Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Catalogue des publications

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Fichiers à télécharger

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AnIsl053_art_08.pdf (0.5 Mb)
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Annales islamologiques 53
2020 IFAO

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Ǧawānib ǧadīda ʿan aṣḥāb ḫarāǧ Miṣr fī-l-qarnayn 2-3/8-9 min ḫilāl bardiyyāt al-Ušmūnayn

Despite the importance of the financial administrators of Egypt (aṣḥāb al-ḫarāǧ) and their basic role in the administration system in the early Islamic period, historical sources don’t provide sufficient information about them. On the other hand, hundreds of papyri from ­al-Ušmūnayn province still exist. These papyri, especially tax receipts, contain many names and some information about the financial directors of Egypt during the 2nd-3rd/8th-9th centuries. Some of the financial directors are not mentioned in other historical sources, but al-Ušmūnayn Arabic papyri provide some new information about known directors and introduce new ones.


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AnIsl053_art_07.pdf (0.6 Mb)
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Annales islamologiques 53
2020 IFAO

gratuit - free of charge
Umm Kulṯūm est-elle une interprète de musique savante ? Réflexions à partir de séquences de concert improvisées

Si l’ensemble du répertoire d’Umm Kulṯūm est actuellement considéré dans le monde arabe comme « classique » au double sens de son statut élevé dans la hiérarchie des arts et de sa valeur propédeutique, dans quelle mesure relève-t-il de la musique savante et garde-t-il les traces de l’école de la Nahḍa ? L’article part du terme waṣla employé tout au long de sa carrière pour désigner une chanson lors d’un concert, et fait le bilan de notre connaissance actuelle de la politique interprétatrice de la chanteuse, considérablement augmentée par la diffusion sur l’internet de l’ensemble de ses concerts, en plus des versions commercialement diffusées. Il suggère que c’est dans les deux formes d’improvisation libre (mursal) et mesurée (muwaqqaʿ) que se repère le plus clairement la continuité avec les principes esthétiques de l’école précédente des musiciens de cour, et examine plus précisément deux versions de la chanson Salū kuʾūs al-ṭilā illustrant les avatars successifs de la forme savante « traditionnelle » dite qaṣīda ʿalā l-waḥda.

While in the Arab world, the totality of Umm Kulṯūm’s repertoire is currently considered as being “classical” both in the sense of its highly regarded status in the artistic hierarchy as well as that of its propaedeutic value; to which extent does it actually qualify as “art music” and what traces of the Nahḍa school has it retained? Starting from the term waṣla, employed throughout her career to identify a song during a concert, the article presents an appraisal of our present knowledge of the singer’s performance policy, which has greatly increased since the internet diffusion of most of her concerts, in addition to the commercially distributed versions of her songs. It suggests that Umm Kulṯūm’s metric (muwaqqaʿ) and non-metric (mursal) improvisations are the forms in which a continuity between her art and the ­aesthetic principles of the former school of court musicians is best observed. Two renditions of Salū kuʾūs al-ṭilā illustrate the successive vicissitudes of the “traditional” learned form known as qaṣīda ʿalā al-waḥda.


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AnIsl053_art_06.pdf (1.1 Mb)
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Annales islamologiques 53
2020 IFAO

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Archives sauvages et bootleggers des musiques arabes. Les formes du patrimoine musical arabe sur le web, 2000-2018

Pour quiconque tenterait de compléter et mettre à jour une liste des archives des musiques arabes, la tâche nécessite désormais autant un travail dans les bibliothèques et les archives (publiques mais surtout privées), qu’une capacité à interroger le web et ses usages par de nouveaux entrepreneurs de patrimonialisation, et plus encore sur de nouveaux types de musique. Retraçant l’histoire de ces sites qui ont de fait numérisé et proposé à la diffusion des musiques arabes jusque‑là jamais écoutées au-delà d’un certain cercle (social ou national), ou bien facilité la diffusion de grands classiques autrement impossibles à acheter ou écouter légalement, cet article vise à dégager les formes de cet espace social (et de ses clivages), mais aussi à proposer une réflexion sur les pratiques et le type de patrimonialisation qui s’y joue, qualifiée ici de « sauvage » à la suite des travaux de Cyril Isnart (2009), et où l’on peut distinguer une catégorie spécifique d’acteurs proches des bootleggers d’habitude associés à la musique pop‑rock.

