Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Projet scientifique

L’Ifao se consacre à l’étude de l’Égypte à toutes les époques, de la Préhistoire au xxe siècle.

Héritier d’une riche tradition qu’il entend préserver et faire fructifier, il mobilise toutes les disciplines étudiant le passé, au premier chef la philologie, l’archéologie et l’histoire.

Attentif aux évolutions générales de ces disciplines, à celles des études portant sur le passé de l’Égypte, mais conscient aussi des insuffisances de la recherche française dans plusieurs domaines, il présente ici les axes et champs sur lesquels, durant le quinquennal 2017-2021, il entend faire porter de manière privilégiée ses efforts. Ils incluent des orientations disciplinaires (2.1.), des thèmes majeurs (2.2.) et des champs à (ré)investir (2.3.).

Ce document ne doit pas être interprété comme un carcan : des propositions alternatives ou novatrices pourront, tout au long du quinquennal, venir enrichir les orientations exposées ici.

 

LES CHAMPS DISCIPLINAIRES FONDAMENTAUX

La philologie, l’archéologie et l’histoire sont des disciplines complètes, dont l’Ifao n’entend négliger aucun aspect. Dans ce cadre, l’institut ambitionne de s’investir dans les champs qu’il estime les plus porteurs de renouveau pour la recherche sur le passé de l’Égypte.

 
LA PHILOLOGIE : FACILITER L’ACCÈS AUX CORPUS

Le terme de philologie désigne un ensemble de méthodes et de champs, dans lesquels l’Ifao s’est toujours distingué et qu’il souhaite désormais mieux mettre en valeur dans sa programmation scientifique. L’étude rigoureuse des héritages textuels du passé recouvre le relevé et l’édition des textes inscrits sur divers supports (épigraphie et papyrologie), dans les ouvrages manuscrits et imprimés ; l’étude de la forme des livres (codicologie et bibliologie), des lettres et des mots (paléographie), des textes officiels et formulaires (diplomatique), des ensembles de documents privés ou publics (archivistique) ; de la grammaire et du lexique.

La philologie à l’Ifao est conçue dans le sens le plus large et inclut toutes les langues qui ont été et sont écrites ou pratiquées en Égypte. Soucieux d’étendre les corpus, d’en faciliter l’accès et la compréhension, l’institut accueille toute initiative en matière philologique, sans préférence ni exclusive autre que la qualité et la rigueur de la méthode. Il met à la disposition des chercheurs ses compétences en matière d’édition scientifique de textes, et encourage les entreprises ambitieuses. Il entend participer activement au développement rapide des humanités numériques, en s’appuyant sur son expérience et ses compétences en matière de développement et de publication en ligne de bases de données. L’édition d’outils de travail sous ces formes numériques constitue dans ce champ un des objectifs majeurs de l’institut.

 

L’ARCHÉOLOGIE :DÉVELOPPER L’ÉTUDE DE LA CULTURE MATÉRIELLE

Avec une activité qui se développe sur l’ensemble du territoire et couvre toute l’histoire de l’Égypte, depuis les premières occupations holocènes jusqu’à l’époque médiévale, l’Ifao compte parmi les principaux acteurs de l’archéologie égyptienne. Il joue ainsi un rôle de premier plan dans le renouvellement de la documentation et, grâce à ses moyens logistiques, dans l’exploration des régions les plus difficiles d’accès. Les méthodes comme les problématiques abordées s’inscrivent dans les évolutions les plus actuelles de la discipline, notamment par le recours aux méthodes de l’archéométrie et de la photogrammétrie, sans négliger la nécessaire mise en relation des vestiges matériels avec la documentation textuelle.

Un accent particulier est mis à l’Ifao sur l’étude de la culture matérielle, envisagée dans son sens le plus large et sous toutes ses formes. Les techniques et les objets (céramique, lithique, métal, verre, matières organiques) y occupent une place centrale et toutes les approches sont mobilisées avec l’ambition d’aborder l’ensemble de la chaîne opératoire, de l’exploitation des matières premières aux différentes étapes de la production et aux usages. D’autres aspects, tels que l’étude des perceptions sensibles (musique et sons), ont connu des développements importants que l’Ifao continuera à soutenir et encourager.

