Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Le christianisme des déserts égyptiens

Responsable: Victor Ghica (coptisant, arabisant, Teologiske Menighetsfakultet, Oslo);

Collaborations: Zulema Barahona Mendieta (céramologue, Universitat Autònoma de Barcelona); Yann Béliez (archéologue); Sylvie Marchand (céramologue, IFAO); Grégory Marouard (archéologue, Oriental Institute of Chicago); Olivier Onézime (topographe, IFAO); Per Rathsman (architecte, Rathsman ArkitektKontor AB); Yann Tristant (archéologue, préhistorien, Macquarie University).

Institution partenaire: Macquarie University, Faculty of Arts

Contexte historique

Les premières sources qui attestent la présence de communautés chrétiennes dans les oasis de Kharga et Dakhla (désert Occidental) datent de la seconde moitié du IIIᵉ siècle. C’est à cette époque que remontent également les premières informations sur les évêchés d’Oxyrhynchite et de Panopolis, deux villes situées au débouché de pistes reliant la Grande (Kharga et Dakhla) et la Petite Oasis (Baḥariya) à la vallée du Nil. L’évangélisation précoce de ces régions reculées à l’ouest du Nil est suivie par une propagation rapide de la nouvelle religion durant le IVᵉ siècle. Au Vᵉ siècle, l’abaissement des nappes phréatiques provoque le dépeuplement de plusieurs agglomérations de la Grande Oasis et, par conséquent, la disparition d’un certain nombre de communautés chrétiennes. Quoique moins bien documentée qu’à la période précédente, la vie religieuse continue à l’époque byzantine, ainsi qu’en témoignent quelques zones résidentielles et, surtout, les établissements monastiques fouillés récemment dans les oasis de Kharga, Dakhla et Baḥariya. À partir de la conquête arabe, les sources se raréfient cependant. Toutefois, quelques témoignages épars et limités – littéraires, épigraphiques, très rarement archéologiques – jalonnent l’histoire du christianisme oasien jusqu’au XIVᵉ siècle. Après l’époque bahrite (1250-1382), seul un contrat de mariage découvert à ʿAyn Rīs (oasis d’al-Ḥayz) et l’église de Dayr al-Malāk (oasis de Dakhla), construite aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, témoignent encore d’une présence chrétienne dans le désert Occidental.

Fig.1. Dayr Muṣṭāfā Kāšif (oasis de Kharga).
Fig.1. Dayr Muṣṭāfā Kāšif (oasis de Kharga).

De par ses conditions géographiques, le désert Oriental connaît une situation différente. Impropre à l’habitat permanent, cette vaste région voit l’installation de petits habitats anachorétiques dès le IVᵉ siècle. Dans ce cadre inhospitalier, le monastère de Saint-Antoine est fondé à l’époque byzantine. Par la suite, quelques ermitages sont aménagés dans les massifs nord et sud de Ǧalāla, dont l’occupation remonte à une période située entre la fin de l’époque byzantine et l’époque arabe.

Travaux de terrain

Dans ce programme, on se propose de poursuivre l’étude du développement du christianisme dans les déserts Occidental et Oriental, entamée entre 2005 et 2011 dans le cadre du programme Chrétiens d’Égypte dans le désert Occidental: implantation, développements, rapports avec les autres communautés (IVᵉ-XIVᵉ siècles). À partir de 2012, les travaux de terrain sont menés principalement dans les oasis de Kharga et Baḥariya (désert Occidental) dans le Wādī ʿAraba et au Ǧabal (désert Oriental).

Fig.2. Ostracon O.Douch I, 40.
Fig.2. Ostracon O.Douch I, 40.
Fig.3. Inscription copte dans un des ermitages de la laure d’Abū Daraǧ (désert Oriental).
Fig.3. Inscription copte dans un des ermitages de la laure d’Abū Daraǧ (désert Oriental).

Fig.4. Ermitage sur la falaise sud du massif de Ǧalāla  (désert Oriental).
Fig.4. Ermitage sur la falaise sud du massif de Ǧalāla (désert Oriental).

Bibliographie

  • V. Ghica, «Bahariya / Ganub Qasr al-ʿAguz», dans L. Pantalacci, S. Denoix (éd.), «Travaux de l’Institut français d’archéologie orientale 2008-2009», BIFAO 109, 2009, p. 604-606.
  • V. Ghica, «Pour une histoire du christianisme dans le désert Occidental d’Égypte», JournSav juillet-décembre 2012, p. 189-280.
  • V. Ghica, «What do we know about Christianity in Bahriyya Oasis?», dans O. Kaper (éd.), The Oasis Papers 7: Proceedings of the Seventh International Conference of the Dakhleh Oasis Project, Dakhleh Oasis Project, Monograph 16, Oxford et Oakville (sous presse).
  • V. Ghica, «Les graffites arabes de la nécropole d’al-Baǧawāt et l’oasis d’al-Ḫāriǧa entre les époques fatimide et ottomane», JCoptStud 15, 2013, p. 29-42.

