Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

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Les conférences de l’Ifao

Le dimanche 29 mai 2011 à 17h00, IFAO géolocalisation IFAO

L’architecture du temple d’Hathor à Dendara

Pierre Zignani, Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CNRS, USR 3172) - Discutant: Sylvain Dhennin, membre scientifique, Ifao.

Le temple d’Hathor, sanctuaire principal de Dendara, en Haute-Égypte, a été reconstruit par Ptolémée XII, avec une date de fondation du 16 juillet 54 avant J.-C. Il est le dernier ouvrage majeur de la civilisation pharaonique, qui a développé, sur plus de trois millénaires, un art de bâtir des temples dont la finalité était vitale. En effet, on se représentait à cette époque que le fonctionnement de l’univers dépendait de l’organisation de l’espace sacré.

Le relevé du monument et la cartographie de son environnement, réalisés par la mission de l’Ifao depuis 1994, constituent le support d’une recherche sur l’organisation et la fabrication de l’espace sacré pharaonique. Il n’est pas question de s’interroger sur les éléments qui font qu’une architecture nous est agréable, ou pas. Il s’agit plutôt de tenter de comprendre les stratégies et les décisions qui ont été engagées dans un environnement pour produire une forme structurée avec des composants de natures fort différentes (spatiale, technique et fonctionnelle) mais pourtant interdépendants.

Comme l’attestent les textes décrivant la structure du culte pharaonique, l’ouvrage, destiné à héberger le dieu, tendait à la perfection et à l’éternité. Nos études montrent le temple comme le résultat d’une composition recherchant non seulement l’idée d’une perfection d’agencement sur des relations, où l’expression de la forme, la géométrie et la fonction se rejoignent, mais aussi de durabilité dans sa technique contre le temps corrupteur. Les relations géométriques de l’espace, loin de nos habitudes de proportion, sont subordonnées à la présence du dieu au cœur du sanctuaire et à ses exigences. Le temple, tant dans son architecture que dans son programme décoratif, exprime d’une manière globalisante la force et la complexité du sacré égyptien. Bien que le spectateur ait été exclu du temple, il est devenu au cours du temps un « système complexe » organisant, protégeant et mettant en scène des préoccupations multiples.