 

L’HISTOIRE : S’INSPIRER DE L’ANTHROPOLOGIE

L’Ifao, conservatoire des sciences de l’érudition, inscrit en même temps ses activités scientifiques dans le grand courant des sciences humaines et sociales. Après s’être inspirées de la sociologie classique et de l’économie, les études historiques ont été, pour la plupart des périodes et des aires culturelles, influencées depuis près d’un demi-siècle par le renouvellement profond de l’anthropologie. Cette dernière, se dégageant à la fois des approches ethnographiques descriptives et de catégories essentialisées, s’est attachée à concilier observation fine de terrain, exploration des archives de toutes sortes et conceptualisation. L’influence de l’anthropologie a pénétré les études classiques (gréco-romaines), puis islamiques, davantage que l’égyptologie. Pourtant l’Égypte pharaonique, civilisation singulièrement originale, se prête particulièrement à ces questionnements. L’Ifao entend encourager l’ouverture de nouveaux chantiers de recherche autour d’objets de nature anthropologique, appliqués à toutes les époques de l’histoire de l’Égypte, et porteurs d’une interdisciplinarité féconde.

 

AXES PROBLÉMATIQUES PRIVILÉGIÉS

L’Ifao favorise les propositions articulées autour de problématiques historiques claires. Celles qui sont énoncées ici sont déjà riches de nombreux travaux, auxquels l’Ifao a participé activement, et engagent à de nouveaux approfondissements.

 
AXE 1. CORPUS, LANGUES ET ÉCRITURES

L’Ifao encourage les rencontres fécondes entre la philologie et les questionnements historiques, ainsi qu’un usage raisonné des nouvelles technologies.

Il met à la disposition des chercheurs ses collections, ses ressources électroniques, son expérience et ses compétences en matière d’archivistique, de reproduction, d’édition papier et numérique, de développement de bases de données et autres outils numériques.

1.1. Textes et contextes : Comme pour la production matérielle, l’Ifao entend favoriser les propositions resituant les textes dans leur contexte matériel et historique, sous tous ses aspects. Une telle démarche permet notamment de donner de la valeur à des écrits d’apparence insignifiante.

1.2. Le multilinguisme : Ce thème plus que jamais d’actualité relève à la fois de l’histoire culturelle (voir infra, 2.2.4.1.) et de la philologie dans tous ses aspects (supra, 2.1.1.). L’Ifao favorise la rencontre de spécialistes de langues et d’écritures différentes autour d’objets bien cernés, qui peuvent être des ensembles de textes, des questions linguistiques, des problématiques d’histoire culturelle, l’élaboration d’outils de travail, etc.

1.3. Les corpus : L’édition de grands corpus de textes s’inscrit dans la tradition des travaux de l’Ifao, à l’exemple des relevés épigraphiques des grands temples ptolémaïques et romains ou des documents, rédigés dans toutes les langues et toutes les écritures de l’Égypte, issus des fouilles de l’institut ou présents dans ses collections.

Les méthodes de la codicologie et de la bibliologie, étendus à des supports autres que les manuscrits de textes littéraires, permettent d’approfondir la compréhension d’ensembles documentaires variés et d’éclairer les conditions de la production écrite à toutes les époques et sous toutes ses formes.

Le développement des humanités numériques renouvelle l’accès à la documentation écrite. Ses aspects pratiques diffèrent entièrement selon que les corpus sont restreints ou étendus. Les études en matière d’intertextualité peuvent servir de modèle d’approche des corpus très étendus, et leur problématique inspirer le traitement d’autres types de

documents non écrits, mais soumis de même aux emprunts, citations, transformations, etc.

Si les corpus écrits de l’Antiquité et de l’époque califale ne peuvent plus être renouvelés que grâce aux trouvailles fortuites ou à l’archéologie, la documentation plus récente, de l’époque ayyoubide et mamelouke jusqu’au xxe siècle, est encore largement inexplorée.

L’Ifao souhaite contribuer aux efforts actuels de découverte, d’inventaire et de compréhension de la production manuscrite de l’islam post-classique, de la production imprimée au Proche-Orient (peu étudiée), et des archives publiques, mais aussi privées (à peine connues), des époques récentes.

