Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

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Ouadi es-Séboua,1960-1965

Ouadi es-Séboua,1960-1965


La mission de Serge Sauneron à Ouadi es-Séboua,1960-1965

« Ici je poursuis mes recherches auprès du service des irrigations pour louer un bateau. Y réussirai-je ? Ce serait tout de même mieux que le raffiot que tu me décris. Mais nous sommes prêts à prendre le raffiot en question, faute de mieux, pour participer de toutes façons au sauvetage de la Nubie ».  (Lettre de Fançois Daumas envoyée à Serge Sauneron, écrite au Caire le 30 janvier 1960).

            Pressé par l’urgence d’étudier des vestiges archéologiques de la région nubienne avant leur disparition programmée et de prendre part à la campagne internationale de sauvetage, l’Ifao envoie en 1960 une équipe pour étudier la région du Ouadi es-Séboua bientôt engloutie par le futur lac Nasser qui allait marquer définitivement la frontière entre l’Égypte et le Soudan. Ne disposant d’aucune installation matérielle sur le site qui se trouvait à quatre jours de navigation d’Assouan, un bateau est loué et amarré en contrebas du temple de Ramsès II pour servir de base arrière aux opérations. La correspondance entre François Daumas, alors directeur de l’Ifao, et Serge Sauneron témoigne des difficultés rencontrées pour parvenir à trouver une embarcation convenable qui permette à des chercheurs d’y vivre plusieurs semaines de suite. C’est finalement le bateau « al-Horeyya » qui est choisi par défaut et qui sera le théâtre de belles découvertes.

            Entre 1960 et 1965, cinq campagnes de fouilles ont été réalisées dans l’urgence dans la région du Ouadi es-Seboua car le Nil déjà haut avait recouvert la totalité de la vallée où se situent traditionnellement les traces d’occupations humaines. La zone de fouilles était donc délimitée par un périmètre restreint situé entre le désert et les falaises qui surplombent le fleuve, coincée entre les concessions autrichienne au nord et tchécoslovaque au sud. Le terrain étant difficile d’accès par voie terrestre, l’option de la location du bateau évitait aux équipes des longs trajets et leur permettait de passer plus de temps sur place pendant la durée de la mission.

            Les deux premières campagnes de fouilles ont été dirigées par François Daumas et Serge Sauneron, la troisième par François Daumas, Jean Louis de Cénival et Gerhard Haeny de l’Institut Suisse de Recherches architecturales, la quatrième par Serge Sauneron et Jacques Jarry, rejoints par Jean Jacquet pour la cinquième campagne. Outre le dégagement du temple de Ramsès II qui était l’objectif de la première mission, les opérations de sauvetage réalisées les années suivantes ont conduit à une multitude de découvertes couvrant une vaste aire chronologique : habitat prédynastique, abris sous roche, graffiti, village fortifié du groupe C, carrières, tombes, village méroïtique, village chrétien, églises coptes, monastère et installations humaines médiévales.

            Les fouilles n’ont jamais été publiées in extenso et les rapports annuels édités chaque année pour le compte du Service des Antiquités de l’Égypte ne donnent qu’une vue partielle des découvertes mises au jour sur ce site maintenant disparu. Seul le village fortifié du groupe C a fait l’objet de plus d’attention et a donné lieu à plusieurs articles. C’est la vraie découverte de ces six années d’exploration, car elle a permis d’en apprendre plus sur l’habitat des hommes de la Deuxième période intermédiaire en Nubie. Son étude peut être approfondie, ainsi que celle d’autres découvertes restées inédites, grâce aux archives conservées à l’Ifao qui regroupent journaux de fouilles, cahiers de notes, relevés, plans, fiches d’identification des objets, tirages photographiques, négatifs, correspondance post-fouille, ainsi qu’un ensemble d’une quarantaine de dossiers constitués par Serge Sauneron sur tout le matériel trouvé dans le village du groupe C et classés par type d’objets : outils en os, coquillages, restes d’animaux, outillage, palettes, meules, affutoirs, géodes, percuteurs, poteries, figurines en argile, figurines humaines, etc.

            Les archives des missions archéologiques au Ouadi es-Séboua sont reparties entre les fonds Serge Sauneron, François Daumas et la collection Ouadi es-Séboua et sont conservées au service des archives et collections archéologiques de l’Ifao. Elles ont toutes été inventoriées et sont en cours de numérisation.

Cédric Larcher, responsable du service Archives et collections de l’Ifao.



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