Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Bahariya

flèche chronologique pour   Mouftella de -600 à 600 env.
flèche chronologique pour  Qaret el-Toub de -2200 à 600 env.
flèche chronologique pour    Qasr Allam de -750 à -650 env.

Nom du site: Bahariya الواحات البحرية

Noms anciens: wḥȝ.t mḥy.t, Psôbthis.

Direction: Frédéric Colin (égyptologue, univ. de Strasbourg, CNRS-UMR 7044).

Collaborations: Frédéric Adam (archéoanthropologue, AIPRA, INRAP), Alain Delattre (coptisant, univ. libre de Bruxelles); Catherine Duvette (architecte archéologue, CNRS - UMR 7044); Bruno Gavazzi (géologue et archéologue, univ. de Strasbourg, CNRS - UMR 7044 et CNRS - UMR 7516); Françoise Labrique (égyptologue, univ. de Cologne); Sylvie Marchand (céramologue, IFAO); Marc Munschy (physicien des observatoires, univ. de Strasbourg, CNRS - UMR 7516); Olivier Onézime (topographe, IFAO); Gaël Pollin (photographe, IFAO); Khaled Zaza (dessinateur, IFAO).

Institutions partenaires :

Dates du chantier: fin mars-début mai.

Bahariya - schéma général du site.
Bahariya - schéma général du site.

La mission de l’Ifao à Baḥariya s’attache à étudier, sur le temps long (de la fin de l’Ancien Empire au Xᵉ siècle de notre ère), l’histoire de la vaste dépression que les sources égyptiennes appelaient «l’oasis du nord»; la géographie physique éloignait sa population du reste du monde en l’entourant d’un glacis aride dont le franchissement nécessitait du temps, des compétences et des moyens de transport spécifiques. Comment ces «insulaires du désert», dont l’environnement habitable était tributaire des possibilités limitées d’accès à l’eau, ont-ils occupé et développé le territoire oasien que les conditions naturelles mettaient à leur disposition? Quelles configurations économiques, politiques et culturelles les habitants de Bahariya ont-ils adoptées localement et quels rapports entretenaient-ils avec les régions voisines (autres oasis, Égypte, Afrique septentrionale et méridionale)? La concession demandée chaque année au Ministère d'État des Antiquités égyptiennes englobe l’ensemble de la dépression, mais les travaux se sont plus précisément orientés vers une zone archéologiquement «stratégique» du nord de l’oasis, où se situait vraisemblablement «Psôbthis», le chef-lieu de Baḥariya dans l’Antiquité.

Historique des fouilles

Qaret el-Toub

Qaret el-Toub, caveau 8 de la tombe 10 (fin Ancien Empire/début Première Période intermédiaire) (2006).
Qaret el-Toub, caveau 8 de la tombe 10 (fin Ancien Empire/début Première Période intermédiaire) (2006).

Le toponyme «Qaret el-Toub» est signalé sans commentaire sur un plan schématique publié par Ahmed Fakhry, mais le site n’avait jamais été mentionné ou étudié avant 1999, lorsque la mission de l’Ifao en a établi un plan topographique, avant d’en entreprendre la fouille en 2000. La nécropole fut utilisée de la fin de l’Ancien Empire/Première Période intermédiaire au Haut-Empire romain. La qualité de conservation des assemblages confère à ce vaste gisement funéraire le statut de site de référence pour l’étude diachronique des populations qui habitaient le chef-lieu ancien de l’oasis. Lorsque la technique de l’adduction d’eau par des tunnels de drainage fut introduite dans l’oasis, un réseau hydraulique d’aqueducs souterrains fut implanté dans tout le secteur d’El-Qasr/Bawiti pour alimenter la palmeraie qui s’étendait au nord en contrebas du plateau gréseux. Une partie du dispositif traversait la nécropole et fut vraisemblablement réemployée pour l’approvisionnement en eau du fort construit par les ingénieurs romains au milieu des tombes. Inauguré sous Dioclétien et Maximien, en 288, pour abriter une unité de cavalerie auxiliaire dans le cadre d’un vaste programme militaire touchant l’ensemble de l’Égypte, cette fortification de briques crues fut par la suite occupée, entretenue et restaurée sans discontinuer jusqu’au Xe siècle de notre ère.