 

AXE 2. LES ESPACES DE L’ÉGYPTE

Depuis le milieu des années 1970, avec l’exploration des oasis du désert occidental (Dakhla et Kharga, puis Bahariya) et, plus récemment, des sites du désert oriental et du littoral de la mer Rouge, l’Ifao a largement contribué à revoir l’image d’une civilisation égyptienne repliée sur la vallée du Nil et son delta, et à mettre en évidence l’importance des relations qu’elle entretient, dès les périodes les plus anciennes, avec les espaces géographiques qui l’entourent.

Il entend poursuivre ces recherches en les articulant autour de trois thématiques principales :

le fleuve, principal axe de circulation du pays (2.2.2.1), les marges et frontières (2.2.2.2) et les liens entre religion et territoire (2.2.2.3).

2.1. Le fleuve : Grâce à l’essor des disciplines paléoenvironnementales, et en particulier de la géoarchéologie et de la géomorphologie fluviales, les recherches récentes s’intéressent à l’évolution du cours du Nil ainsi qu’à ses anciens tracés. L’Ifao souhaite développer plus particulièrement l’étude des ports fluviaux qui jalonnaient le territoire égyptien, et dont la localisation est désormais possible par une approche interdisciplinaire intégrant ces données à celles de l’archéologie. Confrontées aux sources textuelles et iconographiques, elles invitent à s’interroger sur l’intégration des ports fluviaux dans le réseau des voies navigables, sur leur situation de carrefour de voies et sur l’impact

de leur présence sur la géographie humaine des agglomérations environnantes.

2.2. Marges et frontières : Qu’elle soit une zone de contact, d ’échanges ou de conflit, la frontière est avant tout une interface qui participe à la structuration des territoires. Dans une perspective interdisciplinaire, il s’agira d’interroger la définition de la frontière et des marges au fil des siècles, à travers les toponymes, les sources textuelles et archéologiques témoignant d’un balisage des territoires ou de la mise en réseaux de villes-frontières ; le modèle de gestion territoriale mis en oeuvre par le pouvoir politique (organisation administrative, exploitation, défense) ; les populations des marges, leur origine et leur identité culturelle ; la représentation (figurée ou racontée)

et l’appropriation des espaces marginaux par les populations et le pouvoir.

2.3. Religion et territoire : Temples et lieux de culte tissent dans le territoire un réseau qui reflète l’emprise des dieux sur l’espace. L’Ifao souhaite favoriser, dans une perspective diachronique, l’étude des liens qui unissent les sites sur un territoire plus ou moins vaste et mettent en évidence cette géographie des cultes, mais aussi celle des particularismes locaux qui se manifestent, tant dans le domaine des temples que des cultes funéraires.

 

AXE 3. LES VIVANTS ET LES MORTS

3.1. Cadres de vie et de travail : À l’échelle de l’agglomération, du quartier, de la maison ou de l’atelier, en contexte urbain ou rural, l’étude du cadre de vie et de travail, de sa structure et de son organisation, de son évolution, demeure un enjeu majeur de l’archéologie égyptienne. Elle s’inscrit désormais dans une perspective plus large qui envisage la place et les interactions de l’homme dans son environnement, reconstitué grâce aux sciences de la nature. L’Ifao entend poursuivre ses recherches sur l’apparition de l’architecture et le développement du fait urbain, sur les structures de production artisanale, sur les agglomérations d’époques pharaonique, gréco-romaine

et byzantine ; il accueillera avec intérêt les propositions portant sur l’époque islamique et contemporaine.

3.2. Les économies : L’histoire économique de l’Égypte fait l’objet de travaux nombreux, mais dispersés comme les corpus pris en compte, voire cloisonnés en disciplines spécifiques. En liaison étroite avec l’archéologie, l’approche systématique et interdisciplinaire des lieux, outils, et techniques de production, transport, stockage et conservation de tous les types d’objets sera encouragée, de même que les études portant sur les conditions économiques et culturelles de leur échange.

Les questions portant sur les structures économiques méritent d’être approfondies, notamment, et pour la plupart des époques considérées, l’étendue effective de l’économie redistributive (qu’elle émane du souverain, des institutions religieuses, d’autres institutions, de grandes Maisons, etc.) et sa coexistence avec une économie d’échanges

dans laquelle l’initiative est laissée pour l’essentiel aux acteurs privés ; la part respective des secteurs réglementé et libre ou informel ; le degré de sophistication des comptabilités, des échanges, des formes de crédit et d’entreprise.

