Institut français
d’archéologie orientale - Le Caire

Bouto

flèche chronologique de -350 à 640 env.

Nom du site: Bouto (Tell el-Fara'in)

Responsable: Ballet Pascale (univ. Poitiers - HeRMA EA 3811)

Collaborations

Amphorologues et céramologues: Valérie Le Provost (IFAO); Julie Marchand (doctorante, HeRMA, univ. Poitiers); Sylvie Marchand (IFAO); Loïc Mazou (doctorant, HeRMA, univ. Poitiers) ; Séverine Lemaître ( HeRMA, univ. Poitiers); Mikaël Pesenti (doctorant allocataire, CCJ, univ. Aix-Marseille); Gonca Şenol (univ. Égée, Izmir); Kaan Şenol ( univ. Égée, Izmir); Aude Simony (doctorante, HeRMA, univ. Poitiers); Archéologues: Grégory Marouard (Oriental Institute, Chicago et HeRMA, univ. Poitiers); Fathia Gaber, (doctorante, univ. Alexandrie); Elodie Rotté (doctorante, HeRMA, univ. Poitiers); Architecte-archéologue: Guy Lecuyot (IFAO, CNRS-ENS UMR 8546); Égyptologues: Sylvain Dhennin (IFAO); Åke Engsheden (univ. Uppsala); Hellénistes: Bérangère Redon (IFAO); Cornelia Römer (DAIK); M. Sief el-Din (univ. Caire); Autres spécialistes: Raymond Collet (cinéaste, CEALex); Thomas Faucher (numismate, IFAO); Mohammed Gaber (topographe, IFAO); Tomacz Herbich (géophysicien, Institut d'archéologie et de technologie, Varsovie); Abaid Mahmoud (restaurateur, IFAO); Marie-Dominique Nenna (verre, faïence, HiSoMa UMR 5189); Olivier Onézime (topographe, IFAO); André Pelle (photographe, CEALex); Christiane Petit-Hochstrasser (dessinatrice, chercheuse indépendante).


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Institutions en collaboration

  • DAIK (Le Caire), détenteur de la concession
  • SCA et inspectorat de Kafr el-Scheikh
  • CEALex, USR 3134

Institutions partenaires


Date du chantier: début mai à mi-juin.


Situé dans la partie nord-ouest du Delta, au sud du lac Borollos, Bouto est l’un des principaux établissements urbains à l’est de la branche de Rosette. Marqué par une remarquable pérennité, ce site, qui perdure durant 5 millénaires, joua un rôle fondamental dans le processus d’unification politique du pays à la fin du IVe millénaire. Cette période est traitée par l'Institut archéologique allemand (DAIK); le site étant également fouillé par nos collègues égyptiens du SCA.

Historique des travaux

Carte des secteurs fouillés depuis 2002
Carte des secteurs fouillés depuis 2002

Le programme présenté ici et mis en œuvre par l'équipe française, accueilli depuis 2001 sur la concession du DAIK, développe ses recherches dans la partie nord-est de Bouto (Kôm A et ses abords) se consacrant aux phases tardives, de la fin de la Basse Époque à la période islamique.

Après des enquêtes préliminaires (1999 à 2000), les opérations, de 2001 à 2006, ont porté sur les ateliers de potiers d’époques hellénistique et romaine. Grâce à la géophysique et aux prospections pédestres, les interventions ont en premier lieu concerné le repérage des unités de production et l’extension du tissu industriel gréco-romain. Les fouilles ont permis de découvrir des ateliers d’époque impériale, avec deux types de fours correspondant à deux modes de production. Le premier type (mode C), qui a recours au système de la cuisson par rayonnement au moyen de tubulures, produit des céramiques fines rouges imitant les sigillées orientales et occidentales ; le second (mode A), de type traditionnel, produit de la céramique commune.