Qaret el-Toub, secteur 2 du fort romain (2006).
Qaret el-Toub, secteur 2 du fort romain (2006).

Qasr ‘Allam

Qasr ‘Allam, secteurs 2 et 7, fin Troisième Période intermédiaire (2005).
Qasr ‘Allam, secteurs 2 et 7, fin Troisième Période intermédiaire (2005).

Qasr ‘Allam était jadis considéré comme un fort romain ou islamique, mais les travaux menés par l’Ifao ont montré que l’ensemble architectural construit sur le site devait appartenir à un grand domaine religieux d’époque pharaonique – probablement le «domaine d’Amon» (pr-ỉmn), en activité depuis l’époque libyenne jusqu’à l’époque éthiopienne, et peut-être jusqu’au début de la Basse Époque. D’après les résultats des campagnes 2010 et 2012, le développement de la partie préservée de l’espace bâti a connu deux périodes principales: la première commence dans le courant du IXᵉ siècle, avec la construction d’une enceinte qui entourait un temple ou un complexe abritant des activités de stockage et d’ateliers (peut-être un Trésor?). À ce noyau se sont agglutinés d’autres espaces de service et un habitat de fonction. La deuxième période, qui prend place au sein du VIIIᵉ/VIIᵉ siècle, se manifesterait par un changement d’échelle spectaculaire de la surface couverte par le domaine religieux. Le noyau initial du site est recouvert par une plate-forme à caissons de plus de 4 m d’élévation conservée, soubassement d’un édifice disparu qui ne constituait sans doute qu’une annexe d’un centre de gravité désormais déplacé vers l’ouest. D’après ce scénario, le ou les temples se situeraient à cette époque sous une vaste nappe de sable accumulée après l’abandon de l’habitat, dans une plaine dont la surface actuelle ne permet aucunement de détecter à vue ou par satellite la présence de bâtiments. Seules les méthodes de prospection géophysiques, complétées par des sondages ciblés, ont jusqu’à présent montré leur efficacité pour repérer des structures anthropiques dans ce terrain difficile.

Qasr ‘Allam, estampille sur anse d'amphore, fin TPI.
Qasr ‘Allam, estampille sur anse d'amphore, fin TPI.
Qasr ‘Allam, fragment de scellé en terre crue, fin Troisième Période intermédiaire.
Qasr ‘Allam, fragment de scellé en terre crue, fin Troisième Période intermédiaire.

Ces techniques contribuent également à éclairer la hiérarchie du dispositif hydraulique ancien caractérisant le paysage de Qasr ‘Allam, qui est parcouru par un formidable réseau de structures fossiles de captation et d’adduction d’eau, puits, tunnels de drainage et de transport, chenaux et canalisations divers. Les premiers indices d’un fonctionnement d’une partie de cet ensemble parallèlement au domaine religieux invitent à s’interroger sur l’ancienneté du système d’irrigation et sur le rôle joué par le réservoir d’eau naturel dans l’implantation initiale de l’habitat: les propriétés hydrogéologiques de la zone nommée El-‘Ayun «Les sources» dans la toponymie locale sont-elles à l’origine de l’installation du plus grand complexe cultuel actuellement identifié à Baḥariya?

Dans les ruines de l’habitat, enfin, les campagnes 2009 et 2010 ont révélé la présence d’un cimetière abritant des sépultures collectives où s’observent des associations de canidés et d’humains, en particulier des enfants, dans des conditions et à une échelle totalement inédites. L’étude de ce gisement inhabituel pose de nombreuses questions, aussi bien épistémologiques qu’historiques: l’originalité apparente de ces pratiques funéraires en contexte égyptien est-elle réelle ou ce phénomène n’a-t-il jamais été observé auparavant parce que les éventuels contextes analogues n’ont pas été fouillés au moyen de méthodes adéquates? Grâce au croisement des données égyptologiques, papyrologiques, classiques, archéozoologiques et archéoanthropologiques, quelle contribution l’étude du gisement de Qasr ‘Allam apportera-t-elle à l’anthropozoologie de l’Égypte ancienne?