3.3. Religion : lieux et pratiques : L’étude des temples de l’Égypte pharaonique et gréco-romaine, de leurs inscriptions et scènes figurées, et des rituels qui s’y pratiquaient, est un des fondements de l’égyptologie, et une des traditions les plus fortes à l’Ifao.

Nous encourageons les approches pluridisciplinaires qui mettent en relation analyse architecturale, données de fouilles, sources épigraphiques ou papyrologiques, afin de mieux comprendre les fonctions des lieux de culte et leur évolution. Nous appuierons de même des approches comparatives, inspirées de l’anthropologie, visant à mieux

comprendre la variété des systèmes de croyance qui structurent le fait religieux dans son ensemble, aussi bien pour la religion pharaonique que pour les monothéismes.

3.4. Cultures funéraires : Si l’étude des pratiques funéraires relève d’une tradition aussi ancienne que l’égyptologie, l’évolution des méthodes et des concepts a permis un renouvellement des problématiques que souhaite encourager l’Ifao. Celles-ci portent notamment sur le choix des textes funéraires et leur confrontation avec les données fournies par l’archéologie ou l’anthropologie de terrain ; la mise en évidence des spécificités locales ou régionales ; la définition de « paysages funéraires » et la place de la tombe dans l’organisation et le développement du cimetière ; les critères sociaux, économiques et/ou politiques, qui président à la localisation, aux partis pris architecturaux et décoratifs du monument.

 

AXE 4. L’ÉGYPTE ET LES AUTRES

À partir du Ier millénaire, la culture égyptienne se trouve influencée de plus en plus profondément par ses contacts avec les civilisations du bassin oriental de la Méditerranée. Avec la conquête d’Alexandre, l’Égypte est définitivement englobée dans des civilisations plus vastes.

Aucun aspect de l’histoire de l’Égypte ne peut désormais être envisagé sans prendre en compte les modes divers de relations avec cet autre englobant. Les contacts ont été marqués par des échanges et influences réciproques (2.2.4.1), pacifiques ou belliqueux (2.2.4.2), jusqu’au défi inédit posé par le monde moderne (2.2.4.3).

4.1. Identités, contacts et interculturalités : Ces thèmes peuvent être explorés pour chacune des périodes de transition qui ont bouleversé le pays et largement redistribué les cartes politiques, géographiques, religieuses et culturelles, y compris dans la culture matérielle. Ils traversent en particulier les études portant sur l’ensemble du millénaire

papyrologique (de la fin ive s. av. au viiie s. ap. J.-C.), et attendent encore de multiples approfondissements.

4.2. La guerre dans la société et la culture : À partir au moins du xie siècle, et jusqu’à la conquête ottomane de l’Égypte (1517), la guerre est non seulement au coeur des rapports de l’Égypte avec ses voisins, mais aussi de l’édifice politique, de la définition des élites, de leur mode de vie et de leur culture propre. Ces deux derniers points sont encore mal connus. L’influence de la militarisation des échelons supérieurs de la société, sur le reste de la population, reste de même largement à explorer. Certaines de ces problématiques peuvent être étendues à d’autres périodes.

4.3. La ou les modernité(s) : Il est impossible de traiter de la période contemporaine (xixe-xxe siècles) sans aborder la question de la modernité, traditionnellement attachée aux règnes de Muhammad Ali (1805-1848), de ses premiers successeurs, et à l’occupation britannique à partir de 1882. Ses modèles successifs, ses vecteurs et champs d’action, son caractère endogène ou exogène, doivent encore être affinés. La problématique de la modernité est désormais aussi centrale pour les études ottomanes, qu’elles portent sur l’époque classique (ca. 1450-1600) ou celles plus tardives. L’Ifao encourage toute recherche portant sur ces cinq derniers siècles, qui inscrit les thèmes spécifiques à l’Égypte dans des interrogations plus vastes et met en valeur des objets de recherche originaux, comme il l’a fait depuis de nombreuses années dans le domaine de l’architecture contemporaine.

 

AXE 5. LES CHRONOLOGIES

L’évolution des techniques, des méthodes d’analyse et le développement d’outils statistiques puissants ouvrent aujourd’hui la voie à des études nouvelles sur l’établissement de chronologies, qu’elles soient dites « absolues » ou « relatives », et touchent aussi bien au monde de la Préhistoire qu’aux périodes pharaonique, gréco-romaine, byzantine, islamique et moderne.

