Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Cachette de Karnak

Responsable : Laurent Coulon (CNRS - UMR 5189 HiSoMA)

Collaborations : Emmanuel Jambon (univ. de Tübingen, IANES, Abteilung für Ägyptologie), Christian Gaubert (informaticien, IFAO), Vincent Razanajao (contractuel), Frédéric Payraudeau (univ. Paris IV-Sorbonne, CNRS - UMR 8167 Orient et Méditerranée - Mondes pharaoniques), Ralph Birk (doctorant, univ. de Münich), Service photographique de l'IFAO : A. Lecler, G. Pollin, Ihab Mohamed et Mohamed Ibrahim.

Institutions partenaires :
La base Cachette de Karnak. version 2
La base Cachette de Karnak. version 2

De 1903 à 1907, près de 800 statues et 17 000 bronzes furent mis au jour par G. Legrain dans la cour du VIIe pylône du temple d'Amon de Karnak, dès lors surnommée « cour de la Cachette ». En dehors d’un certain nombre d’effigies royales de toutes époques, les statues découvertes appartenaient généralement à des prêtres qui officièrent à Karnak du Nouvel Empire jusqu’à la fin de l’époque ptolémaïque. En cela, la « Cachette » est une mine de renseignements sur l'histoire, l'histoire de l'art et la religion de l'Égypte ancienne.

La base de données « Cachette de Karnak », initiée en 2006, a pour but de regrouper la documentation existante sur les monuments issus de cette découverte et de dresser, pour chacun, une fiche comprenant ses différents numéros d’inventaire, son lieu de conservation, ses particularités muséographiques, sa bibliographie (publications et mentions), les documents d’archive s’y rapportant, ainsi que l’ensemble des données prosopographiques, iconographiques et épigraphiques qu'il contient. Tout en offrant un riche corpus documentaire pour l’étude des clergés et des cultes thébains, comme de l’onomastique ou de l’histoire de l’art, la base de données vise à fournir un outil nécessaire à la compréhension de la constitution de la Cachette de Karnak dans sa globalité.

Pour réaliser cet outil, un protocole de coopération a été signé en 2008 entre le Conseil suprême des antiquités et l'Ifao. Un comité scientifique, présidé par le professeur Aly Radwan, a été créé pour superviser les travaux. La coopération entre les deux institutions a facilité l'accès aux fonds d'archives et aux objets ainsi que la publication de la base de données sur le web. La version 1 de la base a été mise en ligne, en version bilingue (français/anglais) le 5 novembre 2009 à l’adresse http://www.ifao.egnet.net/bases/cachette/. Elle offre un inventaire aussi exhaustif que possible des objets attribuables à la Cachette, avec, pour chacun, une bibliographie hiérarchisée. Les quelques objets portant un numéro « K » de Legrain, mais ne provenant pas de la Cachette, ont également été inclus. Les données, notamment bibliographiques, sont régulièrement actualisées.

La version 2 a été mise en ligne en janvier 2012 et offre maintenant l'accès à plus de 8000 photographies provenant du fonds du Corpus of Late Egyptian Sculpture (Brooklyn Museum) ou faites par l'équipe du projet au Musée du Caire entre 2008 et 2010.

Outre l'aide active de différents chercheurs, le projet est réalisé avec le soutien de plusieurs institutions, parmi lesquelles :

  • le Musée égyptien du Caire, dépositaire de la majorité des statues, ainsi que différents musées égyptiens de province ;
  • le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak, qui dispose d’archives importantes (estampages, photographies) ;
  • le Brooklyn Museum, qui conserve le Corpus of Late Egyptian Sculpture, réalisé par B. von Bothmer avec l’aide de H. De Meulenaere ; près de 5000 photographies issues de ce fonds, correspondant à près de 450 statues, ont été ainsi intégrées aux archives de l'Ifao et alimentent la base de données ;
  • les différents musées conservant une ou plusieurs statues issues de la Cachette (Metropolitan Museum of Art de New York, etc.).
Actions prévues

La version 2 de la base continue à être mise à jour par l'ajout de références bibliographiques et de nouvelles photographies.

La version 3 comportera les données prosopographiques pour chaque monument. Ce développement, mené en collaboration avec Vincent Razanajao, est couplé avec un projet d'édition électronique des statues qui prend appui sur les avancées récentes dans le domaine des humanités numériques. À chaque objet est attachée une édition numérique XML du texte selon les normes de la TEI (Text Encodage Initiative), déjà utilisée par exemple par les épigraphistes grecs (Epidoc). Le projet se veut pilote en matière d'édition épigraphique en égyptologie. Il implique un travail important de préparation des éditions (translittération / traduction) et d'encodage des données, réalisé en collaboration avec des doctorants travaillant sur la prosopographie thébaine.

L'historiographie de la découverte, comme la raison d'être de la Cachette de Karnak, sa constitution et sa chronologie sont au centre des travaux d'Emmanuel Jambon. Plusieurs photographies inédites concernant la fouille ont pu aussi être rassemblées, notamment grâce au Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Une exploitation des photos d'archives par une reconstitution en trois dimensions à l'aide d'outils topographiques et photogrammétriques est en projet.

La documentation collectée sur les objets de la Cachette permet de nourrir les recherches en cours sur les cultes osiriens à Karnak, la prosopographie de la Troisième Période intermédiaire (Fr. Payraudeau), ainsi que les travaux de nombreux chercheurs internationaux (H. Brandl, Ph. Collombert, K. Jansen-Winkeln, D. Klotz, A. Leahy, Fr. Payraudeau, O. Perdu, C. Price, H. Selim, C.M. Sheikholeslami, etc.) ou de doctorants (R. Birk, A. Hallmann). C'est pour favoriser ces échanges qu'avait été organisé, à Louxor fin janvier 2011, un colloque international consacré à la Cachette de Karnak. Cette rencontre a dû être annulée in extremis du fait des circonstances politiques en Égypte ; le projet d'ouvrage qui devait en découler reste néanmoins à l'ordre du jour et sa publication, fruit d'un partenariat entre l'Ifao et le Sca, est prévue pour 2013 (La Cachette de Karnak. Nouvelles perspectives sur les travaux de G. Legrain).

Bibliographie

  • L. Coulon, E. Jambon, Base de données "Cachette de Karnak", mise en ligne en novembre 2009 ; version 2 mise en ligne en janvier 2012.
  • L. Coulon, E. Jambon, C.M. Sheikholeslami, « Rediscovering a lost excavation : the Karnak Cachette », Kmt 22:2, 2011, p. 18-32.
  • E. Jambon, « Les fouilles de Georges Legrain dans la Cachette de Karnak (1903-1907). Nouvelles données sur la chronologie des découvertes et le destin des objets», BIFAO 109, 2009, p. 239-279.

Valorisation

L. Coulon, E. Jambon, La Cachette de Karnak. Un programme de recherche sur les découvertes de G. Legrain entre 1903 et 1907, livret de présentation édité par l'Ifao et le Sca, 12 p.