Christianity in the deserts of Egyptian

Supervisor: Victor Ghica (Coptic specialist, Arabist, Teologiske Menighetsfakultet, Oslo;

Collaborators: Zulema Barahona Mendieta (ceramologist, Universitat Autònoma de Barcelona); Yann Béliez (archaeologist); Sylvie Marchand (ceramologist, IFAO); Grégory Marouard (archaeologist Oriental Institute of Chicago); Olivier Onézime (topographer, IFAO); Per Rathsman (architect, Rathsman ArkitektKontor AB); Yann Tristant (archaeologist, prehistorian, Macquarie University).

Partner institution: Macquarie University, Faculty of Arts

Historical context

The first sources that attest to the presence of Christian communities in the oases of Kharga and Dakhla (Western Desert) date to the second half of the 3rd century. It is also from this period that we have the first information about the bishoprics of Oxyrhynchus and of Panopolis, two towns located near the end of routes linking the Great (Kharga and Dakhla) Oasis and the Small (Bahariya) Oasis with the Nile Valley. The early evangelisation of these remote regions to the west of the Nile was followed by a rapid spread of the new religion during the 4th century. In the 5th century, a drop in the water table caused the depopulation of several urban zones in the Great Oasis and, as a result, the disappearance of a certain number of Christian communities. Although less well documented than in the previous period, religious life continued in the Byzantine era, as is shown by some residential zones and, especially, the monastic establishments recently excavated in the oases of Kharga, Dakhla and Bahariya. From the Arab conquest onwards, however, the sources become more rare. Nevertheless, some scattered and limited evidence – literary, epigraphic, and very rarely archaeological – punctuate the history of Christianity in the oases until the 14th century. After the Bahri period (1250-1382), only a marriage contract discovered at Ain Ris (al-Hayz oasis) and the church of Deir al-Malak (Dakhla oasis) built in the 16th-17th century testify to a Christian presence in the Western Desert.

Fig.1. Deir Mustafa Kashif (Kharga oasis).
Fig.1. Deir Mustafa Kashif (Kharga oasis).

De par ses conditions géographiques, le désert Oriental connaît une situation différente. Impropre à l’habitat permanent, cette vaste région voit l’installation de petits habitats anachorétiques dès le IVᵉ siècle. Dans ce cadre inhospitalier, le monastère de Saint-Antoine est fondé à l’époque byzantine. Par la suite, quelques ermitages sont aménagés dans les massifs nord et sud de Ǧalāla, dont l’occupation remonte à une période située entre la fin de l’époque byzantine et l’époque arabe.

Site work

This programme proposes to continue the study of the development of Christianity in the Western and Eastern Deserts that was begun between 2005 and 2011 as part of a project entitled Christians of Egypt in the Western Desert: settlement, development, relations with other communities (4th to 14th centuries). Since 2012, our fieldwork has been focusing on the oases of Kharga and Bahariya (Western Desert), on Wadi Araba and Gabal Qattar (Eastern Desert).

Fig.2. Ostracon O. Douch I, 40.
Fig.2. Ostracon O. Douch I, 40.
Fig.3. Coptic inscription in one of the hermitages of the lavra of Abu Darag (Eastern Desert).
Fig.3. Coptic inscription in one of the hermitages of the lavra of Abu Darag (Eastern Desert).

Fig.4. Hermitage on the cliff of the Galala massif (Eastern Desert).
Fig.4. Hermitage on the cliff of the Galala massif (Eastern Desert).

Bibliography

  • V. Ghica, «Bahariya / Ganub Qasr al-ʿAguz», dans L. Pantalacci, S. Denoix (éd.), «Travaux de l’Institut français d’archéologie orientale 2008-2009», BIFAO 109, 2009, p. 604-606.
  • V. Ghica, «Pour une histoire du christianisme dans le désert Occidental d’Égypte», JournSav juillet-décembre 2012, p. 189-280.
  • V. Ghica, «What do we know about Christianity in Bahriyya Oasis?», dans O. Kaper (éd.), The Oasis Papers 7: Proceedings of the Seventh International Conference of the Dakhleh Oasis Project, Dakhleh Oasis Project, Monograph 16, Oxford et Oakville (sous presse).
  • V. Ghica, «Les graffites arabes de la nécropole d’al-Baǧawāt et l’oasis d’al-Ḫāriǧa entre les époques fatimide et ottomane», JCoptStud 15, 2013, p. 29-42