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d’archéologie orientale - Le Caire

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Appel à communications Culture matérielle et contacts diplomatiques entre l’Occident latin, Byzance et l’Orient islamique (XIe-XVIe siècle)

Dans le cadre du profond renouvellement actuel de nos connaissances sur la diplomatie médiévale, la présente rencontre souhaite étudier la place occupée par la culture matérielle au sein des contacts diplomatiques rapprochant Occident latin, monde byzantin et Orient islamique. Du XIe au XVIe siècle, nombreux ont été les ambassades, ambassadeurs et autres messagers officiels à circuler entre ces espaces. Si leur rôle, certains éléments relatifs aux tractations qu’ils animent, ou encore les raisons présidant à leurs choix sont désormais mieux connus, une réflexion sur le cadre matériel dont ils s’entourent s’avère légitime. Elle permet d’appréhender les formes de la communication diplomatique dans ses implications les plus concrètes.

Par culture matérielle, les propositions de communication devront entendre tous les objets matériels mobilisés par l’action diplomatique, le déplacement et l’accueil des délégations et des ambassadeurs. Une place doit donc être réservée, par exemple, aux conditions de déplacements des ambassades, non pas tant les itinéraires suivis mais plutôt les conditions concrètes favorisant, ou non quelquefois, le cheminement le long de ces itinéraires. Le rôle des montures (chevaux, mules, mulets ou autres) pourra être étudié dans ce cadre. Les facilités légales de déplacement entrent dans ces considérations, notamment en les confrontant avec les données de la documentation décrivant les réalités des voyages diplomatiques. Les conditions d’accueil et de séjour des délégations à la cour des souverains qu’elles viennent rencontrer méritent aussi attention. Courtoisie de la réception dans les cours, conditions a priori favorables de séjour et défraiements relèvent des usages diplomatiques mais doivent être mesurés à l’aune des circonstances géopolitiques entourant les envois et échanges d’ambassadeurs et de représentants officiels. En outre, ces éléments permettent peut-être de saisir des distinctions entre différents statuts et fonctions des envoyés diplomatiques : ambassadeurs, messagers, secrétaires etc.

D’autre part, les dons ont logiquement toute leur place dans nos réflexions. Ils ont fait l’objet de multiples travaux ces deux dernières décennies. De ce fait, on évitera, dans cette rencontre scientifique, de les présenter en tant que tels de nouveau, mais l’on s’efforcera d’analyser comment ils s’insèrent dans les pratiques diplomatiques. Leur place dans le « fonctionnement » des ambassades mérite de la sorte d’être appréhendée. Comment acheminer sur plusieurs centaines ou milliers de kilomètres des objets précieux – surtout quand ils sont lourds et/ou nombreux ? Quelles contraintes sont posées aux déplacements des délégations offrant un grand nombre d’animaux à leurs hôtes diplomatiques ? Comment y répond-on ? Dans cette logique de questionnement, et en lien avec la munificence dont peut faire preuve une ambassade, une attention pourra aussi être portée au cheminement des sommes d’argent. Les délégations en transportent pour différentes raisons (paiement du déplacement et frais de bouche, politique ostentatoire de largesses auprès de l’hôte, transmission d’un tribut etc.). Là encore ce transport pose des contraintes logistiques et soulève des questions de sécurité qui méritent une analyse.

Un autre « matériel » dont s’entourent les délégations concerne les documents écrits. Eux aussi sont des biens matériels largement employés, quelles que soient leurs fonctions exactes (lettres de créance ou de recommandation, documents d’instructions, lettres officielles au souverain recevant la délégation, liste des cadeaux etc.). Une fois de plus, ils pourront être étudiés non pas pour leurs seuls propos, mais davantage pour l’enjeu que leur usage représente dans le cadre des rencontres officielles. Le choix d’un type de support d’écriture (parchemin, papier) plutôt qu’un autre, le format des documents transportés d’une cour à une autre, la nature des sceaux qui y sont associés sont ainsi autant de questionnements pouvant être abordés.

Autant d’éléments que cette rencontre souhaiterait traiter – et la liste dressée ici est nullement exhaustive. Ils renvoient, plus globalement, aux questions relatives au coût du fonctionnement effectif des ambassades et de la communication diplomatique, coeur de notre travail de recherches. Une telle réflexion d’ensemble implique et suscitera, nous l’espérons, des études comparées de cas. En fonction des propositions qui nous seront faites, nous pourrons vous proposer, si vous le souhaitez, de préparer certaines communications à deux, voire trois intervenants.

Cette rencontre internationale se tiendra à l’université de Liège, les lundi 27 et mardi 28 avril 2015. Les communications seront publiées sous la forme d’un ouvrage collectif autour du thème en question. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de l’axe 2 du programme de l’IFAO (La paix : concepts, pratiques et systèmes politiques 2012-2016) qui analyse la communication diplomatique entre l’Orient islamique, l’Occident latin et Byzance (XIe-XVI e s.). Elle fera suite à une première journée d’études qui s’était tenue à Nantes en juin 2012, sur La figure de l’ambassadeur entre mondes éloignés, et dont les actes seront publiés en 2014 (Presses universitaires de Rennes).

Les frais de déplacement et d’hébergement seront à la charge des intervenants.

Les propositions de communication sont à envoyer à Frédéric Bauden (université de Liège) à

l’adresse suivante : f.bauden@ulg.ac.be

La date limite de proposition est fixée au lundi 30 juin 2014.

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