Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Chrétiens d’Égypte dans le désert Occidental

Implantations, développements, rapports avec les autres communautés (IVe-XIVe siècles)


flèche chronologique de 300 à 1300 env.


Responsable : Victor Ghica (coptisant).

Sites de l’oasis de Kharga attestant une présence chrétienne

Collaborations : Sylvie Marchand (IFAO), Damien Laisney (IFAO), Eugene Cruz-Uribe (Université de l’Arizona du Nord), Jennifer Westerfeld (Oriental Institute, Chicago), Olaf Kaper (Université de Leyde), Salima Ikram (Université Américaine du Caire), Mansour Osman et Abd el-Aziz Khidr Abd el Aziz (Conseil Suprême des Antiquités).


Ce projet, abordé en 2005, continue et complète les travaux conduits par l’IFAO dans le désert Occidental dans les années 1970 et 1980. Il a pour objectif de fournir une étude d’ensemble sur la diffusion du christianisme et les communautés chrétiennes du désert Libyque entre le IVe et le XIVe siècles. La zone d’étude comprend, hormis les cinq grandes oasis égyptiennes (Siwa, Bahariyya, Farafra, Dakhla et Kharga), des régions aujourd’hui désertes dans lesquelles la présence chrétienne au premier millénaire est attestée par des sources archéologiques : c’est le cas des fermes romaines de ʿAyn Dalla. Les cinq petites oasis du groupe d’al-ʿArağ et la région d’Abū Minqār sont également concernées, de même que les principales pistes caravanières du désert Occidental.

Il s’agit, dans un premier temps, d’étudier les sites chrétiens en surface, à l’aide de spécialistes de différentes disciplines (archéologues, épigraphistes, céramologues, spécialistes du verre, topographes), en vue d’établir une carte complète de la présence chrétienne à l’ouest de la Vallée du Nil. Tous les sites (à l’exception de trois grands complexes dans l’oasis de Dakhla) comportant un matériel épigraphique de contenu chrétien – en langues copte ou arabe – ont déjà fait l’objet de relevés épigraphiques, alors que les plans topographiques de plusieurs autres ont été dressés, ou sont en cours de l’être (la nécropole de Bağawāt, Ğabal al-Ṭayr, ʿAyn al-Zaʿaf – secteurs Est et Ouest –, Dayr al-Bağawāt, Dayr Muṣṭafā Kāšif, ʿAyn Ğallāl – secteurs Nord et Sud –, Qaṣr Nisīma, Ğabal Ṭafnīs). Certains de ces sites feront l’objet, au courant de cette année, de fouilles systématiques (les ermitages de Marūn et Ğanūb Qaṣr al-ʿAǧūz, à Bahariyya, de ʿAyn Ğillāw, dans l’oasis de Farafra, et de Ğabal al-Ṭayr, à Kharga). La documentation épigraphique et papyrologique est actuellement en cours d’édition.

Ostracon copte de Douch (O.Douch I 49) (cl. A. Lecler)
Ostracon copte de Douch (O.Douch I 49) (cl. A. Lecler).
Graffiti coptes sur les parois intérieures de l’église d’al- Ḥayz (oasis de Bahariyya) (cl. A. Lecler)
Graffiti coptes sur les parois intérieures de l’église d’al- Ḥayz (oasis de Bahariyya) (cl. A. Lecler).

Par ailleurs, à la suite de la prospection menée en 2006 sur le Darb ʿAyn Amūr, le projet se propose de continuer l’exploration des routes caravanières, à commencer par celles du Sud, reliant les oasis de Dakhla et Kharga entre elles et à la Vallée du Nil, pour remonter ensuite vers les carrefours du Nord (Siwa, Bahariyya, Farafra, ʿAyn Dalla). L’étude de l’utilisation des routes repose principalement sur l’analyse du matériel céramique et des documents épigraphiques. Les premières observations semblent indiquer que les contacts inter-oasites jouent un rôle tout aussi important dans la diffusion du christianisme que les échanges avec la Vallée, surtout dans les oasis les plus occidentales, Siwa et le groupe d’al-ʿArağ, Farafra et ʿAyn Dalla. Les campagnes futures devront préciser davantage cette dynamique.

Parois ouest de l’ermitage de Ğabal al-Ṭayr (oasis de Kharga), contenant de nombreuses inscriptions et graffiti coptes (cl. V. Ghica)
Parois ouest de l’ermitage de Ğabal al-Ṭayr (oasis de Kharga), contenant de nombreuses inscriptions et graffiti coptes (cl. V. Ghica)

Deux colloques réuniront les chercheurs de différentes disciplines. Le premier (24-26 janvier 2009) portera sur les Ermitages d’Égypte au premier millénaire. Les problématiques mises en évidence par l’étude du christianisme dans le désert Occidental seront discutées lors d’un deuxième colloque (février 2010), le premier de ce genre, concernant notamment les historiens des religions, spécifiquement du christianisme primitif, et intitulé Les rapports entre le christianisme et le gnosticisme en Égypte.


Actions effectuéees :

Prospections de terrain ; inventaire céramologique des sites non fouillés ; étude du matériel archéologique issu des fouilles inédites (celles-ci représentent plus de la moitié des sites ayant fait l’objet de travaux de dégagement) ; fouilles ponctuelles des sites menacés.

Colloque Ermitages d’Égypte au premier millénaire

Les 24-26 janvier 2009 à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire

Ermitages d’Égypte au premier millénaire
Ermitages d’Égypte au premier millénaire

Problématique du colloque

Attestées dès le IIIe siècle, les installations érémitiques parsèment le territoire égyptien, du Delta jusqu’en Haute-Égypte, du Sinaï au Désert Occidental. Elles n’intéressent cependant l’archéologie que depuis les années 1930, et il aura fallu attendre 1964 pour que les premières fouilles systématiques permettent l’étude scientifique de ces établissements. Ces dernières décennies, plusieurs fouilles, de différentes envergures, ont eu lieu, parmi lesquelles se détachent celles d’Esna, dirigées par l’IFAO, et des Kellia, organisées par l’IFAO et par l’Université de Genève. D’autres recherches menées sur les ermitages sinaïtiques, thébains, ceux des Déserts Occidental et Oriental ou de la Vallée du Nil ont cependant reçu moins d’attention.

L’objectif premier de ce colloque est d’intégrer la totalité des établissements érémitiques connus à la carte du monachisme égyptien et, par là-même, de reconstituer, autant que l’état des recherches actuelles le permet, l’étendue et la diversité de ce type d’installations monastiques. Le colloque vise également à mettre en discussion un certain nombre de problématiques mises en lumière par les travaux de terrain récents. Plusieurs axes de réflexion sont ainsi proposés : la logique d’implantation des ermitages, leurs rapports avec les monastères et les zones d’habitat à proximité, avec les routes commerciales et de pèlerinage, l’apport de la documentation papyrologique et épigraphique à la connaissance du phénomène anachorétique.