Institut français
d’archéologie orientale du Caire

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D-ware

« A voir et à manger ». Etude tracéologique des contenus et des décors des vases D-ware nagadiens

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lien IdRef Axelle Brémont-Belliniégyptologue, membre scientifiqueIFAO
lien IdRef Pauline Debelscéramologue, tracéologue, post-doctoranteUniversité de Genève

La question des denrées contenues dans les céramiques n’a soulevé qu’un intérêt limité en égyptologie jusqu’au début des années 1990, et plus encore au sujet des vases décorés, souvent étudiés exclusivement pour leur iconographie. Si cet état de fait s’explique en partie par le développement relativement récent de la tracéologie, il se double également, pour l’archéologie prédynastique, d’un certain désintérêt pour cette question, peut-être du fait de la mise en évidence ancienne de l’habitude, en contexte funéraire, de remplir les jarres de dépôts factices (limon, sable, cendres). Depuis les années 1990, les fouilles d’Adaïma, Abydos et Hierakonpolis ont permis de mieux évaluer les denrées contenues dans certaines céramiques, comme deux ou trois études récentes portant sur les macrorestes végétaux ou sur des analyses chimiques de résidus et autres caramels.

En revanche, les céramiques décorées ne font quasiment jamais l’objet de recherches spécifiques sur la nature de leur contenu – ou de leur non-contenu. C’est dans l’optique de compléter ces données lacunaires qu’un projet pilote sur une cinquantaine de céramiques prédynastiques, notamment de classe D-Ware (pâte beige à décor bordeaux) a été lancé en 2019 en collaboration avec Pauline Debels, spécialiste de l’analyse des traces d’usure et de détérioration chimique des céramiques. Cette étape préalable a permis d’assurer l’applicabilité de la méthode, visant à étudier des corpus dépourvus de traces additives mais où l’altération du dégraissant et divers enlèvements de matière, liés à un référentiel expérimental, permettaient de restituer les contenus.

Dans le cadre de la première phase du projet menée en 2019-2020, 40 céramiques décorées ont déjà été examinées, provenant des musées du Louvre et de Saint-Germain-en-Laye. En tracéologie cependant, seul un volume très extensif de vases étudiés et de stigmates observés peut garantir la représentativité statistique des interprétations, et c’est pourquoi le corpus a vocation à être très largement étendu, notamment aux collections britanniques (Petrie, Ashmolean, British Museums) et égyptiennes (Musée du Caire, Grand Egyptian Museum, Musées de Suez et d’Assouan)