Carte des secteurs fouillés. Partie nord-est du Kôm A
Carte des secteurs fouillés. Partie nord-est du Kôm A

De 2007 à 2011, les objectifs de la mission concernaient, dans les limites chronologiques définies ci-dessus, l’étude d'un établissement – son évolution et ses fonctions –, ce qui a été réalisé par le biais de sondages dans la partie nord-est du Kôm A. Il s’agissait de cerner les liens existant entre le maillage urbain et les activités de productio, et d’en suivre l’évolution. Ici, trois types d’espaces - habitat, production et lieux de sociabilité - coexistent ou se succèdent, fournissant une grille de lecture susceptible d’éclairer l’histoire de Bouto.

Le secteur P5 (G. Marouard, M. Pithon, P. Ballet), localisé sur la frange orientale du Kôm A, fouillé de 2007 à 2010, comprend un quartier d’époque ptolémaïque où des bâtiments à caractère domestique, des rues et des espaces extérieurs ont été identifiés; il est converti en zone artisanale (four de potier du mode C) à la fin de la période hellénistique - début de l’époque impériale. Son évolution se caractérise par trois grandes phases durant lesquelles alternent les cycles de construction, d’occupation et de reconstruction, ces derniers souvent bien marqués par les tranchées ou fosses de fondation et les reprises régulières des maçonneries. La première phase (fin de la Basse Époque) correspond à la construction d’un enclos dans un secteur déjà urbanisé; la deuxième phase (fin du IVᵉ s. au début du Iᵉʳ s. av. J.-C.) marque le développement d’un quartier d’habitat hellénistique, à l’ouest de l’enclos; une troisième phase (fin du Iᵉʳ s. av. J.-C. au début du IIᵉ s. apr. J.-C.) correspond aux activités de potiers pratiquant la cuisson des fours du mode C.

P5. Vue générale du quartier d'habitat d'époque ptolémaïque; vue vers l'ouest (©M. Pithon).
P5. Vue générale du quartier d'habitat d'époque ptolémaïque; vue vers l'ouest (©M. Pithon).
P5. Dispositif de ventilation en place dans la chambre de chauffe du four à tubulures 5280; vue vers le nord-ouest (©G. Marouard)
P5. Dispositif de ventilation en place dans la chambre de chauffe du four à tubulures 5280; vue vers le nord-ouest (©G. Marouard)

Pour cerner l’extension des ateliers à l’échelle du site et leur mode d’implantation, plusieurs sondages ont été ouverts (G. Marouard, M. Pithon, P. Ballet) : à proximité du secteur P5, le secteur P6 est en fait lié à une occupation domestique d’époque impériale, et non à une activité de production ; au nord du Kôm A, un four de potier de la même période (P11) a été converti dans la production de chaux ; dans la dépression située entre le Kôm A et le Kôm C, le secteur P7 correspond à des activités de chaufourniers, datées de la fin de la période byzantine et du début de la période islamique, faisant écho aux sources écrites médiévales plus tardives ; au sud du Kôm C, le secteur P9 est un habitat, de la fin de la Basse Époque et/ou du tout début de la période ptolémaïque, ayant subi un incendie.

Secteur P 10 (G. Lecuyot, B. Redon). Entreprise en 2008, la fouille du complexe balnéaire, dégagé par l’Egypt Exploration Society dans les années soixante, a permis d’entreprendre une analyse complète de l’édifice – à l’exclusion de la phase terminale qui, hormis quelques radiers de sols, a disparu. Cette étude a fait émerger des problématiques nouvelles, à la lumière des travaux menés dans le cadre du programme Balnéorient. Une première phase de l'édifice (datée du IIᵉ s. av. J.-C. par les Anglais, ce qui semble confirmé par nos premiers travaux) laisse apparaître les arases d’une rotonde (tholos) comprenant vingt et une cuves plates, organisation typique du bain grec. En 2010 et en 2011, l’étude d'une deuxième phase, d’un grand intérêt pour l’histoire des bains en Égypte, a pu être complétée. En effet, dans le cadre architectural d’un bain de tradition grecque, on relève des innovations d'influence romaine. Cette phase, datée du début de notre ère, correspond donc à un élément de transition entre les deux formes balnéaires.