Today, for anyone attempting to establish and update a list of available Arab music archives, the task would not only require the standard work in libraries and archives (both public and especially private) but also taking a fresh look at digital resources. Recently, the web has been used by new heritage preservation entrepreneurs who share common practices, even though they deal with different kinds of music (modern and classical Arab music). This paper traces the history of a set of websites that digitized and spread Arab music which was rarely listened to before the 2000s, except within certain limited circles (on both the social and national levels). Similarly, these websites made a substantial contribution to increasing the availability of well-known songs, since at that time they were almost impossible to find through legal or official channels. This paper aims at identifying this social space (as well as its inner divisions), but also at putting forward tools to analyze the daily practices around these archives, including a type of “bootleg heritage preservation” that they reveal.


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AnIsl053_art_05.pdf (0.5 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 53
2020 IFAO

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Recording Culture. Une figure égyptienne du XXe siècle : Halim El-Dabh, compositeur, collecteur et pionnier des musiques électroniques

Halim el-Dabh (1921-2017) est un collecteur et pionnier des musiques électroniques qui fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte par une nouvelle génération de musiciens égyptiens qui voient en lui un précurseur national. El‑Dabh proposa en effet dès 1944 l’une des premières compositions mondiales électroniques à partir de sons sélectionnés et transformés, à partir de son propre enregistrement effectué dans sa ville natale du Caire. Cette œuvre, avec d’autres du même genre, et le parcours de ce musicien éclectique à la fois compositeur et universitaire, éclaire d’un jour inédit la production et la restitution des savoirs anthropologiques. Ces ­savoirs ne sont pas tant élaborés à partir d’une « écriture des cultures » que dans l’acte et l’art de les enregistrer et de les restituer sous différentes formes, y compris artistiques. Ce texte s’intéresse à la jeunesse de Halim El‑Dabh pour restituer autant que possible son itinéraire dans un moment technologique et culturel égyptien, tout en le rapportant à des dynamiques plus globales. Car, à l’instar d’autres figures du XXe siècle, Halim El‑Dabh développe des articulations inédites entre collecte, recherche et création qui questionnent les dynamiques coloniales et néocoloniales de conservation et restitution des musiques, et plus largement de production des savoirs.

Halim el-Dabh (1921-2017) is a collector of “traditional” music and a pioneer of electronic music. He is currently being rediscovered by a new generation of Egyptian musicians who see him as a national precursor. In 1944, El-Dabh composed one of the earliest electronic compositions in history, based on selected and transformed sounds from his own recordings, made in his hometown of Cairo. Such works, and the career of this eclectic musician, both a composer and an academic, shed new light on the production and restitution of anthropological knowledge, which is not so much developed from the act of “writing cultures” as from that of recording and restoring them in different forms, including artistic ones. This text focuses on Halim El-Dabh’s youth in order to retrace his path in a technological and cultural moment of Egypt’s history, while relating it to more global dynamics. Like other 20th century figures, Halim El-Dabh developed new ways of linking collection, research and creation. The practices and itineraries of these figures question the colonial and neo-colonial dynamics of collecting, preserving and restoring music and, more broadly, the production of knowledge.


