Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

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Conférence

Du samedi 20 juin 2009 au lundi 22 juin 2009 à 16h30, IFAO géolocalisation IFAO

ARCHIVER. Les pratiques historiographiques dans le Moyen-Orient contemporain

Organisé par Maria Couroucli (LESC), Christine Jüngen (CNRS-LAU)


Partenaire(s) de l’Ifao: IISMM/EHESS, CNRS, IFAO et en collaboration avec les Archives Nationales d’Égypte

Cette table ronde, accueillie par l’IFAO, est une des manifestations du programme soutenu par l’ANR: « Archiver. Les pratiques historiographiques contemporaines au Moyen-Orient », a pour thème les enjeux de la mémoire en relation à la constitution et l’exploitation des archives. S’il est vrai que "crispation sur les archives et douleurs de la mémoire vont de pair" (Hartog, 2005), la thématique "archives et mémoire" relève de plusieurs questionnements, au-delà des premiers travaux sur la distinction entre mémoire et histoire (Pomian, 1992) par exemple, ou encore entre mémoire, nation, identité collective et patrimoine historique (Nora, 1992, 1997). Nous partirons ici de la notion de conflit comme moment particulier créateur de divergences d’un point de vue aussi bien mémoriel qu’historiographique, moment autour duquel les affects, émotions, interprétations, loin d’être stabilisés, sont susceptibles de renversements et de relectures contradictoires. Nous questionnerons ainsi en premier lieu le rôle des archives, de leur constitution et de leurs usages en relation aux enjeux mémoriels et historiographiques liés à des événements conflictuels.

Un second questionnement sera celui de la relation dialogique histoire/mémoire en rapport à la notion du temps de l’événement, de la distance ou non-distance à la fois temporelle et émotionnelle, voire des archives "interdites" (Combe, 1994). Un fonds d’archives n’est jamais lié à un seul événement ; néanmoins, leur importance par rapport à l’histoire du temps présent et/ou par rapport à des groupes constitués est fluctuante. L’étude du rapport d’un fonds d’archives avec un événement (ou un "temps") précis peut éclairer la relation entre mémoire et histoire que construit chaque société à un moment donné. Ceci permet aussi, plus spécifiquement, d’interroger la temporalité des archives en relation à la temporalité d’un conflit, la « vie » des archives ou des fonds d’archives (à quel moment une archive est-elle considérée comme « morte » ?)

Deux grandes thématiques seront privilégiées dans cet atelier à partir de ce double questionnement. La première abordera la perspective des institutions et du pouvoir de l’Etat en relation à la constitution de fonds archivistiques. A quel(s) moment(s) dans l’histoire sociale, politique, nationale, et/ou étatique correspond la constitution de fonds d’archives ? Est-elle nécessairement liée à une intentionnalité politique et mémorielle ? Comment le pouvoir étatique gère-t-il les conflits politiques et mémoriels dans ses pratiques archivistiques ? On s’interrogera en second lieu sur l’utilisation historiographique des archives dans ces tensions politiques et mémorielles : comment s’opère la qualification de matériaux en « archives » susceptibles de fonctionner comme source dans un conflit mémoriel ? Quelles sont les modalités d’utilisation dans la construction de récits divergents et parfois contradictoires ? Comment les acteurs de la narration historiographique s’approprient-ils des matériaux archivistiques comme outil probatoire ?

Il s’agira, plus largement, de questionner dans le cadre de cet atelier la création ou la destruction de fonds, les choix politiques/mémoriels qui y président, mais aussi d’aborder la question des enjeux des circulations et des transferts de collection, ou encore celle de la propriété des archives et des ayants droit. On s’interrogera en particulier sur les modalités d’introduction d’archives dans l’espace public (modalités de mise à disposition, édition, publication, mise en ligne) comme de leur rétention (documents, témoignages « impubliables »). Ce questionnement s’appliquera également aux archives comme lieux dans l’organisation même de leur espace : quels sont les enjeux d’accessibilité à l’espace, aux documents, la classification des inventaires, quelles modalités d’utilisation de l’archive du point de vue des archivistes et du point de vue des lecteurs ? Peut-on, enfin, appréhender les lieux de collecte comme lieux de rencontres intellectuelles et/ou politiques ?

PROGRAMME

Samedi 20 juin

9h-13h

Christine Jungen (CNRS, LAU) et Maria Couroucli (CNRS, LESC) : Introduction

Session 1 : État, nation, et institutions archivistiques

Sonia Combe (BDIC) : La législation sur les archives, indice du degré de démocratie dans une société: étude comparative France-Allemagne.

Marie Favereau (in absentia) et Sylvie Denoix (IFAO): Production de documents, versus absence d’intentionnalité archivistique dans le monde musulman médiéval, avec présentation d’une base de données à partir du corpus des correspondances diplomatiques entre souverains musulmans.

Candice Raymond (IFPO) Les archives du Liban ottoman à la Direction générale des Antiquités : au cœur des guerres libanaises.

15h30 - 17h30

Sylvaine Camelin (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : De la "No tech" à la "High tech". La mise en place des Archives nationales aux Émirats Arabes Unis.

Débat

Dimanche 21 juin

9h-13h

Session 2 : Archives et écriture : enjeux mémoriels et contre-histoires

Tewfik Aklimandos (CEDEJ) : Autobiographies et grands récits : le cas des officiers libres.

Edouard Méténier (Collège de France) : La face cachée de l’histoire. Réflexion subjective sur les enjeux mémoriels relatifs au statut, à l’accès et à l’usage historiographique des archives privées dans le monde arabe.

Hamit Bozarslan (EHESS) : Histoires locales, contre-histoires et usage des archives. Exemples turcs.

Hans-Lukas Kieser (Université de Zurich) : La mise à disposition d’«archives de la catastrophe» par rapport à la Turquie des années 1890-1930.

15h30-17h30

Maria Couroucli : Synthèse

Discussion générale

Lundi 22 juin

Matinée : Visite des Archives Nationales d’Égypte