P10. Vue générale des bains à la fin de la campagne 2011; vue vers le nord (G.
Lecuyot, B. Redon)
P10. Vue générale des bains à la fin de la campagne 2011; vue vers le nord (G. Lecuyot, B. Redon)

Perspectives

Après l’étude des relations existant entre les ateliers et la ville, on s’orientera vers une recherche qui portera sur les zones de Basse Époque et romano-byzantine, grâce à une approche extensive du site étayée par des sondages. Cela permettra de mettre en valeur les grandes mutations de l’occupation.

In fine, l’ensemble de ces opérations est destiné, d'une part, à situer l’ancrage régional de Bouto et sa position par rapport aux autres sites urbains du Delta et, d'autre part, à saisir les principales évolutions qui caractérisent cette ville. Parallèlement, l'archéologie des édifices balnéaires sera poursuivie selon deux modalités : la fin de la fouille du bâtiment P10 et la mise en place d’une politique de valorisation dans le cadre d’une coopération avec le SCA (Inspectorat de Kafr el-Cheikh). Outre les opérations de terrain, une équipe analysera les sources textuelles afin d'étudier l'histoire de Bouto sur la longue durée, depuis les dernières dynasties pharaoniques jusqu'à la période islamique.


Bibliographie sélective

  • P. Ballet, F. Béguin, Th. Herbich, G. Lecuyot, A. Schmitt, «Recherches sur les ateliers de potiers de Bouto, aux époques hellénistique et romaine (Secteurs P1 et P2). Campagnes 2001 et 2002», dans U.Hartung et alii, «Tell el-Fara'in – Buto. 8. Vorbericht », MDAIK 59, 2003, p. 233-250.
  • P. Ballet, F. Béguin, G. Lecuyot, A. Schmitt, «De nouvelles technologies céramiques à Bouto?», dans L'apport de l'Égypte à l'histoire des techniques. Méthodes, chronologie et comparaisons, BiEtud 142, IFAO, Le Caire, 2006, p. 15-30.
  • P. Ballet, Fr. Béguin, Th. Herbich, G. Lecuyot, A. Schmitt, «Recherches sur les ateliers hellénistiques et romains de Bouto (Delta)», Actes du neuvième congrès international des égyptologues, Grenoble, 6-12 septembre 2004, Orientalia Lovaniensia Analecta 150, Louvain-Paris-Dudley, 2007, p.133-143.
  • P. Ballet, Fr. Béguin, D. Dixneuf, G. Lecuyot, M.-D. Nenna, A. Schmitt, G., K. Şenol, «Les ateliers de potiers et les secteurs nord et nord-est du Kôm A (2003-2005) », dans U. Hartung et alii, «Tell el-Fara'in – Buto. 9. Vorbericht» MDAIK 63, 2007 [2009], p. 125-151.
  • P. Ballet, G. Lecuyot, G. Marouard et M. Pithon, «Les ateliers et la ville de la fin de la Basse Époque à l'Antiquité tardive», dans U. Hartung et alii, «Tell el-Fara'in – Buto. 10. Vorbericht», MDAIK 65, 2009 [2011], p. 133-158.
  • D. Dixneuf, Amphores égyptiennes: production, typologie, contenu et diffusion (III siècle av. J.-C. - IX siècle apr. J.-C.), EtudAlex 22, 2011 (ouvrage alimenté par les données issues des fouilles françaises de Bouto).
  • B. Midant-Reynes et S. Denoix (éd.), «Bouto – Tell el-Faraʽin. Les ateliers et la ville, de la fin de la Basse Époque» dans «Travaux de l’Institut français d’archéologie orientale 2009-2010», BIFAO 110, 2010, p. 415-420.
  • P. Ballet, G. Lecuyot, G. Marouard, M. Pithon et B. Redon, «Et la Bouto tardive?», BIFAO 111, 2011, p. 75-100.
  • G. Lecuyot et B. Redon, « Les bains de Tell el-Faraʽin / Bouto (Égypte) », Actes du colloque Balnéorient, Damas 2009, à paraître.

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