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AnIsl053_art_04.pdf (0.8 Mb)
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Annales islamologiques 53
ISBN 9782724707809
2020 IFAO

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Aziz El-Shawan. A Cosmopolitan and Nationalist Composer in 20th Century Egypt

Cet article propose une lecture préliminaire politiquement et culturellement située de la trajectoire biographique et artistique d’Aziz El‑Shawan (1916‑1993), compositeur égyptien cosmopolite et nationaliste. L’article caractérise les deux formations culturelles cosmopolites du Caire auxquelles il a participé et leur impact sur sa carrière et sa musique : une formation « capitaliste moderniste » qui s’est développée dans le cadre de la domination coloniale et de la monarchie égyptienne de la fin du XIXe siècle à la révolution égyptienne de 1952 ; et une formation « socialiste moderniste » partiellement façonnée par l’influence politique et culturelle soviétique de la fin des années 1950 au début des années 1970. L’article décrit comment Aziz El‑Shawan est devenu compositeur, les phases de sa carrière artistique et professionnelle et son style musical.

This article proposes a politically and culturally situated preliminary reading of the biographical and artistic trajectory of Aziz El‑Shawan (1916–1993), a cosmopolitan and nationalist Egyptian composer. The article characterizes the two cosmopolitan cultural formations in Cairo in which he partook and their impact on his career and music: a «modernist capitalist» formation which developed within the framework of colonial rule and the Egyptian monarchy from the late nineteenth century up to the 1952 Egyptian revolution; and a «modernist ­socialist» formation, partly configured by Soviet political and cultural influence, from the late 1950s up to the early 1970s. The article describes how Aziz El‑Shawan became a composer, the phases of his artistic and professional career and his musical style.


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AnIsl053_art_03.pdf (0.8 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 53
2020 IFAO

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Patrimonialisation « sauvage » et archéologie industrielle de la musique yéménite : les premiers enregistrements commerciaux à Aden (1935-1960)

Les premiers enregistrements commerciaux de musique yéménite furent réalisés à Aden, à la fin des années 1930, à l’époque de la colonie britannique. Ces disques 78 tours furent d’abord édités par une compagnie étrangère, Odeon, puis par plusieurs compagnies locales, dont Aden Crown, Jafferphon et Tahaphon. Rapidement, c’est l’ensemble des traditions musicales urbaines du Yémen, ṣanʿānī, laḥǧī, ḥaḍramī, etc., qui furent ainsi reconnues et diffusées dans l’ensemble du pays, entre 1935 et 1960. On évalue ces premiers enregistrements à plusieurs milliers de disques. Cependant, ils sont encore très mal connus, et il est difficile d’en établir une chronologie, les divers documents disponibles n’étant jamais datés. Dès lors, cette recherche doit recourir à une sorte d’« archéologie industrielle et musicale » tentant de délimiter des fourchettes de dates, des périodes et des corrélations temporelles de manière approximative. Simultanément, l’actuelle « patrimonialisation sauvage » de ces musiques sur la Toile permet un accès aisé à beaucoup d’enregistrements sonores sur les plateformes grand public, en particulier YouTube. Ceci représente un progrès immense pour le processus d’inventaire, mais aussi une solution de stockage très aléatoire que la recherche doit essayer de compenser par un effort accru de documentation, notamment par l’élaboration d’une base de données. La réception des disques par la société yéménite durant ces vingt-cinq années prolifiques du XXe siècle nous montre que ces disques eurent une influence importante sur la pratique musicale, ainsi que sur un aspect plus subtil de la musique yéménite : la définition des genres régionaux qui eut une grande importance dans la construction de l’identité culturelle des Yéménites même à une époque plus récente.

The first commercial recordings of Yemeni music were produced in Aden in the late 1930s, at the time of British colonization. These 78 RPM records were first published by a foreign company, Odeon, followed by several local companies, including Aden Crown, Jafferphon and Tahaphon. All of the urban musical traditions of Yemen—ṣanʿānī, laḥǧī, ḥaḍramī, etc.—soon gained recognition and were broadcasted throughout the country in the years between 1935 and 1960, in spite of the ban on music in the north. These first recordings, which are estimated to comprise several thousand records, are still largely unknown. Establishing a chronology has proven difficult, since the various documents that are available are never dated, and many other documents, such as articles from the press, are not currently accessible.

