inspection holes and of the tunnel outlet that drains into the open ditch. View to the south.

The south of the depression that shelters the oasis of Kharga is crossed by three parallel lines of hills running east–west: Gebel Bayyan, the vestige of a tectonic movement that affected the entire African continent. The tels of Ain Ziyada, Dush and Ain Manawir make up the northernmost line. The sandstone strata of these hills that were filled with water during wet climatic periods formed natural reservoirs overlooking vast stretches of cultivatable land. These reserves were fully exploited until their depletion. At Ain Manawir, we have chosen to study the water collection and distribution installations. The most remarkable of these is the qanat, a drainage tunnel dug into the side of the hill and fitted with inspection openings at regular intervals. It is extended by a channel set in a ditch that empties into a basin. From there the water was distributed to whoever had rights to it for irrigating vegetable gardens, palm groves and fields. Twenty-five qanats have been identified at Ain Manawir, and almost 100 throughout the range of hills. We have focused on excavating the open ditches, the basins and the end parts of the networks, since it is there that we can study and date the transformations that they underwent. Two tunnels have been cleared and the inspection holes restored. The majority of these works were dug during the first quarter of the 5th century BC, during the first Persian occupation, and then lengthened and deepened during the first two centuries AD, to be finally abandoned at the beginning of the 3rd.

While it is likely that the technique of the qanat has its origins on the Iranian plateau and was introduced by the Achaemenid conquerors, it is nevertheless the case that the structures of Ain Manawir are the only ones to have been effectively dated to that period.

The physical examination of the tunnels, channels, basins, fields and gardens, as well as a study of the vegetal macro-remains all illustrate and shed light upon the numerous comments lifted from demotic contracts written on ostraca that have been found in the housing and temple annexes.

Archaeological map of Kharga oasis

The exceptional state of preservation of the ancient agricultural vestiges encouraged us to draw up an archaeological map of the oasis. This task also involved a certain measure of urgency in the face of the increasing development work and other kinds of threat.

The IFAO team intends to prospect some 5000 km2, from the southern edge of the depression until the north of the modern town of Kharga. Observations on the ground were juxtaposed with precious data from the 1/10,000 scale maps drawn up around 1930. Then, complete coverage of the oasis by geo-referenced satellite images was obtained through the support of a grant from the French Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) and this served as a base for a geographic information system (GIS) that gathered together all this data and allowed for a spatial analysis.

By the end of the 2011 autumn campaign, almost 300 sites had been identified across the 2000 km² explored. Knapping workshops and concentrations of implements on the piedmont terracing emerged from the paleolithic “background noise” that characterises the plain. The identified epipaleolithic ensembles were already close to the artesian springs. The aridification is perceptible: all the neolithic vestiges, composed of at least semi-permanent habitation sites, or “Steinplätze” groups, camp fires sometimes covered over with pebbles, are surrounded by artesian springs. On the slopes of the hills one can observe pockets of ashes and baked earth in the wind-blown argillite deposits flattened against the wet surfaces around the springs. These are vestiges of travellers’ camps from the predynastic era or the Old Kingdom. Thereafter, the southern basin of the oasis appears to have been uninhabited during the 2000 years that separate the end of the Old Kingdom and the 5th century BC. Thanks to the new technique of the drainage tunnel, or qanat, the region is re-inhabited and cultivated from 480 BC. The qanat were spread around the slopes of the different hills and were maintained for more than four centuries before a new colonising wave, at the beginning of the Roman era, led to the maximum extension of the qanat network and the cultivation of the plains thanks to the digging of numerous wells and the establishing of long aqueducts that fed water to all potential growing land. The examination of the terrain combined with analysis of satellite photos will allow us to produce a complete representation of the layout of the entire southern plane of Dush (200 km² approx.) at that period.

The overuse of water led to the abandoning of the farmland before the 4th century AD. Dush alone, the administrative centre, survived to the east. Agricultural activity was then based around a smaller number of neighbouring and bigger domains, situated on the western and northern fringes of the oasis. A large part of their layout and organisation is unknown to us since they are today covered by the vast sea of dunes that borders the oasis to the west and by modern farms to the north. A distinct decline sets in from the 5th century, though a certain residual activity continues, without ever breaking down, up until the arrival of new technical means in the 20th century and especially with the advent of Nasser’s “New Valley” around 1960.

Prehistoric occupation

KS043 site (Final Neolithic). Hearths and depressions coated with clay. Seasonal housing under excavation. (November 2007).
KS043 site (Final Neolithic). Hearths and depressions coated with clay. Seasonal housing under excavation. (November 2007).

Information regarding prehistoric occupation is based, on the one hand, upon surface prospection, and the other, upon a deeper analysis of the sites that appear significant, which have been excavated.