ʿAyn el-Mouftella

Nous devons à Ahmed Fakhry le dégagement de quatre monuments d’époque saïte à ʿAyn el-Mouftella, numérotés dans l’ordre de leur découverte. Son manque de moyens en 1939 ne lui a cependant pas permis de travailler longtemps sur place ni d’en faire le relevé exhaustif, de sorte que la fonction de chaque pièce restait à définir. Les parois se sont ensuite fort dégradées sous l’action des vents et le MSA les a surmontées de toits et a procédé à des réparations en 2000.

Les parties décorées méritaient un réexamen approfondi, car elles apportent de riches informations historiques et religieuses sur les cultes de Bahariya à l’époque du roi Amasis, que l’on peut aujourd’hui replacer dans un contexte de plus en plus large, notamment dans ses rapports avec la Vallée du Nil et avec l’oasis de Siwa. Alain Lecler et Mohamed Ibrahim Mohamed en ont assuré la couverture photographique en 2004. Le relevé épigraphique, que Françoise Labrique (égyptologue) et Khaled Zaza (dessinateur) ont commencé en 2003, est en voie d’achèvement.

Perspectives

Le projet du quinquennal 2012-2016 consistera à étudier l’histoire de Psôbthis, chef-lieu antique de l’oasis de Baḥariya, et les caractéristiques humaines et culturelles de sa population en se concentrant sur trois thèmes:

  1. Les particularités des pratiques funéraires de cette population excentrée, mais néanmoins en contact avec les autres oasis et la vallée du Nil. L'approche sera renouvelée en confrontant l’image «idéale» issue des sources classiquement étudiées par les égyptologues aux données produites par les méthodes actuelles de l’archéo-anthropologie. Points forts:
    • la mise en évidence de pratiques funéraires originales dans le cimetière de Qasr ‘Allam, qui n’avaient jamais été observées en Égypte, ni quantitativement, ni qualitativement (tombes collectives d’humains immatures et de canidés);
    • la comparaison des faciès funéraires locaux avec les données issues de sites contemporains (ex. la fin de l’Ancien Empire à Qaret el-Toub, Balat, Éléphantine).
  2. Les traces matérielles des lieux de culte et de leurs dépendances. Des indices commencent à suggérer que les secteurs actuellement fouillés à Qasr ‘Allam ne constitueraient qu’un segment périphérique d’un ensemble cultuel beaucoup plus vaste, comparable à certains centres religieux de chefs-lieux provinciaux de la vallée du Nil. On cherchera à confirmer ou infirmer cette hypothèse en combinant fouille des espaces conservés en élévation, prospection géophysique et sondages d’interprétation des anomalies magnétiques. En outre, les relevés architecturaux de Mouftella seront complétés en vue de la publication du temple, dont l’étude épigraphique est achevée.
  3. Les réseaux hydrauliques fossiles et leurs interactions avec les autres systèmes fonctionnels occupant les mêmes espaces (habitats, cimetières). La combinaison de prospections géophysiques et de sondages ciblés permettra de préciser la chronologie de réseaux dont l’imagerie satellitale révèle par ailleurs la structure sur de grandes surfaces, afin de contribuer à l’histoire de l’agriculture irriguée dans l’Égypte pharaonique.

