Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Opérations scientifiques en cours

liste des opérations


19243

Edfou au VIIe siècle

CNRS (IRHT)
Musée du Louvre
Institut de papyrologie de la Sorbonne
Université de Bâle

Fonds National Suisse et Université de Bâle
CNRS (IRHT)
Labex RESMED
Scripta/PSL
DAIK

• Anne Boudhors (IRHT section Grecque et de l’Orient chrétien)
• Alain Delattre (EPHE IVe section et Université libre de Bruxelles)

• Lajos Berkes (Humboldt Universität zu Berlin)
• Anne Boud’hors (CNRS/IRHT (Paris))
• Ruey-Lin Chang, papyrologue (National Taiwan University)
• Alain Delattre (université Libre de Bruxelles et EPHE)
• Jean-Luc Fournet (Collège de France)
• Esther Garel (Ifao université de Strasbourg)
• Jean Gascou (Sorbonne Université)
• Florent Jacques (Sorbonne Université)
• Grzegorz Ochała (université de Varsovie)
• Isabelle Marthot, papyrologue (université de Bâle)
• Naïm Vanthieghem (CNRS/IRHT (Paris))

le projet a débuté en 2016 sous le nom « Edfou trente ans après la conquête arabe : recherches sur les archives de Papas ». Son but était de constituer une équipe internationale qui lancerait l’étude et la publication du pan copte des archives de la jarre d’Edfou, découverte en 1921-1922 par l’archéologue Henri Henne. C’est un dossier de première importance pour l’étude des décennies qui suivent la conquête arabe de l’Égypte : ces papyrus nous font découvrir le quotidien d’un haut fonctionnaire, qui était en contact tant avec le gouverneur d’Égypte installé dans la capitale, qu’avec les autorités locales.
La documentation grecque (conservée à l’Ifao) a été publiée par Roger Rémondon en 1953, mais éditions de nouveaux textes et rééditions font aussi partie de l’entreprise.

Principaux acquis :
- Reconstruction des documents : les papyrus ayant été considérablement endommagés lors du transfert de la jarre au Caire, l’opération de reconstitution de documents est une étape préalable fastidieuse, mais indispensable, à laquelle l’équipe s’est attaquée dès le début.
- Répartition des langues : il se confirme que, contrairement à l’opinion de Rémondon, le partage entre grec et copte ne se fait pas selon le clivage sphère publique/sphère privée (clivage qui d’ailleurs ne va pas de soi), mais que les textes coptes traitent, pour une bonne part, des mêmes affaires que les grecs. La répartition fonctionnelle des langues apparaît donc plus complexe que dans d’autres dossiers bilingues et sera à étudier en détail. Sur le plan des pratiques documentaires, on constate la réutilisation d’un certain nombre de textes coptes pour inscrire des comptabilités en grec.
- Rouages de l’administration : si le pagarque Papas reçoit en général ses ordres en grec, il semble que certains fonctionnaires de l’administration arabe (il faudra tenter de définir lesquels) s’adressent aussi à lui en copte. Les lettres et documents qui lui sont adressés témoignent d’un réseau complexe au centre duquel Papas déploie son activité (entre autres la répartition des taxes et réquisitions), entre autorités administratives, collègues et fonctionnaires de même rang que lui, et administrés en détresse. A cette période d’expansion du califat, Edfou semble avoir été fort sollicitée pour la construction et l’entretien de la flotte, que ce soit par la fourniture de bois ou la mise à disposition d’ouvriers et de marins.
- Pratique de la justice : plusieurs textes des archives permettent d’éclairer les pratiques judiciaires à cette époque, le rôle du pagarque, celui de l’évêque, les relations entre eux deux.
- Vie matérielle : les nombreux documents du type liste ou inventaire apportent des renseignements lexicographiques précieux dans le domaine du textile, de l’alimentation, des matières premières.

Développements souhaitables :
- Les papyrus de la jarre ne se limitent pas à l’Ifao, certains sont conservés au Louvre, d’autres à la Sorbonne (des raccords ont pu être faits avec des fragments de l’Ifao), d’autres encore à Florence [une mission de repérage aura lieu en septembre 2018]) ; ils ne se limitent probablement pas non plus à Papas, comme le montrait déjà un papyrus copte de la British Library publié par W. E. Crum, qui date de l’époque où Liberios, le père de Papas était pagarque, ou encore l’édition à paraître (BIFAO 2018) du recto copte du document grec P.Apoll. 74. Ce dernier document présente des affinités remarquables avec un dossier judiciaire bilingue d’Edfou daté du tournant de la conquête, et pourrait donc lui-même dater de cette période.
- Il est nécessaire d’inclure dans l’étude les nombreux ostraca coptes et grecs, publiés (beaucoup d’entre eux ont besoin d’une réédition) ou inédits, conservés à l’Ifao, au Louvre, et au musée de Varsovie, qui proviennent des mêmes lieux et vraisemblablement de la même période.
- Il semble aussi souhaitable d’inclure dans le projet, à plus ou moins long terme, la documentation arabe (et copte tardive) d’Edfou, même si elle est de beaucoup postérieure (9e siècle).