Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Épidémiologie des populations anciennes

Responsable: Béatrix Midant-Reynes (préhistorienne, IFAO), Éric Crubézy (anthropobiologiste, univ. Paul Sabatier)

Collaborations: Henri Dabernat (pathologiste, univ. Paul Sabatier), Sylvie Duchesne (anthropologue, INRAP).

Institution partenaire: Université Paul Sabatier, Toulouse III / CNRS-UMR 5288 AMIS.

Les modes de vie et les causes de décès des Égyptiens anciens via l’étude de leurs restes squelettiques ont été appréhendés dès le XIXᵉ siècle. Malheureusement si, depuis cette date, des travaux d’importance ont eu lieu dans les années 1970-1980 sur des individus de la vallée du Nil exhumés en Nubie, peu d’analyses novatrices ont été menées sur les squelettes égyptiens et, dans la plupart des cas, les auteurs disposent seulement d'études ponctuelles. La découverte de plus de 800 squelettes prédynastiques à Adaïma , dont plusieurs centaines d’enfants, fournit l’occasion unique au monde pour le quatrième millénaire avant notre ère d’avoir une véritable étude épidémiologique d’une population. En effet, une approche paléobiologique, à partir de l'ADN, a été très tôt développée, qui a conduit à une analyse des maladies dans une perspective épidémiologique. Plusieurs cas de tuberculose osseuse ont été repérés et formellement identifiés (micobactérie) par les analyses ADN. Il s’agit là des plus vieux cas mondiaux de tuberculose. Des colorations vertes dans les zones affectées du squelette pourraient traduire des tentatives de traitement ou de conjuration pharmaceutique.

Cette étude épidémiologique peut déboucher sur des modélisations sur l’histoire des maladies infectieuses et des épidémies sur une période qui couvre la naissance et les prémices de l’État en Égypte. Par ce biais et le croisement des données obtenues avec celles de l’archéologie et du paléoenvironnement, c’est l’écologie humaine de toute une population, qui a vécu à un moment clef de l’histoire de l'Égypte ancienne, tant sur le plan politique qu’environnemental, qui pourra être appréhendée.

Actions prévues:

  • Constitution d'un "livre blanc" des restes humains mis au jour sur les chantiers de l'Ifao: 2012.
  • Finalisation de l'étude paléo-pathologique des squelettes du cimetière prédynastique d'Adaïma: 2012-2013.
  • Organisation d'un séminaire, en lien avec le programme Corps meurtri.
Publications prévues :
  • H. Dabernat, É. Crubézy, B. Midant-Reynes (eds), Écologie d’une population humaine prédynastique: Adaïma.
  • Il s’agit de l’étude paléodémographique et paléopathologique des nécropoles de l’Ouest et de l’Est d’Adaïma, envisagées d’un point de vue synthétique.

Bibliographie sélective :

  • É. Crubézy, Th. Janin, B. Midant-Reynes, La nécropole prédynastique d'Adaïma, FIFAO 47, Le Caire, 2002.
  • É. Crubézy, Th. Janin, «Pott Disease and Artefacts associated with them in Graves at Egyptian Predynastic Times», dans Paleopathology Association Newsletter, Twentieth Annual Meeting 32, 1993.
  • É. Crubézy, B. Ludes, J-D. Poveda, J. Clayton, B. Crouau-Roy, D. Montagnon, «Identification of Mycobacterium DNA in an Egyptian Pott’s disease of 5400 years old», dans Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, Paris, Sciences de la vie, n°321, 1998, p. 941-951.
  • M.L Fily, É. Crubézy, B. Ludes, D. Rouge, B. Midant-Reynes, «Sternal Perforation and Bifid Ribs. A possible familial case 5400 years old. An Example of epigenetic control of development ?», Bull. et Mém. de la Société d’Anthropologie de Paris, n.s.13, 2001, 1-2, p.5-13.

The epidemiology of ancient populations

Responsable: Béatrix Midant-Reynes (prehistorian, IFAO), Éric Crubézy (anthropobiologist, univ. Paul Sabatier)

Collaborators: Henri Dabernat (pathologist, univ. Paul Sabatier), Sylvie Duchesne (anthropologist, INRAP).

Partner institution: Université Paul Sabatier, Toulouse III / CNRS-UMR 5288 AMIS.

Studying the skeletal remains of ancient Egyptians as a way to understand their life styles and causes of death was begun in the 19th century. Since that time, however, and despite the important work carried out in the 1970s and 80s on individuals of the Nile valley exhumed in Nubia, there has been little innovative analysis of Egyptian skeletons. In most cases, any authors have access to merely occasional studies. The discovery of more than 800 predynastic skeletons at Adaïma , of which several hundred are children, provides a truly unique opportunity to undertake a genuine epidemiological study of a population from the 4th millennium BC. Indeed, a palaeobiological approach using DNA has swiftly been developed, leading to an analysis of illnesses within an epidemiologic perspective. Several cases of osseous tuberculosis have been noted and formally identified through DNA analysis. These represent the oldest known cases of tuberculosis in the world. Green discolouring on the affected zones of the skeleton could be the traces of attempted treatments or pharmaceutical applications.

This epidemiological study could result in modellings of the history of infectious diseases and of epidemics for a period that covers the birth and the beginnings of the Egyptian State. By these means and by cross-referencing any data obtained with input from archaeology and the palaeoenvironment, we might be able to grasp the human ecology of an entire population that lived at a key moment, both politically and environmentally, in the history of ancient Egypt.

Planned activities:

  • Creation of a "white paper" on human remains unearthed from the IFAO work sites: 2012.
  • Finalising the palaeopathologic study of skeletons from the predynastic cemetery of Adaima: 2012-2013.
  • Organising a seminar linked to the programme The battered body.
Planned publications:
  • H. Dabernat, É. Crubézy, B. Midant-Reynes (eds), Écologie d’une population humaine prédynastique: Adaïma.
  • This is the palaeodemographic and palaeopathologic study of the western and eastern cemeteries of Adaima, conceived as an overview.

Selected bibliography:

  • É. Crubézy, Th. Janin, B. Midant-Reynes, La nécropole prédynastique d'Adaïma, FIFAO 47, Le Caire, 2002.
  • É. Crubézy, Th. Janin, «Pott Disease and Artefacts associated with them in Graves at Egyptian Predynastic Times», in Paleopathology Association Newsletter, Twentieth Annual Meeting 32, 1993.
  • É. Crubézy, B. Ludes, J-D. Poveda, J. Clayton, B. Crouau-Roy, D. Montagnon, «Identification of Mycobacterium DNA in an Egyptian Pott’s disease of 5400 years old», in Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, Paris, Sciences de la vie, n°321, 1998, p. 941-951.
  • M.L Fily, É. Crubézy, B. Ludes, D. Rouge, B. Midant-Reynes, «Sternal Perforation and Bifid Ribs. A possible familial case 5400 years old. An Example of epigenetic control of development ?», Bull. et Mém. de la Société d’Anthropologie de Paris, n.s.13, 2001, 1-2, p.5-13.