Institut français
d’archéologie orientale du Caire

IFAO

Catalogue des publications

extrait du catalogue (recherche de “9782724704433”)


Vignette
IF963, ISBN 9782724704433
2008 IFAO
Collection: TAEI 42
1 vol.
65 (1152 EGP)

Droit mālikite et habitat à Tunis au XIVᵉsiècle.

Vers la fin du premier tiers du XIVᵉ siècle, le maître-maçon Ibn al-Rāmī décrit dans son Kitāb al-Iʿlān bi-aḥkām al-bunyān certains des litiges constructifs survenus à Tunis, alors capitale du pouvoir ḥafṣide. Son ouvrage, de portée pratique et didactique, s’appuie sur la puissante armature casuistique que lui fournit un autre texte, le Kitāb al-Qaḍā’ wa-nafī al-ḍarar, composé plus de trois siècles plus tôt par un juriste andalou, Ibn al-Imām al-Tuṭīlī (m. 396/996). Fondée sur une analyse détaillée de ces deux textes jurisprudentiels mālikites, l’étude permet d’approcher les représentations que se font cadis et muftis de l’espace urbain et de l’habitat, ainsi que des pratiques de régulation des conflits qu’elles mettent en oeuvre pour promouvoir la norme et dire le droit. Elle met également en lumière les façons d’habiter et de construire, les rapports entre vie sociale et statut juridique des espaces urbains, les attitudes et les stratégies des particuliers, posant ainsi les jalons d’une histoire des formes du bâti dans les villes de l’Occident musulman médiéval. Cherchant à dépasser une opposition parfois trop tranchée entre usagers et institutions, l’étude met en lumière certains des rapports sociaux qui se nouent à l’articulation entre le corps juridique et les habitants, entre la pratique judiciaire et les usages locaux, et comment les mécanismes d’interaction qui en découlent participent à l’élaboration progressive des paysages urbains. L’articulation entre héritage doctrinal et nouvelles règles issues du monde social est notamment abordée sous l’angle inédit de la figure médiatrice de l’expert judiciaire, qui permet de saisir toute l’importance que l’on accorde alors à la notion d’« usage » dans les logiques propres qui sous-tendent à la fois les actions des individus, et les solutions préconisées par les juristes musulmans.