Bibliographie

  • M. Bonifay, «Observations préliminaires sur les amphores africaines de l’oasis de Bahariya», dans S. Marchand, A. Marangou (éd.), Amphores d’Égypte de la Basse Époque à l’époque arabe, CCE 8, Le Caire, 2007, p. 451-462.
  • S. Brones, C. Duvette, «Le fort d'el-Deir, une architecture de terre», BIFAO 107, 2007, p. 7-40 (notamment comparaison entre les forts d’El-Deir et de Qaret el-Toub).
  • G. Castel, P. Tallet, «Les inscriptions d’El-Harra, oasis de Bahareya », BIFAO 101, 2001, p. 99-136.
  • Fr. Colin, «Un ex-voto de pèlerinage auprès d’Ammon dans le temple dit “d’Alexandre”, à Bahariya (désert Libyque)», BIFAO 97, 1997, p. 91-96.
  • Fr. Colin, Les peuples libyens de la Cyrénaïque à l’Égypte d’après les sources de l’Antiquité classique, Mémoire de la classe des Lettres, Académie royale de Belgique 25 Bruxelles, 2000.
  • Fr. Colin, «Un fort romain dans le désert d’Égypte», Pour la Science 295, 2002, p. 76-82.
  • Fr. Colin, «Un temple en activité sous Domitien au Kôm al-Cheikh Ahmad (Bahariya) d’après une inscription grecque récemment découverte», BIFAO 104, 2004, p. 103-133.
  • Fr. Colin, «Qasr‘Allam : a Twenty-Sixth Dynasty settlement», Egyptian Archaeology 24, 2004, p. 30-33.
  • Fr. Colin, compte rendu de J. Willeitner, Die ägyptischen Oasen. Städte, Tempel und Gräber in der Libyschen Wüste, Mainz, 2002, dans De Kêmi à Birît Nâri. Revue Internationale de l’Orient Ancien 2, 2004-2005, p. 204-206.
  • Fr. Colin, «Kamose et les Hyksos dans l’oasis de Djesdjes», BIFAO 105, 2005, p. 35-47.
  • Fr. Colin, avec la collaboration de S. Zanatta, «Hermaphrodite ou parturiente ? Données nouvelles sur les humanoïdes de terre crue en contexte funéraire (Qaret el-Toub, Bahariya 2005)», BIFAO 106, 2006, p. 21-55.
  • Fr. Colin, «Baḥariya», dans L. Pantalacci, S. Denoix (éd.), «Travaux de l’Institut français d’archéologie orientale», BIFAO 106, 2006, p. 404-409; 107, 2007, p. 313-318 ; 108, 2008, p. 66-67 ; 109, 2009, p. 599-604; dans B. Midant-Reynes, S. Denoix (éd.), «Travaux de l’IFAO», 110, 2010, p. 326-331.
  • Fr. Colin, «Le "Domaine d’Amon" à Baḥariya de la XVIIIᵉ à la XXVIᵉ dynastie: l’apport des fouilles de Qasr ‘Allam», dans D. Devauchelle (éd.), La XXVIᵉ dynastie continuités et ruptures. Actes du Colloque international organisé les 26 et 27 novembre 2004 à l'Université Charles-de-Gaulle – Lille 3. Promenade saïte avec Jean Yoyotte, Paris, 2011, p. 47-84.
  • Fr. Colin (dir.), F. Charlier, Fr. Colin, L. Delvaux, L. Hapiot, J.-L. Heim, S. Marchand, M. Mossakowska-Gaubert, J. Van Heesch, avec la collaboration de C. Duvette, Baḥariya I. Le fort romain de Qaret el-Toub I, FIFAO 62, Le Caire, 2012.
  • Fr. Colin, C. Duvette, «Recherches archéologiques dans l’oasis de Baḥariya (2004)», Dialogues d’Histoire Ancienne 30/2, 2004, p. 115-145.
  • Fr. Colin, Fr. Labrique, «Recherches archéologiques dans l’oasis de Baḥariya (1997-2000)», Dialogues d’Histoire Ancienne 27/1, 2001, p. 159-192.
  • Fr. Colin, Fr. Labrique, «“Semenekh Oudjat” dans l’oasis de Baḥariya», dans Fr. Labrique (éd.), Religions méditerranéennes et orientales de l’Antiquité. Actes du colloque des 23-24 avril 1999, BiEtud, 135, Le Caire, 2002, p. 45-78.
  • Fr. Colin, Fr. Labrique, «Recherches archéologiques dans l’oasis de Bahariya (2003)», Dialogues d’Histoire Ancienne 29/2, 2003, p. 165-185.
  • Fr. Colin, D. Laisney, S. Marchand, «Qaret el-Toub : un fort romain et une nécropole pharaonique. Prospection archéologique dans l’oasis de Bahariya 1999», BIFAO 100, 2000, p. 145-192.
  • Fr. Labrique, «Le catalogue divin de ‘Ayn el-Mouftella: jeux de miroir autour de “celui qui est dans ce temple”», BIFAO 104, 2004, p. 327-357.
  • Fr. Labrique, «Ayn el Mouftella : Osiris dans le Château de l’Or (Mission IFAO à Bahariya, 2002-2004)», dans Chr. Cardin, J.-Cl. Goyon (éd.), Actes du Neuvième Congrès Internantional des égyptologues, 6-12 sept. Grenoble 2004, OLA 150, 2007, p. 1061-1070.
  • A. Fakhry, Bahria Oasis, Le Caire, 1942 et 1950.
  • Fr. Labrique, «Chronique: recherches de terrain en Égypte: les pièces B 121, C 123-130», Dialogues d'Histoire Ancienne 33/2, 2007, p. 143-154.
  • Fr. Labrique, «Les divinités thébaines dans les chapelles saïtes d'Ayn el-Mouftella», dans A. Delattre, P. Heilporn (éd.), «Et maintenant, ce ne sont plus que des villages…». Thèbes et sa région aux époques hellénistique, romaine et byzantine, Actes du Colloque tenu à Bruxelles les 2 et 3 décembre 2005, Papyrologica Bruxellensia 34, Bruxelles 2008, p. 3-16, pl. I-III.
  • Fr. Labrique, «La salle aux Bès géants à Mouftella: une lecture de pieds», dans D. Devauchelle (éd.), La XXVIᵉ dynastie continuités et ruptures. Actes du Colloque international organisé les 26 et 27 novembre 2004 à l'Université Charles-de-Gaulle – Lille 3. Promenade saïte avec Jean Yoyotte, Paris, 2011, p. 185-186.
  • A. Rougeulle, S. Marchand, «Des siga sur la côte du Hadramawt (Yémen), témoins d’une attaque navale?», CCE 9, 2011, p. 437-460 (contribution de S. Marchand sur les siga égyptiennes, en particulier à Qasr ‘Allam).