L’Ifao, avec son laboratoire d’archéométrie, est précurseur dans l’application de ce champ d’analyse en archéologie égyptienne. Il souhaite développer ses champs d’études dans ce domaine. Pour que le recours aux analyses physico-chimiques soit pertinent, c’est-à-dire en relation avec une problématique historique ou archéologique précise, il doit s’inscrire de facto dans une démarche plurielle. Dans cet axe, nous favoriserons les projets cherchant à établir des modèles chronologiques à haute résolution, fondés sur la confrontation de données pluridisciplinaires tout autant physico-chimiques, physiologiques, statistiques, qu’archéologiques et historiques. Il s’agit de revisiter les notions de temps long et de temps court tout en ouvrant la voie à la transdisciplinarité et à la méthodologie comparée. Les projets privilégiant cette interdisciplinarité seront favorisés. Le recours aux analyses archéométriques devra être proposé dans le respect de la législation égyptienne.

 

TROIS CHAMPS À (RÉ)INVESTIR

1. L’HISTOIRE DES SCIENCES HISTORIQUES EN ÉGYPTE

L’histoire des disciplines historiques, et notamment de l’égyptologie, mais aussi de la constitution des collections, connaît aujourd’hui un essor considérable. Outre sa contribution à l’histoire des sciences, l’historiographie éclaire souvent les contextes de découverte et d’interprétation des documents. La découverte et la mise en valeur du passé de l’Égypte ont participé de l’orientalisme intellectuel et artistique ; ils ont fait aussi, en Égypte même, l’objet de réappropriations encore mal connues.

La recherche française pourrait, dans ce champ d’étude, s’inspirer des travaux réalisés dans les pays voisins. L’Ifao offre de nombreux atouts pour combler ce décalage, en mettant à la disposition des chercheurs un fonds d’archives scientifiques d’un intérêt exceptionnel, et en facilitant l’accès aux autres institutions académiques, égyptiennes ou étrangères. De même, les archives administratives de l’Ifao renseignent sur l’histoire de l’institut, mais aussi sur de nombreux aspects de l’histoire sociale et économique de l’Égypte au siècle dernier. Parallèlement aux efforts menés pour l’inventaire, la numérisation et la création d’outils de consultation de ses fonds, l’Ifao souhaite encourager leur exploitation et, de façon plus générale, leur mise en perspective historique.

2. L’HISTOIRE DE L’ART

L’histoire de l’art en Égypte aux époques pharaonique, gréco-romano-byzantine, islamique et contemporaine, est sous-représentée à l’Ifao, alors que la documentation pour chaque période est d’une richesse exceptionnelle. L’Ifao fournit une base logistique unique pour des missions d’étude sur le long terme. Il entend, en encourageant les travaux dans ce champ, contribuer à renforcer celui-ci en France même et accroître les collaborations avec les autres chercheurs et institutions scientifiques en Europe et ailleurs.

3. L’ISLAMOLOGIE

L’islamologie étudie les sciences religieuses et le droit musulmans à toutes les époques.

Ce champ de recherche a longtemps privilégié l’étude des textes classiques ; il s’ouvre désormais à l’héritage textuel post-classique, voire contemporain, et à de nouvelles approches inspirées de l’anthropologie, en particulier pour l’étude de la « religion populaire » ou de l’islam vécu, et des pratiques du droit et de la justice.

L’islamologie reste moins développée en France que dans d’autres pays européens. Le constat en a été encore fait en septembre 2014 par le Livre blanc des études françaises sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans du GIS Moyen-Orient et Mondes musulmans. À l’heure où l’attention du grand public est focalisée sur l’Islam, il importe plus que jamais d’étudier les racines scripturaires de l’islam et ses interprétations successives.

Comme les autres centres de recherche présents dans le monde arabo-musulman, notamment l’Idéo et l’Ifpo, l’Ifao offre des moyens appréciables pour redresser cette situation : sa bibliothèque propre, la proximité des institutions académiques égyptiennes, notamment Dâr al-kutub, les contacts avec les chercheurs égyptiens, la qualité de ses éditions scientifiques de textes classiques. L’Ifao accordera une attention particulière à ces dernières.

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