This research must therefore resort to a kind of “industrial and musical archaeology” which attempts to define approximate ranges of dates, periods and temporal correlations. At the same time, the current “wild patrimonialization” on the Internet of these music styles as a cultural heritage allows easy access to many sound recordings on mainstream platforms, particularly YouTube. While this represents great progress in the inventory process, it also implies a very haphazard storage solution for which researchers must try to compensate through increased efforts in documentation, in particular by the development of a database. The reception of the records by the Yemeni society during these twenty-five prolific years shows us that they had an important influence on the musical practice, as well as on a more subtle aspect of Yemeni music: the definition of regional genres which was of great importance in building the cultural identity of the Yemeni people, even until more recent times.


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AnIsl053_art_02.pdf (0.8 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 53
2020 IFAO

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Le disque, agent d’une subversion intégrale de la musique de tradition orale. Exemple du monde arabe

L’introduction du disque dans le domaine de la tradition musicale orale y opère une rupture tout aussi abrupte qu’intégrale. D’un côté, en tant qu’instance d’objectivation, l’enregistrement ébranle le statut ontologique de la forme musicale orale ; celle‑ci, en étant fixée sur le support technique, acquiert une réalité matérielle propre et peut dès lors s’affranchir du milieu traditionnel dans lequel elle demeurait enclose. D’un autre côté, en sa qualité de marchandise, le disque porte ce renversement ontologique à une dimension universelle, en conséquence de quoi la forme musicale incorpore les effets de la marchandisation massive. Il s’ensuit d’une telle subversion un phénomène esthétique de désenchantement. Cet article analyse ce phénomène dans le contexte culturel du monde arabe à travers trois aspects symptomatiques : 1. une rationalité esthétique accrue ; 2. l’intrusion de l’hétérogène dans la forme musicale ; 3. la réification esthétique. Il se réfère en cela à la pensée de la Théorie critique, et plus particulièrement à certaines catégories développées par Walter Benjamin et Theodor Adorno.

The introduction of the record album in the field of the oral music tradition brings about a break that is as abrupt as it is complete. On the one hand, as an example of objectification, the act of recording undermines the ontological status of the oral musical form; the latter, being fixed on the technical support, acquires a specific material reality and can, therefore, be freed from the traditional environment in which it had remained enclosed. On the other hand, record albums, as commodities, carry ontological reversal to a universal dimension, as a result of which the musical form incorporates the effects of mass commercialization. Hence, such a subversion results in an aesthetic phenomenon of disenchantment. This article analyzes this phenomenon in the cultural context of the Arab world through three symptomatic aspects: 1. increased aesthetic rationality; 2. the intrusion of heterogeneity into musical form; 3. aesthetic reification. In this regard, I refer to the thought of Critical Theory, and more particularly to certain categories developed by Walter Benjamin and Theodor Adorno.


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AnIsl053_art_01.pdf (0.3 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 53
2020 IFAO

gratuit - free of charge
Introduction. Composition et archivage des musiques du monde arabe à l'aune des procédés d'amplification sonore


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AnIsl052_art_14.pdf (0.6 Mb)
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Annales islamologiques 52
2019 IFAO
38 p.
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Kāna sa-yaf ʿalu et kāna sa-yakūnu qad faʿala. Les équivalents logiques du conditionnel français en arabe écrit contemporain