Site name: Bahariya الواحات البحرية

Ancient names: wḥȝ.t mḥy.t, Psôbthis.

Supervisor: Frédéric Colin (egyptologist, Strasbourg University, CNRS-UMR 7044).

Collaborations: Frédéric Adam (archaeo-anthropologist, AIPRA, INRAP), Alain Delattre (Coptic specialist, Free University of Brussels); Catherine Duvette (architect-archaeologist, CNRS - UMR 7044); Bruno Gavazzi (geologist & archaeologist, Strasbourg University, CNRS - UMR 7044 et CNRS - UMR 7516); Françoise Labrique (egyptologist, Cologne University); Sylvie Marchand (ceramologist, IFAO); Marc Munschy ((observatory physicist, Strasbourg University, CNRS - UMR 7516); Olivier Onézime (topographer, IFAO); Gaël Pollin (photographer, IFAO); Khaled Zaza (illustrator, IFAO).

Partner institutions:

Campaign dates: end of March-beginning of May.

Bahariya - general layout of the site.
Bahariya - general layout of the site.

The IFAO mission to Bahariya aims to study over the long term (from the end of the Old Kingdom until modern times) the history of the vast depression known in Egyptian sources as “the northern oases”. Physical geography cut the population off from the rest of the world by surrounding it with an arid shelf that can only be crossed with time, particular skills and specific means of transport. How did these “islanders of the desert”, whose habitable environment was dependent on limited possibilities of access to water, occupy and develop the oasis territory that natural conditions had left to them? What were the local economic, political and cultural structures adopted by the inhabitants of Bahariya, and what relations did they maintain with neighbouring regions (other oases, Egypt, Africa to north and south)? The concession granted each year by the Egyptian Ministry of State for Antiquities includes the entirety of the depression though work is more precisely concentrated upon the “strategic” archaeological zone in the north of the oasis, where it would seem that Psobthis, capital of Bahariya in antiquity, was located.