The occupation of these ecologically fragile areas is strictly linked to the changes in climatic conditions that prevailed in the eastern Sahara over the Pleistocene and Holocene epochs, and any study will reveal the different strategies employed by the populations to gain access to water as they gradually shift from hunter-gatherer to pastoralist.

The oldest vestiges identified in the explored zone date back to the Lower Palaeolothic, as exemplified by several Acheulean hand-axes found at different points in the area. The Middle Palaeolithic is attested by numerous remains of work sites characterised in particular by clear examples of Levallois knapping. Aterian industry, recognised in this region, might correspond to the final episodes of this period.

Terrain work of the prehistory programme has concentrated on the Holocene era and there are numerous surface sites often associated with now fossilised artesian springs or ancient dry lakes (playas). The ML1 site, as well as other installations sometimes of large size, has provided a vision of the epipalaeolithic episode, of which the strong evidence of microlithic industry is comparable to the contemporary features of the transition from 8th to 7th millennium in the eastern Sahara and the Nile Valley (El Kab). Other features, the absolute chronology of which still requires on occasion to be more firmly fixed, correspond to an industry of small flaked arrows (Harif points, Ounan points) connected to hunting camps whose location was often on playa shores. It was at some point during the 7th millennium that the first sure signs of impressed ceramics appear. The data regarding the 6th millennium is still very fragmentary, however, it was during this period that use of the bifacial technique appears in the Kharga basin. Full expression of the Neolithic is not identified before the 5th millennium, a period at which the aridification of the environment becomes general across the eastern Sahara. Occupation becomes concentrated around artesian springs and two stratified sites, KS043 and KS052, have revealed all of the aspects linked to mobility, to new styles of subsistence and to palaeo-environmental conditions. The numerous material remains that have been unearthed have, at the same time, helped to define the cultural components that are associated to a vast Late Neolithic complex with strong Nubian influences.

The Predynastic and Old Kingdom periods have left their marks in the form of concentrations of ceramics and particular lithic material, unknown in the Nile Valley. One recurrent element is the “Clayton rings”, those fired clay tronconic vessels and discs that seem to mark the routes of travellers and whose function remains obscure.

Future perspectives

1- On site:

  • Continuation of the systematic and diachronic prospection of the oasis (progress northwards, reviewing, integration of data revealed by the removal of sand cover and by looting, integration of SCA rescue excavations). Creation of topographic maps of certain sites.
  • Soundings, prehistoric excavations- completion of the excavation of the built-up zone around the temple of Ain Manawir.
  • Sondages, fouilles préhistoriques.
  • Soundings, cleaning and targeted excavations of certain developments in the agricultural domains of differing historical periods, as selected from the list of prospected sites.

2- In the excavation house at Dush:

  • Documentary work (photography, illustrations etc.)
  • Collective work to prepare publications.
  • Formatting of SCA excavation reports for integration into prospection data and eventual publication.
  • Studies of the archaeological material
  • Round tables involving archaeologists from different missions working in Kharga on common themes

3- In the lab in Cairo:

  • Datations.
  • Archaeo-botanical, sedimentological
and ceramological studies.

Selected bibliography

  • Annual reports in “Rapports du directeur” published each year in BIFAO.

Monographs on the site and its documentation

  • F. Briois, B. Midant-Reynes, M. Wuttmann, Le gisement épipaléolithique de ML1 à 'Ayn-Manâwir, FIFAO 58, 2008

Selected articles

  • M. Chauveau, «Les archives démotiques du temple de Ayn Manâwir», ARTA 2011.002, p.1-19, arta@achemenet.com, ISSN2110-6118.
  • B. Midant-Reynes, F. Briois, «Un site pré-badarien dans l'oasis de Kharga (Égypte): KS043» dans «Collectif, De Méditerranée et d'ailleurs… Mélanges offerts à Jean Guilaine». Archives d'Écologie Préhistorique, Toulouse, 2009, p. 533-546.
  • M. Wuttmann, «Les qanâts de 'Ayn-Manâwir (oasis de Kharga, Égypte)», dans «Irrigation et drainage dans l'Antiquité, qanâts et canalisations souterraines en Iran, en Égypte et en Grèce, séminaire tenu au Collège de France sous la direction de Pierre Briant». Thotm éditions, Paris, 2001, p. 109-136.
  • M. Chauveau, «Les qanâts dans les ostraca de Manâwir», dans «Irrigation et drainage dans l'Antiquité, qanâts et canalisations souterraines en Iran, en Égypte et en Grèce, séminaire tenu au Collège de France sous la direction de Pierre Briant». Thotm éditions, Paris, 2001, p. 137-142.