Cet article prolonge les résultats d’une première étude consacrée à la combinaison verbale arabe kāna sa‑yaf ʿalu, et présente une autre combinaison, inédite celle-ci, en kāna sa‑yakūnu qad faʿala. Il montre notamment comment ces deux combinaisons sont à entendre comme les équivalents « logiques » (d’un point de vue linguistique) des conditionnels présents et passés de langues comme le français et l’anglais, que ce soit dans les emplois temporels du conditionnel que dans ses emplois modaux. Il permet d’assurer une fois encore que kāna sa‑yaf ʿalu, s’il peut avoir une lecture modale hypothétique contrefactuelle que le français rend par un conditionnel passé pour dire ce qui ne s’est pas produit, n’a pas, loin de là, que cette acception et qu’il se charge principalement, notamment dans son emploi temporel et non modal, d’une lecture en conditionnel présent de type futur des historiens. La seconde combinaison quant à elle, kāna sa‑yakūnu qad faʿala, permet alors logiquement d’exprimer le conditionnel passé, ce qui est le cas dans ses emplois modaux de même que dans son emploi temporel où elle est alors l’équivalent du futur antérieur des historiens. Surtout, ces deux combinaisons se présentent comme immédiatement repérables pour ce qu’elles sont, au contraire de formes plus classiques qui risquent souvent d’exposer à une première lecture en passé de forme ET de sens puis à une seconde pour restituer le sens conditionnel visé.

This article extends the results of a first study devoted to the Arabic verb combination kāna sa‑yaf ʿalu, and presents another and new combination, kāna sa‑yakūnu qad faʿala. It shows in particular how these two combinations are to be understood as the “logical” equivalents (from a linguistic point of view) of present and past conditionals of languages such as French and English, whether in the temporal uses of the conditional as well as in its modal uses. It ensures once again that kāna sa‑yaf ʿalu, if it can have a hypothetical counterfactual modal reading that French and English render by a past conditional to say what has not happened, has not, far from there, only this meaning and that it mainly expresses, in particular in its temporal and non-modal use, a present conditional reading such as the future of historians. The second combination, kāna sa‑yakūnu qad faʿala, allows to logically express the past ­conditional, which is the case in its modal uses as well as in its temporal use where it is then the equivalent of the future perfect of historians. Above all, these two combinations present themselves as immediately recognizable for what they are, unlike more classical forms that often risk exposing them to a first reading in the past of form AND of meaning and then to a second in order to restore the intended conditional meaning.


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AnIsl052_art_13.pdf (0.5 Mb)
Extrait pdf de l’ouvrage :
Annales islamologiques 52
2019 IFAO
20 p.
gratuit - free of charge
The Maghrebi Vizier and the Haughty Copt. Historiography, Polemics and Narrative in a Mamluk‑Period Anecdote

Une anecdote historique très répandue concernant l’année 700/1301 raconte qu’un vizir maghrébin, dont l’identité n’est pas révélée, visita Le Caire et fut profondément choqué par le comportement des non‑musulmans. Il incita alors le sultan et ses conseillers à mettre en place une importante loi somptuaire. La présente étude montre comment les différentes versions de cette anecdote, présentes dans les sources du xive et du xve siècles, nous informent sur la manière dont historiens et auteurs de tout genre intégrèrent le discours polémique anti-ḏimmī dans leurs récits et participèrent ainsi à des discussions diachroniques concernant le gouvernement d’une société islamique idéale. En adoptant de nombreux éléments discursifs fréquents dans les textes anti-ḏimmī contemporains, ces historiens utilisent le personnage du visiteur maghrébin bigot, qui intervient pour corriger les dérives sociales, comme pivot rhétorique et en font le symbole d’une société islamique idéale dans des anecdotes évocatrices.

In a widely cited historical anecdote from the year 700/1301, an unidentified Maghrebi vizier is portrayed as visiting Cairo where he becomes outraged at seeing inappropriate non‑Muslim behavior. He then instigates an important act of sumptuary regulation by appealing to the sultan and his advisors. This study argues that the various iterations of this anecdote found in sources from the fourteenth and fifteenth centuries show how historians and other authors integrated polemical anti‑ḏimmī discourse in narrative historical form and participated in diachronic discussions about how an ideal Islamic society should be governed. By applying many discursive elements also found in contemporaneous anti‑ḏimmī texts to their historical narration, historians used the character of a bigoted Maghrebi visitor intervening to challenge perceived social wrongs as a rhetorical node to exemplify that ideal Islamic society in an evocative anecdotal form.