History of the excavations

Qaret el-Toub

Qaret el-Toub, Chamber 8 of Tomb 10 (end of Old Kingdom/beginning of First Intermediate Period), 2006.
Qaret el-Toub, Chamber 8 of Tomb 10 (end of Old Kingdom/beginning of First Intermediate Period), 2006.

The place-name “Qaret el-Toub” is noted without further comment on a schematic plan published by Ahmed Fakhry, but the site had never been mentioned or studied before 1999 when the IFAO mission drew up a topographic map before undertaking excavations in 2000. The necropolis was used from the end of the Old Kingdom/First Intermediate Period until the early Roman Empire. The state of preservation of the elements within this vast funerary field make of it a reference site in the long term study of the populations that inhabited the ancient capital of the oasis. Once the technique of water supply using drainage tunnels was introduced into the oasis, a network of underground aqueducts was installed in all of the El Qasr/Bawity zone to supply the palm groves that stretched north below the sandstone plateau. Part of this system crossed the necropolis and was most likely re-employed to supply water to the fort that was constructed by Roman engineers in the midst of the tombs. This mud brick fortification was inaugurated under Diocletian and Maximian, in 288, to hold a unit of auxiliary cavalry as part of a huge military programme that touched all of Egypt. It was subsequently occupied, maintained and restored without break until the 10th century.

Qaret el-Toub, secteur 2 of the roman fort (2006).
Qaret el-Toub, secteur 2 of the roman fort (2006).

Qasr ‘Allam

Qasr Allam, Sectors 2 and 7, end First Intermediate Period (2005).
Qasr Allam, Sectors 2 and 7, end First Intermediate Period (2005).

Qasr Allam was once considered to be a Roman or Islamic era fort, however, work undertaken by the IFAO has shown that the architectural ensemble constructed on the site must have belonged to a large religious domain of the Pharaonic era – probably the “domain of Amun” ((pr-ỉmn), active from the Libyan until the Ethiopian Period, and perhaps up until the Late Period. According to the results of the 2010 and 2012 campaigns, the development of the preserved part of the built space happened in two principal periods. The first began during the 9th century, with the construction of a wall that surrounded a temple or a complex involving storage and workshop activities (perhaps a Treasury?). Other areas for utilities, commerce and habitation gathered around this core. The second period, which occurred in the 8th/7th century, was marked by a spectacular change of scale of the area covered by this religious domain. The initial core of the site was covered by a platform made up of caissons standing more than 4m high, serving as a base for a now disappeared edifice that itself was probably just an annexe to a whole complex now lying somewhere to the west. According to this scenario, the temple or temples are now located under a huge blanket of sand that has accumulated since the abandonment of the settlement, in a plain whose present surface does not allow for any detection of the buildings by eyesight or by satellite. Only geophysical survey methods, complemented by targeted soundings, have, to date, demonstrated any effectiveness in locating man-made structures in this difficult terrain.

Qasr ‘Allam, stamp on an amphora, end TIP.
Qasr ‘Allam, stamp on an amphora, end TIP.
Qasr Allam, fragment of an unbaked clay seal, end First Intermediate Period.
Qasr Allam, fragment of an unbaked clay seal, end First Intermediate Period.

These methods also help in throwing light upon the ordering of the ancient water system that is such a feature of the landscape of Qasr Allam. The area is criss-crossed by a remarkable network of ancient structures for collecting and supplying water; wells, tunnels for drainage and provision, different channelling and piping. The first signs as to the functioning of part of this ensemble in concert with the religious domain raise questions about the age of the irrigation system and about the role played by natural water reserves in the initial implantation of the settlement. Was it the hydro-geological properties of this zone, known as El-Ayun, - “The Springs” - in the local toponymy, that led to the establishment of the biggest cult complex presently identified in Bahariya?

Lastly, the campaigns of 2009 and 2010 revealed the presence of a cemetery holding collective graves, where canines and humans, particularly children, were associated in conditions and on a scale totally unknown until now. The study of this unusual find raises numerous questions, both epistemological and historical. Is the apparent novelty of these funerary practices within an Egyptian context real, or has this phenomenon never previously been observed because the eventual analogous contexts have not been excavated using the appropriate methods? Given the cross-referencing of data from egyptological, papyrological, classical, archaeo-zoological and archaeo-anthropological sources, one can imagine the contribution that the study of this deposit at Qasr Allam will bring to the anthrozoology of ancient Egypt.

Ain el-Mouftella

It was Ahmed Fakhry who cleared the four monuments of the Saite Period at Ain el-Mouftella and numbered them in the order of their discovery. A lack of funds in 1939 meant that he was unable to work for long on the site, nor to undertake a comprehensive survey, such that the function of each room is still to be defined. The walls were then much eroded by the winds and the MSA roofed them and began repairs in 2000.

The decorated parts were worthy of a detailed re-examination, since they are a rich source of historical and religious information about the cults of Bahariya at the time of King Amasis, which we can today set in an ever wider context, notably regarding relations with the Nile valley and with Siwa oasis. In 2004, Alain Lecler and Mohamed Ibrahim Mohamed provided complete photographic coverage. Françoise Labrique (egyptologist) and Khaled Zaza (illustrator) began the epigraphic survey in 2003 and it is nearing completion.

Future perspectives

The five-year plan 2012-2016 consists of studying the history of Psobthis, capital of ancient Bahariya oasis, and the human and cultural features of its population by concentrating on three themes:

  1. Les particularités des pratiques funéraires de cette population excentrée, mais néanmoins en contact avec les autres oasis et la vallée du Nil. L'approche sera renouvelée en confrontant l’image «idéale» issue des sources classiquement étudiées par les égyptologues aux données produites par les méthodes actuelles de l’archéo-anthropologie. Points forts:
    • The particularities of the funerary practices of this population that was somewhat isolated and yet still in contact with the other oases and the Nile valley. The approach will be revitalised by juxtaposing the “ideal” image as found in the sources traditionally studied by Egyptologists with data produced by modern methods of archaeo-anthropolgy. Specific points: highlighting the novel funerary practices in the Qasr Allam cemetery that have never been observed in Egypt, either quantitatively or qualitatively (collective tombs of immature humans and canines);
    • the comparison of local funerary features with data from contemporary sites (e.g. end of Old Kingdom at Qaret el-Toub, Balat, Elephantine).
  2. The material traces of the cult sites and their outbuildings. There are signs that begin to suggest that the sectors presently under excavation at Qasr Allam are only part of a peripheral segment of a much greater religious complex, comparable to certain religious centres of provincial capitals of the Nile valley. We will endeavour to confirm or refute this hypothesis by combining the excavation of preserved standing areas, geophysical survey and soundings to investigate magnetic anomalies. In addition, the architectural survey of Mouftella will be completed with a view to publishing the temple now that the epigraphical study is finished.
  3. The ancient hydraulic networks and their interaction with other working systems in the same space (habitation, cemeteries). The combination of geophysical surveying and targeted soundings will clarify the chronology of the networks, the very wide extent of which has been revealed through satellite imaging, and add to our knowledge of the history of irrigated agriculture in Pharaonic Egypt.

Bibliography

  • M. Bonifay, «Observations préliminaires sur les amphores africaines de l’oasis de Bahariya», dans S. Marchand, A. Marangou (éd.), Amphores d’Égypte de la Basse Époque à l’époque arabe, CCE 8, Le Caire, 2007, p. 451-462.
  • S. Brones, C. Duvette, «Le fort d'el-Deir, une architecture de terre», BIFAO 107, 2007, p. 7-40 (notamment comparaison entre les forts d’El-Deir et de Qaret el-Toub).
  • G. Castel, P. Tallet, «Les inscriptions d’El-Harra, oasis de Bahareya », BIFAO 101, 2001, p. 99-136.
  • Fr. Colin, «Un ex-voto de pèlerinage auprès d’Ammon dans le temple dit “d’Alexandre”, à Bahariya (désert Libyque)», BIFAO 97, 1997, p. 91-96.
  • Fr. Colin, Les peuples libyens de la Cyrénaïque à l’Égypte d’après les sources de l’Antiquité classique, Mémoire de la classe des Lettres, Académie royale de Belgique 25 Bruxelles, 2000.
  • Fr. Colin, «Un fort romain dans le désert d’Égypte», Pour la Science 295, 2002, p. 76-82.
  • Fr. Colin, «Un temple en activité sous Domitien au Kôm al-Cheikh Ahmad (Bahariya) d’après une inscription grecque récemment découverte», BIFAO 104, 2004, p. 103-133.
  • Fr. Colin, «Qasr‘Allam : a Twenty-Sixth Dynasty settlement», Egyptian Archaeology 24, 2004, p. 30-33.
  • Fr. Colin, compte rendu de J. Willeitner, Die ägyptischen Oasen. Städte, Tempel und Gräber in der Libyschen Wüste, Mainz, 2002, dans De Kêmi à Birît Nâri. Revue Internationale de l’Orient Ancien 2, 2004-2005, p. 204-206.
  • Fr. Colin, «Kamose et les Hyksos dans l’oasis de Djesdjes», BIFAO 105, 2005, p. 35-47.
  • Fr. Colin, avec la collaboration de S. Zanatta, «Hermaphrodite ou parturiente ? Données nouvelles sur les humanoïdes de terre crue en contexte funéraire (Qaret el-Toub, Bahariya 2005)», BIFAO 106, 2006, p. 21-55.
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  • Fr. Colin (dir.), F. Charlier, Fr. Colin, L. Delvaux, L. Hapiot, J.-L. Heim, S. Marchand, M. Mossakowska-Gaubert, J. Van Heesch, avec la collaboration de C. Duvette, Baḥariya I. Le fort romain de Qaret el-Toub I, FIFAO 62, Le Caire, 2012.
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  • Fr. Labrique, «Le catalogue divin de ‘Ayn el-Mouftella: jeux de miroir autour de “celui qui est dans ce temple”», BIFAO 104, 2004, p. 327-357.
  • Fr. Labrique, «Ayn el Mouftella : Osiris dans le Château de l’Or (Mission IFAO à Bahariya, 2002-2004)», dans Chr. Cardin, J.-Cl. Goyon (éd.), Actes du Neuvième Congrès Internantional des égyptologues, 6-12 sept. Grenoble 2004, OLA 150, 2007, p. 1061-1070.
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  • Fr. Labrique, «Les divinités thébaines dans les chapelles saïtes d'Ayn el-Mouftella», dans A. Delattre, P. Heilporn (éd.), «Et maintenant, ce ne sont plus que des villages…». Thèbes et sa région aux époques hellénistique, romaine et byzantine, Actes du Colloque tenu à Bruxelles les 2 et 3 décembre 2005, Papyrologica Bruxellensia 34, Bruxelles 2008, p. 3-16, pl. I-III.
  • Fr. Labrique, «La salle aux Bès géants à Mouftella: une lecture de pieds», dans D. Devauchelle (éd.), La XXVIᵉ dynastie continuités et ruptures. Actes du Colloque international organisé les 26 et 27 novembre 2004 à l'Université Charles-de-Gaulle – Lille 3. Promenade saïte avec Jean Yoyotte, Paris, 2011, p. 185-186.
  • A. Rougeulle, S. Marchand, «Des siga sur la côte du Hadramawt (Yémen), témoins d’une attaque navale?», CCE 9, 2011, p. 437-460 (contribution de S. Marchand sur les siga égyptiennes, en particulier à Qasr ‘Allam).